Vous êtes à http://lesmediasmerendentmalade.fr/rivolette2.html

« Le jour baissait, les cocotiers s’agitaient au-dessus de nos têtes,
secouant sur nous leurs cent-pieds et leurs scorpions »,
le Mariage de Loti, Pierre Loti, 1880

 

La pathologie des médias

• Page d’accueil et sommaire


• Rivolette est une collaboratrice occasionnelle, irrégulière de LesMediasMeRendentMalade.fr et, bien qu’elle me cause plus de soucis que de joies, je n’envisage pas pour le moment de renoncer à sa collaboration.
Si Rivolette n’a pas de site, elle a une page à peuplade.fr, où il faut s’inscrire pour pouvoir la contacter. Peut-être vous parlera-t-elle de Banane-Flambée ou de Banane-Fumée : ce sont des surnoms que, m’a-t-on dit, elle me donne. Parce qu’elle n’est pas incapable d’autodérision, elle se définit elle-même comme « l’acide chlorhydrique du pauvre » ; mais ne me demandez pas ce que cela veut dire exactement.

Parce qu’elle m’a prié de le faire, je présente ci-dessous un extrait d’un projet de sitcom de Rivolette.
« L’action se passe dans un hôpital plutôt psychiatrique » (je cite).
Le personnage principal est une malade, Mme Rivoli.
C’est aussi la narratrice.
Bien sûr elle ressemble beaucoup à Rivolette, que cependant je n’ai jamais
vue ni entendue ; nos relations sont purement internétiques, elle se refuse à tout contact IRL (« in real life »), comme disent les geeks.


Personnages
Mme Rivoli, malade
Césarée, Sandra, infirmières
Professeur Brec d’Aune, chirurgien
Un inconnu
Une patiente
Zembla, infirmier (plutôt costaud)
(Les noms sont provisoires, car à ce stade dans l’esprit de l’auteur les personnalités ne sont pas encore affirmées.)

[...]
« Faut ROMONTER la pente, faut pas lâcher la rampe, Mme Ravioli », qu’elles me font, les infirmières – en plus elles se trompent de nom.
Comme je n’ai pas l’air de comprendre, elles insistent gentiment en chœur.
Les infirmières. – Faut ROmonter la PAN-pente, faut pas lâcher la RAN-rampe.
Moi. – Mesdames, messieurs, j’ai fait Sedan et Craonne-les-Burins. Vous l’ignoriez. En septembre 70 (vous êtes trop jeunes et vous étiez panés, mes petits poissons carrés), j’ai mangé du chat, et des bottes de uhlan en dessert. Gambetta m’a emmenée dans son ballon et plusieurs rois ont mis leur fortune à mes pieds. Autant dire que les givrés je les connais.
Vos conseils partent d’un bon sentiment, et je les porte immédiatement à votre crédit ; pour vous le prouver, je vous donne un bouton de mes guêtres, il est historique. Maintenant il va falloir remettre de l’ordre dans la boutique. Il est temps et j’y pense tous les jours. Je vous propose de commencer par des choses simples. L’incendie de l’hôpital, c’est impolitique, vous devriez le reconnaître ; en d’autres termes, ce n’est pas une bonne idée. C’est en nous appuyant sur des bases saines que nous pourrons plus facilement remédier aux différents problèmes qui se posent dans l’établissement.
– C’est ça, syndiquons-nous, lance la plus jeune en me plantant rageusement la seringue dans la fesse. Remettre les pendules dans l’ordre et faire table basse du passé. Du passé, faisons table basse... Remettre les œufs à plat. C’est ça, il faut remettre les œufs à plat. [Elles se mettent à chanter « Du passé, faisons table basse... ».]
– Quand Paris a été libéré, j’étais là également, continué-je, dominant le brouhaha : j’attendais le général Leclerc à la porte d’Orléans sur un pliant. Il m’a invitée dans son char. [Je dois parler de plus en plus fort. Je dois crier :] NOUS AVONS BU DU CHAMPAGNE DANS DES DOUILLES D’OBUS.
– Vous étiez à Yalta ? demande le professeur Brec d’Aune, qui vient d’entrer sans crier gare.
Mais avant même que j’aie eu le temps de lui dire oui...

[Conversation téléphonique.]
Pr B. d’Aune. – Allô c’est pour un film ?
Un inconnu. – Non, pas du tout. T’en es où ?
Pr B. d’Aune. – Robert, il patine encore un peu dans l’évier, mais on a bon espoir. Brichot ne mange plus, il a dégrossi de quinze.
L’inconnu. – Tiens bon, c’est d’acier ! Les choses vont s’arranger. Passe plutôt vers 9 heures, avant je fais ma toilette. Vive le sport !

Le professeur Brec d’Aune raccroche, il me regarde fixement.
Moi. – Vous m’aviez posé une question, professeur Brec d’Aune ? demandé-je.
Pr Brec d’Aune. – Oui, oui, je voulais savoir si – si ma question n’est pas indiscrète –, si...

La sonnerie du téléphone interrompt le professeur Brec d’Aune.
Pr B. d’Aune. – Allô c’est pour un film ?
Une secrétaire. – Non, professeur ! Votre patient est arrivé.
Pr B. d’Aune. – Qu’il patiente, c’est son métier.

Le professeur Brec d’Aune raccroche, il me regarde rêveusement.
Moi. – Vous m’aviez posé une question, professeur Brec d’Aune...
Pr B. d’Aune. – Oui, les pâtes al dente, c’est 10 minutes ou 35 minutes ?
Moi. – Est-ce le cuisinier qu’on vient d’embaucher qui demande ça ?
Pr B. d’Aune. – Nullement. C’est pour avoir un ordre de grandeur : j’ai dit à M. Brichot que sa ponction ne durerait que le temps de faire cuire des pâtes al dente, pour le rassurer.
Moi. – Et ç’a duré combien de temps ?
Pr B. d’Aune, content de soi. – Eh bien, 35 minutes exactement.
Moi. – 35 minutes c’est pour des pommes de terre. Dites donc à M. Brichot que vous avez confondu avec les pommes de terre.
Pr B. d’Aune. – Les pommes de terre c’est 5 heures au moins.
Moi. – Vous confondez avec le temps de cuisson pour un arbre de Noël.
L’infirmière Césarée. – Ou pour un champ complet de patates.
L’infirmière Sandra. – Eventuellement pour des briques.
Pr B. d’Aune. – Des briques des briques, vous êtes drôle ! A propos de briques, c’est peut-être un peu à mon tour d’être drôle ? allez donc voir si M. Maçon est réveillé.
Sandra sort et soupire. – M. Maçon... des briques.

Une patiente passe la tête dans l’encadrement de la porte.
La patiente. – Professeur Brique d’Ane, j’ai entendu qu’on parlait de briques ! Salut et fraternité, qui paie ses dettes s’enrichit ! Vous êtes coquet dans votre costume de charcutier. Pourriez-vous me la donner, l’adresse de votre tailleur ? C’est pour la princesse de Flippamore, elle cherche des plombiers-zingueurs qui travaillent à l’enclume.
La patiente s’approche, regarde de près la coupe et le tissu, examine en expert.
La patiente. – Réalisation d’un Compagnon du tour de France peut-être ?
Pr B. d’Aune. – Ignare. J’ai ici la tenue officielle de sacrificateur, inspirée des mosaïques de Délos. L’exacte tenue des haruspices.
La patiente. – Et la culotte ? C’est la tenue officielle de l’haruspice ?
La patiente réfléchit. Le verdict tombe. – Oui c’est l’haruspice dans sa culotte.
Le professeur plisse les yeux, dégoûté.
[...]

 

• Sont prévues plusieurs chansons, comme ce Tout mon cœur est à l’huile (écouter ici) :

[Scène du cours de chant. Isabelle chante.]

Alouette, je te poêlerai [bis],

Je te poêlerai à l’huile,
Je te poêlerai au beurre,
Je te poêlerai au beurre,
Je te poêlerai à l’eau,

Et à l’eau et au beurre et à l’huile.

Et mon cœur est à l’huile,
Et son cœur est à moi,
Tout mon cœur est à l’huile,
Tout son cœur est à moi.

Je le sais, c’est frajhuile,
Le bonheur craint la tuile [var. : Le bonheur veut d’ la tuile],
Mais mon cœur reste à l’huile,
Et son cœur reste à moi.

Une suite sera publiée prochainement sur cette page.

==> Mots clés : scénario de sitcom, projet de sitcom, humour, comédie, télévision, chanson, Rivoli, Rivolette

 

journaliste-mercelot

 

Contact :
adresse

© LesMediasMeRendentMalade.fr-La pathologie des médias 1975-2008 pour les textes et les images


LMMRM — Je dédie ce site à mes amis Mondo Huygelen, Jack Bonamy et Tadeusz Matynia