Vous êtes à http://lesmediasmerendentmalade.fr/Courriels-a-l-elysee-et-autres-guitares-18.html

Comment écrire au président de la République
et ne recevoir aucune réponse
– et autres guitares
, 18


 

Page d’accueil et sommaire      • Page précédente  

 

 

• 20 novembre 2017
Leçon 314. – Fini, les nègres, 1

Extrait d’article.

[Titre] Le nègre devient le prête-plume : la grande lessive de la langue française continue

[Corps de l’article] M. Louis-Georges Tin, qui dirige le Conseil représentatif des associations noires, [...] vient d’obtenir de Mme Nyssen, ministre de la Culture, que le mot nègre, dans le sens de « nègre littéraire », disparaisse et soit remplacé par « prête-plume ».

http://www.bvoltaire.fr/negre-devient-prete-plume-grande-lessive-de-langue-francaise-continue/


• 21 novembre 2017
Leçon 315. – Fini, les nègres, 2

Extrait de « Mauvais sang », Une saison en enfer, d’Arthur Rimbaud, 1873.
C’est Arthur Rimbaud qui parle. Le voici qui veut quitter l’Europe, et émigrer en Afrique, « au vrai royaume des enfants de Cham », ce qu’il fera quelques années plus tard.

Oui, j’ai les yeux fermés à votre lumière. Je suis une bête, un nègre. Mais je puis être sauvé. Vous êtes de faux nègres, vous maniaques, féroces, avares. Marchand, tu es nègre ; magistrat, tu es nègre ; général, tu es nègre ; empereur, vieille démangeaison, tu es nègre : tu as bu d’une liqueur non taxée, de la fabrique de Satan. — Ce peuple est inspiré par la fièvre et le cancer. Infirmes et vieillards sont tellement respectables qu’ils demandent à être bouillis. — Le plus malin est de quitter ce continent, où la folie rôde pour pourvoir d’otages ces misérables. J’entre au vrai royaume des enfants de Cham.

Le texte est quelque peu équivoque.
La ministresse de la culture va-t-elle excommunier Arthur Rimbaud ?
C’est toujours parmi les ministres de la Culture qu’on a eu de depuis Nicolas Sarkozy les pires ministres, les plus folloyants et les plus imprévisibles. C’est tout dire sur l’importance que les gouvernants accordent à la culture.

 

• 21 novembre 2017
Leçon 316. – Circulaire. « Edouard Philippe bannit l’écriture inclusive des textes officiels »

"Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive", écrit le chef du gouvernement, dans cette circulaire à paraître mercredi dans ce même JO. 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/11/21/97001-20171121FILWWW00134-philippe-bannit-l-ecriture-inclusive-des-textes-officiels.php

 

• 22 novembre 2017
Leçon 317. – Hélène Bidard et l’écriture inclusive

[Titre] La Ville de Paris garde l’écriture inclusive
[Corps de l’article] Nous «gardons l’écriture inclusive. On comprend le français quand on écrit .e !», a indiqué à l’AFP Hélène Bidard, adjointe PCF à la lutte contre les discriminations de la maire PS Anne Hidalgo.

« Quand on écrit .e ! » ?
Le charabia a vaincu. Prosternons-nous, que bras et langue nous en tombent, les élites journassottière (ici « Le Figaro.fr avec AFP », sic) et politicarde nous parlent ! Trop forts, surtout l’AFP*, véritable pépinière de prix Nobel (financée en partie par l’Etat, plus précisément par les abonnements de l’Etat, donc par nos impôts, à hauteur de 100 millions environ par année).
On appréciera aussi à leur juste valeur le « a indiqué » et le « on comprend le français ».
Autre curiosité, dans la cent trentaine de commentaires de cet article du Figaro.fr, deux seulement relèvent l’absurdité crasse de ce « quand on écrit .e ».

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/11/21/97001-20171121FILWWW00287-la-ville-de-paris-garde-l-ecriture-inclusive.php
Archive : https://archive.is/DSaC0

——
* Voir entre autres ici les leçons 232, 237, 238 à http://lesmediasmerendentmalade.fr/Courriels-a-l-elysee-et-autres-guitares-15.html. Mise à jour : ajouter la 327.

 

• 28 novembre 2017
Leçon 318. – Quelques mots curieux ou utiles avec leurs exemples

Quelques mots curieux ou utiles tirés d’Archéologie française, ou Vocabulaire de mots anciens tombés en désuétude et propres à être restitués au langage moderne, de Charles Pougens, 1821-1825 (v. les leçons 305, 306 et 308).
Accompagnés d’exemples actuels, en italique, pour sans conteste prouver que renaissance ils méritent.

— AFFAITARDIR, v. n. S’AFFAITARDIR*, v. réfl. Devenir lâche, paresseux, fainéant, montrer de la faitardise.

— APOLTRONIR, v. a. Rendre lâche, poltron, mou, efféminé, paresseux.
Politicards apoltronis et affaitardis.

— ALTITONNANT, ANTE, adj. Qui tonne d’en haut.
Manuel Valls l’altitonnant.

— ASSOTER, ASSOTIR, v. n. Devenir sot, devenir fou.
Assotis et bêtifiants, les journassots côtoyent sans cesse par le mensonge par omission ou par d’autres ruses faites à la raison le précipice du mensonge fatal.

— CONCOLORE, adj. des deux genres. Qui est de couleur semblable.
Mélanchon le rouge et son concolore Hollande.

— FOLLOYER, v. n. Être fou, faire des folies ; il s’est dit par extension en parlant d’une femme qui s’abandonne à des plaisirs défendus, qui mène une vie déréglée.
Hollande le folloyant du Cirque.

— SOMNILOQUE, adj. des deux genres. Qui parle en dormant.
François Hollande le somniloque vagissant.

— STENTORÉE, adj. des deux genres [sic**]. Bruyant, éclatant comme la voix de Stentor.

— TEMPESTATIF, IVE, adj. Sujet à être agité par la tempête ; turbulent ; qui tempête, qui gronde, qui a une violence égale à celle de la tempête.
Mélanchon le tempestatif stentoré.

——
* Voir le mot faitard. Littré :
faitard, arde
adj.
Terme vieilli. Qui tarde à faire quelque chose, paresseux.
** Stentorée ne peut être des deux genres. Son masculin ne peut être que stentoré.

 

• 29 novembre 2017
Leçon 319. – On ne dit plus multiplier, on dit démultiplier,
1

Comme chacun l’a remarqué, depuis une vingtaine (?) d’années on ne dit plus multiplier, on dit démultiplier. Plus le mot est long, plus il est élégant, plus il est attractif, séduisant ou apte à convaincre ou à faire passer le message de l’auteur (clore/clôturer, cagoulé/encagoulé, psychique/psychologique, méthode/méthodologie, technique/ technologie...).

Définition de l’Académie française :

DÉMULTIPLIER v. tr. (se conjugue comme Crier). XXe siècle. Dérivé de multiplier.
MÉCAN. Dans une transmission mécanique, obtenir une vitesse ralentie.
Un treuil démultiplie le déplacement de la charge et, de ce fait, diminue l’effort.

Cependant voici le texte d’une déclaration de l’Académie française sur l’écriture inclusive, déclaration adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017* :

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité.

S’agit-il vraiment ici de démultiplication ou est-ce une simple multiplication ou, mieux, une multiplication excessive ?

Envoyé un courriel au service du dictionnaire de l’Académie, service qui n’a pas l’air très réagissant ces derniers temps — notre avant-dernier courriel, qui est sans réponse à ce jour, date du 6 août 2017, plus de trois mois.

——
* http://www.academie-francaise.fr/actualites/declaration-de-lacademie-francaise-sur-lecriture-dite-inclusive

Archive : https://archive.is/PUKQr

 

• 29 novembre 2017
Leçon 320. – Privatif ou augmentatif, 1 ?

Selon la définition ci-dessus de l’Académie, démultiplier, c’est diviser ou réduire, comme défaire est le contraire de faire, et « dé » est donc un préfixe privatif.
En revanche, dans « démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques », démultiplication signifie multiplication excessive, et « dé » est donc un préfixe augmentatif.

 

• 29 novembre 2017
Leçon 321. – Privatif ou augmentatif, 2 ?

Emile Agnel* voyait dans le « dé » de décesser au sens populaire, critiqué et paradoxal de cesser un préfixe augmentatif**, et non, comme Littré et d’autres, un barbarisme. Agnel cite aussi le « dé » augmentatif de dérober (par rapport à l’ancien et disparu rober, qui signifiait « voler »).

——
* De l’influence du langage populaire sur la forme de certains mots de la langue française, par Emile Agnel (1810-1882). Agnel est aussi l’auteur d’Observations sur la prononciation et le langage rustiques des environs de Paris, 1855.
** « Cet enfant ne décesse pas de pleurer » équivalant à « Cet enfant pleure tout le temps » ou « vraiment tout le temps, sans la moindre interruption ».

 

• 30 novembre 2017
Leçon 322. – Privatif ou augmentatif, 3 ?

Un métal détrempé (privatif ; ramolli d’avoir été détrempé), un chemin détrempé (augmentatif ; ramolli d’avoir été trempé).
On peut assez vraisemblablement dire que « dé » est un augmentatif dans « chemin détrempé », car le chemin non seulement est trempé ou a été trempé, mais, de plus, il est amolli ou ramolli (ce qui est imperméable pouvant être trempé sans être, en plus, détrempé) ou bien qu’il a été si abondamment, si longtemps trempé qu’il s’est ramolli en profondeur.

Cela exposé, il semble difficile de rassembler sous les seuls termes de privatif et d’augmentatif certaines nuances apportées par le préfixe « dé » ordinairement qualifiées de privatives ou d’augmentatives [exemples à donner].
De plus certaines oppositions privatif/augmentatif sont douteuses. Exemple : la déperdition constitue-t-elle une augmentation (comme le disent certains auteurs) par rapport à la perdition ou, au contraire, une diminution (une perte lente, progressive par rapport à la perte brusque et totale que serait la perdition ?) ? En d’autres termes, le « dé » est-il ici augmentateur ou atténuateur ?

 

• 30 novembre 2017
Leçon 323. – On ne dit plus multiplier, on dit démultiplier,
2

Si nous en croyons ce qui suit*, démultiplier c’est bien diminuer et non augmenter :

Un moteur électrique (mais aussi un moteur à essence) tourne en général très vite, beaucoup trop vite pour que les roues d’un véhicule soient directement reliées à son axe. Il faut donc démultiplier la vitesse de ce moteur de façon à obtenir une vitesse convenable des roues.

Sur la foi de quoi, voici ce qu’il serait correct d’écrire à propos de l’écriture inclusive : le nombre de marques orthographiques et syntaxiques est augmenté, multiplié, tandis que la vitesse, la rapidité de lecture, de compréhension et d’écriture du texte est proportionnellement démultipliée, diminuée, ralentie.

En d’autres termes et en plus bref, il n’y a pas de démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques, mais une démultiplication de la vitesse (d’écriture, de lecture, de compréhension).

Ce qui nous déconcerte, c’est qu’une telle erreur ait pu être faite sur le site de l’Académie, d’où notre hésitation à conclure prestement au faux sens.

N. B. Si nous avons bien compris ce qu’est la démultiplication, ce n’est pas exactement, contrairement à ce que dit le texte cité ci-dessus, la vitesse du moteur qu’il faut démultiplier et diminuer, mais c’est, pour dire les choses précisément, la vitesse qu’il transmettrait aux roues s’il le faisait directement, c’est-à-dire sans qu’elle passe par des roues dentées ; le moteur, lui, tournera toujours aussi vite.
Mais il faut croire que nous n’avons pas compris, voire rien compris, car l’exemple de l’Académie nous déconcerte aussi : « Un treuil démultiplie le déplacement de la charge et, de ce fait, diminue l’effort. »

N’est-ce pas une étrange manière de dire qu’un petit effort produit de grands effets sur la charge ?
Le « treuil démultiplie le déplacement de la charge » ?
Nous aurions plutôt dit ceci : un treuil diminue, démultiplie l’effort musculaire nécessaire pour déplacer une charge et amplifie les effets de l’effort sur la charge.

——
* http://schenfele.free.fr/files/doc_6/14_Act_engenages_Curvimetre_Quad.pdf

 

Page d’accueil et sommaire      • Page précédente    • Page suivante

 


LMMRM — Je dédie ce site à mes amis Mondo Huygelen, Jack Bonamy et Tadeusz Matynia