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Le style c’est l’homme,
analyse de l’expression macronienne

(regroupement de nos principales leçons sur le sujet, 2017-2019)

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Page d’accueil et sommaire

 

La plupart des gens que nous croisons ou que nous fréquentons croient dur comme fer mais sans preuve que Macron est un esthète, un fin lettré, et qu’il s’exprime remarquablement bien : la vile propagande et la basse courtisanerie, principalement journasotières, ont donc bien fonctionné.
Comme lors de nos conversations il nous est difficile de citer de mémoire des exemples, et que nos analyses du style macronien sont très dispersées sur nos pages, nous avons décidé de réunir sur cette seule page nos principales analyses : « Rendez-vous sur la page d’accueil de mon site et, en haut de page, cliquez sur le lien “Le style c’est l’homme” », pouvons-nous désormais répondre à nos interlocuteurs curieux.

 

• 3 juillet 2017
Leçon 254. – Remplissage et charabia, Emmanuel Macron encore pire que François Hollande, 1/2

Discours d’Emmanuel Macron lors de l’inauguration le 29 juin 2017 de la Station F, halle Freyssinet (ex-gare, reliée autrefois à la gare d’Austerlitz), à Paris.
A partir de 6 minutes 30* :

Ne pensez pas une seule seconde que, si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite. Non ! Parce que vous aurez appris dans une gare, et une gare c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien, parce que c’est un lieu où on passe, parce que c’est un lieu qu’on partage, parce que la planète où nous sommes aujourd’hui, parce que cette ville, parce que notre pays, parce que notre continent ce sont des lieux où nous passons et, si nous oublions cela en voulant accumuler dans un coin, on oublie d’où on vient et où on va.

Consternant ! Faille de logique, platitudes, affirmations sans but. Bouillie instantanée et exemple parfait de la démonstration foutraque... mais démonstration de quoi en fait ?
Nous pensons que le mot le plus adéquat, quoique le plus vulgaire, pour décrire ces propos est le suivant : indémerdables.
Pour le contexte, voir l’article du Figaro.fr.

À suivre

———
* http://www.elysee.fr/videos/discours-d-emmanuel-macron-lors-de-l-inauguration-de-la-station-f/

Mise à jour de juillet 2019
Source de secours. On trouvera également les propos cités ci-dessus à 6 minutes 30 environ de cette vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x5s6dyn.
Noter également à 7 minutes 40 environ de la même vidéo ceci :

N’oubliez jamais [...] que vous avez à chaque instant cette responsabilité immense d’être nés ou d’avoir grandi aussi dans cette gare, à Paris, en France, en Europe, quelque part dans le monde et que cela vous l’emmènerez tout au long de votre vie. Alors longue vie [applaudissements] !

Loufoquerie, pensée complexe ou verbomanie ?

 

 

[...]
• 4 juillet 2017
Leçon 257. – Discours du président de la République devant le Parlement réuni en congrès*, 1/5

Par notre barbe ! nous avons du mal à imaginer, nous n’arrivons pas à croire qu’un Sylvain Fort** agrégé de lettres classiques ait pu écrire un pareil discours. Peut-être en a-t-il écrit ou récrit deux lignes, mais pas plus, et tout le reste est d’Emmanuel Macron ; d’où nous concluons que la pensée dite « complexe »*** d’Emmanuel Macron est en réalité le charabia d’une pensée simple mal exprimée.
La pensée d’Emmanuel Macron n’est pas complexe, mais l’expression de sa pensée simple est emberlificotée et en général on finit par deviner la pensée plate et simple qu’il a voulu exprimer si on lit dix fois chaque phrase obscure de son discours : sa pensée oublie ce qu’elle vient de dire, comment elle l’a dit, elle ne fait pas le lien avec et elle oublie qu’elle a un auditeur, l’orateur n’étant attentif qu’à lui-même et n’étant concentré que sur lui-même, sur l’instant. Bref, insoucieux l’orateur laisse une pensée effilochée derrière lui, mais il avance quand même.
Très curieuse, cette façon de jeter dans une phrase des idées sans se soucier qu’elles soient bien ordonnées, bien présentées et donc comprises, comme si seuls des mots ou des expressions isolés comptaient : « J’ai dit France, j’ai dit solidarité, j’ai dit fraternité, j’ai dit amour de la patrie, j’ai dit grandeur, j’ai dit bonheur, j’ai dit roman national, j’ai dit ardente responsabilité, j’ai dit ardente obligation, etc. ; j’ai dit les mots, les mots forts qu’il fallait dire, j’ai accompli ma tâche. »

À suivre
Mise à jour de mai 2018. Voir la leçon 496 ci-dessous.

——
* http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-du-president-de-la-republique-devant-le-parlement-reuni-en-congres/
** Voir la leçon 256.
*** « Pensée complexe », v. par exemple http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/reflexions-simplistes-sur-pensee-complexe_1581049 :

«"Il n’y a pas de refus d’obstacle avec la presse", jure-t-on à l’Elysée, où l’on fait valoir que la "pensée complexe" du Président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes.» «Pensée complexe» est entre guillemets. A l’Elysée on a donc bien prononcé ces mots.

Mise à jour de juillet 2019. Aujourd’hui avec le recul et ce que nous savons de la phrase macronienne, nous voyons dans cette excuse de « pensée complexe » l’aveu implicite que le président parle charabia. En tout cas, le motif est sacrément culotté.

 

 

[...]
• 6 août 2017

Leçon 261. – Discours du président de la République devant le Parlement réuni en congrès, 4
/5

On a qualifié certaines fleurs (les heuchères, genre de plantes saxifragées) de « désespoir du peintre » parce qu’il était, disait-on, impossible d’en rendre toute la finesse, tous les détails, toutes les nuances des couleurs. On pourrait qualifier les discours d’Emmanuel Macron de « désespoir du commentateur » parce qu’il est impossible de faire une liste et un commentaire exhaustifs des problèmes qu’on y rencontre. Cependant il serait trop facile de nous contenter de souligner les problèmes pour ensuite nous défiler : « nous laissons le lecteur juge » ou « le lecteur rectifiera de lui-même » ; il faut traduire les phrases obscures (comme nous l’avons fait parfois pour François Hollande), rectifier les fautes de syntaxe, de lexique, les fautes d’orthographe, les plus grosses fautes de ponctuation de la transcription si au lieu d’écouter les discours on les lit, fautes qui rendent la phrase incompréhensible ou absurde, montrer les contradictions, les incohérences, les niaiseries, les fausses pensées, et expliquer en quoi ce sont des contradictions, des incohérences, des niaiseries, etc.

P.-S. du 8 août. « Le Congrès de Versailles réuni par Emmanuel Macron le 3 juillet dernier aura finalement coûté 292 824 euros [...], a annoncé l’Assemblée nationale ce mardi, indique Europe 1. »
http://www.valeursactuelles.com/politique/le-congres-de-versailles-coute-pres-de-300000-euros-87330

À suivre

 

 

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• 14 août 2017
Leçon 263. – Discours du président de la République devant le Parlement réuni en congrès, 5/5

Le texte du discours sur le site En marche ! n’est pas le même que celui sur Elysee.fr.
Sur le site En marche ! on ne trouve pas, entre autres, « les tenants d’une morale sans bras » ni « cette route Auguste [sic pour la capitale !] que peuvent emprunter quelques uns [sic pour l’absence de trait d’union] » ni la phrase finale « Vive la République ; vive la France », etc.

Un exemple entre cent...
Site elysee.fr :

Vive les gilets-jaunes !

 

Site en-marche.fr. « Les tenants d’une morale sans bras » a disparu :

Vive les gilets-jaunes !

Noter aussi que, dans la dernière phrase de l’extrait ci-dessus, Emmanuel Macron déclare que les réfugiés doivent être vus comme une chance et non comme un fardeau. Sophisme, cynisme ou colossale maladresse ?
Cela fera certainement chaud au cœur des réfugiés de savoir qu’on est heureux de leur malheur, puisqu’on en bénéficie ; en d’autres termes, que, selon cet homme à la pensée complexe, le malheur des uns ferait le bonheur des autres.
Enfin, la phrase selon laquelle les réfugiés sont une chance pour la France ne se trouve pas sur le site Elysee.fr.
Cacophonie et cafouillage prometteurs.

• Archives
https://archive.is/CF6Qi
https://archive.is/oqK9h

À suivre

 

 

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• 2 février 2018   
Leçon 410. – Extrait d’un interview d’Emmanuel Macron

Extrait d’un interview d’Emmanuel Macron.

— Le journaliste : Ce n’est pas l’avis de beaucoup de Suisses, vous le savez.
— Emmanuel Macron : Donc ils choisiront. Mais après [sic] il ne peut pas y avoir un système qui est le « cherry picking » [sic] dans le marché unique. Et donc je sais bien ce qui est parfois poussé [sic] par la Suisse. C’est de dire [sic] : « Nous on en voudrait plus là, mais on n’est pas prêts à prendre [sic] ces contraintes. [»] Or l’Union européenne c’est déjà très compliqué.

Nous trouvons le « fin lettré » de Nathalie Schuck (v. la leçon 409) un peu relâché et imprécis. Pour un niveau « élevé » d’expression, quelques progrès restent à faire ; nous l’avions déjà noté dans les leçons 254 et 257 ci-dessus.

————
Texte et vidéo : https://liberation.checknews.fr/question/35131/macron-a-accuse-la-suisse-de-cherry-picking-il-me-semblait-pourtant-quelle-netait-pas-membre-de-lue.
Mise à jour d’octobre 2018. La page ci-dessus a disparu, on se contentera de l’archive à http://archive.is/LXpB6.

 

 

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• 26 mai 2018   
Leçon 496. – Le « mâle blanc ». Perte du son, 1/2

Perte du son, perte du sens.
Primo, le son â se perd et presque tout le monde, comme le président Emmanuel Macron « fin lettré » (v. la leçon 409), prononce mâle blanc comme mal blanc ; font de même la plupart des journassots.
Secundo, qu’est-ce qu’un mal blanc ? Une maladie ; c’est en effet le nom courant du panaris, « infection aiguë d’un doigt » (Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse, 1982-1985).
D’ici que la blancheur de la peau soit considérée comme une maladie.

Voici la phrase complète et exacte, qui est un charabia, loin du langage du « fin lettré » :

Quelque part [sic], ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent [sic] l’un un rapport, et l’autre disant [sic] : « On m’a remis un plan, je l’ai découvert. »*

Maintenant on traduit le début :

Quelque part, ça n’aurait aucun sens que deux panaris ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent l’un un rapport...

« S’échangent l’un un rapport, et l’autre disant » : grosse bancalité de phrase, qui ne marche que sur une jambe. Et où est l’échange ?
Nous disions il y a peu que la langue de Macron était pire (v. les leçons 254 et 257 ci-dessus) que celle de François Hollande. Oui, elle est bien pire, et Macron est plus Potemkine, plus dans la pose branchée (dans cette courte vidéo de 1 minute 46 secondes, il dit deux fois « c’est vrai que » et une fois « quelque part ») et dans la frimerie et la séduction (changement brusque, inattendu d’intonation pour se faire charmeur et confidentiel : c’est du théâtre, pas du tout rare chez Macron, la voix se fait plus grave et le débit est ralenti — exemple à 42 secondes : « elle nous conduit à changer de méthode »).

Plusieurs journaux du web, comme BFMTV, ont remanié la phrase pour lui donner une apparence de sens :

Vive les gilets-jaunes !

« Ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent un rapport », déclare Macron à propos du plan Borloo.

Nous rappelons que Jean-Louis Borloo et lui ne se sont pas échangé un rapport. Pour que deux personnes s’échangent un rapport, il faut qu’il existe deux rapports, et seul Borloo en a écrit un, qu’il a remis au président à la « pensée complexe » (sic ; revoir la leçon 257 ci-dessus, où nous décrivons bien cette pensée effilochée et déstructurée du président).

N. B. 1. On s’amusera aussi comme nous de son explosion à 1 minute 8 secondes : « I’ zont envie d’ faire ! », avec un faire employé absolument. On sent que c’est très pressant.
[...]

À suivre

———
* Vidéo, à 51 secondes : https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/banlieues-ca-n-aurait-aucun-sens-que-deux-males-blancs-ne-vivant-pas-dans-ces-quartiers-s-echangent-un-rapport-declare-macron-a-propos-du-plan-borloo-1075955.html.

 

 

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• 27 mai 2018   
Leçon 498. – Le « mâle blanc ». Le logogriphe Macron, 1/2

La journaliste Sophie Coignard de Lepoint.fr rapportant par écrit les propos d’Emmanuel Macron ajoute du désordre au désordre. En effet elle met en italique ces deux phrases qui devraient être en romain : « Ce n’est pas vrai. Ça ne marche plus comme ça. » Elle n’a donc pas compris.
Lisons ; Macron parle ainsi selon Coignard :

Ca [sic, sans cédille] n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent l’un un rapport, l’autre disant : On m’a remis un plan… Ce n’est pas vrai. Ça ne marche plus comme ça.

Vive les gilets-jaunes !

Pour comprendre Macron et pour comprendre un Macron rapporté infidèlement par un journaliste, une fois de plus il faut être Champollion : Macron imagine deux hommes blancs, l’un (qui ressemble à Borloo) qui remet un rapport et l’autre (qui ressemble à Macron) qui dit qu’on lui a remis un rapport contenant un plan d’action et qu’il l’a lu (« je l’ai découvert »).
Noter : une fois de plus, on voit bien qu’il n’y a pas d’échange.
Malgré les apparences, ces deux hommes blancs ne sont pas exactement Jean-Louis Borloo et Macron. Dans l’exemple, le destinataire du rapport appliquerait bêtement le plan qu’il a commandé, mais lui Macron est un homme sage, il n’applique pas le plan qu’il a commandé et il s’en explique : « C’est pas vrai [sic !]. Ça marche plus comme ça ! »

Infidélités. On aura remarqué que la journaliste Coignard ajoute deux négations dans les propos de Macron : « Ce n’est pas vrai. Ça ne marche plus comme ça. » Ensuite elle oublie le mot « et » devant « l’autre disant », enfin elle oublie « je l’ai découvert ». Belle accumulation de cafouillages donc.

Voici donc comment il faut retranscrire les propos de Macron :

Quelque part, ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent l’un un rapport, et l’autre disant : « On m’a remis un plan, je l’ai découvert. » C’est pas vrai ! Ça marche plus comme ça !

Bref, tout le monde s’y est mis pour créer cette bouillie finale. Quel logogriphe, quel pandémonium de la raison...

À suivre

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http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/macron-male-blanc-un-president-devrait-il-dire-ca-24-05-2018-2220912_2134.php
Archive : http://archive.is/XQzJt.

 

 

• 27 mai 2018   
Leçon 499. – Le « mâle blanc ». Le logogriphe Macron, 2/2

Nous l’avons dit dans d’autres leçons et nous tenons à le répéter :

On pourrait qualifier les discours d’Emmanuel Macron de « désespoir du commentateur » parce qu’il est impossible de faire une liste et un commentaire exhaustifs des problèmes qu’on y rencontre.

Et :

La pensée dite « complexe » d’Emmanuel Macron est en réalité le charabia d’une pensée simple mal exprimée.

Les propos d’Emmanuel Macron sont un puzzle infernal auquel il manque des pièces et du François Hollande concassé. Les communicants de l’Elysée l’avaient vu avant nous, et en lançant les mots de « pensée complexe » ils ont voulu déminer le terrain, nous envoyer sur une fausse piste et nous suggérer que Macron ne parle pas charabia, mais que sa pensée complexe parle complexe.
Les journassots, eux, ne se sont toujours pas aperçus de rien*, ou bien ils font mine de penser que Macron est difficile à comprendre parce qu’il est profond. Ils le ménagent, et nous en reparlerons.
« Pensée complexe » est l’élément de langage à propos du langage, nous le remplaçons volontiers par
« logogriphe infernal ». Il faudrait quelques centaines de signes de plus pour analyser entièrement — sans grand intérêt supplémentaire pour le lecteur — la courte déclaration mise en vedette dans notre précédente leçon, déclaration qui est très emblématique du langage macronien, logogriphal.

N. B. 1. Grosso modo et finalement, que nous a dit un Macron plutôt enjoué, camelot et très à son aise, sinon ceci : « Bonjour, les gens ! J’ai demandé un rapport, un plan, j’ai mobilisé pendant sept mois une équipe autour de Jean-Louis Borloo, des maires, des associations, de simples particuliers, mais je ne m’en servirai pas, d’ailleurs je n’ai jamais eu l’intention de m’en servir ! » ? Perte du son, perte du sens des choses, c’est le logogriphe Macron. Un peu plus de déconcertement (sauf chez les journalistes, en effet aucun ne tombe de sa chaise) et de désordre ajoutés au chaos.
N. B. 2. Le mâle blanc aujourd’hui, demain la femelle blanche ?

————
* Ils « ne se sont toujours pas aperçus de rien », voir la leçon 504.

 

 

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• 1er octobre 2018
Leçon 579. – Le gri-gri « République »

Emmanuel Macron aux Antilles.
Dans la bouche des politiques et des médias, les mots perdent chaque jour un peu de leur sens :

«Ce qui fait que je me suis battu pour être élu face à Marine Le Pen et que je suis là aujourd’hui, c’est parce que j’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises, parce que bien souvent, parce que c’est un enfant de la République, il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire», s’est justifié dimanche le chef de l’État, très applaudi, lors du point presse*.

Octobre commence très bien ; peu familier avec les termes de logique, nous nous risquerons à dire que la conclusion (« il n’a pas choisi l’endroit où il est né ») est non sequitur (sans rapport logique, « pas raccord ») avec la prémisse (« parce que c’est un enfant de la République »). Sans oublier cette mièvrerie, cette fausse émotion, cette pacotille, cet appel au sentiment : « un enfant de la République » ; appel au sentiment (constant chez le président) qui est un rejet de la raison, du rationnel, de la logique.
En fait, il s’agit avant tout pour le président de répéter un maximum de fois le mot « République », ce nouveau gri-gri, à côté d’autres comme « citoyen », « vivre-ensemble », etc., sans tenir compte du sens ni de la logique (nous disions la même chose dans la leçon 257 ci-dessus).
Noter que, comme d’habitude, les propos du président ont été rectifiés par le journaliste dans le sens de l’élégance. En gras, les mots que le président n’a pas prononcés (écouter la vidéo sur la page de Lefigaro.fr*) :

« Il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire. »

———
* http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/09/30/25001-20180930ARTFIG00200-saint-martin-emmanuel-macron-tente-de-dedramatiser-une-photo-controversee.php

 

 

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• 12 octobre 2018
Leçon 588. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 1/n

Nous avons découvert hier, avec retard, le discours catastrophique du président Emmanuel Macron à l’Institut de France « pour la stratégie sur la langue française » (sic) du 20 mars 2018 : une pluie d’ennui, de maladresses et de platitudes dont nous allons tenter de faire un compte rendu critique approfondi (corvée, mais vrai devoir citoyen et bon exercice) pour venir en compensation de certaines de nos analyses superficielles des propos de la même personne (v. la leçon 261 ci-dessus : « désespoir du peintre »).

En attendant, saluons la longanimité des auditeurs des premiers rangs qui victorieusement luttent pour ne pas s’endormir ou pour masquer leur ennui, voire un vif mécontentement : un discours de soixante minutes, de près de 55 000 signes.

Vive les gilets-jaunes !

Ci-dessus, une photo à quinze minutes de la fin : certains auditeurs sont parvenus à conserver un air inspiré ou intéressé jusqu’au bout. Bravo.
A droite au troisième rang, on reconnaît la Franco-Marocaine Leïla Slimani, représentante personnelle du président Emmanuel Macron pour la francophonie (Leïla Slimani : v. ici les leçons 388, 389, 392, 394, 395, 397, 398 et 400-404, qui comprennent une recension de son ouvrage Chanson douce, calamité littéraire — le scénario est acceptable, mais le style est un naufrage — primée en 2016 par les Goncourt).
A droite au premier rang, le rappeur franco-rwandais Gaël Faye, que le président appelle par erreur « Gabriel Faye » et dont il dit : « lui qui a montré à plusieurs reprises [c’est nous qui soulignons] qu’il sait parler et écrire le français »...

Une continuation du naufrage donc, même une tradition du naufrage.

À suivre

http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyok.

 

 

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• 15 octobre 2018
Leçon 596. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 5/n

L’oral, 1/2. (Ecouter la vidéo du discours.)

Prononciation idiosyncratique
— français, prononcé comme francé
— anglais, prononcé comme anglé
— Du Bellay, prononcé comme Du Bellé
— interpellé (graphie de la transcription sur Elysee.fr), prononcé comme interpelé (v. la leçon 597)
— intimement, prononcé comme intimément
— rehausser, prononcé comme réhausser
— tâche, prononcé comme tache (v. aussi « mâle blanc » prononcé comme « mal blanc » dans la leçon 496 ci-dessus)

Lapsus
— Abdou Diouf est appelé Abou Diouf
— Gaël Faye est appelé Gabriel Faye

À suivre

———
* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyok.
Mise à jour. Voir la leçon 821.

 

 

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• 17 octobre 2018
Leçon 600. – Le président de la France en son ramage

« Adresse du président de la République Emmanuel Macron aux Français. Publié le 16 Octobre [sic] 2018. »
Voix d’émotion*, caressante, ton de confidence, constant appel à partager une émotion.
Quatre extraits.

D’abord, je voulais ici adresser l’émotion et la solidarité de la nation tout entière aux victimes des inondations dans l’Aude.

Que signifie « adresser l’émotion »** ? Mieux : « faire part de »...
« Je voulais » : pourquoi un temps du passé et pourquoi pas « je veux » ?

... ceux qui ont contribué [...] à aider nos compatriotes...

« Contribuer à aider » : maladresse, quasi-pléonasme ; l’expression ressemble à « aider à aider ». Mieux : « ceux qui ont aidé » (ou, plus précis, « ceux qui ont contribué à sauver », « ceux qui ont contribué au sauvetage », etc.).

... parfois nous l’avons bousculé...

Sens de la phrase ci-dessus : « parfois nous avons bousculé le temps ». Au figuré, « bousculer » est un terme à la mode et souvent utilisé par le président***.

... les blessures de notre vieux pays...

Allusion auto-valorisante (les journassots disaient il y a peu « gratifiante », mais le mot est passé de mode) et transparente au grand modèle Charles de Gaulle : « Mon cher et vieux pays ». Le culot macronien — le culot macronien est sans limite.

• Littré :

ramage, s. m.
[...] Par extension, il se dit du chant de tout oiseau. [...]
“L’oiseau [le cygne], prêt à mourir, se plaint en son ramage”, La Fontaine, ib. III, 12. [...]
Fig. Discours dénué de sens.

Source vidéo : http://www.elysee.fr/videos/new-video-404/.

———
* Emotion feinte, insincère, de théâtre, voire surjouée selon nous (gueule d’ange et voix de velours).
** Voir dans la leçon 410 ci-dessus un autre exemple du français déglingué et sans contrainte (irons-nous jusqu’à dire « désinhibé » ?) d’Emmanuel Macron :

Et donc je sais bien ce qui est parfois poussé [sic] par la Suisse. C’est de dire [sic] : « Nous on en voudrait plus là, mais on n’est pas prêts à prendre [sic] ces contraintes. »

*** Trois fois dans son discours du 20 mars 2018 : « le monde tel qu’il nous bouscule », « la langue française est souvent bousculée », « une ville qui [...] a été bousculée » et une fois dans le court discours de Leïla Slimani du même jour au même endroit. Mot très bien coté donc, à valeur sûre. (C’est aussi Leïla Slimani qui dit ce 20 mars : « Si la volonté des peuples et des dirigeants sont à l’œuvre, cette communauté de langue peut devenir une communauté de destin. »)
Mise à jour du 1er novembre 2018. E. Macron : « L’Europe est face à un risque, celui de se démembrer par la lèpre nationaliste et d’être bousculée par des puissances extérieures. »
http://www.leparisien.fr/politique/macron-face-a-la-lepre-nationaliste-l-europe-risque-un-retour-aux-annees-1930-01-11-2018-7932792.php
Mise à jour du 11 décembre 2018. Voir aussi la leçon 683 ci-dessous.

 

 

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• 28 octobre 2018
Leçon 618. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 6/n

« Porter », le mot remplace-tout (donc paresseux et imprécis) et branchouille. Neuf fois :

— [la France est consciente de] ne pas porter seule le destin du français
— cette interprétation du monde que nous voulons et pouvons porter
— notre capacité à porter le français y compris dans des terres où notre langue a reculé
— c’est ce que dès la rentrée dernière le ministre de l’Education et la ministre de la Culture ont ensemble porté et que nous poursuivrons
— [un combat] porté par les élus
— cette exigence que nous portons sur notre territoire national, je veux la porter hors de nos frontières
— j’ai voulu que la France, dans l’action qu’elle mène à l’international, et nous l’avons constamment porté [sic ; mieux : portée**] avec le ministre
— la ministre de la Culture aura à porter un texte important

Il reste beaucoup à dire sur ce discours, l’analyse et la présentation de l’analyse en sont fastidieuses et lentes ; certains problèmes en contiennent d’autres comme ces poupées russes (exemple : un problème de logique + un de syntaxe + un d’orthographe + un de ponctuation...). Gageure et corvée, mais citoyenne — comme disent les bonnes gens.

À suivre

———
* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyok.
** On porte un combat (v. ci-dessus), alors pourquoi ne porterait-on pas une action ? Lâchons-nous, que diable !
Mise à jour de janvier 2019
• René Chiche :

Entendu à l’instant dans la bouche de @GabrielAttal : "le service universel que je porte avec @jmblanquer...". Messieurs, contentez-vous de porter votre costume, votre saccoche [sic] et votre masque. Cet abus du verbe porter est insupportable !

https://twitter.com/rene_chiche/status/1090255044874620930

 

 

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• 29 octobre 2018
Leçon 620. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 7/n

L’oral, 2/2. (Ecouter la vidéo du discours.)

Diction
Nous avons parlé de la prononciation et des lapsus d’Emmanuel Macron dans la leçon 596 ci-dessus. Voici ci-après une description générale de la diction.

En alternance avec un ton normal : ton patelin, fortement paterne (paterne, donc sans le moindre rapport avec le sujet), confidentiel, voix de velours, le président nous parle comme à l’oreille ; pauses dues à l’émotion, il reprend ses esprits, se récollige (peut-être pour étouffer un sanglot) ; pauses de théâtre pour créer un effet de suspense ; petite voix faible (est-il au bord des larmes ?) ; ralentissement du débit (pour élever ou réveiller l’intérêt par un effet de contraste) ; puis quasi-trémolos finals (il se contient, il se retient, il tente de modérer une émotion qui le submerge) et protestations particulièrement outrancières de sa sincérité quand il parle de Colette et de Giono, moins de deux minutes avant la fin :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette et je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu Giono.

Ecouter la citation (15 secondes).
Les trémolos c’était très bien chez André Malraux, mais le texte avait de la puissance, il était adapté et adéquat à ces effets de voix.
D’autres mots nous viennent à l’esprit pour décrire cette diction : Sinatra de la politique... crooner... voix flexible et soyeuse... il ne parle pas, il caresse... il tente d’hypnotiser...
A propos de diction, voir aussi notre remarque de la leçon 496 ci-dessus :

[Macron est] dans la frimerie et la séduction (changement brusque, inattendu d’intonation pour se faire charmeur et confidentiel : c’est du théâtre, pas du tout rare chez Macron, la voix se fait plus grave et le débit est ralenti — exemple à 42 secondes : « elle nous conduit à changer de méthode »).

A signaler un problème de temps grammatical dans la citation, donc de logique : je peux/j’avais. (Peut-être l’émotion.)
Il nous faudrait parler aussi des mouvements du visage, de ceux de la tête, des bras et des jambes (invisibles, mais certains devinables), nous le ferons peut-être — nous avons peu de matière.

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyok.

 

 

• 30 octobre 2018
Leçon 621. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 8/n

Chaque phrase est un désastre
Continuons : chaque phrase est un désastre. Difficile, par exemple, de ne pas être interpellé par la dernière phrase que nous avons citée ci-dessus en 620. Depuis hier, il persiste chez nous auditeur ou lecteur un sentiment de malaise et d’incompréhension, sentiment que nous allons ici expliquer. Revoici la phrase :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette et je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu Giono.

« Je peux vous dire tout de la chaleur »... « Tout de la chaleur » ? mais il y a peu à dire ; grosso modo trois possibilités : soirs tièdes, chauds ou très chauds. Et ensuite ?
Se vanter de pouvoir dire tout de très peu relève de la supercherie, de la fausse annonce, qui crée de la déception et un sentiment de profond ridicule.
Le président aurait pu déclarer : « Je peux vous dire tout des soirs de Provence » ; là il y a de quoi parler, de quoi dire : parfums (lavande, pins, iode...), échos (cigales, drisses claquant dans le port endormi...), couleurs, lumière...
Enfin problème dans le problème : la contradiction je peux/j’avais qui bancalise la phrase et détruit la pensée ; le coup de grâce donné à une phrase malade.

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.

 

 

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• 31 octobre 2018
Leçon 623. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 9/n

Phrases jetées, idées à développer, à préciser
— Emmanuel Macron est juste un banquier (et encore, ce n’est pas sûr, c’est plutôt un commercial), et il se croit un peu orateur, et même un peu poète, et même un peu éloquent.
— Il est probablement un canular** qui n’a pas encore été repéré ni dénoncé.
— Chacune de ses phrases est un nid de guêpes.
— Le pire dans tout ça, c’est qu’il aime parler, se montrer, philosopher, lantiponner devant un public nombreux : c’est avec un grand plaisir qu’il débite longuement (ici soixante minutes) toutes ces niaiseries, cette fausse littérature, ces maladresses d’idées, ces incohérences solennelles et qu’il s’écoute les dire et se les dire. Narcissique. (François Hollande, lui, qui ne s’est jamais pris pour un orateur ni pour un philosophe ni pour un poète, s’ennuyait dans ses discours : quand il ne mangeait pas, il s’ennuyait.)

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.
** « Canulars sociologiques » (v. l’affaire Alan Sokal entre autres) : https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-la-philo/canulars-sociologiques.

 

 

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• 2 novembre 2018
Leçon 630. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 12/n

Un principe de politesse, À Rome, fais comme les Romains. Parlant sous la coupole et s’adressant principalement aux académiciens, le président (qui est le protecteur de l’Académie, comme l’a rappelé l’académicien Salah Stétié dans son discours de bienvenue au président) aurait pu, aurait dû se documenter afin d’éviter d’utiliser des mots qui n’existent pas dans le Dictionnaire de l’Académie et des anglicismes honteux que, soit dans son dictionnaire, soit dans sa rubrique « Dire, ne pas dire », l’Académie rejette et proscrit explicitement.
Mais, non, le président, qui veut passer pour un Malraux, a une trop haute idée de lui-même, de sa prose, de son pouvoir de séduction pour s’en soucier. Ce faisant, il a accumulé les gaffes.

Lexique : anglicismes et autres fautes de goût, 1/2
Ci-après quatre anglicismes proscrits utilisés par le président dans son discours.

investir (deux fois)

Il nous appartient [...] de réinvestir certains lieux.

Sur le sens d’investir, voir la leçon 571, « Qu’est-ce qu’investir un lieu ? ».

opportunité (quatre fois)

Il nous appartient [...] de refaire du français une langue par laquelle on accède à ces opportunités que j’évoquais.

• agenda (trois fois)

L’Académie a été conçue pour protéger la langue des coups de force inévitables de ceux qui veulent la soumettre à leur agenda politique ou dogmatique.

(Parmi ces « coups de force inévitables », l’anglo-saxonnisation de la langue, du monde, non ?)

académique (deux fois)

Il nous faut en effet, à travers ces initiatives, promouvoir le français, les contenus en français, les contenus académiques, scientifiques et la présence de tous les locuteurs sur la Toile.

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.

 

 

• 3 novembre 2018
Leçon 631. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 13/n

Lexique : anglicismes et autres fautes de goût, 2/2

• Le monde bruisse de notre langue.
• Le monde en ce 20 mars bruisse de la langue française de façon presque vertigineuse.

À Rome, fais comme les Romains, disions-nous dans la leçon 630 ci-dessus.
Le verbe bruisser n’existe pas, seul existe bruire, qui fait « bruit » à la troisième personne du singulier de l’indicatif présent ; le Dictionnaire de l’Académie** l’ignore donc : « Le monde bruit de notre langue. » Littré et le Larousse en dix volumes de 1982 l’ignorent aussi, bruisser est un barbarisme récent.
Au passage, notons la risible exagération, le dérapage paresseusement contrôlé par un « presque » : « de façon presque vertigineuse ». Ah, la paresse d’expression ! c’est un peu comme manger ses crottes de nez.
Ce n’est pas à coups de mots rares (comme ces « écrits coruscants » d’Ahmadou Kourouma) ou forts qu’on obtient les meilleurs effets : il ne faut pas confondre la graisse et le muscle.
Si le président n’était pas l’ogre terrible et patient que nous (et bien d’autres) voyons clairement en lui, c’est de la pitié que nous ressentirions pour lui à l’écoute et à la lecture de ses discours et de ses déclarations.
Ogre terrible et patient : ajoutons follingue.

N. B. Parce que nous n’avons pas grande confiance dans les connaissances lexicales du président (qui, rappelons-le, n’est, selon nous, qu’un commercial, un tombeur de contrats), nous nous demandons s’il n’a pas voulu dire corrosif ou urticant plutôt que coruscant (« très brillant ») ; ou bien jeu de mots à la façon de François Hollande : Ahmadou Kourouma a écrit les Soleils des indépendances — et rien de plus coruscant que plusieurs soleils ; cependant, d’après les recensions et les extraits que nous avons lus, ce livre est corrosif, satirique, critique...

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.
** Dictionnaire de l’Académie en ligne (de a à sabéisme) : https://academie.atilf.fr/.

 

 

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• 4 novembre 2018
Leçon 633. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 15/n

Charabia et bouillie, 1/n
Avec nous, assistez à la confection d’une garbure**. Voici notre premier exemple : la garbure mijote dans les première et deuxième lignes et, trois lignes plus tard, elle est à point...

Le français s’est au fond émancipé de la France, il est devenu cette langue monde, cette langue archipel parce que d’autres langues se parlent dans des continents immenses et des centaines de millions de nos concitoyens la partagent mais il est peu de langues qui se parlent dans cet archipel monde qui est le nôtre.

Délicieuse bouillie !
Ajoutons ce détail : quelques lignes plus tôt le président nous a déclaré...

C’est cela la francophonie, ce continent humain qui admet comme Constitution une grammaire partagée [...].

Nous voilà donc avec, sur les bras, une francophonie « continent humain » (deuxième citation) et un français à la fois « langue monde » (première citation) et « langue archipel » (première citation) dans « cet archipel monde qui est le nôtre » (première citation).
Les deux citations ci-dessus sont tirées des six premières minutes du discours, de soixante minutes : le signal est donné très tôt à l’auditeur qu’il va bâiller ferme, qu’il peut ouvrir un livre ou consulter discrètement son portable ; en effet, l’auditeur aura eu avant cela à affronter d’autres difficultés de compréhension, comme celle-ci...

Aujourd’hui partout sur la planète en ce jour ainsi choisi la langue française dit le monde et il faut la défaire des images qui ont fait qu’elle a pu un moment oublier de le dire.

Ben voyons !
Sylvain Fort, officiellement « conseiller discours et mémoire » (sic...), c’est-à-dire entre autres nègre du président, est-il l’auteur ou un complice de cet audacieux bavardage ? on hésite à le croire. (Sur Sylvain Fort, v. la leçon 256 et cet article plein de griffes de la lionne Christine Tasin de décembre 2017 [archive : http://archive.is/FAUTE]).

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.
** garbure : « soupe épaisse constituée de légumes, de choux, de tranches de pain de seigle, de jambon et de lard ou de confit d’oie ».

 

 

• 4 novembre 2018
Leçon 634. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 16/n

Le discours est présent en PDF sur le site de l’Institut français, mais les fautes (orthographe, syntaxe, ponctuation...) n’ont pas été corrigées : http://www.institutfrancais.com/sites/default/files/francophonie_discours.pdf.

L’Institut français « est l’opérateur de l’action culturelle extérieure de la France. Il a été créé par la loi du 27 juillet 2010 relative à l’action extérieure de l’État et par son décret d’application du 30 décembre 2010 ».
Le fait de participer à la diffusion d’un pareil document s’appelle en termes grossiers « mettre de la m... dans le ventilo » — ce que nous faisons, certes, mais nous pour la bonne cause. Nous pouvons conclure que les tenanciers de l’Institut français n’ont pas lu le document.
L’Académie française a, elle aussi, mis le document en PDF, mais elle l’a lu et en a corrigé la plupart des fautes (elle a même supprimé ce passage douteux dont nous avons parlé dans la leçon 626 ci-dessus : « dont on peut retracer l’histoire ou se perdre dans ses rais ») : http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/discours_de_m._emmanuel_macron.pdf.
Il faut l’en féliciter.
Nous imaginons les académiciens entendant ce discours, retenant des soupirs ou levant les yeux au ciel et qu’à la lecture de la transcription certains ont fait des bonds.
Ce discours est une incongruité et une mystification. Mystification, c’est le mot qui le peint le mieux.

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

 

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• 5 novembre 2018
Leçon 635. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 17/n

Charabia et bouillie, 2/n
Parviendrons-nous à recenser toutes les occurrences de charabia dans le discours d’Emmanuel Macron, l’homme qui vend du vent aux éoliennes ?
La chose nous semble presque impossible, car à toute seconde soit nous donnons du pied sur une bosse, soit nous glissons dans un trou.
Dans les deux premières minutes (à 1 min 37 s) :

J’avais face à moi des jeunes étudiantes et des jeunes étudiants qui de manière évidente ne comprenaient pas ce que j’étais en train de dire ou plus exactement se disaient « il nous parle de quelque chose qui ne nous dit rien, il nous parle depuis un endroit ou depuis une langue qui ne nous dit pas la même chose ».

« Il nous parle depuis [...] une langue qui ne nous dit pas la même chose » : langue relâchée et illogisme, mais on comprend, on devine ce qu’a voulu dire l’auteur. Cependant...

... il nous parle depuis un endroit [...] qui ne nous dit pas la même chose

... là c’est pur charabia.
« Illogisme », disions-nous. « Une langue qui ne nous dit pas la même chose » : la même chose qu’à qui ?
Si je ne comprends pas telle chose et qu’un autre, lui, comprend telle chose de cette chose, je ne peux logiquement lui dire : « Vous comprenez différemment de moi. »

On appréciera aussi ce « ou plus exactement se disaient », qui introduit un développement qui au lieu d’éclairer obscurcit.
Tant de choses à dire... ! Quand plus haut nous disions qu’un vertige nous prenait devant ce qu’il reste à faire, vous commencez à voir, ô lecteur·trice citoyen·nne, que nous n’attigions pas ; on dirait bien d’un ado qui parle, ce président. Devrons-nous nous contenter de n’exposer qu’un florilège, un cacolège, une sélection des pires ? ce serait peut-être dommage et pourrons-nous dire que nous avons bien fait notre travail et tenu notre promesse d’un « compte rendu critique approfondi » ?

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.

 

 

• 5 novembre 2018
Leçon 636. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 18/n

Charabia et bouillie, 3/n
Revenons un instant là-dessus :

Lorsque j’ai parlé francophonie c’est sans doute le moment où les malentendus se sont le plus installés. J’avais face à moi des jeunes étudiantes et des jeunes étudiants qui de manière évidente ne comprenaient pas ce que j’étais en train de dire ou plus exactement se disaient « il nous parle de quelque chose qui ne nous dit rien, il nous parle depuis un endroit ou depuis une langue qui ne nous dit pas la même chose ».

Familièrement on pourrait dire : « C’est la meilleure ! » Emmanuel Macron s’étonne que des étudiants africains ne comprennent pas ce qu’il dit ni de quoi il parle. « Mais, monsieur », aimerions-nous pouvoir lui répondre, « qui en Afrique ou ailleurs dans le monde, dont en France, qui comprendrait ce charabia désarticulé, ce flux de langue déstructuré, sans logique, sans consistance, sans contrainte et désinhibé** ? Vous faut-il quelque avis de plus que nos nombreuses et claires leçons — que vous ne lisez pas, je vous le concède — pour que vous preniez conscience enfin que votre langue est malade, et même gravement malade ? Dans ce cas, demandez un contre-diagnostic ».
Nous ajouterions : « Et, à l’étranger, comment les interprètes se débrouillent-ils pour vous traduire ? Y pensez-vous ? Imaginez-vous leur stupéfaction, leur frustration, leur désarroi, leur enfer ? »

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.
** Désinhibition de langue qui est le signe supplémentaire d’une déconnexion par rapport au réel (il est peut-être inutile de rappeler ici que cette déconnexion du réel atteignit son maximum lors de la fête de la musique de 2018 à l’Elysée avec Kiddy Smile ; c’est sans doute à dater de cet événement que certains s’estimèrent autorisés à l’appeler familièrement Manu et à le tutoyer comme un des leurs).

 

 

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• 9 novembre 2018
Leçon 643. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 19/n

Syntaxe, 1/n

La réponse m’a sans doute été donnée tout à l’heure par Gabriel FAYE qui nous disait que dans son Bujumbura natal quand on parlait de francophonie lui qui a montré à plusieurs reprises qu’il sait parler et écrire le français venait à l’esprit la photographie d’un président de la République française avec des présidents africains.

Pas raccord. Il aurait fallu dire « lui venait à l’esprit » ou « il lui venait à l’esprit » ou supprimer la phrase « qui a montré à plusieurs reprises qu’il sait parler et écrire le français », transformant ainsi un lui sujet (« lui qui a ») en lui complément (« lui venait à l’esprit » ou « il lui venait à l’esprit »).
Non corrigé sur le PDF de l’Académie (phrase reponctuée, mais faute de langue non rectifiée).

Cette phrase comporte d’autres problèmes, dont nous ne parlerons pas ou dont nous avons déjà parlé.

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.

 

 

• 9 novembre 2018
Leçon 644. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 20/n

Syntaxe, 2/n

• Ça n’est pas de cette image dont je suis venu aujourd’hui vous parler.

Il faut ici « de cette image que » (corrigé sur le PDF de l’Académie).

• Alors pour réussir ce récit, je veux remercier madame Leïla SLIMANI qui a conduit depuis plusieurs mois un travail considérable.

Il faut ici « qui conduit depuis plusieurs mois » ou « qui a conduit pendant plusieurs mois » (non corrigé sur le PDF de l’Académie).

• Je ne me suis pas essayé ici, sous le contrôle de plus experts que moi, à essayer de dire qui était Francophone ou pas.

Ce « s’essayer à essayer de » nous rappelle François Hollande et ses trop piteux « permettre d’être capable », « être capable de pouvoir », « permettre de pouvoir être possible », etc. (v. la leçon 117). Il faut supposer que le président Macron improvise et ne lit pas son discours : une fois de plus, il ne se souvient pas de ce qu’il vient de dire ou ne s’en soucie pas, et il n’est donc pas raccord.

Deux de ces trois citations comportent d’autres problèmes, dont nous ne parlerons pas ou dont nous avons déjà parlé.

À suivre

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.

 

 

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• 14 novembre 2018
Leçon 649. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 22/n

La langue, la parole est une arme puissante avec laquelle Emmanuel Macron se tire moult balles dans le pied et flingue le décor.

Syntaxe, 3/n

• Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Académiciens,
Madame la Représentante personnelle pour la francophonie,
Mesdames et Messieurs,
C’est avec beaucoup d’humilité que je viens...

Par « Madame la Représentante personnelle pour la francophonie », le président salue sa représentante personnelle Leïla Slimani — présente parmi l’auditoire —, c’est donc « Madame ma représentante personnelle » qu’il eût fallu dire (ou simplement « Ma représentante personnelle » si le protocole l’autorise) ; la formule « Madame la Représentante personnelle » est en effet incomplète : la représentante personnelle de qui ?
Un autre orateur aurait pu dire : « Madame la représentante personnelle du président de la République pour la francophonie ».

• Et c’est fort de cela qu’aujourd’hui des centaines de millions de personnes affrontent le monde.

La transcription d’Elysee.fr est conforme à l’audio du discours, mais il eût fallu « fortes ».
L’Académie a corrigé dans son PDF (ce n’est que mettre la poussière sous le tapis, diront les mauvaises langues).

À suivre : lexique, syntaxe, style, tics, platitudes, remplissage, lapalissades, maladresses, effets, effets ratés, illogismes, charabia et bouillie, exagérations, perles, intrications de problèmes (poupées russes), vers une pipotronisation de l’Etat (les discours écrits par des logiciels)...

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* Discours « pour la [sic] stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/.
Archive : http://archive.is/2eyo.

 

 

[...]
• 11 décembre 2018
Leçon 683. – « Faire de cette colère une chance », 1/2

« Faire de cette colère une chance » est le titre totalement insincère et sans imagination donné par Elysee.fr à la plate allocution* du président Macron aux Français hier soir ; il répondait à la colère desdits gilets-jaunes.
On aura remarqué l’utilisation, une fois de plus, du ton apitoyé : il est M. Empathie, il nous comprend, il nous a compris.
Le mot « chance » est un des risibles, paresseux et agaçants tics verbaux depuis quelques années chez nos politicards rancis, et François Hollande l’aimait immodérément : voyez la leçon 52 (accumulation hilarante) d’avril 2015. La phrase la plus drôle contenant le mot « chance » a peut-être été celle-ci, tirée de son discours de clôture de la « conférence pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France » :

Si nous pouvons convenir [?] d’ouvrir les yeux de ceux qui n’ont pas encore compris que l’Afrique était une chance, une chance pour elle-même, une chance pour l’Europe et une chance pour la France, ce colloque aura déjà été utile. Parce que quand on ouvre les yeux, on peut aussi ouvrir les bras.

L’Afrique est « une chance pour elle-même » : on a oublié à quel point François Hollande était drôle (on trouvera de nombreux exemples sur ce site).
Les discours, les propos de nos deux derniers présidents (les seuls dont nous avons analysé avec précision les discours) ressemblent à des ruines : des bâtiments sans toit, des colonnes qui ne soutiennent rien, des escaliers inutilisables qui ne mènent pas aux étages, des pièces grandes ouvertes à toutes les intempéries, à toutes les tempêtes, et çà et là les étrons furtifs de promeneurs pressés de se soulager.

Vivement le RIC !

N. B. 1. Si ce discours du 10 décembre 2018 est mal écrit et mal transcrit, il l’est moins que les précédents, et beaucoup moins que le discours de mars à l’Institut de France (v. la leçon 588 ci-dessus et les suivantes), que nous avons pu qualifier sans exagération de « catastrophique » ; noter aussi que notre analyse approfondie de ce discours de mars, constituée actuellement de vingt-deux parties, n’est pas encore terminée : il nous reste des choses à dire.
N. B. 2. « Bousculer » utilisé trois fois en 13 minutes : « bousculer la République », « laïcité bousculée », « bousculer le système politique ». C’est un tic, une manie : voir la leçon 600 ci-dessus et sa mise à jour.
C’est une macronerie comme le  « en même temps », mais que personne n’a encore repérée.

À suivre

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/12/10/adresse-du-president-de-la-republique-du-lundi-10-decembre-2018
Archive : http://archive.is/Goo7c.

 

 

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• 13 décembre 2018
Leçon 685. – « Faire de cette colère une chance », 2/2

Beaucoup de choses à redire sur l’allocution* du président du 10 décembre. Nous en avons ici sélectionné deux.

Premier extrait

Ce fut d’abord la colère contre une taxe et le Premier ministre a apporté une réponse en annulant et en supprimant toutes les augmentations prévues pour le début d’année prochaine mais cette colère est plus profonde, je la ressens comme juste à bien des égards. [Et] elle peut être notre chance.
C’est celle du couple de salariés qui ne finit pas le mois et se lève chaque jour tôt et revient tard pour aller travailler loin.
C’est celle de la mère de famille célibataire, veuve ou divorcée, qui ne vit même plus [sic], qui n’a pas les moyens de faire garder les enfants [...].

Il fallait le dire ainsi : Cette colère, c’est celle du couple de salariés...

Deuxième extrait

J’entends que le gouvernement poursuive l’ambition des transformations de notre pays que le peuple a choisie il y a maintenant 18 mois ; nous avons devant nous à conduire une réforme profonde de l’Etat, de l’indemnisation du chômage et des retraites. Elles sont indispensables. Nous voulons des règles plus justes, plus simples, plus claires et qui récompensent ceux qui travaillent.

Il fallait le dire ainsi : Ces transformations sont indispensables.

Haine sotte et scolaire de la répétition ? Dans les deux cas on ne comprend pas, dans les deux cas un pronom renvoie à un mot qu’on ne pourra retrouver que si l’on relit ou réécoute. Grosse erreur, surtout dans un discours.
Même pas fichu d’écrire correctement un discours important de seulement treize minutes... Absence d’exigence, incompétence, bâclage méprisant ?
(En tout cas, l’incompétence de tous nos gouvernants — y a-t-il une exception ? — est en train de devenir une évidence pour tous.)

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/12/10/adresse-du-president-de-la-republique-du-lundi-10-decembre-2018
Archive : http://archive.is/Goo7c
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[...]
• 15 janvier 2019
Leçon 704. – La « Lettre aux Français » d’Emmanuel Macron*, 1/7

La courte « Lettre aux Français » d’Emmanuel Macron est moins maladroite, moins bancaloïde, moins malade que ses autres écrits, déclarations et discours, et elle ne contient pas, semble-t-il, de faute d’orthographe. Voici néanmoins une perle de charabia ; le président pose la question suivante :

Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

« Garantir le respect [...] de la compréhension réciproque » ?
On peut comprendre ce que signifierait « garantir la compréhension réciproque », on comprend aussi ce que signifie « le respect [...] des valeurs intangibles de la République », mais « garantir le respect [...] de la compréhension réciproque » est une nouvelle absurdité : c’est quoi donc, respecter la compréhension réciproque ?

C’est sûr, c’est certain, c’est prouvé, nous sommes gouvernés par des pas-finis, des gamins, des demi-illettrés, des adultes qui n’ont pas achevé leurs études, des fruits verts qui jamais ne mûriront. Voyez, entre autres, le niveau intellectuel de certains députés LREM, incapables de faire une phrase.
Quant à la langue de quelques-uns de ceux qui les attaquent et les critiquent, comme Juan Branco (qui nous annonce pour le 25 janvier un livre, Contre Macron**, « plus exigeant »...), elle ne vaut guère mieux, quand elle n’est pas cent fois pire. Désespérant.

Vive les gilets-jaunes !

À suivre

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/01/13/lettre-aux-francais
** Nous parlons abondamment de Juan Branco en page 31 à partir de la leçon 690 ; selon Wikipedia, Contre Macron sera son sixième livre.

 

 

• 15 janvier 2019
Leçon 705. – La « Lettre aux Français » d’Emmanuel Macron*, 2/7

  Pour Emmanuel Macron selon Leparisien.fr** :

« Il y a 35 questions » dans la lettre aux Français, mais « au-delà de celles qui sont écrites, toutes les questions sont ouvertes », a expliqué le président : « S’il y a des questions intelligentes, des sujets que je n’ai pas vus qui émergent, ils seront aussi pris. Il ne doit pas y avoir de tabou au moment où l’on se parle ».

Nous avons compté les questions, il y en a bien trente-cinq, mais l’une d’elles est une question oratoire, autrement dit une affirmation, une non-question, et elle n’appelle pas de réponse. La voici :

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la Nation française. Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Il n’y a donc que trente-quatre vraies questions : le président qui hier prônait l’effort s’est paresseusement contenté de compter les points d’interrogation au lieu de compter les questions. L’heure n’est plus depuis longtemps à la rigueur intellectuelle, qui fait les discours bien construits et les pays heureux et bien gouvernés.

  Revenons sur la déclaration ci-dessus. Le président déclare :

 Il y a 35 questions » dans la lettre aux Français, mais « au-delà de celles qui sont écrites, toutes les questions sont ouvertes ».

Non, c’est le questionnaire qui est ouvert, ouvert à d’autres questions ; plus précisément, c’est le débat qui est ouvert à d’autres sujets. « Toutes les questions sont autorisées » ou, mieux, « tous les sujets sont autorisés », n’a pas osé dire le président, car autoriser faisait planer le spectre de l’interdiction, et Dieu sait si en ce moment les Français ont le cuir sensible et la tête près du bonnet, voire proche du gilet.

Définition classique d’une question ouverte, selon Littré :

La question est ouverte, [...] elle n’est pas décidée.

Définition moderne d’une question ouverte :

Une question pour laquelle il n’y a aucune réponse préétablie proposée au questionné ; elle s’oppose à une question fermée, qui peut être à choix multiple, mais où le choix est limité.

À suivre

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/01/13/lettre-aux-francais
** http://www.leparisien.fr/politique/direct-suivez-l-ouverture-du-grand-debat-sans-tabou-d-emmanuel-macron-15-01-2019-7989072.php

 

 

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• 16 janvier 2019
Leçon 707. – Emmanuel Macron hier à Gasny (Normandie) : « Les personnes qui vivent en situation de pauvreté »

En huit mots : « les personnes qui vivent en situation de pauvreté » ; en deux mots : « les pauvres ».

Voir la vidéo.

Toujours à Gasny, selon Lefigaro.fr, le professeur Macron a déclaré à propos des « personnes qui vivent en situation de pauvreté » :

... car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent.

La vidéo montre la réalité ; Macron dit : « parce que y en a qui font bien ; y en a qui déconnent ».
Voir la vidéo.
Décidément, Lefigaro.fr n’a pas de souci de la réalité, de l’exactitude (v. aussi la leçon 699) ; aussi désinhibé que Macron, qui parle d’un ton de professeur mais avec une langue relâchée (« y en a qui font bien ; y en a qui déconnent ») à des gens qui ont vingt ans de plus que lui et qui connaissent mieux la réalité du terrain. Sûr de soi, outrecuidant, le président finit par lasser.

L’AFP encore :

Les «personnes en situation de pauvreté», «on va davantage les responsabiliser, car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent», a jugé mardi matin Emmanuel Macron devant les élus de Gasny (Eure) selon une journaliste de l’AFP présente.

https://twitter.com/dom_albertini/status/1085167621891411969

 

 

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• 19 janvier 2019
Leçon 715. – « C’est d’la pipe ! », 1/2

Apolline De [sic] Malherbe @apollineWakeUp [sic]
Emmanuel Macron hyper combatif, et tres [sic] assumé: «Faut pas raconter des cracs [sic]! C’est pas en remetant [sic] l’ISF que la situation d’un seul gilet jaune s’améliorera! Ça c’est d’la pipe!»

https://twitter.com/apollineWakeUp/status/1085217152196665344

Apolline de Malherbe fière de son président.
Emmanuel Macron ne souhaite-t-il pas que ses interlocuteurs confondent langage populaire, langage relâché et langage de vérité ? En effet, si un langage est relâché on aura tendance à supposer que les mots viennent du cœur, qu’ils sont sans filtre, sincères, spontanés, véridiques, fiables.

• N. B.
— Faux-sens : on n’écrit pas « raconter des cracs », mais « raconter des craques ».
— Pourquoi De, avec une majuscule ? pour se désaristocratiser ?
— Nous connaissions « c’est du pipeau », pas « c’est de la pipe » ; merci au « fin lettré » Macron que nous vantait une autre admiratrice, Nathalie Schuck (v. la leçon 409).

À suivre

 

 

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• 24 janvier 2019
Leçon 721. – Discours d’Emmanuel Macron le 22 janvier 2019 à Aix-la-Chapelle*

Extrait de la transcription :

Et en vous écoutant, Madame la Chancelière, Monsieur le Président, à l’instant, je me souvenais avec émotion de ce que Madame de Staël disait parfois : « Lorsque mon cœur cherche un mot en français et qu’il ne le trouve pas, je vais parfois le chercher dans la langue allemande. » Il y a des mots qu’on ne comprend pas, il y a des mots qu’on ne traduit pas, mais chacun de nos pas réduit l’écart de ces intraduisibles, et il y a des mots dont nos cœurs ont besoin, d’une langue l’autre. Parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche. Parce que la part que je ne comprends pas en allemand a un charme romantique que le français, parfois, ne m’apporte plus. C’est indicible, c’est irrationnel, mais nous devons chérir cette part d’indicible et d’irrationnel qui ne sera dans aucun de nos traités, et qui est la part vibrante, magique, de ce qui nous rassemble aujourd’hui et de ce qui nous fait**.

Le premier « parfois » est probablement de trop, mais, à part ça, le discours sent bougrement la sincérité (surtout ce « à l’instant, je me souvenais avec émotion »), non ?
Noter que « à l’instant » appelait un présent (« à l’instant, je me souviens avec émotion ») et non un passé (« à l’instant, je me souvenais avec émotion ») ; il fallait dire « il y a un instant, je me souvenais avec émotion ». Macron se contredit, il corrige ou atténue son « à l’instant » qui n’est pas crédible du tout par un verbe à l’imparfait, mais surtout il n’est pas crédible parce que ce discours, ce propos a été préparé, écrit à l’avance : en plus d’être probablement fictif, ce souvenir ému (« je me souvenais avec émotion ») n’est pas né à l’instant en écoutant Merkel. « À l’instant » est faux et insincère.
On soulignera ce mystérieux « parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche ».
Du faux souvenir, de la fausse émotion, de la fausse profondeur, de la fausse magie (« la part vibrante, magique »), du faux brillant : c’est Macron.
Il ne reste plus qu’à découvrir que cette citation ou son contexte sont inexacts ou faux. Exemple : « Mme de Staël a écrit dans De l’Allemagne » ou « Mme de Staël a écrit dans sa correspondance » au lieu de « Madame de Staël disait parfois ». Nous trouvons que ce « disait » et ce « parfois » ressemblent bien à de l’ajouté, à de l’inventé. En effet, ces deux mots donnent un côté familier, domestique, banal à une citation qui sans cela aurait pu passer pour une manifestation de cuistrerie de la part du « fin lettré » qu’est Macron ; et le « parfois » indique la pluralité, qui donne plus de crédibilité à l’affirmation, puisqu’elle a été répétée par son auteur, elle est donc réfléchie. Enfin nous connaissons bien, et nous l’avons plusieurs fois mis ici en relief, le manque de rigueur ambiant, quasi général, épidémique et contagieux quand il s’agit de citer.
De ce « parfois » on peut aussi inférer que Macron a beaucoup lu Mme de Staël, ce qui lui a permis de constater la répétition ; ce propos vient renforcer son image de « fin lettré » (v. la leçon 409), de liseur.

Macron a réussi à placer trois fois dans son discours un de ses mots favoris : « le vent de l’histoire venait bousculer les lignes », « une Europe bousculée », « notre Europe est bousculée » (v. la leçon 694). Ça devient un peu ridicule ; un pari peut-être ?

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/01/22/signature-du-traite-franco-allemand-d-aix-la-chapelle
Archive : http://archive.is/bKPcg.
** Vidéo de « Et en vous écoutant » à « parfois, ne m’apporte plus » : https://www.facebook.com/ontologie.quarantedeux/videos/116792256047620. (Lien mort.)

 

 

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• 2 février 2019
Leçon 731. – Il n’a pas les mots d’un président

Emmanuel Macron était hier face à des journalistes :

"Le boxeur [Christophe Dettinger], la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan", déclare Emmanuel Macron, non sans préjugé*.

Question : Emmanuel Macron, lui, dans ses déclarations et dans ses discours a-t-il les mots d’un président (v., entre autres, notre analyse en vingt-deux leçons du discours du 20 mars 2018 dans la leçon 588 ci-dessus et dans les suivantes) ? Sans préjuger aucunement, nous répondons non.

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* https://www.lexpress.fr/actualite/politique/macron-le-boxeur-christophe-dettinger-etait-conseille-par-l-extreme-gauche-car-il-n-a-pas-les-mots-d-un-gitan_2060367.html

 

 

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• 21 mars 2019
Leçon 789. – Cri du cœur d’Emmanuel Macron

Choquant de la part d’un président de la France.
Macron est en colère, et le mot qui lui vient spontanément à la bouche alors qu’il morigène ses ministres est un mot anglais, « break », comme si le vernis de la bienséance linguistique avait soudain craqué, révélant la personnalité de l’homme, l’homme sans racines, l’homme superficiel, l’éponge à anglicismes, l’ado de 41 ans.

Extrait d’un article du Canard enchaîné :

« Il suffit que je fasse un break de vingt-quatre heures pour que la maison ne soit pas tenue ! » Ce sont les premiers mots d’Emmanuel Macron de retour à Paris, après son week-end interrompu à la montagne.

Vive les gilets-jaunes !

https://planetes360.fr/macron-semporte-il-suffit-que-je-fasse-un-break-de-vingt-quatre-heures-pour-que-la-maison-ne-soit-pas-tenue/

La bienséance linguistique ? disons carrément la politesse linguistique, le savoir-vivre linguistique de la part d’un président de la France. Ce président, que nous avons qualifié ici plusieurs fois de grammaticalement désinhibé, a lâché un mot qui dans la bouche d’un autre Français passera pour branchouillard, bêtasse et moutonnier, mais qui, dans la bouche d’un président de la France, est un gros mot et une énorme faute de goût.

On remarquera que, de son côté, le Canard enchaîné n’est pas gêné d’utiliser le détestable mot de « week-end », mot le plus vulgaire et le plus laid de la langue française (v. la leçon 753), l’inextirpable verrue des verrues.

Mise à jour de juillet 2019, à propos de certains anglicismes
— En deuxième position des mots anglais détestables, « sexy », qui est d’autant plus détestable et humiliant pour le francophone qu’il s’est confortablement installé dans le lexique de nombreuses personnes (beaucoup de journasots) et même d’écrivains exigeants (v. la leçon 537).

Ajoutons que nous trouvons un peu indécent qu’un homme ou une femme nous disent qui ils trouvent « sexy » (autrement dit très crûment, qui les fait bander ou mouiller), propos à réserver à la chambre, là où tout est permis.
En deuxième position des détestables, « week-end », le parfait colon, l’indéracinable intrus qui nous ricane sous le nez depuis de trop longues décennies. L’emploi fréquent de « sexy », lui, n’est qu’une mode et finira par régresser. (V. la note 172.)

— « La maison [n’est plus] tenue » : Macron ici parle comme le maître de maison à ses domestiques.

 

 

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• 4 avril 2019
Leçon 806. – Parce que !

L’implacable logique Macron.

À Toulon le 18 février 2017 (v. aussi la leçon 220) :

« Donc je le dis aujourd’hui, à chacun et chacune dans vos conditions, dans vos histoires, dans vos traumatismes, parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime. Parce que la République, elle doit aimer chacun ! », a lancé le candidat d’En marche! à la fin de son meeting à Toulon, où il a tenté de clore la polémique.

Lors de l’inauguration le 29 juin 2017 de la Station F, halle Freyssinet, à Paris (v. aussi la leçon 254 ci-dessus) :

Ne pensez pas une seule seconde que, si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite. Non ! Parce que vous aurez appris dans une gare, et une gare c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien, parce que c’est un lieu où on passe, parce que c’est un lieu qu’on partage, parce que la planète où nous sommes aujourd’hui, parce que cette ville, parce que notre pays, parce que notre continent ce sont des lieux où nous passons et, si nous oublions cela en voulant accumuler dans un coin, on oublie d’où on vient et où on va.

Aux Antilles en septembre 2018 (v. aussi la leçon 579 ci-dessus) :

«Ce qui fait que je me suis battu pour être élu face à Marine Le Pen et que je suis là aujourd’hui, c’est parce que j’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises, parce que bien souvent, parce que c’est un enfant de la République, il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire», s’est justifié dimanche le chef de l’État, très applaudi, lors du point presse.

Le 22 janvier 2019 à Aix-la-Chapelle (v. aussi la leçon 721 ci-dessus) :

Il y a des mots qu’on ne comprend pas, il y a des mots qu’on ne traduit pas, mais chacun de nos pas réduit l’écart de ces intraduisibles, et il y a des mots dont nos cœurs ont besoin, d’une langue l’autre. Parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche. Parce que la part que je ne comprends pas en allemand a un charme romantique que le français, parfois, ne m’apporte plus. Parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche. Parce que la part que je ne comprends pas en allemand a un charme romantique que le français, parfois, ne m’apporte plus.

On se demande, entre autres, ce qu’est censé expliquer le premier « parce que » :

... parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche...

Encore un raisonnement, une démonstration foutraques.

 

 

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• 27 avril 2019
Leçon 823. – Les « toutes celles et ceux » de Macron

Il n’y a plus grand-chose à dire sur la langue de Macron, nous avons dit presque tout le mal qu’il fallait en penser et rien n’a changé. Nous ne soulignerons que ceci : dans son discours avant les questions de la presse, le président dit par trois fois « toutes celles et ceux qui [...] »*. Dans cet accord grammatical-là, le féminin l’emporte ; il eût fallu tourner autrement : « tous ceux et celles qui [...] ».

L’ogre Macron, copie d’écran à 41 minutes 41 secondes :

Vive les gilets-jaunes !

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/04/25/conference-de-presse-grand-debat-national (archive : http://archive.fo/Eat8v)

 

 

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• 1er mai 2019
Leçon 825. – Sous de sombres auspices

C’est sous les sombres auspices d’un déséquilibre et d’une contradiction manifestes et éclatants que commence le mois de mai. Résumons la conférence de presse* du président du 25 avril...
En arrière-plan lointain, flou, trouble, oublié, des yeux crevés, des mains arrachées, des pieds mutilés, des crânes fracturés, enfoncés et leurs nombreuses et graves séquelles à vie.
Au premier plan, un Macron pimpant toujours, sûr de soi envers et contre tout, à l’aise, guilleret, heureux, léger, souriant, tout miel, séducteur toujours, poseur, pontifiant et déclarant entre autres en demi-charabia qu’il faut « assumer la clarté, la force d’un investissement dans les grandes transitions pour bâtir la confiance »**.
Macron meublant le vide ou cachant ses vraies intentions sous sa logorrhée sinueuse, serpentine, sédative et déglinguée.
Dans les deux camps opposés, la détestation monte. Désormais irréconciliables, nous semble-t-il.
Mai sera agité et probablement furieux.

(Nous avons conscience que, dans ces conditions, il est chaque jour plus dérisoire de parler de la prononciation de Macron, de la syntaxe de Macron, du lexique de Macron, du style de Macron, du charabia de Macron. Idem pour les journalistes, toujours plus nombreux à être du côté du manche, du manche qui castagne et enfonce des crânes.)

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/04/25/conference-de-presse-grand-debat-national (archive : http://archive.is/tfbk5)
** Voir la leçon 822.
Mise à jour du 8 mai 2019. Vingt-quatre yeux perdus à ce jour, vingt-quatre yeux qui ne contempleront plus le « nouveau monde » de M. Macron : https://twitter.com/davduf/status/1125867942883807233.
Mise à jour du 11 mai 2019. Ce que nous disons dans cette leçon 825 est très analogue à ce que nous disions en avril dans la leçon 801, où nous concluions : « Dans le “nouveau monde” de Macron, tout est bancal et prêt à tomber, et tout naît bancal. Il serait surprenant que la chute ne fût pas proche et bruyante. » Aujourd’hui nous ne pouvons que souhaiter passionnément la chute du régime Macron, dont nous disons qu’il est ignoble.
Mise à jour du 15 mai 2019. A propos de la prononciation de Macron. Nous apprenons que certaines personnes ne se sont pas aperçues du zézaiement de Macron (sur Google, taper Macron zézaiement), certainement parce qu’il est faible et rare et que peu de gens ont écouté comme nous Macron pendant des heures. Sur la prononciation de Macron, voir la leçon 596 ci-dessus.
Mise à jour du 23 mai 2019. « Mai sera agité et probablement furieux »... Finalement non. Alors juin ?

 

 

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• 25 mai 2019
Leçon 852. – Selon Macron, des blessés, mais pas de victime, 1/2

A propos de l’attentat à Lyon hier, Macron déclare :

A ce stade, y a pas de... il n’y a pas de victime, y a des blessés, donc je veux avoir, évidemment, une pensée pour les blessés et leurs familles*.

Ouf ! seulement des blessés, et pas de victime.
Commentaire d’un twitteur : « Quand on vous dit que @EmmanuelMacron n’est pas totalement connecté. »

À suivre

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* Vidéo à https://twitter.com/SJallamion/status/1131996035851665408.
Mot clé : faux-sens.
Autonote : Macron_pas-de-victime.mp3.

 

 

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• 12 juillet 2019

Leçon 882. Macron pas dans les temps

Poursuite de la relecture partielle du site.
Macron et ses problèmes avec les temps du verbe, problème de logique une fois de plus.

• Leçon 620 (v. ci-dessus) :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette et je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu Giono.

Correction : ... je pouvais vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu... ou je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’ai lu...

• Leçon 721 (v. ci-dessus) :

A l’instant, je me souvenais avec émotion de ce que Madame de Staël disait parfois.

Correction : A l’instant, je me souviens... ou Il y a un instant, je me souvenais...

Homme qui louvoie n’est pas si décidé que ça.

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 883. – L’automne de Macron, 1/8

Nous poursuivons la relecture partielle de notre site et nous revenons sur le désastreux discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé par Macron le 20 mars 2018* à l’Institut devant, entre autres, un parterre d’académiciens.
Revoyons la transcription officielle du site Elysee.fr* de la conclusion de ce discours de 1 h 4 min 6 s jusqu’à la fin :

Au fond, du plus loin que je me souvienne, j’ai éprouvé des sentiments en les lisant peut-être avant de les vivre. Je suis convaincu d’avoir connu la Creuse avant d’y être aller [orthographe sic], à cause de Pierre MICHON. J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette et je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu GIONO. C’est ça le français et ça, ça exige en effet beaucoup d’heures d’apprentissage, ça exige de se tromper, de traduire et retraduire, ça exige tout ce que je viens de vous dire, mais ça n’enlève rien de la part intime que chacune et chacun d’entre vous a avec le français, et qui est irréductible. Et au fond, c’est ça le trésor de notre langue, c’est ça la richesse de votre Académie et c’est ça la beauté du combat que nous continuerons à mener ; c’est que le français ne sera jamais une langue hégémonique, parce que c’est une langue de combat et d’intranquilité [orthographe sic], parce qu’il continuera à être une langue de traduction et d’étymologie et parce qu’on aura beau écrire des dictionnaires, il faudra continuer à les refaire. Je vous remercie.

bg 1. — D’abord, soulignons deux des différences entre ce que dit Macron (écouter la vidéo*) et la transcription d’Elysee.fr ci-dessus.
Oral (ce qu’il dit)/transcription (ce qui est écrit) :

— Je suis convaincu d’avoir connu la Creuse avant d’y être/... avant d’y être aller [orthographe sic]

— ... parce que c’est une langue de combat et d’intranquilles/... d’intranquilité [orthographe sic]

Macron s’écoute parler : en oublie-t-il, hypnotisé par son propre ramage, le sens de ce qu’il dit ?

bg 2. — La voix
Petite voix émue, douce, triste, confidentielle, mourante, lente, hésitante parfois (oui, l’orateur contient son émotion... oui, l’orateur recherche enfouies dans son âme des vérités qui vont certainement nous intéresser... oui, il recherche la formulation exacte et difficile de ces vérités, de ces vérités sincères, non feintes, parfaitement réelles... il ahane, enfin il accouche, et se livre ; il livre des secrets à son auditoire... pour nous, devant nous il rappelle à la vie de vieilles sensations... oh, l’être sensible, humain et émouvant... finalement l’orateur et l’auditoire communient...).

« Finalement l’orateur et l’auditoire communient » : Macron conclut par un « Je vous remercie ». Mais non ! avons-nous envie de lui dire, c’est nous qui vous remercions, c’était beau, c’était vrai.

bg 3. — Analyse partielle
Passons sur ces deux « au fond » suspects de n’avoir rien de profond ni de pesé, sur le « Je suis convaincu » et sur le « J’ai très sincèrement cru », qui participent à donner de la crédibilité au texte (oui, c’est du vécu, et rien n’est inventé par Macron) et sur plusieurs obscurités ou maladresses du texte (comme ce « j’ai éprouvé des sentiments en les lisant peut-être avant de les vivre » : lit-on des sentiments ou lit-on leur description ?), obscurités ou maladresses que nous avons en partie analysées dans les leçons 620, 621 et 882 ci-dessus, passons également sur les carences de la ponctuation de la transcription ; passons donc sur tout ça pour analyser cette seule phrase :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette.

Extrait audio de vingt-sept secondes de « Au fond, du plus loin que je me souvienne » à « grâce à Colette » : ici.

intranquilite

N. B. Nous appelons transcription ce qui n’est peut-être que le texte du discours qu’était censé lire le président, d’où les différences entre l’écrit et l’oral ; cependant l’incident du « miguet » (en quatre leçons à partir de la leçon 822) nous fait penser le contraire et « transcription » est bien le terme utilisé par Elysee.fr. Une certitude, si c’est une transcription, elle n’est pas exacte et rigoureuse.

À suivre

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* Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 884. – L’automne de Macron, 2/8

Reprenons :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette.

Mille diables ! mais que peut bien signifier pareille phrase ?
D’abord précisons ce qui suit. « J’ai très sincèrement cru » : il s’agit ici pour Macron de clamer sa sincérité envers soi-même, et non envers son auditoire (Macron est préoccupé par les deux formes de la sincérité, envers les autres et envers soi, car il a un grand besoin qu’il se croie pour qu’on le croie, mais sent-il que de moins en moins d’auditeurs sont dupes de son petit théâtre bancal, de son décor mal peint aux planches inégales, toujours grinçantes et prêtes à fuir sous lui ?).
Toutefois, sachant Macron peu fin dans l’expression, nous pouvons le soupçonner d’avoir plus probablement voulu dire : « Je vous le dis très sincèrement, j’ai cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette » — l’affirmation n’en reste pas moins farfelue, comme nous le montrerons tout à l’heure.

À suivre

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Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 885. – L’automne de Macron, 3/8

Reprenons :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette.

Rappelons que Macron parle de ses jeunes années.
Force est de conclure que, à l’âge où Macron était capable de lire Colette, à l’âge de dix ou onze automnes, il n’était pas capable de décrire la saison qui suit l’été et précède l’hiver. Incroyable, non ?
Il n’y aurait donc pas d’automne à Amiens ni dans ses rues, ni dans ses parcs ni dans ses jardins ni dans ses environs de campagne ?
Certes il l’aurait moins bien décrit que ne l’aurait fait Colette, mais il aurait pu le décrire. Donc pure invention, propos creux, et le « très sincèrement » était supposé donner de la crédibilité à cette fable grossière.

Mais, mille diables et mille tonnerres ! il y a pire dans cette phrase, c’est son « j’ai cru [...] pouvoir ».

À suivre

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Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 886. – L’automne de Macron, 4/8

Cette voix fluette qui mendie nous fait penser que ce discours est un exercice d’aplatissement devant les académiciens visant à gagner leur approbation ou leur neutralité — plus probablement leur neutralité.

À suivre

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Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 887. – L’automne de Macron, 5/8

Revenons à nos moutons.
Macron déclare sur un ton confidentiel et pénétré :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette.

Du consternant « j’ai [...] cru pouvoir décrire l’automne » il découle que, après avoir lu Colette, Macron n’en était toujours pas capable ou, au mieux, qu’il n’était pas sûr d’en être capable.
On croit rêver, non ?
Cette question parmi d’autres nous brûle les lèvres : y a-t-il une nécessité quelconque d’être capable de décrire l’automne ? est-ce un pré-requis à quelque chose, un passage obligé pour accéder à quelque chose d’important ?
Un Macron plus crédible se serait contenté de dire : « J’ai compris l’âme de l’automne grâce aux descriptions de Colette », « Je suis tombé amoureux de l’automne grâce aux descriptions qu’en fait Colette »... ; il aurait même pu ajouter un « Je vous jure que » au début de ces deux phrases sans que cela ressemblât à du remplissage.

Homme artificiel et superficiel, lancinante crécelle à fadaises, frimeur toujours satisfait, naïf au fond, on dirait un gamin qui s’essaie à égaler quelque poète ou quelque grand écrivain et nous dirons de ses discours comme de ceux de Hollande : que de temps passé à débiter des balourdises, que de temps perdu pour notre pays si malade !

Il faut peut-être aujourd’hui reconnaître une qualité à Hollande, il ne faisait pas le beau sur une scène à cent millions de spectateurs potentiels à travers le monde, il ne s’écoutait pas parler en se régalant, il ne se faisait pas graver ses discours dans le marbre pour les distribuer à ses amis (ce n’est peut-être pas la réalité, mais nous imaginons sans peine cette scène : Macron comme Benito Mussolini offrant chaque année à son épouse pour son anniversaire une photo dédicacée de lui-même*).

Quand nous avons commencé dans la leçon 588 l’étude du discours de Macron à l’Institut de France, étude que nous avons poursuivie sur vingt-deux leçons sans parvenir à épuiser la matière (elle est quasiment inépuisable), nous avons déclaré à la huitième leçon : « Chaque phrase est un désastre » ; le lecteur voudra bien reconnaître que nous en avons donné cent preuves et que nous n’exagérions pas. Nous pourrions en donner d’autres si l’exercice en valait la peine.

Attention, nous n’en avons pas fini avec l’analyse de ces dix lignes d’extrait !

À suivre

———
* Selon Rachele Guidi elle-même, épouse de Mussolini.

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 888. – L’automne de Macron, 6/8

La toute fin de la conclusion décourage les commentaires, comme en général toute prose macronienne :

C’est ça le français et ça, ça exige en effet beaucoup d’heures d’apprentissage, ça exige de se tromper, de traduire et retraduire, ça exige tout ce que je viens de vous dire, mais ça n’enlève rien de la part intime que chacune et chacun d’entre vous a avec le français, et qui est irréductible. Et au fond, c’est ça le trésor de notre langue, c’est ça la richesse de votre Académie et c’est ça la beauté du combat que nous continuerons à mener ; c’est que le français ne sera jamais une langue hégémonique, parce que c’est une langue de combat et d’intranquilité [orthographe sic], parce qu’il continuera à être une langue de traduction et d’étymologie et parce qu’on aura beau écrire des dictionnaires, il faudra continuer à les refaire. Je vous remercie.

bg Ce qui est particulièrement incompréhensible :

mais ça n’enlève rien de la part intime que chacune et chacun d’entre vous a avec le français, et qui est irréductible

bg Ici un contresens :

ça exige de se tromper

Contresens en effet, puisqu’il fallait dire « ça implique de se tromper ».

bg Ici deux faux-sens :

on aura beau écrire des dictionnaires, il faudra continuer à les refaire

« À refaire », non, pesant et vilain faux-sens ; à actualiser ou à mettre à jour, oui.
Et que vient faire ici cet « on aura beau » ? Rien ! ce n’est pas du tout la locution adéquate. Il fallait simplement rappeler que les dictionnaires ne sont pas écrits une fois pour toutes, qu’il faut sans cesse les actualiser (nouveaux mots, nouvelles acceptions...) et prendre comme exemple le travail d’actualisation en cours du Dictionnaire de l’Académie. Cette phrase est probablement une allusion ratée avec des mot ratés.

bg Par l’obscure formule le français langue d’étymologie, il faut probablement comprendre que le français a été et restera l’objet de nombreux emprunts, vision optimiste puisque les langues étrangères n’empruntent plus qu’à l’anglais, la France et sa langue n’étant plus qu’un cadavre sur lequel financiers et politicards s’affairent à arracher les dernières dents en or.

Et cetera.
En résumé : la fin déglinguée d’un déglingué discours.

À suivre

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Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 889. – L’automne de Macron, 7/8

J’ai éprouvé des sentiments en les lisant peut-être avant de les vivre.

Connaître la Creuse, pouvoir décrire l’automne, pouvoir dire tout de la chaleur des soirs de Provence : quel rapport avec des « sentiments » ?
Une formulation comme celle-ci eût été plus logique : « J’ai connu par la littérature certaines réalités avant de les voir » — ce qui n’a absolument rien d’extraordinaire, à part, bien sûr, la phrase sur l’automne, qui reste une grosse farce.
Rappelons ce lire des sentiments, expression inadéquate épinglée plus haut.
Enfin, et c’est pour nous une occasion de le dire, rien ne nous semble plus étranger à l’apprenti séducteur Macron que les sentiments (ce malgré ses déclarations d’amour ardentes et pittoresques ; v. les leçons 579 et 806 ci-desssus : « parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime », « parce que j’aime chaque enfant de la République »).
Fatras d’élucubrations, collisions sans fin d’illogismes et d’approximations, complet désastre inaperçu.

À suivre

 

 

• 18 juillet 2019
Leçon 890. – L’automne de Macron, 8/8

Les discours de Macron heurtent douloureusement le sens commun, jettent le trouble, l’incompréhension dans l’esprit de l’auditeur, qui, à tort, doute de son propre bon sens.
Combien de gens humbles ou modestes préfèrent souscrire à la théorie du fin lettré à la pensée complexe et renoncent à douter des capacités d’expression du président !
Combien de gens n’osent pas dire que le roi Macron est nu, et qu’il est, comme nous le disions dans la leçon 623 et le réitérions dans la 632, un canular ?

— Abrutir le peuple en l’habituant à entendre et à accepter des discours incohérents dont aucun intellectuel ne récuse ni même ne met en doute la rationalité, par conséquent faire douter le peuple de sa capacité à analyser.
— Dominer le peuple en usant du petit prestige qu’a encore la fonction de gouvernant, domination d’autant plus facile que l’école éduque de moins en moins les gens à la raison, ne leur donne plus suffisamment d’outils pour penser, pour s’exprimer et pour acquérir une autonomie intellectuelle.

 

 

[...]
• 18 juillet 2019

Leçon 892. – De Ribéry en Van Damme

Rappel de ce commentaire assez juste d’Anny Bvr à propos d’une certaine déclaration de Macron : « Y a du [Jean-Claude] Van Damme en lui ! » (v. la leçon 598).
Oui, charabia, désinhibition et stupéfiante tranquille assurance.
Hollande, lui, faisait du Ribéry (v. la leçon 4).

N. B. Dans la leçon 598, on trouvera aussi le commentaire interloqué d’un Paul-Marie Coûteaux.

 


 

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