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Le style c’est l’homme,
analyse de l’expression macronienne

Syntaxe, lexique, prononciation, logique, style ; orthographe et ponctuation des transcriptions d’Elysee.fr.
Regroupement de nos principales leçons sur ces sujets.
Additions.

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Page d’accueil et sommaire

 

La plupart des gens que nous croisons ou que nous fréquentons croient dur comme fer mais sans preuve qu’Emmanuel Macron, dit le poseur d’Amiens, est un esthète, un fin lettré, et qu’il s’exprime remarquablement bien : la vile propagande et la basse courtisanerie, principalement journasotières, ont donc bien fonctionné.
Comme lors de nos conversations il nous est difficile de citer de mémoire des exemples, et que nos analyses du style macronien sont très dispersées sur nos pages, nous avons résolu de réunir sur cette seule page nos principales analyses de l’expression macronienne.

On trouvera dans cette sélection de textes des variantes d’expression: au début nous écrivions journassot (qui remplaçait les marchand de peignes, mercelot et journaliste de jardin du début), puis nous avons préféré la graphie journasot  — plus tard il y aura journaloque, puis journatoc ; idem pour je, qui a été détrôné par nous ; on remarquera qu’à la mi-2019 nous avons abandonné les appellations Emmanuel Macron et M. Macron pour l’appellation Macron tout court, moins respectueuse* et cetera. Enfin, en 2020 changement d’humeur, qui a tourné à l’exaspération : retour au je, et fin du nous.

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* Civilité, voir « Il est interdit d’appeler Brigitte “Brigitte”! », https://fl24.net/2019/11/02/attention-censure-detat-il-est-interdit-dappeler-brigitte-brigitte/ (archive : http://archive.ph/wip/s8Kuw).

 

[En introduction à notre sélection de leçons, cet extrait de la leçon 210 qui montre que, dès février 2017 nous avons, comme beaucoup de gens, repéré chez Macron quelques traits singuliers — peu de temps avant son cri tarzanesque, son brame nuptial et fou d’avril « Parce que c’est notre projet ! ». C’est le 7 mai que Macron se mariera avec la France et il entrera dans son lit le 14 mai.]
• 15 février 2017
Leçon 210. – L’AFP infoutue même de recopier des tweets correctement

[...] À propos des mots « EMMANUEL MACRON » écrits gaillardement, et en grosses capitales, sur un ruban mortuaire barrant une couronne de fleurs déposée hier sur la tombe de Roger Hanin à Alger par le « christique »* candidat à la présidentielle Emmanuel Macron lui-même, l’homme qui nous exhorte à « penser printemps »** et qui apparaît comme une sorte de demi-fou, d’histrion, tantôt furieux, tantôt onctueux, tantôt rockeur, tantôt crouneur. Un cas unique en politique française. [...]

ruban-mortuaire

[Leçon 210 complète ici ; elle a pour sujet moins Emmanuel Macron lui-même que certaines pratiques mortuaires que n’aurait pas respectées Macron et que la trop récurrente désinvolture, le trop récurrent amateurisme de l’AFP.]

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* https://lelab.europe1.fr/emmanuel-macron-ne-renie-ni-ne-revendique-la-dimension-christique-2975714 (archive : http://archive.is/wip/BcWXG)
** https://en-marche.fr/articles/actualites/penser-printemps (archive : http://archive.is/wip/lRKRD)

 

 

[...]
• 3 juillet 2017

Leçon 254. – Remplissage et charabia, Emmanuel Macron encore pire que François Hollande, 1/2

Discours d’Emmanuel Macron lors de l’inauguration le 29 juin 2017 de la Station F, halle Freyssinet (ex-gare, reliée autrefois à la gare d’Austerlitz), à Paris.
À partir de 6 minutes 30* :

Ne pensez pas une seule seconde que, si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite. Non ! Parce que vous aurez appris dans une gare, et une gare c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien, parce que c’est un lieu où on passe, parce que c’est un lieu qu’on partage, parce que la planète où nous sommes aujourd’hui, parce que cette ville, parce que notre pays, parce que notre continent ce sont des lieux où nous passons et, si nous oublions cela en voulant accumuler dans un coin, on oublie d’où on vient et où on va.

Consternant ! Faille de logique, platitudes, affirmations sans but. Bouillie instantanée et exemple parfait de la démonstration foutraque... mais démonstration de quoi en fait ?
Nous pensons que le mot le plus adéquat, quoique le plus vulgaire, pour décrire ces propos est le suivant : indémerdables.
Confirmation de ce que nous disions dans la leçon 210 ci-dessus : une sorte d’histrion.
Pour le contexte, voir l’article de Lefigaro.fr.

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* http://www.elysee.fr/videos/discours-d-emmanuel-macron-lors-de-l-inauguration-de-la-station-f/

Mise à jour de juillet 2019
Source de secours. On trouvera également les propos cités ci-dessus à 6 minutes 30 environ de cette vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x5s6dyn.
Noter également à 7 minutes 40 environ de la même vidéo ceci :

N’oubliez jamais [...] que vous avez à chaque instant cette responsabilité immense d’être nés ou d’avoir grandi aussi dans cette gare, à Paris, en France, en Europe, quelque part dans le monde et que cela vous l’emmènerez tout au long de votre vie. Alors longue vie [applaudissements] !

Macron déraille :
— « Etre nés ou [...] avoir grandi aussi dans cette gare » : sans commentaire.
— « Vous l’emmènerez tout au long de votre vie » = « Vous devrez assumer cette responsabilité tout au long de votre vie » ?
— « Alors longue vie ! » : quel lien logique avec les mots qui précèdent ? on s’attend plutôt à un « Alors courage ! ».
Au charabia, Macron ajoute une grandiloquence injustifiée et proche de l’hystérie : « N’oubliez jamais... à chaque instant... responsabilité immense... tout au long de votre vie... » et cetera.
Ces citations se dérobent à l’analyse.
Loufoquerie, pensée complexe, remplissage, charabia logique, applaudissements cependant.

 

[...]
• 4 juillet 2017
Leçon 257. – Discours du président de la République devant le Parlement réuni en congrès*, 1/5

Par notre barbe ! nous avons du mal à imaginer, nous n’arrivons pas à croire qu’un Sylvain Fort** agrégé de lettres classiques ait pu écrire un pareil discours. Peut-être en a-t-il écrit ou récrit deux lignes, mais pas plus, et tout le reste est d’Emmanuel Macron ; d’où nous concluons que la pensée dite « complexe »*** d’Emmanuel Macron est en réalité le charabia d’une pensée simple mal exprimée.
La pensée d’Emmanuel Macron n’est pas complexe, mais l’expression de sa pensée simple est emberlificotée et en général on finit par deviner la pensée plate et simple qu’il a voulu exprimer si on lit dix fois chaque phrase obscure de son discours : sa pensée oublie ce qu’elle vient de dire, comment elle l’a dit, elle ne fait pas le lien avec et elle oublie qu’elle a un auditeur, l’orateur n’étant attentif qu’à lui-même et n’étant concentré que sur lui-même, sur l’instant. Bref, insoucieux l’orateur laisse une pensée effilochée derrière lui, mais il continue à avancer quand même.
Très curieuse, cette façon de jeter dans une phrase des idées sans se soucier qu’elles soient bien ordonnées, bien présentées et donc comprises, comme si seuls des mots ou des expressions isolés comptaient : « J’ai dit France, j’ai dit solidarité, j’ai dit fraternité, j’ai dit amour de la patrie, j’ai dit grandeur, j’ai dit bonheur, j’ai dit roman national, j’ai dit ardente responsabilité, j’ai dit ardente obligation, etc. ; j’ai dit les mots, les mots forts qu’il fallait dire, j’ai accompli ma tâche », semble-t-il penser.

Mise à jour de mai 2018. Voir la leçon 496 ci-dessous.

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* http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-du-president-de-la-republique-devant-le-parlement-reuni-en-congres/
** Voir la leçon 256.
*** « Pensée complexe », v. par exemple http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/reflexions-simplistes-sur-pensee-complexe_1581049 :

«"Il n’y a pas de refus d’obstacle avec la presse", jure-t-on à l’Elysée, où l’on fait valoir que la "pensée complexe" du Président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes.» «Pensée complexe» est entre guillemets. A l’Elysée on a donc bien prononcé ces mots.
Mise à jour de juillet 2019. Aujourd’hui avec le recul et ce que nous savons de la phrase macronienne, nous voyons dans cette excuse de « pensée complexe » l’aveu implicite que le président parle charabia. En tout cas, le motif est sacrément culotté.
Dans le même genre, écoutons Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, déclarer le 17 décembre 2018 : « [Nous macronistes avons] probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques », https://www.nouvelobs.com/politique/20181217.OBS7228/gilles-le-gendre-notre-erreur-est-d-avoir-probablement-ete-trop-intelligents-trop-subtils.html (vidéo). Des gens trop intelligents qui commettent l’erreur de nous prendre pour des niais et pour des dupes faciles.

 

 

[...]
• 6 août 2017

Leçon 261. – Discours du président de la République devant le Parlement réuni en congrès, 4
/5

On a qualifié certaines fleurs (les heuchères, genre de plantes saxifragées) de « désespoir du peintre » parce qu’il était, disait-on, impossible d’en rendre toute la finesse, tous les détails, toutes les nuances des couleurs. On pourrait qualifier les discours d’Emmanuel Macron de « désespoir du commentateur » parce qu’il est impossible de faire une liste et un commentaire exhaustifs des problèmes qu’on y rencontre.
Cependant il serait trop facile de nous contenter de souligner les problèmes pour ensuite nous défiler : « je laisse le lecteur juge » ou « le lecteur rectifiera de lui-même » ; il nous faut traduire et éclairer les phrases obscures (comme nous l’avons fait parfois pour François Hollande), rectifier les fautes de syntaxe, de lexique, les fautes d’orthographe, les plus grosses fautes de ponctuation de la transcription si au lieu d’écouter les discours on les lit, fautes qui rendent la phrase incompréhensible ou absurde, montrer les contradictions, les incohérences, les niaiseries, les fausses pensées, et expliquer en quoi ce sont des contradictions, des incohérences, des niaiseries, etc.

P.-S. du 8 août. « Le Congrès de Versailles réuni par Emmanuel Macron le 3 juillet dernier aura finalement coûté 292 824 euros [...], a annoncé l’Assemblée nationale ce mardi, indique Europe 1. »
http://www.valeursactuelles.com/politique/le-congres-de-versailles-coute-pres-de-300000-euros-87330

 

 

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• 14 août 2017
Leçon 263. – Discours du président de la République devant le Parlement réuni en congrès, 5/5

Le texte du discours sur le site En marche ! n’est pas le même que celui sur Elysee.fr.
Sur le site En marche ! on ne trouve pas, entre autres, « les tenants d’une morale sans bras » ni « cette route Auguste [sic pour la capitale !] que peuvent emprunter quelques uns [sic pour l’absence de trait d’union] » ni la phrase finale « Vive la République ; vive la France », etc.

Un exemple entre cent...
Site Elysee.fr :

Vive les gilets-jaunes !

 

Site En-marche.fr, « Les tenants d’une morale sans bras » a disparu :

Vive les gilets-jaunes !

Noter aussi que, dans la dernière phrase de l’extrait ci-dessus, Emmanuel Macron déclare que les réfugiés doivent être vus comme une chance et non comme un fardeau. Sophisme, cynisme ou colossale maladresse ? Cela fera certainement chaud au cœur des réfugiés de savoir qu’on est heureux de leur malheur, puisqu’on en bénéficie ; en d’autres termes, que, selon cet homme à la pensée complexe, le malheur des uns ferait le bonheur des autres.
Enfin, la phrase selon laquelle les réfugiés sont une chance pour la France ne se trouve pas sur le site Elysee.fr.
Cacophonie et cafouillage prometteurs.

• Archives
https://archive.is/CF6Qi
https://archive.is/oqK9h

 

 

[...]
• 2 février 2018   
Leçon 410. – Extrait d’un interview d’Emmanuel Macron

Extrait d’un interview d’Emmanuel Macron sur Liberation.checknews.fr* :

— Le journaliste : Ce n’est pas l’avis de beaucoup de Suisses, vous le savez.
— Emmanuel Macron : Donc ils choisiront. Mais après [sic] il ne peut pas y avoir un système qui est le « cherry picking » [sic] dans le marché unique. Et donc je sais bien ce qui est parfois poussé [sic] par la Suisse. C’est de dire [sic] : « Nous on en voudrait plus là, mais on n’est pas prêts à prendre [sic] ces contraintes. [»] Or l’Union européenne c’est déjà très compliqué.

Nous trouvons le « fin lettré » de Nathalie Schuck (v. la leçon 409) un peu relâché et imprécis. Pour un niveau « élevé » d’expression, quelques progrès restent à faire ; nous l’avions déjà noté dans les leçons 254 et 257 ci-dessus.

————
* Texte et vidéo : https://liberation.checknews.fr/question/35131/macron-a-accuse-la-suisse-de-cherry-picking-il-me-semblait-pourtant-quelle-netait-pas-membre-de-lue.  Mise à jour d’octobre 2018. La page a disparu, on se contentera de l’archive à http://archive.is/LXpB6.

 

amour

Discours du 7 mai 2017 devant la pyramide du Louvre, http://archive.ph/wip/Gb4ct.
« Dans la fidélité de la confiance », charabia. Mieux : Je vous servirai fidèlement
pour mériter la confiance que vous avez mise en moi,... Voir la leçon 1080.

[...]
• 26 mai 2018   
Leçon 496. – Le « mâle blanc ». Perte du son, 1/2

Perte du son, perte du sens.
Primo, le son â se perd et presque tout le monde, comme le président Emmanuel Macron « fin lettré » (v. la leçon 409), prononce mâle blanc comme mal blanc ; font de même la plupart des journassots.
Secundo, qu’est-ce qu’un mal blanc ? Une maladie ; c’est en effet le nom courant du panaris, « infection aiguë d’un doigt » (Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse, 1982-1985).
D’ici que la blancheur de la peau soit considérée comme une maladie.

Voici la phrase complète et exacte, qui est un charabia, loin du langage du « fin lettré » :

Quelque part [sic], ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent [sic] l’un un rapport, et l’autre disant [sic] : « On m’a remis un plan, je l’ai découvert »*.

Maintenant on traduit le début :

Quelque part, ça n’aurait aucun sens que deux panaris ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent l’un un rapport...

« S’échangent l’un un rapport, et l’autre disant » : grosse bancalité de phrase, qui ne marche que sur une jambe. Et où est l’échange ?
Nous disions il y a peu que la langue de Macron était pire (v. les leçons 254 et 257 ci-dessus) que celle de François Hollande. Oui, elle est bien pire, et Macron est plus Potemkine, plus dans la pose branchée (dans cette courte vidéo de 1 minute 46 secondes, il dit deux fois « c’est vrai que » et une fois « quelque part ») et dans la frimerie et la séduction (changement brusque, inattendu d’intonation pour se faire charmeur et confidentiel : c’est du théâtre, pas du tout rare chez Macron, la voix se fait plus grave et le débit est ralenti — exemple à 42 secondes : « elle nous conduit à changer de méthode »).

Plusieurs journaux de la Toile, comme BFMTV, ont remanié la phrase pour lui donner une apparence de sens :

Vive les gilets-jaunes !

« Ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent un rapport », déclare Macron à propos du plan Borloo.

Nous rappelons que Jean-Louis Borloo et lui ne se sont pas échangé un rapport. Pour que deux personnes s’échangent un rapport, il faut qu’il existe deux rapports, et seul Borloo en a écrit un, qu’il a remis au président à la « pensée complexe » (sic ; revoir la leçon 257 ci-dessus, où nous décrivons bien cette pensée effilochée et déstructurée du président).

N. B. 1. Le lecteur s’amusera comme nous de son explosion à 1 minute 8 secondes : « I’ zont envie d’ faire ! », avec un faire employé absolument. On sent que c’est très pressant.
[...]
rose Mise à jour, octobre 2020. « Faire », voir l’addition 16 ci-dessous.

————
* Vidéo, à 51 secondes : https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/banlieues-ca-n-aurait-aucun-sens-que-deux-males-blancs-ne-vivant-pas-dans-ces-quartiers-s-echangent-un-rapport-declare-macron-a-propos-du-plan-borloo-1075955.html.

 

 

[...]
• 27 mai 2018   
Leçon 498. – Le « mâle blanc ». Le logogriphe Macron, 1/2

La journaliste Sophie Coignard de Lepoint.fr rapportant par écrit les propos d’Emmanuel Macron ajoute du désordre au désordre. En effet elle met en italique ces deux phrases qui devraient être en romain : « Ce n’est pas vrai. Ça ne marche plus comme ça. » Elle n’a donc pas compris.
Lisons ; Macron parle ainsi selon Coignard :

Ca [sic, sans cédille] n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent l’un un rapport, l’autre disant : On m’a remis un plan… Ce n’est pas vrai. Ça ne marche plus comme ça.

Vive les gilets-jaunes !

Pour comprendre Macron et pour comprendre un Macron rapporté infidèlement par un journaliste, une fois de plus il faut être Champollion : Macron imagine deux hommes blancs, l’un (qui ressemble à Borloo) qui remet un rapport et l’autre (qui ressemble à Macron) qui dit qu’on lui a remis un rapport contenant un plan d’action et qu’il l’a lu (« je l’ai découvert »).
Noter : une fois de plus, on voit bien qu’il n’y a pas d’échange.
Malgré les apparences, ces deux hommes blancs ne sont pas exactement Jean-Louis Borloo et Macron. Dans l’exemple, le destinataire du rapport appliquerait bêtement le plan qu’il a commandé, mais lui Macron est un homme sage, il n’applique pas le plan qu’il a commandé et il s’en explique : « C’est pas vrai [sic !]. Ça marche plus comme ça ! »

Infidélités. On aura remarqué que la journaliste Coignard ajoute deux négations dans les propos de Macron : « Ce n’est pas vrai. Ça ne marche plus comme ça. » Ensuite elle oublie le mot « et » devant « l’autre disant », enfin elle oublie « je l’ai découvert ». Belle accumulation de cafouillages donc.

Voici donc comment il faut retranscrire les propos de Macron :

Quelque part, ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent l’un un rapport, et l’autre disant : « On m’a remis un plan, je l’ai découvert. » C’est pas vrai ! Ça marche plus comme ça !

Bref, tout le monde s’y est mis pour créer cette bouillie finale. Quel logogriphe, quel pandémonium de la raison...

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http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/macron-male-blanc-un-president-devrait-il-dire-ca-24-05-2018-2220912_2134.php
Archive : http://archive.is/XQzJt.

 

 

• 27 mai 2018   
Leçon 499. – Le « mâle blanc ». Le logogriphe Macron, 2/2

Nous l’avons dit dans d’autres leçons et nous tenons à le répéter :

On pourrait qualifier les discours d’Emmanuel Macron de « désespoir du commentateur » parce qu’il est impossible de faire une liste et un commentaire exhaustifs des problèmes qu’on y rencontre.

Et :

La pensée dite « complexe » d’Emmanuel Macron est en réalité le charabia d’une pensée simple mal exprimée.

Les propos d’Emmanuel Macron sont un puzzle infernal auquel il manque des pièces et du François Hollande concassé. Les communicants de l’Elysée l’avaient vu avant nous, et en lançant les mots de « pensée complexe » ils ont voulu déminer le terrain, nous envoyer sur une fausse piste et nous suggérer que Macron ne parle pas charabia, mais que sa pensée complexe parle complexe.
Les journassots, eux, ne se sont toujours pas aperçus de rien*, ou bien ils font mine de penser que Macron est difficile à comprendre parce qu’il est profond. Ils le ménagent, et nous en reparlerons.
« Pensée complexe » est l’élément de langage à propos du langage, nous le remplaçons volontiers par « logogriphe infernal ». Il faudrait quelques centaines de signes de plus pour analyser entièrement — sans grand intérêt supplémentaire pour le lecteur — la courte déclaration mise en vedette dans notre précédente leçon, déclaration qui est très emblématique du langage macronien, logogriphal (et catastrophal, comme dirait Céline).

N. B. 1. Grosso modo et finalement, que nous a dit un Macron plutôt enjoué, camelot et très à son aise, sinon ceci : « Bonjour, les gens ! J’ai demandé un rapport, un plan, j’ai mobilisé pendant sept mois une équipe autour de Jean-Louis Borloo, des maires, des associations, de simples particuliers, mais je ne m’en servirai pas, d’ailleurs je n’ai jamais eu l’intention de m’en servir ! » ? Perte du son, perte du sens des choses, c’est le logogriphe Macron. Un peu plus de déconcertement (sauf chez les journalistes, en effet aucun ne tombe de sa chaise) et de désordre ajoutés au chaos.
N. B. 2. Le mâle blanc aujourd’hui, demain la femelle blanche ? (Ira-t-il jusqu’à oser le mâle noir et la femelle noire ?) En tout cas, nous constatons que, en qualifiant Louis Borloo de mâle blanc, il manque une nouvelle fois de respect envers l’auteur du rapport.

————
* Ils « ne se sont toujours pas aperçus de rien », voir la leçon 504.

 

 

[...]
• 1er octobre 2018
Leçon 579. – Le gri-gri « République »

Emmanuel Macron aux Antilles.
Dans la bouche des politiques et des médias, les mots perdent chaque jour un peu de leur sens :

«Ce qui fait que je me suis battu pour être élu face à Marine Le Pen et que je suis là aujourd’hui, c’est parce que j’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises, parce que bien souvent, parce que c’est un enfant de la République, il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire», s’est justifié dimanche le chef de l’État, très applaudi, lors du point presse*.

[...] Peu familier avec les termes de logique, nous nous risquerons à dire que la conclusion (« il n’a pas choisi l’endroit où il est né ») est non sequitur (sans rapport logique, « pas raccord ») avec la prémisse (« parce que c’est un enfant de la République »). Sans oublier cette mièvrerie, cette fausse émotion, cette pacotille, cet appel aux sentiments : « un enfant de la République ». Les appels aux sentiments, fréquents chez le président, sont un moyen commode pour cacher les vraies raisons : ils sont autant de mensonges par grave omission.
En fait, il s’agit avant tout pour le président de répéter un maximum de fois le mot « République », ce nouveau gri-gri, à côté d’autres comme « citoyen », « vivre-ensemble », etc., sans tenir compte du sens ni de la logique (nous disions la même chose dans la leçon 257 ci-dessus).
Noter que, comme d’habitude, les propos du président ont été rectifiés par le journaliste dans le sens de l’élégance. En gras, les mots que le président n’a pas prononcés (écouter la vidéo sur la page de Lefigaro.fr*) :

« Il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire. »

————
* http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/09/30/25001-20180930ARTFIG00200-saint-martin-emmanuel-macron-tente-de-dedramatiser-une-photo-controversee.php

 

 

fourvoyer

Macron : « Chacun d’entre nous commence à se fourvoyer dans l’erreur quand [...] »,
voir plus bas la leçon 694.

 

[...]
• 12 octobre 2018
Leçon 588. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 1/n

Nous avons découvert hier, avec retard, le discours catastrophique du président Emmanuel Macron à l’Institut de France « pour la stratégie sur la langue française » (sic) du 20 mars 2018 : une pluie d’ennui, de maladresses et de platitudes dont nous allons tenter de faire un compte rendu critique approfondi (corvée, mais vrai devoir citoyen et bon exercice) pour venir en compensation de certaines de nos analyses superficielles des propos de la même personne (v. la leçon 261 ci-dessus : « désespoir du peintre »).

En attendant, saluons la longanimité des auditeurs des premiers rangs qui victorieusement luttent pour ne pas s’endormir ou pour masquer leur ennui, voire un vif mécontentement : un discours de soixante minutes, de près de 55 000 signes.

Vive les gilets-jaunes !

Ci-dessus, une photo à quinze minutes de la fin : certains auditeurs sont parvenus à conserver un air inspiré ou intéressé jusqu’au bout. Bravo.
À droite au troisième rang, on reconnaît la Franco-Marocaine Leïla Slimani, représentante personnelle du président Emmanuel Macron pour la francophonie (Leïla Slimani : v. ici les leçons 388, 389, 392, 394, 395, 397, 398 et 400-404, qui comprennent une recension de son ouvrage Chanson douce, calamité littéraire — le scénario est acceptable, mais le style est un naufrage — primée en 2016 par les Goncourt).
À droite au premier rang, le rappeur franco-rwandais Gaël Faye, que le président appelle par erreur « Gabriel Faye » et dont il dit : « lui qui a montré à plusieurs reprises [c’est nous qui soulignons] qu’il sait parler et écrire le français »...

Une continuation du naufrage donc, même une tradition du naufrage.

rose Mise à jour, 21 mars 2020. Des écrivains ont fui Paris en famille pour manger le pain des provinciaux et les enrichir en CoViD-19. Ils nous le font savoir par voie de presse, comme Leïla Slimani : https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/18/le-journal-du-confinement-de-leila-slimani-jour-1-j-ai-dit-a-mes-enfants-que-c-etait-un-peu-comme-dans-la-belle-au-bois-dormant_6033596_3232.html.
Ou comme Marie Darrieussecq : https://www.lepoint.fr/culture/marie-darrieussecq-nous-planquons-au-garage-notre-voiture-immatriculee-a-paris-19-03-2020-2367952_3.php.
Gérard Miller, lui, se serait réfugié en Ardèche, d’où il exhorterait les Parisiens à résister courageusement au virus (https://twitter.com/JeanPETRILLI/status/1240562280661745664).
À tort ou à raison, tous trois sont considérés comme des déserteurs, portant, qui plus est, des étincelles virales hors du foyer principal (le retour parisien risque d’être difficile pour eux ou plus tôtif que prévu, sous la menace des fourches rustiques).
La Slimani et la Darrieussecq sont bien servies ici : https://ripostelaique.com/dame-darrieussecq-a-donc-quitte-paris-avec-un-stock-de-masques.html (archive : http://archive.vn/wip/Sa2C9) et https://twitter.com/SylvieoooOooo/status/1240999310596210690.
Après cette affaire de CoViD-19, le monde ne sera plus comme avant pendant quelque temps. En attendant, nous observons.

————
* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

[...]
• 15 octobre 2018
Leçon 596. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 5/n

L’oral, 1/2. (Ecouter la vidéo du discours.)

Prononciation idiosyncratique
— français, prononcé comme francé
— anglais, prononcé comme anglé
— Du Bellay, prononcé comme Du Bellé
— interpellé (graphie de la transcription sur Elysee.fr), prononcé comme interpelé (v. la leçon 597)
— intimement, prononcé comme intimément
— rehausser, prononcé comme réhausser
— tâche, prononcé comme tache (v. aussi « mâle blanc » prononcé comme « mal blanc » dans la leçon 496 ci-dessus)

Lapsus
— Abdou Diouf est appelé Abou Diouf
— Gaël Faye est appelé Gabriel Faye

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

[...]
• 17 octobre 2018
Leçon 600. – Le président de la France en son ramage

« Adresse du président de la République Emmanuel Macron aux Français. Publié le 16 Octobre [sic] 2018. »
Voix d’émotion*, caressante, ton de confidence, constant appel à partager une émotion.
Quatre extraits.

D’abord, je voulais ici adresser l’émotion et la solidarité de la nation tout entière aux victimes des inondations dans l’Aude.

Que signifie « adresser l’émotion »** ? Mieux : « faire part de »...
« Je voulais » : pourquoi un temps du passé et pourquoi pas « je veux » ?

... ceux qui ont contribué [...] à aider nos compatriotes...

« Contribuer à aider » : maladresse, quasi-pléonasme ; l’expression ressemble à « aider à aider ». Mieux : « ceux qui ont aidé » (ou, plus précis, « ceux qui ont contribué à sauver », « ceux qui ont contribué au sauvetage », etc.).

... parfois nous l’avons bousculé...

Sens de la phrase ci-dessus : « parfois nous avons bousculé le temps ». Au figuré, « bousculer » est un terme à la mode et souvent utilisé par le président***.

... les blessures de notre vieux pays...

Allusion auto-valorisante (les journassots disaient il y a peu « gratifiante », mais le mot est passé de mode) et transparente au grand modèle Charles de Gaulle : « Mon cher et vieux pays ». Le culot macronien — le culot macronien est sans limite.

• Littré :

ramage, s. m.
[...] Par extension, il se dit du chant de tout oiseau. [...]
“L’oiseau [le cygne], prêt à mourir, se plaint en son ramage”, La Fontaine, ib. III, 12. [...]
Fig. Discours dénué de sens.

Source vidéo : http://www.elysee.fr/videos/new-video-404/.

————
* Emotion feinte, insincère, de théâtre, voire surjouée selon nous (gueule d’ange et voix de velours).
** Voir dans la leçon 410 ci-dessus un autre exemple du français déglingué et sans contrainte (irons-nous jusqu’à dire « désinhibé » ?) d’Emmanuel Macron :

Et donc je sais bien ce qui est parfois poussé [sic] par la Suisse. C’est de dire [sic] : « Nous on en voudrait plus là, mais on n’est pas prêts à prendre [sic] ces contraintes. »

*** Trois fois dans son discours du 20 mars 2018 : « le monde tel qu’il nous bouscule », « la langue française est souvent bousculée », « une ville qui [...] a été bousculée » et une fois dans le court discours de Leïla Slimani du même jour au même endroit. Mot très bien coté donc, à valeur sûre. (C’est aussi Leïla Slimani qui dit ce 20 mars : « Si la volonté des peuples et des dirigeants sont à l’œuvre, cette communauté de langue peut devenir une communauté de destin. »)
Mise à jour du 1er novembre 2018. E. Macron : « L’Europe est face à un risque, celui de se démembrer par la lèpre nationaliste et d’être bousculée par des puissances extérieures. »
http://www.leparisien.fr/politique/macron-face-a-la-lepre-nationaliste-l-europe-risque-un-retour-aux-annees-1930-01-11-2018-7932792.php
Mise à jour du 11 décembre 2018. Voir aussi la leçon 683 ci-dessous.

 

 

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• 28 octobre 2018
Leçon 618. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 6/n

« Porter », le mot remplace-tout (donc paresseux et imprécis) et branchouille. Neuf fois :

— [la France est consciente de] ne pas porter seule le destin du français
— cette interprétation du monde que nous voulons et pouvons porter
— notre capacité à porter le français y compris dans des terres où notre langue a reculé
— c’est ce que dès la rentrée dernière le ministre de l’Education et la ministre de la Culture ont ensemble porté et que nous poursuivrons
— [un combat] porté par les élus
— cette exigence que nous portons sur notre territoire national, je veux la porter hors de nos frontières
— j’ai voulu que la France, dans l’action qu’elle mène à l’international, et nous l’avons constamment porté [sic ; mieux : portée] avec le ministre
— la ministre de la Culture aura à porter un texte important

Il reste beaucoup à dire sur ce discours, l’analyse et la présentation de l’analyse en sont fastidieuses et lentes ; certains problèmes en contiennent d’autres comme ces poupées russes (exemple : un problème de logique + un de syntaxe + un d’orthographe + un de ponctuation...). Gageure et corvée, mais citoyenne — comme disent les bonnes gens.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).
Mise à jour de janvier 2019
• René Chiche :

Entendu à l’instant dans la bouche de @GabrielAttal : "le service universel que je porte avec @jmblanquer...". Messieurs, contentez-vous de porter votre costume, votre saccoche [sic] et votre masque. Cet abus du verbe porter est insupportable !

https://twitter.com/rene_chiche/status/1090255044874620930

 

 

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• 29 octobre 2018
Leçon 620. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 7/n

L’oral, 2/2. (Ecouter la vidéo du discours.)

Diction
Nous avons parlé de la prononciation et des lapsus d’Emmanuel Macron dans la leçon 596 ci-dessus. Voici ci-après une description générale de la diction.
En alternance avec un ton normal : ton patelin, fortement paterne (paterne, donc sans le moindre rapport avec le sujet), confidentiel, voix de velours, le président nous parle comme à l’oreille ; pauses dues à l’émotion, il reprend ses esprits, se récollige (peut-être pour étouffer un sanglot) ; pauses de théâtre pour créer un effet de suspense ; petite voix faible (est-il au bord des larmes ?) ; ralentissement du débit (pour élever ou réveiller l’intérêt par un effet de contraste) ; puis quasi-trémolos finals (il se contient, il se retient, il tente de modérer une émotion qui le submerge) et protestations particulièrement outrancières de sa sincérité quand il parle de Colette et de Giono, moins de deux minutes avant la fin :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette et je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu Giono.

Ecouter la citation (15 secondes).
Les trémolos c’était très bien chez André Malraux, mais le texte avait de la puissance, il était adapté et adéquat à ces effets de voix.
D’autres mots nous viennent à l’esprit pour décrire cette diction : Sinatra de la politique... crouner... voix flexible et soyeuse... il ne parle pas, il caresse... il tente d’hypnotiser...
À propos de diction, voir aussi notre remarque de la leçon 496 ci-dessus :

[Macron est] dans la frimerie et la séduction (changement brusque, inattendu d’intonation pour se faire charmeur et confidentiel : c’est du théâtre, pas du tout rare chez Macron, la voix se fait plus grave et le débit est ralenti — exemple à 42 secondes : « elle nous conduit à changer de méthode »).

À signaler un problème de temps grammatical dans la citation, donc de logique : je peux/j’avais. (Peut-être l’émotion.)
Il nous faudrait parler aussi des mouvements du visage, de ceux de la tête, des bras et des jambes (invisibles, mais certains devinables), nous le ferons peut-être — nous avons peu de matière.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 30 octobre 2018
Leçon 621. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 8/n

Chaque phrase est un désastre
Continuons : chaque phrase est un désastre. Difficile, par exemple, de ne pas être interpellé par la dernière phrase que nous avons citée ci-dessus en 620. Depuis hier, il persiste chez nous auditeur ou lecteur un sentiment de malaise et d’incompréhension, sentiment que nous allons ici expliquer. Revoici la phrase :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette et je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu Giono.

« Je peux vous dire tout de la chaleur »... « Tout de la chaleur » ? mais il y a peu à dire ; grosso modo trois possibilités : soirs tièdes, chauds ou très chauds. Ensuite ?
Se vanter de pouvoir dire tout de très peu relève de la supercherie, de la fausse annonce, qui crée de la déception et un sentiment de profond ridicule.
Le président aurait pu déclarer : « Je peux vous dire tout des soirs de Provence » ; là il y a de quoi parler, de quoi dire : parfums (lavande, pins, iode...), échos (cigales, drisses claquant dans le port endormi...), couleurs, lumière...
Enfin problème dans le problème : la contradiction je peux/j’avais qui bancalise la phrase et détruit la pensée ; le coup de grâce donné à une phrase malade.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

inepties

* Valeursactuelles.com (archive : http://archive.vn/wip/j3ojS).
L’essentiel n’est pas dit : en bavardise et en foutraquerie, Macron est le modèle naturel,
conscient ou inconscient, des en-marcheurs. La tête pourrit le corps, surtout si celui-ci est faible.


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• 31 octobre 2018
Leçon 623. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 9/n

Phrases jetées, idées à développer, à préciser
— Emmanuel Macron est juste un banquier (et encore, ce n’est pas sûr, c’est plutôt un commercial), et il se croit un peu orateur, et même un peu poète, et même un peu éloquent.
— Il est probablement un canular** qui n’a pas encore été repéré ni dénoncé.
— Chacune de ses phrases est un nid de guêpes.
— Le pire dans tout ça, c’est qu’il aime parler, se montrer, philosopher, lantiponner devant un public nombreux : c’est avec un grand plaisir qu’il débite longuement (ici soixante minutes) toutes ces niaiseries, cette fausse littérature, ces maladresses d’idées, ces incohérences solennelles et qu’il s’écoute les dire et se les dire. Emmanuel Napperon napperonne, narcissique, sans lever les yeux sur le monde.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).
** « Canulars sociologiques » (v. l’affaire Alan Sokal entre autres) : https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-la-philo/canulars-sociologiques.

 

 

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• 2 novembre 2018
Leçon 630. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 12/n

Un principe de politesse, À Rome, fais comme les Romains. Parlant sous la coupole et s’adressant principalement aux académiciens, le président (qui est le protecteur de l’Académie, comme l’a rappelé l’académicien Salah Stétié dans son discours de bienvenue au président) aurait pu, aurait dû se documenter afin d’éviter d’utiliser des mots qui n’existent pas dans le Dictionnaire de l’Académie et des anglicismes honteux que, soit dans son dictionnaire, soit dans sa rubrique « Dire, ne pas dire », l’Académie rejette et proscrit explicitement.
Mais, non, le président, qui veut passer pour un Malraux, a une trop haute idée de lui-même, de sa prose, de son pouvoir de séduction pour s’en soucier. Ce faisant, il a accumulé les gaffes.

Lexique : anglicismes et autres fautes de goût, 1/2
Ci-après quatre anglicismes proscrits utilisés par le président dans son discours.

investir (deux fois)

Il nous appartient [...] de réinvestir certains lieux.

Sur le sens d’investir, voir la leçon 571, « Qu’est-ce qu’investir un lieu ? ».

opportunité (quatre fois)

Il nous appartient [...] de refaire du français une langue par laquelle on accède à ces opportunités que j’évoquais.

• agenda (trois fois)

L’Académie a été conçue pour protéger la langue des coups de force inévitables de ceux qui veulent la soumettre à leur agenda politique ou dogmatique.

(Parmi ces « coups de force inévitables », l’anglo-saxonnisation de la langue, du monde, non ?)

académique (deux fois)

Il nous faut en effet, à travers ces initiatives, promouvoir le français, les contenus en français, les contenus académiques, scientifiques et la présence de tous les locuteurs sur la Toile.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 3 novembre 2018
Leçon 631. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 13/n

Lexique : anglicismes et autres fautes de goût, 2/2

• Le monde bruisse de notre langue.
• Le monde en ce 20 mars bruisse de la langue française de façon presque vertigineuse.

À Rome, fais comme les Romains, disions-nous dans la leçon 630 ci-dessus.
Le verbe bruisser n’existe pas, seul existe bruire, qui fait « bruit » à la troisième personne du singulier de l’indicatif présent ; le Dictionnaire de l’Académie** l’ignore donc : « Le monde bruit de notre langue. » Littré et le Larousse en dix volumes de 1982 l’ignorent aussi, bruisser est un barbarisme récent.
Au passage, notons la risible exagération, le dérapage paresseusement contrôlé par un « presque » : « de façon presque vertigineuse ». Ah, la paresse d’expression ! c’est un peu comme manger ses crottes de nez.
Ce n’est pas à coups de mots rares (comme ces « écrits coruscants » d’Ahmadou Kourouma) ou forts qu’on obtient les meilleurs effets : il ne faut pas confondre la graisse et le muscle.
Si le président n’était pas l’ogre terrible et patient que nous (et bien d’autres) voyons clairement en lui, c’est de la pitié que nous ressentirions pour lui à l’écoute et à la lecture de ses discours et de ses déclarations.
Ogre terrible et patient : ajoutons follingue.

N. B. Parce que nous n’avons pas grande confiance dans les connaissances lexicales du président (qui, rappelons-le, n’est, selon nous, qu’un commercial, un tombeur de contrats), nous nous demandons s’il n’a pas voulu dire corrosif ou urticant plutôt que coruscant (« très brillant ») ; ou bien jeu de mots à la façon de François Hollande : Ahmadou Kourouma a écrit les Soleils des indépendances — et rien de plus coruscant que plusieurs soleils ; cependant, d’après les recensions et les extraits que nous avons lus, ce livre est corrosif, satirique, critique...

rose Mise à jour, janvier 2020. Eric Zemmour parlant de la réforme des retraites dit que Macron est un mégalomane, voilà qui est très bien vu ; nous disons qu’il est un sang-suceur, un ogre et un révolutionnaire : les trois ne sont pas contradictoires, mais mégalomane nous semble le plus adéquat. D’autres termes blâmatifs***conviennent au calamitant*** Macron, ils sont souvent implicites dans nos analyses.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).
** Dictionnaire de l’Académie en ligne (de a à sabéisme) : https://academie.atilf.fr ou https://www.dictionnaire-academie.fr.
*** Enrichissement de la langue française, dictionnaire de mots nouveaux, « recueil de mots pris dans tous les écrivains modernes, dans [un] grand nombre d’orateurs distingués, [...] dans toutes les notabilités de la presse », de Jean-Baptiste Richard de Radonvilliers, 1842 ; téléchargeable à https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6487671p en formats PDF et texte.

 

 

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• 4 novembre 2018
Leçon 633. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 15/n

Charabia et bouillie, 1/n
Avec nous, assistez à la confection d’une garbure**. Voici notre premier exemple : la garbure mijote dans les première et deuxième lignes et, trois lignes plus tard, elle est à point...

Le français s’est au fond émancipé de la France, il est devenu cette langue monde, cette langue archipel parce que d’autres langues se parlent dans des continents immenses et des centaines de millions de nos concitoyens la partagent mais il est peu de langues qui se parlent dans cet archipel monde qui est le nôtre.

Délicieuse bouillie !
Ajoutons ce détail : quelques lignes plus tôt, le poseur d’Amiens nous a déclaré...

C’est cela la francophonie, ce continent humain qui admet comme Constitution une grammaire partagée [...].

Nous voilà donc avec, sur les bras, une francophonie « continent humain » (deuxième citation) et un français à la fois « langue monde » (première citation) et « langue archipel » (première citation) dans « cet archipel monde qui est le nôtre » (première citation).
Les deux citations ci-dessus sont tirées des six premières minutes du discours, de soixante minutes : le signal est donné très tôt à l’auditeur qu’il va bâiller ferme, qu’il peut ouvrir un livre ou consulter discrètement son portable ; en effet, l’auditeur aura eu avant cela à affronter d’autres difficultés de compréhension, comme celle-ci...

Aujourd’hui partout sur la planète en ce jour ainsi choisi la langue française dit le monde et il faut la défaire des images qui ont fait qu’elle a pu un moment oublier de le dire.

Ben voyons !
Sylvain Fort, officiellement « conseiller discours et mémoire » (sic...), c’est-à-dire entre autres nègre du président, est-il l’auteur ou un complice de cet audacieux bavardage ? on hésite à le croire. (Sur Sylvain Fort, v. la leçon 256 et cet article plein de griffes de la lionne Christine Tasin de décembre 2017 [archive : http://archive.is/FAUTE]).

rose Mise à jour du 31 décembre 2019. La méthode d’écriture Macron : selon le mal-écrivant*** Gala.fr, le président « “écrit douze versions [de ses discours] puis il réécrit tout. C’est un intuitif, il sent les choses et ce ne sont pas des discours qu’il commence à rédiger une semaine à l’avance”, confie un proche cité par Le Parisien » ; quant à son épouse, ex-professeur de français, elle relit attentivement ses allocutions de vœux.
rose Mise à jour du 17 janvier 2020. Sans surprise, Brigitte Macron a un parler relâché proche de celui de son mari : voir les vidéos à https://twitter.com/TF1LeJT/status/1218039165629104128. À côté d’elle, le journaliste Gilles Bouleau qui l’interroge est un modèle de langue ; et il ne ménage pas la présidente. Ecouter par exemple cette phrase de Brigitte Macron dans son contexte : « Je lui ai dit [au président] : “Tu es dans l’enceinte de l’Elysée, c’est compliqué de dire à un jeune homme une phrase comme ça”, mais je la comprends. » Et cette autre  : « Il n’a de cesse que la France » (traduction : il [le président] n’a d’autre préocupation que la France).

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).
** garbure : « soupe épaisse constituée de légumes, de choux, de tranches de pain de seigle, de jambon et de lard ou de confit d’oie ».
*
** rose Mise à jour du 7 février 2020. « Mal-écrivant ». Voir par exemple cet article de Thomas Monnier du 6 février 2020 qui est un surprenant carnaval de fautes de style, de syntaxe, d’accord (« Macron [est] soucieux à ce que sa famille ne subissent pas ce mouvement de haine », etc.) : https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/brigitte-et-emmanuel-macron-moques-au-carnaval-de-nice-ce-char-qui-va-faire-parler_442723 (archive : http://archive.ph/3TCbc). Une qualité cependant, pas de langue de bois quand l’auteur écrit en introduction d’article : « Emmanuel Macron plus impopulaire que jamais. » Audacieux pour un média qui a beaucoup à perdre à se fâcher avec les pipeuls. (La francisation orthographique du mot anglais people en exacerbe le ridicule, et c’est très bien.)

 

 

• 4 novembre 2018
Leçon 634. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 16/n

Le discours est présent en PDF sur le site de l’Institut français, mais les fautes (orthographe, syntaxe, ponctuation...) n’ont pas été corrigées : http://www.institutfrancais.com/sites/default/files/francophonie_discours.pdf [mise à jour de décembre 2019 : lien mort].

L’Institut français « est l’opérateur de l’action culturelle extérieure de la France. Il a été créé par la loi du 27 juillet 2010 relative à l’action extérieure de l’État et par son décret d’application du 30 décembre 2010 ».
Le fait de participer à la diffusion d’un pareil document s’appelle en termes grossiers « mettre de la m... dans le ventilo » — ce que nous faisons, certes, mais nous pour la bonne cause. Nous pouvons conclure que les tenanciers de l’Institut français n’ont pas lu le document.
L’Académie française a, elle aussi, mis sur la Toile le discours en PDF, mais elle a corrigé la plupart des fautes (elle a même supprimé ce passage dont nous avons parlé dans la leçon 626 : « dont on peut retracer l’histoire ou se perdre dans ses rais » ; comme l’auteur de la transcription d’Elysee.fr, les académiciens n’ont pas deviné qu’il s’agissait de « rets ») : http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/discours_de_m._emmanuel_macron.pdf.
Nous imaginons les académiciens entendant ce discours, retenant des soupirs ou levant les yeux au ciel et qu’à la lecture de la transcription certains ont fait des bonds.
Ce discours est une incongruité et une mystification. Mystification, c’est le mot qui le peint le mieux.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).
marronnasse Autonote_Macron-Institut

 

 

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• 5 novembre 2018
Leçon 635. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 17/n

Charabia et bouillie, 2/n
Parviendrons-nous à recenser toutes les occurrences de charabia dans le discours d’Emmanuel Macron, l’homme qui vend du vent aux éoliennes ?
La chose nous semble presque impossible, car à toute seconde soit nous donnons du pied sur une bosse, soit nous glissons dans un trou.
Dans les deux premières minutes (à 1 min 37 s) :

J’avais face à moi des jeunes étudiantes et des jeunes étudiants qui de manière évidente ne comprenaient pas ce que j’étais en train de dire ou plus exactement se disaient « il nous parle de quelque chose qui ne nous dit rien, il nous parle depuis un endroit ou depuis une langue qui ne nous dit pas la même chose ».

« Il nous parle depuis [...] une langue qui ne nous dit pas la même chose » : langue relâchée et illogisme, mais on comprend, on devine ce qu’a voulu dire l’auteur. Cependant...

... il nous parle depuis un endroit [...] qui ne nous dit pas la même chose

... là c’est pur charabia.
« Illogisme », disions-nous. « Une langue qui ne nous dit pas la même chose » : la même chose qu’à qui ?
Si je ne comprends une certaine chose et qu’une autre personne, elle, la comprend, je ne peux logiquement lui dire : « Vous comprenez différemment de moi » ; je ne peux que lui dire : « Vous comprenez, moi non. »

On appréciera aussi ce « ou plus exactement se disaient », qui introduit un développement qui au lieu d’éclairer obscurcit.
Tant de choses à dire... ! Quand plus haut nous disions qu’un vertige nous prenait devant ce qu’il reste à faire, vous commencez à voir, ô lecteur·trice citoyen·nne, que nous n’attigions pas ; on dirait bien d’un ado qui parle, ce président.
Devrons-nous nous contenter de n’exposer qu’un florilège, un cacolège, une sélection des pires ? ce serait peut-être dommage et pourrons-nous dire que nous avons bien fait notre travail et tenu notre promesse d’un « compte rendu critique approfondi » ?

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 5 novembre 2018
Leçon 636. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 18/n

Charabia et bouillie, 3/n
Revenons un instant là-dessus :

Lorsque j’ai parlé francophonie c’est sans doute le moment où les malentendus se sont le plus installés. J’avais face à moi des jeunes étudiantes et des jeunes étudiants qui de manière évidente ne comprenaient pas ce que j’étais en train de dire ou plus exactement se disaient « il nous parle de quelque chose qui ne nous dit rien, il nous parle depuis un endroit ou depuis une langue qui ne nous dit pas la même chose ».

Familièrement on pourrait dire : « C’est la meilleure ! » Emmanuel Macron s’étonne que des étudiants africains ne comprennent pas ce qu’il dit ni de quoi il parle. « Mais, monsieur », aimerions-nous pouvoir lui répondre, « qui en Afrique ou ailleurs dans le monde, dont en France, qui comprendrait ce charabia désarticulé, ce flux de langue déstructuré, sans logique, sans consistance, sans contrainte et désinhibé** ? Vous faut-il quelque avis de plus que nos nombreuses et claires leçons — que vous ne lisez pas, je vous le concède — pour que vous preniez conscience enfin que votre langue est malade, et même gravement malade ? Dans ce cas, demandez un contre-diagnostic ».
Nous ajouterions : « Et, à l’étranger, comment les interprètes se débrouillent-ils pour vous traduire ? Y pensez-vous ? Imaginez-vous leur stupéfaction, leur frustration, leur désarroi, leur enfer ? »

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).
** Désinhibition de langue qui est le signe supplémentaire d’une déconnexion par rapport au réel (il est peut-être inutile de rappeler ici que cette déconnexion du réel atteignit son maximum lors de la fête de la musique de 2018 à l’Elysée avec Kiddy Smile ; c’est sans doute à dater de cet événement que certains s’estimèrent autorisés à l’appeler familièrement Manu et à le tutoyer comme un des leurs).

 

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• 9 novembre 2018
Leçon 643. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 19/n

Syntaxe, 1/n

La réponse m’a sans doute été donnée tout à l’heure par Gabriel FAYE qui nous disait que dans son Bujumbura natal quand on parlait de francophonie lui qui a montré à plusieurs reprises qu’il sait parler et écrire le français venait à l’esprit la photographie d’un président de la République française avec des présidents africains.

Pas raccord. Il aurait fallu dire « lui venait à l’esprit » ou « il lui venait à l’esprit » ou supprimer la phrase « qui a montré à plusieurs reprises qu’il sait parler et écrire le français », transformant ainsi un lui sujet (« lui qui a ») en lui complément (« lui venait à l’esprit » ou « il lui venait à l’esprit »).
Non corrigé sur le PDF de l’Académie (phrase reponctuée, mais faute de langue non rectifiée).

Cette phrase comporte d’autres problèmes, dont nous ne parlerons pas ou dont nous avons déjà parlé.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 9 novembre 2018
Leçon 644. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 20/n

Syntaxe, 2/n

• Ça n’est pas de cette image dont je suis venu aujourd’hui vous parler.

Il faut ici « de cette image que » (corrigé sur le PDF de l’Académie).

• Alors pour réussir ce récit, je veux remercier madame Leïla SLIMANI qui a conduit depuis plusieurs mois un travail considérable.

Il faut ici « qui conduit depuis plusieurs mois » ou « qui a conduit pendant plusieurs mois » (non corrigé sur le PDF de l’Académie).

• Je ne me suis pas essayé ici, sous le contrôle de plus experts que moi, à essayer de dire qui était Francophone ou pas.

Ce « s’essayer à essayer de » nous rappelle François Hollande et ses trop piteux « permettre d’être capable », « être capable de pouvoir », « permettre de pouvoir être possible », etc. (v. la leçon 117). Il faut supposer que le président Macron improvise et ne lit pas son discours : une fois de plus, il ne se souvient pas de ce qu’il vient de dire ou ne s’en soucie pas, et il n’est donc pas raccord.

Deux de ces trois citations comportent d’autres problèmes, dont nous ne parlerons pas ou dont nous avons déjà parlé.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

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• 14 novembre 2018
Leçon 649. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 22/n

La langue, la parole est une arme puissante avec laquelle Emmanuel Macron se tire moult balles dans le pied et flingue le décor.

Syntaxe, 3/n

• Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Académiciens,
Madame la Représentante personnelle pour la francophonie,
Mesdames et Messieurs,
C’est avec beaucoup d’humilité que je viens...

Par « Madame la Représentante personnelle pour la francophonie », le président salue sa représentante personnelle Leïla Slimani — présente parmi l’auditoire —, c’est donc « Madame ma représentante personnelle » qu’il eût fallu dire (ou simplement « Ma représentante personnelle » si le protocole l’autorise) ; la formule « Madame la Représentante personnelle » est en effet incomplète : la représentante personnelle de qui ?
Un autre orateur aurait pu dire : « Madame la représentante personnelle du président de la République pour la francophonie ».

• Et c’est fort de cela qu’aujourd’hui des centaines de millions de personnes affrontent le monde.

La transcription d’Elysee.fr est conforme à l’audio du discours, mais il eût fallu « fortes ».
L’Académie a corrigé dans son PDF (ce n’est que mettre la poussière sous le tapis, diront les mauvaises langues).

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

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• 11 décembre 2018
Leçon 683. – « Faire de cette colère une chance », 1/2

« Faire de cette colère une chance » est le titre totalement insincère et sans imagination donné par Elysee.fr à la plate allocution* du président Macron aux Français hier soir ; il répondait à la colère desdits gilets-jaunes.
On aura remarqué l’utilisation, une fois de plus, du ton apitoyé : il est M. Empathie, il nous comprend, il nous a compris.
Le mot « chance » est un des risibles, paresseux et agaçants tics verbaux depuis quelques années chez nos politicards rancis, et François Hollande l’aimait immodérément : voyez la leçon 52 (accumulation hilarante) d’avril 2015. La phrase la plus drôle contenant le mot « chance » a peut-être été celle-ci, tirée de son discours de clôture de la « conférence pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France » :

Si nous pouvons convenir d’ouvrir les yeux de ceux qui n’ont pas encore compris que l’Afrique était une chance, une chance pour elle-même, une chance pour l’Europe et une chance pour la France, ce colloque aura déjà été utile. Parce que quand on ouvre les yeux, on peut aussi ouvrir les bras.

L’Afrique est « une chance pour elle-même » : on a oublié à quel point François Hollande était drôle (on trouvera de nombreux exemples sur ce site).
Les discours, les propos de nos deux derniers présidents (les seuls dont nous avons analysé avec précision les discours) ressemblent à des ruines : des bâtiments sans toit, des colonnes qui ne soutiennent rien, des escaliers qui ne mènent nulle part, des pièces grandes ouvertes à toutes les intempéries, à toutes les tempêtes, et çà et là les étrons furtifs de promeneurs pressés de se soulager.

Vivement le RIC !

N. B. 1. Si ce discours du 10 décembre 2018 est mal écrit et mal transcrit, il l’est moins que les précédents, et beaucoup moins que le discours de mars à l’Institut de France (v. la leçon 588 ci-dessus et les suivantes), que nous avons pu qualifier sans exagération de « catastrophique » ; noter aussi que notre analyse approfondie de ce discours de mars, constituée actuellement de vingt-deux parties, n’est pas encore terminée : il nous reste des choses à dire.
N. B. 2. « Bousculer » utilisé trois fois en 13 minutes : « bousculer la République », « laïcité bousculée », « bousculer le système politique ». C’est un tic, une manie : voir la leçon 600 ci-dessus et sa mise à jour.
C’est une macronerie comme le  « en même temps », mais que personne n’a encore repérée.

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/12/10/adresse-du-president-de-la-republique-du-lundi-10-decembre-2018
Archive : http://archive.is/Goo7c.

 

 

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• 13 décembre 2018
Leçon 685. – « Faire de cette colère une chance », 2/2

Beaucoup de choses à redire sur l’allocution* du président du 10 décembre. Nous en avons ici sélectionné deux.

Premier extrait, à 1 min 58 s

Ce fut d’abord la colère contre une taxe et le Premier ministre a apporté une réponse en annulant et en supprimant toutes les augmentations prévues pour le début d’année prochaine mais cette colère est plus profonde, je la ressens comme juste à bien des égards. [Et] elle peut être notre chance. C’est celle du couple de salariés qui ne finit pas le mois et se lève chaque jour tôt et revient tard pour aller travailler loin.
C’est celle de la mère de famille célibataire, veuve ou divorcée, qui ne vit même plus [sic], qui n’a pas les moyens de faire garder les enfants [...].

Il fallait le dire ainsi : Cette colère, c’est celle du couple de salariés... (celle renvoyant à colère et non à chance).
« [Il] se lève chaque jour tôt et revient tard pour aller travailler loin » : ... et revient tard, car il travaille loin.

Deuxième extrait

J’entends que le gouvernement poursuive l’ambition des transformations de notre pays que le peuple a choisie il y a maintenant 18 mois ; nous avons devant nous à conduire une réforme profonde de l’Etat, de l’indemnisation du chômage et des retraites. Elles sont indispensables. Nous voulons des règles plus justes, plus simples, plus claires et qui récompensent ceux qui travaillent.

Il fallait le dire ainsi : Ces transformations sont indispensables.

Haine sotte et scolaire de la répétition ? Dans les deux cas on ne comprend pas, dans les deux cas un pronom renvoie à un mot qu’on ne pourra retrouver que si l’on relit ou réécoute. Grosse erreur, surtout dans un discours.
Même pas fichu d’écrire correctement un discours important de seulement treize minutes... Absence d’exigence, incompétence, bâclage méprisant ?
(En tout cas, l’incompétence de tous nos gouvernants — y a-t-il une exception ? — est en train de devenir une évidence pour tous.)

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/12/10/adresse-du-president-de-la-republique-du-lundi-10-decembre-2018
Archive : http://archive.is/Goo7c
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• 1er janvier 2019
Leçon 694. – Vœux du président de la République*

Extraits de la vidéo et de la transcription sur Elysee.fr.
La vidéo à 46 s :

... nombre de transformations qu’on pensait jusqu’alors impossibles...

... devient dans la transcription :

... nombre de transformations qu’on pensait jusqu’alors jugées impossibles...

Discours émaillé d’incohérences de tout genre, transcription fantaisiste, mais surtout ceci qui nous frappe : Emmanuel Macron se trompe complètement quand il parle des...

... porte-voix d’une foule haineuse [qui] s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels.

Emmanuel Macron refuse obstinément de voir la réalité, il la fuit. Il reporte sur d’autres objets — élus en général, forces de l’ordre, journalistes, juifs, étrangers, homosexuels — que lui une haine qui ne vise que lui. Il est aussi obstinément aveugle et sourd que son prédécesseur François Hollande.

Noter que le président a réussi à placer bousculer au figuré** :

J’ai grandi en province et je connais ces terres qui ont été bousculées durant ces dernières décennies et qui parfois doutent. 

Le carton bouilli du style.

rose Mises à jour, 31 décembre 2019
Et, celles-là, nous avons failli les rater, à 9 minutes :

Il n’y a pas une vérité et je crois même que chacun d’entre nous commence à se fourvoyer dans l’erreur quand nous affirmons les choses sans dialoguer, sans les confronter au réel ou aux arguments des autres.

Ça rappelle le redondant, le pléonastique Hollande et ses « permettre que la création d’entreprise puisse être possible pour tous » (voir la leçon 68 et la leçon 117 entre autres) aussi bien que le Sapeur Camember.
Le pléonasme de Macron est particulièrement comique, car, parlant doctement d’erreur à ne pas commettre, il en commet une. On le trouve aussi bien dans la vidéo que dans la transcription (noter que les transcriptions d’Elysee.fr sont rarement parfaitement fidèles — voir, entre autres, ci-dessus les « transformations qu’on pensait jusqu’alors jugées impossibles » — , quoique beaucoup moins fautives que les citations de journalistes, qui se trompent cinq fois sur dix).

Deuxième problème :

... chacun d’entre nous commence à se fourvoyer dans l’erreur quand nous affirmons...

Mieux : ... chacun d’entre nous commence à se fourvoyer quand il affirme...

Dictionnaire de l’Académie :

fourvoyer
[...] Fig. Mettre hors de la bonne voie ; induire en erreur. Les mauvais exemples l’ont fourvoyé. L’auteur de cet écrit s’est entièrement fourvoyé.

Vœux pour 2020. En ce 31 décembre 2019, Elysee.fr offre aux internautes la possibilité de télécharger le PDF (https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-14959-fr.pdf) du discours de vœux de Macron pour 2020 comme s’il voulait le graver dans le marbre, assurer sa conservation et une diffusion facile, l’archiver pour l’Histoire avec toutes ses fautes d’orthographe, ses fautes de ponctuation, ses fautes de goût, ses fautes de logique, ses maladresses et paresses d’expression, ses navrantes platitudes, ses affligeantes généralités, ses mensonges (par exemple sur le « Grand Débat National »)...
Notons que, fidèle à ses tics, Macron a placé deux fois le verbe bousculer dans ce court discours.
Pour l’orthographe citons, entre autres :

... ce serait abandonner ceux que le système a déjà abandonné
... au cœur-même de l’identité française
... qu’ils soient ce soir à nouveaux, tous remerciés
... vos choix en matière d’’alimentation [double apostrophe]
... si nous nous rassemblons, la décennie qui s’ouvre peut-être la nôtre

Le narcissisme macronien, malgré les humiliations, n’a rien perdu de sa vigueur quasi priapique.

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/12/31/voeux-aux-francais-2019
Archive : http://archive.fo/IZDuM
** Voir la leçon 683 N. B. 2.
marronnasse Autonote_Macron-Vœux-2019-et-2020-aux-Français

 

 

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• 15 janvier 2019
Leçon 704. – La « Lettre aux Français » d’Emmanuel Macron*, 1/7

La courte « Lettre aux Français » d’Emmanuel Macron est moins maladroite, moins bancaloïde, moins malade que ses autres écrits, déclarations et discours, et elle ne contient pas, semble-t-il, de faute d’orthographe. Voici néanmoins une perle de charabia ; le président pose la question suivante :

Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

« Garantir le respect [...] de la compréhension réciproque » ?
On peut comprendre ce que signifierait « garantir la compréhension réciproque », on comprend aussi ce que signifie « le respect [...] des valeurs intangibles de la République », mais « garantir le respect [...] de la compréhension réciproque » est une nouvelle absurdité : c’est quoi donc, respecter la compréhension réciproque ?

C’est sûr, c’est certain, c’est prouvé, nous sommes gouvernés par des pas-finis, des gamins, des demi-illettrés, des adultes qui n’ont pas achevé leurs études, des fruits verts qui jamais ne mûriront. Voyez, entre autres, le niveau intellectuel de certains députés LREM, incapables de faire une phrase.
Quant à la langue de quelques-uns de ceux qui les attaquent et les critiquent, comme Juan Branco (qui nous annonce pour le 25 janvier un livre, Contre Macron**, « plus exigeant »...), elle ne vaut guère mieux, quand elle n’est pas cent fois pire. Désespérant.

Vive les gilets-jaunes !

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/01/13/lettre-aux-francais
** Nous parlons abondamment de Juan Branco en page 31 à partir de la leçon 690 ; selon Wikipedia, Contre Macron sera son sixième livre.

 

 

• 15 janvier 2019
Leçon 705. – La « Lettre aux Français » d’Emmanuel Macron*, 2/7

  Pour Emmanuel Macron selon Leparisien.fr** :

« Il y a 35 questions » dans la lettre aux Français, mais « au-delà de celles qui sont écrites, toutes les questions sont ouvertes », a expliqué le président : « S’il y a des questions intelligentes, des sujets que je n’ai pas vus qui émergent, ils seront aussi pris. Il ne doit pas y avoir de tabou au moment où l’on se parle ».

Nous avons compté les questions, il y en a bien trente-cinq, mais l’une d’elles est une question oratoire, autrement dit une affirmation, une non-question, et elle n’appelle pas de réponse. La voici :

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la Nation française. Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Il n’y a donc que trente-quatre vraies questions : le président qui hier prônait l’effort s’est paresseusement contenté de compter les points d’interrogation au lieu de compter les questions. L’heure n’est plus depuis longtemps à la rigueur intellectuelle, qui fait les discours bien construits et les pays heureux et bien gouvernés.

« Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ? » Mieux : Comment ne pas éprouver de la fierté d’être Français ? ou Comment ne pas être fier d’être Français ?

  Revenons sur la déclaration ci-dessus. Le président déclare :

 Il y a 35 questions » dans la lettre aux Français, mais « au-delà de celles qui sont écrites, toutes les questions sont ouvertes ».

Non, c’est le questionnaire qui est ouvert, ouvert à d’autres questions ; plus précisément, c’est le débat qui est ouvert à d’autres sujets. « Toutes les questions sont autorisées » ou, mieux, « tous les sujets sont autorisés », n’a pas osé dire le président, car autoriser faisait planer le spectre de l’interdiction, et Dieu sait si en ce moment les Français ont le cuir sensible et la tête près du bonnet, voire proche du gilet.

Définition classique d’une question ouverte, selon Littré :

La question est ouverte, [...] elle n’est pas décidée.

Définition moderne d’une question ouverte :

Une question pour laquelle il n’y a aucune réponse préétablie proposée au questionné ; elle s’oppose à une question fermée, qui peut être à choix multiple, mais où le choix est limité.

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/01/13/lettre-aux-francais
** http://www.leparisien.fr/politique/direct-suivez-l-ouverture-du-grand-debat-sans-tabou-d-emmanuel-macron-15-01-2019-7989072.php

 

 

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• 16 janvier 2019
Leçon 707. – Emmanuel Macron hier à Gasny (Normandie) : « Les personnes qui vivent en situation de pauvreté »

En huit mots : « les personnes qui vivent en situation de pauvreté » ; en deux mots : « les pauvres ».

Voir la vidéo.

Toujours à Gasny, selon Lefigaro.fr, le professeur Macron a déclaré à propos des « personnes qui vivent en situation de pauvreté » :

... car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent.

La vidéo montre la réalité ; Macron dit : « parce que y en a qui font bien, y en a qui déconnent ».
Voir la vidéo.
Décidément, Lefigaro.fr n’a pas de souci de la réalité, de l’exactitude (v. aussi la leçon 699) ; aussi désinhibé que Macron, qui parle d’un ton de professeur mais avec une langue relâchée (« y en a qui font bien, y en a qui déconnent ») à des gens qui ont vingt ans de plus que lui et qui connaissent mieux la réalité du terrain. Sûr de soi, outrecuidant, le président finit par lasser.

L’AFP encore :

Les «personnes en situation de pauvreté», «on va davantage les responsabiliser, car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent», a jugé mardi matin Emmanuel Macron devant les élus de Gasny (Eure) selon une journaliste de l’AFP présente.

https://twitter.com/dom_albertini/status/1085167621891411969

 

 

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• 19 janvier 2019
Leçon 715. – « C’est d’la pipe ! », 1/2

Apolline De [sic] Malherbe @apollineWakeUp [sic]
Emmanuel Macron hyper combatif, et tres [sic] assumé: «Faut pas raconter des cracs [sic]! C’est pas en remetant [sic] l’ISF que la situation d’un seul gilet jaune s’améliorera! Ça c’est d’la pipe!»

https://twitter.com/apollineWakeUp/status/1085217152196665344

Apolline de Malherbe fière de son président.
Emmanuel Macron ne souhaite-t-il pas que ses interlocuteurs confondent langage populaire, langage relâché et langage de vérité ? En effet, si un langage est relâché on aura tendance à supposer que les mots viennent du cœur, qu’ils sont sans filtre, sincères, spontanés, véridiques, fiables.

• N. B.
— Faux-sens : on n’écrit pas « raconter des cracs », mais « raconter des craques ».
— Pourquoi De, avec une majuscule ? pour se désaristocratiser ?
— Nous connaissions « c’est du pipeau », pas « c’est de la pipe » ; merci au « fin lettré » Macron que nous vantait une autre admiratrice, Nathalie Schuck (v. la leçon 409).

 

 

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• 24 janvier 2019
Leçon 721. – Discours d’Emmanuel Macron le 22 janvier 2019 à Aix-la-Chapelle*

Extrait de la transcription :

Et en vous écoutant, Madame la Chancelière, Monsieur le Président, à l’instant, je me souvenais avec émotion de ce que Madame de Staël disait parfois : « Lorsque mon cœur cherche un mot en français et qu’il ne le trouve pas, je vais parfois le chercher dans la langue allemande. » Il y a des mots qu’on ne comprend pas, il y a des mots qu’on ne traduit pas, mais chacun de nos pas réduit l’écart de ces intraduisibles, et il y a des mots dont nos cœurs ont besoin, d’une langue l’autre. Parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche. Parce que la part que je ne comprends pas en allemand a un charme romantique que le français, parfois, ne m’apporte plus. C’est indicible, c’est irrationnel, mais nous devons chérir cette part d’indicible et d’irrationnel qui ne sera dans aucun de nos traités**, et qui est la part vibrante, magique, de ce qui nous rassemble aujourd’hui et de ce qui nous fait***.

Le premier « parfois » est probablement de trop, mais, à part ça, le discours sent bougrement la sincérité (surtout ce « à l’instant, je me souvenais avec émotion »), non ?
Noter que « à l’instant » appelait un présent (« à l’instant, je me souviens avec émotion ») et non un passé (« à l’instant, je me souvenais avec émotion ») ; il fallait dire « il y a un instant, je me souvenais avec émotion ». Macron se contredit, il corrige ou atténue son « à l’instant » qui n’est pas crédible du tout par un verbe à l’imparfait, mais surtout il n’est pas crédible parce que ce discours, ce propos a été préparé, écrit à l’avance : en plus d’être probablement fictif, ce souvenir ému (« je me souvenais avec émotion ») n’est pas né à l’instant en écoutant Merkel. « À l’instant » est faux et insincère.
On soulignera ce mystérieux « parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche ».
Du faux souvenir, de la fausse émotion, de la fausse profondeur, de la fausse magie (« la part vibrante, magique »), du faux brillant : c’est Macron.
Il ne reste plus qu’à découvrir que cette citation ou son contexte sont inexacts ou faux. Exemple : « Mme de Staël a écrit dans De l’Allemagne » ou « Mme de Staël a écrit dans sa correspondance » au lieu de « Madame de Staël disait parfois ». Nous trouvons que ce « disait » et ce « parfois » ressemblent bien à de l’ajouté, à de l’inventé. En effet, ces deux mots donnent un côté familier, domestique, banal à une citation qui sans cela aurait pu passer pour une manifestation de cuistrerie de la part du « fin lettré » qu’est Macron ; et le « parfois » indique la pluralité, qui donne plus de crédibilité à l’affirmation, puisqu’elle a été répétée par son auteur, elle est donc réfléchie. Enfin nous connaissons bien, et nous l’avons plusieurs fois mis ici en relief, le manque de rigueur ambiant, quasi général, épidémique et contagieux quand il s’agit de citer.
De ce « parfois » on peut aussi inférer que Macron a beaucoup lu Mme de Staël ou ce qu’on a rapporté d’elle, ce qui lui a permis de constater la répétition ; ce propos vient renforcer son image de « fin lettré » (v. la leçon 409), de liseur.

De « Il y a des mots qu’on ne comprend pas » à « ce qui nous fait », encore des propos quasi indébrouillables de la part de celui que des milliers d’articles nous ont présenté comme un « passionné de philosophie » : il serait même « titulaire d’un diplôme d’études approfondies en philosophie » selon Lemonde.fr****.

Macron a réussi à placer trois fois dans son discours un de ses mots favoris : « le vent de l’histoire venait bousculer les lignes », « une Europe bousculée », « notre Europe est bousculée » (v. la leçon 694 ci-dessus). Ça devient un peu ridicule ; un pari peut-être ?

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/01/22/signature-du-traite-franco-allemand-d-aix-la-chapelle (archive : http://archive.is/bKPcg)
** « Traités » : il s’agit de traités entre Etats.
*** Vidéo de « Et en vous écoutant » à « parfois, ne m’apporte plus » : https://www.facebook.com/ontologie.quarantedeux/videos/116792256047620. (Lien mort.)
**** https://www.lemonde.fr/politique/article/2014/08/27/emmanuel-macron-de-mozart-de-l-elysee-a-ministre-de-l-economie_4477318_823448.html (archive : http://archive.ph/kOHSj)

 

diplome

 

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• 2 février 2019
Leçon 731. – Il n’a pas les mots d’un président

Emmanuel Macron était hier face à des journalistes :

"Le boxeur [Christophe Dettinger], la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan", déclare Emmanuel Macron, non sans préjugé*.

Question : Emmanuel Macron, lui, dans ses déclarations et dans ses discours a-t-il les mots d’un président (v., entre autres, notre analyse en vingt-deux leçons du discours du 20 mars 2018 dans la leçon 588 ci-dessus et dans les suivantes) ? Sans préjuger aucunement, nous répondons non.

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* https://www.lexpress.fr/actualite/politique/macron-le-boxeur-christophe-dettinger-etait-conseille-par-l-extreme-gauche-car-il-n-a-pas-les-mots-d-un-gitan_2060367.html

 

 

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• 21 mars 2019
Leçon 789. – Cri du cœur d’Emmanuel Macron

Choquant de la part d’un président de la France.
Macron est en colère, et le mot qui lui vient spontanément à la bouche alors qu’il morigène ses ministres est un mot anglais, « break », comme si le vernis de la bienséance linguistique avait soudain craqué, révélant la personnalité de l’homme, l’homme sans racines, l’homme superficiel, l’éponge à anglicismes, l’ado de 41 ans.

Extrait d’un article du Canard enchaîné :

« Il suffit que je fasse un break de vingt-quatre heures pour que la maison ne soit pas tenue ! » Ce sont les premiers mots d’Emmanuel Macron de retour à Paris, après son week-end interrompu à la montagne.

Vive les gilets-jaunes !

https://planetes360.fr/macron-semporte-il-suffit-que-je-fasse-un-break-de-vingt-quatre-heures-pour-que-la-maison-ne-soit-pas-tenue/

La bienséance linguistique ? disons carrément la politesse linguistique, le savoir-vivre linguistique de la part d’un président de la France. Ce président, que nous avons qualifié ici plusieurs fois de grammaticalement désinhibé, a lâché un mot qui dans la bouche d’un autre Français passera pour branchouillard, bêtasse et moutonnier, mais qui, dans la bouche d’un président de la France, est un gros mot et une énorme faute de goût.

On remarquera que, de son côté, le Canard enchaîné n’est pas gêné d’utiliser le détestable mot de « week-end », mot le plus vulgaire et le plus laid de la langue française (v. la leçon 753), l’inextirpable verrue des verrues.

Mise à jour de juillet 2019, à propos de certains anglicismes
— En deuxième position des mots anglais détestables, « sexy », qui est d’autant plus détestable et humiliant pour le francophone qu’il s’est confortablement installé dans le lexique de nombreuses personnes (beaucoup de journasots) et même d’écrivains exigeants (v. la leçon 537).

Ajoutons que nous trouvons un peu indécent qu’un homme ou une femme nous disent qui ils trouvent « sexy » (autrement dit très crûment, qui les fait bander ou mouiller), propos à réserver à la chambre, là où tout est permis.
En deuxième position des détestables, « week-end », le parfait colon, l’indéracinable intrus qui nous ricane sous le nez depuis de trop longues décennies. L’emploi fréquent de « sexy », lui, n’est qu’une mode et finira par régresser. (V. la note 172.)

— « La maison [n’est plus] tenue » : Macron ici parle comme le maître de maison à ses domestiques.

 

 

[...]
• 4 avril 2019
Leçon 806. – Parce que !

L’implacable logique Macron.

À Toulon le 18 février 2017 (v. aussi la leçon 220) :

« Donc je le dis aujourd’hui, à chacun et chacune dans vos conditions, dans vos histoires, dans vos traumatismes, parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime. Parce que la République, elle doit aimer chacun ! », a lancé le candidat d’En marche! à la fin de son meeting à Toulon, où il a tenté de clore la polémique.

Lors de l’inauguration le 29 juin 2017 de la Station F, halle Freyssinet, à Paris (v. aussi la leçon 254 ci-dessus) :

Ne pensez pas une seule seconde que, si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite. Non ! Parce que vous aurez appris dans une gare, et une gare c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien, parce que c’est un lieu où on passe, parce que c’est un lieu qu’on partage, parce que la planète où nous sommes aujourd’hui, parce que cette ville, parce que notre pays, parce que notre continent ce sont des lieux où nous passons et, si nous oublions cela en voulant accumuler dans un coin, on oublie d’où on vient et où on va.

Aux Antilles en septembre 2018 (v. aussi la leçon 579 ci-dessus) :

«Ce qui fait que je me suis battu pour être élu face à Marine Le Pen et que je suis là aujourd’hui, c’est parce que j’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises, parce que bien souvent, parce que c’est un enfant de la République, il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire», s’est justifié dimanche le chef de l’État, très applaudi, lors du point presse.

Le 22 janvier 2019 à Aix-la-Chapelle (v. aussi la leçon 721 ci-dessus) :

Il y a des mots qu’on ne comprend pas, il y a des mots qu’on ne traduit pas, mais chacun de nos pas réduit l’écart de ces intraduisibles, et il y a des mots dont nos cœurs ont besoin, d’une langue l’autre. Parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche. Parce que la part que je ne comprends pas en allemand a un charme romantique que le français, parfois, ne m’apporte plus. Parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche. Parce que la part que je ne comprends pas en allemand a un charme romantique que le français, parfois, ne m’apporte plus.

On se demande, entre autres, ce qu’est censé expliquer le premier « parce que » :

... parce que cette part d’incompréhensible nous rapproche...

Encore un raisonnement, une démonstration foutraques.

 

 

[...]
• 27 avril 2019
Leçon 823. – Les « toutes celles et ceux » de Macron

Il n’y a plus grand-chose à dire sur la langue de Macron, nous avons dit presque tout le mal qu’il fallait en penser et rien n’a changé. Nous ne soulignerons que ceci : dans son discours avant les questions de la presse, le président dit par trois fois « toutes celles et ceux qui [...] »*. Dans cet accord grammatical-là, le féminin l’emporte ; il eût fallu tourner autrement : « tous ceux et celles qui [...] ».

L’ogre Macron, copie d’écran à 41 minutes 41 secondes :

Vive les gilets-jaunes !

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* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/04/25/conference-de-presse-grand-debat-national (archive : http://archive.fo/Eat8v)

 

 

[...]
• 1er mai 2019
Leçon 825. – Sous de sombres auspices

C’est sous les sombres auspices d’un déséquilibre et d’une contradiction manifestes et éclatants que commence le mois de mai. Résumons la conférence de presse* du président du 25 avril...
En arrière-plan lointain, flou, trouble, oublié, des yeux crevés, des mains arrachées, des pieds mutilés, des crânes fracturés, enfoncés et leurs nombreuses et graves séquelles à vie.
Au premier plan, un Macron pimpant toujours, sûr de soi envers et contre tout, à l’aise, guilleret, heureux, léger, souriant, tout miel, séducteur toujours, poseur, pontifiant et déclarant entre autres en demi-charabia qu’il faut « assumer la clarté, la force d’un investissement dans les grandes transitions pour bâtir la confiance »**.
Macron meublant le vide ou cachant ses vraies intentions sous sa logorrhée sinueuse, serpentine, sédative et déglinguée.
Dans les deux camps opposés, la détestation monte. Désormais irréconciliables, nous semble-t-il.
Mai sera agité et probablement furieux.

(Nous avons conscience que, dans ces conditions, il est chaque jour plus dérisoire de parler de la prononciation de Macron, de la syntaxe de Macron, du lexique de Macron, du style de Macron, du charabia de Macron. Idem pour les journalistes, toujours plus nombreux à être du côté du manche, du manche qui castagne et enfonce des crânes.)

————
* https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/04/25/conference-de-presse-grand-debat-national (archive : http://archive.is/tfbk5)
** Voir la leçon 822.
Mise à jour du 8 mai 2019. Vingt-quatre yeux perdus à ce jour, vingt-quatre yeux qui ne contempleront plus le « nouveau monde » de M. Macron : https://twitter.com/davduf/status/1125867942883807233.
Mise à jour du 11 mai 2019. Ce que nous disons dans cette leçon 825 est très analogue à ce que nous disions en avril dans la leçon 801, où nous concluions : « Dans le “nouveau monde” de Macron, tout est bancal et prêt à tomber, et tout naît bancal. Il serait surprenant que la chute ne fût pas proche et bruyante. » Aujourd’hui nous ne pouvons que souhaiter passionnément la chute du régime Macron, dont nous disons qu’il est ignoble.
Mise à jour du 15 mai 2019. À propos de la prononciation de Macron. Nous apprenons que certaines personnes ne se sont pas aperçues du zézaiement de Macron (sur Google, taper Macron zézaiement), certainement parce qu’il est faible et rare et que peu de gens ont écouté comme nous Macron pendant des heures. Sur la prononciation de Macron, voir la leçon 596 ci-dessus.
Mise à jour du 23 mai 2019. « Mai sera agité et probablement furieux »... Finalement non. Alors juin ?

 

 

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• 25 mai 2019
Leçon 852. – Selon Macron, des blessés, mais pas de victime, 1/2

À propos de l’attentat à Lyon hier, Macron déclare :

A ce stade, y a pas de... il n’y a pas de victime, y a des blessés, donc je veux avoir, évidemment, une pensée pour les blessés et leurs familles*.

Ouf ! seulement des blessés, et pas de victime.
Commentaire d’un twitteur : « Quand on vous dit que @EmmanuelMacron n’est pas totalement connecté. »

rose Mise à jour. Victime : voir aussi la leçon 938.

————
* Vidéo à https://twitter.com/SJallamion/status/1131996035851665408.
Mot clé : faux-sens.
Autonote : Macron_pas-de-victime.mp3.

 

 

[...]
• 12 juillet 2019

Leçon 882. Macron pas dans les temps

[...]
Macron et ses problèmes avec les temps du verbe, problème de logique une fois de plus.

• Leçon 620 (v. ci-dessus) :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette et je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu Giono.

Correction : ... je pouvais vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu... ou je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’ai lu...

• Leçon 721 (v. ci-dessus) :

A l’instant, je me souvenais avec émotion de ce que Madame de Staël disait parfois.

Correction : A l’instant, je me souviens... ou Il y a un instant, je me souvenais...

Homme qui louvoie n’est pas si décidé que ça.

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 883. – L’automne de Macron, 1/8

[...] Nous revenons sur le désastreux discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé par Macron le 20 mars 2018* à l’Institut devant, entre autres, un parterre d’académiciens.
Revoyons la transcription officielle du site Elysee.fr* de la conclusion de ce discours de 1 h 4 min 6 s jusqu’à la fin :

Au fond, du plus loin que je me souvienne, j’ai éprouvé des sentiments en les lisant peut-être avant de les vivre. Je suis convaincu d’avoir connu la Creuse avant d’y être aller [orthographe sic], à cause de Pierre MICHON [c’est plutôt grâce à que à cause de]. J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette et je peux vous dire tout de la chaleur des soirs de Provence parce que j’avais lu GIONO. C’est ça le français et ça, ça exige en effet beaucoup d’heures d’apprentissage, ça exige de se tromper, de traduire et retraduire, ça exige tout ce que je viens de vous dire, mais ça n’enlève rien de la part intime que chacune et chacun d’entre vous a avec le français, et qui est irréductible. Et au fond, c’est ça le trésor de notre langue, c’est ça la richesse de votre Académie et c’est ça la beauté du combat que nous continuerons à mener ; c’est que le français ne sera jamais une langue hégémonique, parce que c’est une langue de combat et d’intranquilité [orthographe sic], parce qu’il continuera à être une langue de traduction et d’étymologie et parce qu’on aura beau écrire des dictionnaires, il faudra continuer à les refaire. Je vous remercie.

« C’est plutôt grâce à que à cause de » : encore la haine de la répétition, ou quand l’élégance prime le sens (v. plus loin « grâce à Colette »).

bg 1. — D’abord, soulignons deux des différences entre ce que dit Macron (écouter la vidéo*) et la transcription d’Elysee.fr ci-dessus.
Oral (ce qu’il dit)/transcription (ce qui est écrit) :

— Je suis convaincu d’avoir connu la Creuse avant d’y être/... avant d’y être aller [orthographe sic]

— ... parce que c’est une langue de combat et d’intranquilles/... d’intranquilité [orthographe sic]

Macron s’écoute parler : en oublie-t-il, hypnotisé par son propre ramage, le sens de ce qu’il dit ?

bg 2. — La voix
Petite voix émue, douce, triste, confidentielle, mourante, lente, hésitante parfois (oui, l’orateur contient son émotion... oui, l’orateur recherche enfouies dans son âme des vérités qui vont certainement nous intéresser... oui, il recherche la formulation exacte et difficile de ces vérités, de ces vérités sincères, non feintes, parfaitement réelles... il ahane, enfin il accouche, et se livre ; il livre des secrets à son auditoire... pour nous, devant nous il rappelle à la vie de vieilles sensations... oh, l’être sensible, humain et émouvant... finalement l’orateur et l’auditoire communient...).

« Finalement l’orateur et l’auditoire communient » : Macron conclut par un « Je vous remercie ». Mais non ! avons-nous envie de lui dire, c’est nous qui vous remercions, c’était beau, c’était vrai.

bg 3. — Analyse partielle
Passons sur ces deux « au fond » suspects de n’avoir rien de profond ni de pesé, sur le « Je suis convaincu » et sur le « J’ai très sincèrement cru », qui participent à donner de la crédibilité au texte (oui, c’est du vécu, et rien n’est inventé par Macron) et sur plusieurs obscurités ou maladresses du texte (comme ce « j’ai éprouvé des sentiments en les lisant peut-être avant de les vivre » : lit-on des sentiments ou lit-on leur description ?), obscurités ou maladresses que nous avons en partie analysées dans les leçons 620, 621 et 882 ci-dessus, passons également sur les carences de la ponctuation de la transcription ; passons donc sur tout ça pour analyser cette seule phrase :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette.

Extrait audio de vingt-sept secondes de « Au fond, du plus loin que je me souvienne » à « grâce à Colette » : ici.

intranquilite

N. B. Nous appelons transcription ce qui n’est peut-être que le texte du discours qu’était censé lire le président, d’où les différences entre l’écrit et l’oral ; cependant l’incident du « miguet » (en quatre leçons à partir de la leçon 822) nous fait penser le contraire et « transcription » est bien le terme utilisé par Elysee.fr. Une certitude, si c’est une transcription, elle n’est pas exacte et rigoureuse.

marronnasse Suite ci-dessous.

————
* Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 884. – L’automne de Macron, 2/8

Reprenons :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette.

Mille diables ! mais que peut bien signifier pareille phrase ?
D’abord précisons ce qui suit. « J’ai très sincèrement cru » : il s’agit ici pour Macron de clamer sa sincérité envers soi-même, et non envers son auditoire (Macron est préoccupé par les deux formes de la sincérité, envers les autres et envers soi, car il a un grand besoin qu’il se croie pour qu’on le croie, mais sent-il que de moins en moins d’auditeurs sont dupes de son petit théâtre bancal au plancher inégal partout grinçant et prêt à fuir sous lui ?).
Toutefois, sachant Macron peu fin dans l’expression, nous pouvons le soupçonner d’avoir plus probablement voulu dire : « Je vous le dis très sincèrement, j’ai cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette » — nuance, mais l’affirmation n’en reste pas moins farfelue, comme nous le montrerons tout à l’heure.

————
Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 885. – L’automne de Macron, 3/8

Reprenons :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette.

Rappelons que Macron parle de ses jeunes années.
Force est de conclure que, à l’âge où Macron était capable de lire Colette, à l’âge de dix ou onze automnes, il n’était pas capable de décrire la saison qui suit l’été et précède l’hiver. Incroyable, non ?
Il n’y aurait donc pas d’automne à Amiens, dans ses rues, dans ses parcs, dans ses jardins ni dans ses environs de campagne ?
Certes il l’aurait moins bien décrit que ne l’aurait fait Colette, mais il aurait pu le décrire. Donc pure invention, propos creux, et le « très sincèrement » était supposé donner de la crédibilité à cette fable grossière.

Mais, mille diables et mille tonnerres ! il y a pire dans cette phrase, c’est son « j’ai cru [...] pouvoir ».

————
Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 886. – L’automne de Macron, 4/8

Cette voix fluette qui mendie nous fait penser que ce discours est un exercice d’aplatissement devant les académiciens visant à gagner leur approbation ou leur neutralité — plus probablement leur neutralité, bien plus facile à obtenir.

————
Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 887. – L’automne de Macron, 5/8

Revenons à nos moutons.
Macron déclare sur un ton confidentiel et pénétré :

J’ai très sincèrement cru pouvoir décrire l’automne grâce à Colette.

Du consternant « j’ai [...] cru pouvoir décrire l’automne » il découle que, après avoir lu Colette, Macron n’en était toujours pas capable ou, au mieux, qu’il n’était pas sûr d’en être capable.
On croit rêver, non ?
Cette question parmi d’autres nous brûle les lèvres : y a-t-il une nécessité quelconque d’être capable de décrire l’automne ? est-ce un pré-requis à quelque chose, un passage obligé pour accéder à quelque chose d’important ?
Un Macron plus crédible se serait contenté de dire : « J’ai compris l’âme de l’automne grâce aux descriptions de Colette », « Je suis tombé amoureux de l’automne grâce aux descriptions qu’en fait Colette »... ; il aurait même pu ajouter un « Je vous jure que » au début de ces deux phrases sans que cela ressemblât à du remplissage.

Homme artificiel et superficiel, lancinante crécelle à fadaises, frimeur toujours satisfait, naïf au fond, on dirait un gamin qui s’essaie à égaler quelque poète ou quelque grand écrivain et nous dirons de ses discours comme de ceux de Hollande : que de temps passé à débiter des balourdises, que de temps perdu pour notre pays si malade !

Il faut peut-être aujourd’hui reconnaître une qualité à Hollande, il ne faisait pas le beau sur une scène à cent millions de spectateurs potentiels à travers le monde, il ne s’écoutait pas parler en se régalant, il ne se faisait pas graver ses discours dans le marbre pour les distribuer à ses amis (ce n’est peut-être pas la réalité, mais nous imaginons sans peine cette scène : Macron comme Benito Mussolini offrant chaque année à son épouse pour son anniversaire une photo dédicacée de lui-même*).

Quand nous avons commencé dans la leçon 588 l’étude du discours de Macron à l’Institut de France, étude que nous avons poursuivie sur vingt-deux leçons sans parvenir à épuiser la matière (elle est quasiment inépuisable), nous avons déclaré à la huitième leçon : « Chaque phrase est un désastre » ; le lecteur voudra bien reconnaître que nous en avons donné cent preuves et que nous n’exagérions pas. Nous pourrions en donner d’autres si l’exercice en valait la peine.

Cependant nous n’en avons pas fini avec l’analyse de ces dix lignes d’extrait.

————
* Selon Rachele Guidi elle-même, épouse de Mussolini.

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 888. – L’automne de Macron, 6/8

La toute fin de la conclusion décourage les commentaires, comme en général toute prose macronienne :

C’est ça le français et ça, ça exige en effet beaucoup d’heures d’apprentissage, ça exige de se tromper, de traduire et retraduire, ça exige tout ce que je viens de vous dire, mais ça n’enlève rien de la part intime que chacune et chacun d’entre vous a avec le français, et qui est irréductible. Et au fond, c’est ça le trésor de notre langue, c’est ça la richesse de votre Académie et c’est ça la beauté du combat que nous continuerons à mener ; c’est que le français ne sera jamais une langue hégémonique, parce que c’est une langue de combat et d’intranquilité [orthographe sic], parce qu’il continuera à être une langue de traduction et d’étymologie et parce qu’on aura beau écrire des dictionnaires, il faudra continuer à les refaire. Je vous remercie.

bg Ce qui est particulièrement incompréhensible :

mais ça n’enlève rien de la part intime que chacune et chacun d’entre vous a avec le français, et qui est irréductible

bg Ici un contresens :

ça exige de se tromper

Contresens en effet, puisqu’il fallait dire « ça implique de se tromper ».

bg Ici deux faux-sens :

on aura beau écrire des dictionnaires, il faudra continuer à les refaire

« À refaire », non, pesant et vilain faux-sens ; à actualiser ou à mettre à jour, oui.
Et que vient faire ici cet « on aura beau » ? Rien ! ce n’est pas du tout la locution adéquate. Il fallait simplement rappeler que les dictionnaires ne sont pas écrits une fois pour toutes, qu’il faut sans cesse les actualiser (nouveaux mots, nouvelles acceptions...) et prendre comme exemple le travail d’actualisation en cours du Dictionnaire de l’Académie. Cette phrase est probablement une allusion ratée avec des mot ratés.

bg Par l’obscure formule le français langue d’étymologie, il faut probablement comprendre que le français a été et restera l’objet de nombreux emprunts, vision optimiste puisque les langues étrangères n’empruntent plus qu’à l’anglais, la France et sa langue n’étant plus qu’un cadavre sur lequel financiers et politicards s’affairent à arracher les dernières dents en or.

Et cetera.
En résumé : la fin déglinguée d’un déglingué discours.

————
Discours complet, vidéo et transcription, à http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/ (archive : http://archive.is/2eyok).

 

 

• 17 juillet 2019
Leçon 889. – L’automne de Macron, 7/8

J’ai éprouvé des sentiments en les lisant peut-être avant de les vivre.

Connaître la Creuse, pouvoir décrire l’automne, pouvoir dire tout de la chaleur des soirs de Provence : quel rapport avec des « sentiments » ?
Une formulation comme celle-ci eût été plus logique : « J’ai connu par la littérature certaines réalités avant de les voir » — ce qui n’a absolument rien d’extraordinaire, à part, bien sûr, la phrase sur l’automne, qui reste une grosse farce.
Rappelons ce lire des sentiments, expression inadéquate épinglée plus haut (leçon 883).
Le mot sensation eût été bien préférable au mot sentiment, mais lit-on des sensations ? non plus !
Enfin, et c’est pour nous une occasion de le dire, rien ne nous semble plus étranger à l’apprenti séducteur Macron que les sentiments (ce malgré ses déclarations d’amour ardentes et pittoresques ; v. les leçons 579 et 806 ci-desssus : « parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime », « parce que j’aime chaque enfant de la République »).
Fatras d’élucubrations, collisions sans fin d’illogismes et d’approximations, complet désastre inaperçu.

 

diplo

 

• 18 juillet 2019
Leçon 890. – L’automne de Macron, 8/8

Les discours de Macron heurtent douloureusement le sens commun, jettent le trouble, l’incompréhension dans l’esprit de l’auditeur, qui, à tort, doute de son propre bon sens.
Combien de gens humbles ou modestes préfèrent souscrire à la théorie du fin lettré à la pensée complexe et renoncent à douter des capacités d’expression du président !
Combien de gens n’osent pas dire que le roi Macron est nu, et qu’il est, comme nous le disions dans la leçon 623 et le réitérions dans la 632, un canular ?

— Abrutir le peuple en l’habituant à entendre et à accepter des discours incohérents dont aucun intellectuel ne récuse ni même ne met en doute la rationalité, par conséquent faire douter le peuple de sa capacité à analyser.
— Dominer le peuple en usant du petit prestige qu’a encore la fonction de gouvernant, domination d’autant plus facile que l’école éduque de moins en moins les gens à la raison, ne leur donne plus suffisamment d’outils pour penser, pour s’exprimer et pour acquérir une autonomie intellectuelle.

 

 

[...]
• 18 juillet 2019

Leçon 892. – De Ribéry en Van Damme

Rappel de ce commentaire assez juste d’Anny Bvr à propos d’une certaine déclaration de Macron : « Y a du [Jean-Claude] Van Damme en lui ! » (v. la leçon 598).
Oui, charabia, désinhibition et stupéfiante tranquille assurance.
Hollande, lui, faisait du Ribéry (v. la leçon 4).
Dans la leçon 598, on trouvera aussi le commentaire interloqué d’un Paul-Marie Coûteaux.

 

 

[...]
• 3 août 2019

Leçon 911. – Le geai paré des plumes du paon, 2/2

Alors que dans la leçon 909 nous utilisions l’expression « cher et vieux pays », nous nous sommes avisé que Macron a à plus d’une reprise singé sans vergogne et sans discrétion Charles de Gaulle.
Ecoutez et voyez entre autres le fameux discours du général de Gaulle du 29 janvier 1960 (1).

De Gaulle y apparaît en uniforme militaire et commence ainsi son allocution :

Si j’ai revêtu l’uniforme pour parler aujourd’hui à la télévision, c’est pour marquer que je le fais comme étant le général de Gaulle aussi bien que le chef de l’Etat.

Pensez à Macron en uniforme militaire d’aviateur à Istres ou de marin sur l’île Longue (2) et surtout notez, amusé, que Macron n’a pas fait son service militaire (3) : le geai paré des plumes du paon.

De Gaulle poursuit et déclare :

Je suis le responsable suprême. C’est moi qui porte le destin du pays. Tous les soldats français doivent donc m’obéir.

Pensez à Macron s’adressant à l’armée et lui disant :

Je suis votre chef (4).

À propos de responsabilité suprême et unique, pensez aussi à Macron déclarant hardiment à l’ensemble des Français :

Le seul responsable de cette affaire [affaire Benalla], c’est moi, et moi seul ! [...] S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher (5) !

De Gaulle encore :

Je les [les soldats français] connais, je les estime, je les aime.

Macron à Toulon le 18 février 2017 (v. aussi la leçon 220) :

« Donc je le dis aujourd’hui, à chacun et chacune dans vos conditions, dans vos histoires, dans vos traumatismes, parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime. Parce que la République, elle doit aimer chacun ! », a lancé le candidat d’En marche ! à la fin de son meeting à Toulon, où il a tenté de clore la polémique (6).

Remarquer qu’il y a même, dans la puérile et un peu niaise déclaration d’amour ci-dessus, le fameux « je vous ai compris » du Général de juin 1958 à Alger. Toutes les audaces, cet homme a toutes les audaces.

De Gaulle :

Eh bien, mon cher et vieux pays, nous voilà donc encore une fois ensemble devant une lourde épreuve.

Adresse de Macron aux Français du 16 octobre 2018 (7) :

Je sais toutes les blessures de notre vieux pays.

(Il nous faut le dire ainsi : écœurant. Ah, si Macron savait toutes les blessures à notre corps, à notre esprit, à notre culture, à notre civilisation que à coups redoublés, obstinés et quotidiens depuis son accession au trône lui-même a causées et cause, ce serait déjà un début.)
Autant de clins d’œil ratés, malvenus, risibles et comme cela sonne faux ! et comme les moyens employés pour nous séduire sont maladroits et ô combien déplaisants sont-ils !
rose Mise à jour, novembre 2020. Macron comme continuateur de De Gaulle, voyez l’addition 23 ci-dessous.
rose Mise à jour, mars 2021. Voyez ci-dessous sur le même sujet l’addition 42.

————
1. https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00049/discours-du-29-janvier-1960.html

2. https://www.marianne.net/politique/voici-pourquoi-macron-s-est-deguise-en-tom-cruise-de-top-gun-pour-aller-voir-les
et https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/quand-emmanuel-macron-quitte-le-costume-presidentiel-966279.html

3. https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/07/emmanuel-macron-a-t-il-fait-son-service-militaire_1732295

4. https://www.huffingtonpost.fr/2017/07/13/je-suis-votre-chef-le-recadrage-demmanuel-macron-face-a-la-g_a_23028840/
et https://www.lepoint.fr/societe/je-suis-votre-chef-fermete-autoritarisme-ou-aveu-de-faiblesse-14-07-2017-2143214_23.php

5. https://www.youtube.com/watch?v=_e0XFhEmiS4

6. http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Polemique-sur-la-colonisation-Emmanuel-Macron-cite-le-general-de-Gaulle-1191959 (archive : https://archive.is/pxRU3)

7. Vidéo à 6 min 11 s : http://www.elysee.fr/videos/new-video-404.

 

 

[...]
• 14 août 2019

Leçon 922. – Des mots inacceptables ou des actes ? 1/2

C’est par mégarde que nous avons laissé passer ces mots de Macron répondant à une agricultrice gilet-jaune en mars 2019 :

Ne parlez pas de répression et de violence policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit*.

Ce ne sont pas ces mots qui sont inacceptables dans un Etat de droit, mais les actes ou les éventuels actes que ces mots décrivent (la singulière répression des gilets-jaunes, l’aveugle et féroce répression des gilets-jaunes).
La réalité de ce que veut dire Macron est contenue dans la seule première partie de la phrase :

Ne parlez pas de répression et de violence policières.

————
* https://www.lci.fr/politique/video-gilets-jaunes-interpelle-sur-les-violences-policieres-emmanuel-macron-refute-le-terme-de-repression-2114884.html ou http://www.leparisien.fr/politique/macron-conteste-toute-repression-contre-les-gilets-jaunes-08-03-2019-8027244.php (archive : http://archive.is/CZrGg)

 

 

• 14 août 2019
Leçon 923. –  Des mots inacceptables ou des actes ? 2/2

Revenons sur la phrase piégée de Macron de la leçon 922 :

Ne parlez pas de répression et de violence policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit.

Dans notre Etat de droit français, la répression et la violence (ou les violences) policières ne sont nullement interdites par le droit, ce sont la répression et la violence (ou les violences) injustifiées ou disproportionnées qui le sont.
Comme disent les enfants, le fin rhétoricien Macron a carrément tout faux.

 

 

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• 28 août 2019

Leçon 954. – Le demi-charabia de Macron à propos de la violence policière

Sur France 2 le 26 août, Macron déclare en demi-charabia qu’il n’y a pas eu de violences irréparables :

Il fallait quand même que l’ordre soit tenu [sic*]. Et il ne l’a [sic] pas été tenu d’une manière, si vous voulez, où il y a eu ce que j’appellerais des... des... des violences irréparables**.

Signes du malaise du président : « quand même », « si vous voulez », « ce que j’appellerais », « d’une manière [...] où il y a eu », « des... des... des violences »...
On est content de savoir qu’il ne croit pas ce qu’il dit.
On se rappellera la femme décédée, les yeux crevés, les mains arrachées, au moins un pied mutilé (photo d’un pied croquignolesque)...

————
* On connaît maintenir l’ordre, tenir en ordre, mais on ne connaissait pas tenir l’ordre.
** https://twitter.com/20hFrance2/status/1166058135729123328
marronnasse Autonote : Macron-irréparables.mov.

 

 

• 29 août 2019
Leçon 955. – Macron Zorro et Jupiter, 1/3

Nous faisions remarquer dans la leçon précédente à propos de Macron bafouillant :

On est content de savoir qu’il ne croit pas ce qu’il dit.

Signe public et manifeste de faiblesse, et certains qui ne sont pas des amis de Macron pensent qu’il faut utiliser les faiblesses du président pour le renvoyer au néant d’où le calamiteux Hollande l’a tiré.
Ces mêmes soulignent que Macron signe comme Zorro* et que par conséquent il se surestime, autre faiblesse, autre signe d’immaturité, d’inévolution et de blocage dans l’enfance :

signature

Avec la surestime de soi, l’immaturité (l’enfant attardé, le petit garçon) nous semblent en effet un des aspects importants du psychisme macronien, qu’en outre quasiment personne n’a souligné comme il se devait**.
De ces défauts, qui seraient probablement sans grave conséquence chez un sans-dents sans responsabilité nationale et mondiale, découlent de nombreux autres : on peut dire qu’ils font des petits.

————
* Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Macron ; archive : http://archive.is/KKDSi (la reproduction de la signature se trouve à droite dans la troisième colonne de la page Wikipedia).
** Trump, lui, semble avoir compris la personnalité du président français et le traite en conséquence. Voyez les photos de cette page de Liberation.fr et la vidéo du Washington Post où, à 34 secondes, celui que nous avons appelé le petit garçon Macron fait un clin d’œil à Trump : https://youtu.be/hjSaOxavDoc.

 

 

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• 29 août 2019

Leçon 957. – Macron Zorro et Jupiter, 3/3

Le subtil auteur du site Barbarisme.com, joliment sous-titré « Abécédaire raisonné du néo-crétinisme », nous fait remarquer que ce « Z » ressemble étrangement au symbole de la planète Jupiter en astrologie.
Le « Z » dans la signature :

Z-Macron

Le symbole de la planète Jupiter :

Jupiter

CQFD ? Oui ! et qui oserait ne pas dire oui à au moins une de nos deux interprétations ?

 

 

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• 23 septembre 2019
Leçon 978. – Macron toujours incapable de s’exprimer, 1/2

L’écologiste Macron soucieux du climat déclare :

Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c’est sympathique, mais ce n’est pas le problème.

Contresens. Il veut dire : « mais ce n’est pas la solution ».
Outrecuidant, petit-garçon, désinhibé, ne se contrôlant pas, il ajoute en trépignant :

Qu’ils aillent manifester en Pologne ! Qu’on vienne m’aider à faire bouger ceux que je n’arrive pas à faire évoluer !

https://www.lepoint.fr/societe/climat-macron-invite-les-jeunes-a-manifester-en-pologne-23-09-2019-2337157_23.php (archive : http://archive.is/PinBL)

 

 

• 23 septembre 2019
Leçon 979. – Macron toujours incapable de s’exprimer, 2/2

L’écologiste Macron continue :

Ils [les manifestants climatiques] ont dit : « On a le droit de ne pas avoir les moyens de changer de voiture et être sensible au climat. » C’est au pays de s’adapter, et on doit donner les moyens aux gens de faire cette transition. Ça, c’est notre boulot.

Non, Monsieur, ce n’est pas votre boulot, c’est votre travail : la familiarité ne vous rapprochera pas de la France d’en bas, que vous méprisez assidûment et que vous croyez plus bête qu’elle n’est ; enfin la familiarité n’est pas un indice de franchise ni de sincérité, elle est juste une ficelle usée de politicard*.
Ajoutons que boulot a un côté viril que n’a pas travail ; le Macron qui dit boulot se rengorge, bombe le torse.

https://www.lepoint.fr/societe/climat-macron-invite-les-jeunes-a-manifester-en-pologne-23-09-2019-2337157_23.php (archive : http://archive.is/PinBL)

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* Leçon 715 : « Si un langage est relâché on aura tendance à supposer que les mots viennent du cœur, qu’ils sont sans filtre [...], spontanés, véridiques, fiables. » Macron est plus que tout autre président de la VRépublique un mielleux et un faux spontané, c’est un ogre, c’est précisément le Loup habillé en Mère-Grand.

 

 

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• 3 novembre 2019

Leçon 1025. – « Il s’est fait baiser » : Macron est-il représentatif ?

Selon Valeurs actuelles, Macron a déclaré à propos de Julien Odoul dans l’affaire de la « maman » voilée présente dans l’hémicycle du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté : « Il s’est fait baiser. »
Des Français se disent choqués par les propos de Macron, non parce qu’ils sont très grossiers, mais parce qu’ils suggèrent que la femme était une militante et une provocatrice :

« Il s’est fait baiser », lâche-t-il [Macron] dans l’A330, suggérant que la mère de famille était militante.

« Il s’est fait avoir » ou, bien mieux, « Il est tombé dans un piège » sont-ils inconnus du président des Français et, surtout, la langue de Macron est-elle représentative de la langue des Français ?

https://www.lopinion.fr/edition/politique/macron-dans-valeurs-actuelles-l-interview-qui-a-tetanise-l-elysee-201997

 

 

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• 22 novembre 2019
Leçons 1062 et 1063. – D’une main il écrit des discours, de l’autre il cogne

Extrait de la vidéo officielle du « discours [du 18 novembre 2019] du Président Emmanuel Macron lors de la remise collective de Légions d’honneur au Palais de l’Elysée » à 1 h 1 min 8 s :

Au-delà des revendications auxquelles nous avons apporté des réponses, les Français [les gilets-jaunes] en sortant de chez eux, en se réunissant sur des ronds-points ont, au fond, redécouvert dans bien des endroits la fraternité, la chaleur des liens humains, de l’échange, de l’entraide*.

Eh oui ! et c’est même grâce à ces « tirs tendus » (v. la leçon 1061), et à ces éborgnés, à ces blessés à la tête et au pied, à ces amputés de la main que la fraternité des ronds-points s’est bâtie**...
D’une main il caresse, de l’autre il cogne.
On trouve quatre fois le mot fraternité dans ce discours. L’outrecuidance de cet homme n’est jamais rassasiée.
[...] 

marronnasse Autonote_dossier-archive-Macron-fraternite

————
* https://youtu.be/nWjRuiYcPAE
** À ce jour, 25 ou 27 yeux crevés chez les gilets-jaunes en un an de manifestations, cinq mains amputées et plus de 300 blessures à la tête.

 

 

[...]
• 14 décembre 2019

Leçon 1082. – Macron « incarne »-t-il « le vide des élites » ?

L’hebdo Marianne sur Twitter :

Christophe Guilluy [à propos de Macron] : "On surjoue l’intelligence de cet homme pour masquer le fait que les élites sont de moins en moins cultivées. Cet homme n’a rien vécu, ne manie que le packaging habituel du communicant absolu… En cela, il incarne le vide des élites"*.

Voilà qui est mal dit : qui est ce « on » dans « on surjoue » ? les médias soumis et autres macronistes ? mais qui logiquement surjoue ? c’est Macron lui-même et non ses partisans ; de plus l’auteur confond intelligence et culture, et cela nous suffirait pour affirmer qu’il a raté sa première phrase.
Nous dirons plutôt que les médias exagèrent son intelligence (ou nous exagèrent son intelligence ou surfont son intelligence, du verbe surfaire ; et non surjouent) ainsi que sa culture, sa compétence, son entregent, les atouts de sa jeunesse...
Ce que nous pensons avoir amplement démontré par nos nombreuses analyses de discours ou de déclarations macroniens dont on trouve une sélection sur cette page, c’est que Macron, quoiqu’il adore jaboter, pérorer, se prodiguer est à mille lieues d’être un « fin lettré »** et un habile communicant.
Quant au fait que Macron « incarne le vide » (matérialiser le vide, audacieuse métaphore), nous dirons plus précisément que le président est l’homme du vain remplissage verbal, du tourne-à-vide : pas surprenant pour qui a compris que Macron est plus attentif à hypnotiser qu’à convaincre [v. la mise à jour de mai 2020 ci-dessous].

rose Mise à jour du 18 mai 2020. L’hypnotiseur Macron ; voir cette photo de François Lo Presti sur Liberation.fr : https://medias.liberation.fr/photo/1313870-afp_1rr5mcjpg.jpg?modified_at=1589736536&width=960 (http://archive.vn/l9R0T) ; légende : « Emmanuel Macron à La-Ville-aux-Bois-les-Dizy, dans l’Aisne, pour le 80e anniversaire de la bataille de Montcornet, le 17 mai 2020 ».

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* https://twitter.com/MarianneleMag/status/1205389492221349888
** Voir le Macron « fin lettré » selon Nathalie Schuck dans la leçon 409.

 

 

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• 16 décembre 2019

Leçon 1086. – Macron est-il un illettré ?

« Macron est-il un illettré ? » est la question que nous nous sommes posée hier et ce jour en relisant en diagonale notre page consacrée à la langue macronienne, celle que le lecteur a ici sous les yeux.
Nous en profitons pour rappeler l’affaire des salariées « illettrées » de la société Gad (abattoir de porcs). Dans une entrevue* de 2014, Macron déclarait :

Il y a dans cette société [Gad], une majorité de femmes, il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées ; pour beaucoup on leur explique : « Vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres ! »

Les journasots et leurs perroquets du Café du commerce ont vu dans cette déclaration du mépris, mais pourquoi si effectivement beaucoup de femmes de cette entreprise sont illettrées ?
Rappelons qu’illettrées n’est pas analphabètes et que beaucoup d’élèves en France terminent leur scolarité illettrés : penser à certaines copies d’élèves, à la très grosse majorité des commentaires sur le pandémonium Facebook et aux enquêtes PISA. Si les journasots étaient un peu plus lettrés, ils n’auraient pas fait la confusion entre les deux termes. Quant à Macron lui-même, faisait-il un distinguo ? pas sûr, puisque quelques heures plus tard il fit un mea culpa appuyé.
Nous soulignerons que Macron dispense aussi bien le vinaigre que le miel, mais qu’il est sincère dans le premier rôle, artificieux dans le second.

————
* Vidéo de l’entrevue de Macron : https://www.europe1.fr/economie/Macron-et-les-illettres-de-Gad-une-polemique-et-un-vrai-sujet-677004.

 

 

[...]
• 22 décembre 2019

Leçon 1098. – Le faux-sens de Macron : « Les mouvements de grève se justifient »

Le poseur d’Amiens à propos des grèves actuelles :

« Les mouvements de grève se justifient, ils sont constitutionnellement protégés. Mais je crois qu’il est des moments dans la vie d’une nation où il est bon aussi de savoir faire trêve pour respecter les familles et la vie des familles », a souligné le chef de l’Etat.

roux Dire que « les mouvements de grève se justifient », c’est reconnaître le bien-fondé des grèves, c’est dire que les grèves sont justifiées. Dans la bouche de Macron c’est un faux-sens ; il lui fallait dire : « Les mouvements de grève sont licites, ils sont constitutionnellement protégés »*.

roux Des grèves ou des mouvements de grève ? Sont-ce deux choses identiques ? Non, mais saurions-nous dire ce qu’est un mouvement de grève ? Plutôt une intention, une grève en formation, en bourgeon, une petite grève qui risque de s’étendre, qui risque de devenir importante, voire générale. « Mouvements de grève » minimise ce qui nous semble bien être actuellement une grève étendue, si étendue qu’elle inquiète profondément le poseur d’Amiens et son gouvernement, dont l’avenir est de plus en plus incertain (d’où les cadeaux récents et répétés aux forces de l’ordre : primes, augmentations de salaire, sanctions molles et rarissimes pour leurs violences injustifiées**, retraite... après les avoir longtemps farouchement méprisées et ignorées***).

roux « Savoir faire trêve » : les jeux de mots c’est bien, mais l’adéquation des termes à la pensée c’est mieux.

————
* Texte et vidéo : http://www.leparisien.fr/economie/retraites/macron-aux-grevistes-il-est-bon-de-savoir-faire-treve-21-12-2019-8222754.php (archive : http://archive.is/wip/TxA6F).
** Un témoignage de violence injustifiée entre cent : https://www.youtube.com/watch?v=gNYuGQC1qjM.
*** Rappel. Voir la page Facebook du Collectif autonome des policiers d’Ile-de-France (CAP IDF) dont nous avons parlé dans la leçon 1076 ci-dessus : https://www.facebook.com/collectifpoliciersidf.
rose Mises à jour
— Policier à tout faire : https://www.facebook.com/collectifpoliciersidf/photos/a.1803362616600625/2531350620468484/?type=3&theater (copie d’écran ici : http://lesmediasmerendentmalade.fr/_images/CAP-IDF--24-XII-2019-a-18h49.jpg) ; pas d’argent pour faire exécuter le travail par une entreprise spécialisée ?
— Janvier 2020, dans un article un policier de CAP IDF reconnaît un usage excessif de la force chez certains collègues : « Force est de constater que quelques-uns d’entre nous [les policiers] partent en sucette et commettent des exactions que notre hiérarchie nous interdit dans les quartiers huppés et les cités sensibles de notre pays » (ici ou ). La fin de la phrase est particulièrement intéressante : « des exactions que notre hiérarchie nous interdit dans [...] les cités sensibles de notre pays » — même si nous l’avons compris dès le début de la jacquerie des gilets-jaunes, à la fin de 2018.
marronnasse Autonote-policiers

 

 22 décembre 2019 sapin
Leçon 1099. – N’avons-nous pas assez démontré ?

[Extrait.]
Il faut que nous cessions de fréquenter les médias ou que nous les fréquentions beaucoup moins. Trop de sottises à relever, trop de vices à dénoncer, trop de gilets-dorés à morigéner, trop de matière à leçon, trop de temps à perdre : n’avons-nous pas assez démontré* ?
[...] N’avons-nous pas, entre autres, suffisamment ruiné — à travers le journasot — le mythe du journaliste professionnel de l’écrit et de la parole et surtout — à travers le poseur d’Amiens** — le mythe du Macron fin lettré ?
[...]

————
* Au 31 décembre 2019, le site compte 1 million 690 000 signes, équivalent de 850 pages de texte (v. la leçon 798).
** rose Mise à jour après relecture de l’ensemble de la page. Peut-être loufoque est-il le mot qui définit le mieux le style macronien.
Cette loufoquerie est dangereuse parce qu’elle affecte le langage d’un président au pouvoir quasi discrétionnaire d’un pays de 65 millions d’habitants, mais aussi parce qu’elle n’est pas — et ne peut être — uniquement verbale, comme on le voit presque quotidiennement (la démesure dans le langage — ou le manque de mesure — peut être rapprochée de la démesure dans la répression des gilets-jaunes, par exemple, ou de la démesure brouillonne de certaines réformes).

 

———— Additions ————

 

• Janvier 2020
bg Addition 1*. La locution sauf à

Des sauf à fautifs chez Macron.
Nous nous contenterons d’un double exemple, mais il y en a bien d’autres*. Ci-dessous la transcription par nos soins et exacte (la transcription officielle sur Elysee.fr étant inexacte**) d’un discours de Macron du 30 mai 2018 faite d’après vidéo (à 20 min 4 s) :

Sur ce sujet plus que tout autre aujourd’hui, notre défi est de retrouver une réponse collective, et le fort est celui qui a le Droit, le fort est celui qui tient les règles qu’il a conduit à créer. Le fort est celui qui respecte sa parole, sauf à vouloir devenir le violent, sauf à vouloir tous retourner à une forme d’état de nature totalement non coopératif.

Fausse liaison logique, coq-à-l’âne, bouillie... ! Plusieurs problèmes de langue dans ce court extrait, mais nous ne nous pencherons que sur celui-ci :

Le fort est celui qui respecte sa parole, sauf à vouloir devenir le violent, sauf à vouloir tous retourner à un état de nature totalement non coopératif.

Primo, logiquement le sujet du premier et du deuxième « vouloir » est « le fort », mais Macron bouleverse la syntaxe et le sujet du deuxième « vouloir » semble être « [nous] tous » ou bien il manque un membre de phrase : « sauf à vouloir nous faire tous retourner à un état de nature totalement non coopératif » ou « sauf à vouloir que tous nous retournions à un état de nature totalement non coopératif ».
Secundo, les deux sauf à font faux-sens.
En d’autres termes, les deux sauf à sont fautifs, le premier lexicalement, le deuxième lexicalement et syntaxiquement.

Que voulait dire le « passionné de philosophie » Macron ? Encore une fois, des banalités : le fort est celui qui respecte sa parole, mais le fort ne doit pas être violent, car il ferait retourner la société à un état de nature où la force prime sur le dialogue et sur la concertation.
Macron gagne le gros lot, aux platitudes il a ajouté le charabia décomplexé.
Cette question qui revient : bâclage désinvolte et décontracté, défaut foncier de compétence langagière ou les deux**** ?

————
* Cette addition est un extrait de la page consacrée à la locution sauf à.
**
On trouvera dans ces trois transcriptions de discours du président quelques sauf à fautifs :
— https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-864-fr.pdf
https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-955-fr.pdf
https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-1601-fr.pdf
— etc.
*** Transcription officielle et inexacte du discours du « 30 MAY [sic] 2018 » (https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-918-fr.pdf) :

Sur ce sujet plus que tout autre aujourd’hui, notre défi est de retrouver une réponse collective, et le fort est celui qui a le Droit, le fort est celui qui tient les règles qu’il a conduit à créer. Le fort est celui qui respecte sa parole, sauf à vouloir devenir le violent, sauf à vouloir tous retourner à une forme état de nature totalement non coopérative.

Une remarque : en non-charabia, « tenir les règles » se dit mieux « respecter les règles », mais on ne peut qu’essayer de deviner ce qu’a voulu dire le président. Il se peut qu’il ait mélangé deux expressions : « celui qui tient les règles »/« celui qui respecte sa parole » au lieu de « celui qui respecte les règles »/« celui qui tient sa parole ».
**** rose Mise à jour à propos de désinvolture. « Quand on explique et qu’on écoute, généralement on arrive à comprendre », déclare le jeune fat Macron à propos de la réforme des retraites (vidéo ici). Ce que Macron, lui, ne comprend pas, c’est que le premier on ne renvoie pas à la même personne que les deuxième et troisième on, et qu’il devrait soigner son expression, parce qu’il devient pénible de l’écouter jaboter charabia à son aise, parce que nom d’une pipe ! notre patience à des limites. Macron le vampire, jamais il ne donne, toujours il prend.
Phrases correctes : « Quand on explique et qu’on est écouté, généralement on est compris » ; ou résigné et mystérieux : « Quand on explique et qu’on n’est pas écouté, on ne s’étonne plus de ne pas être compris... » (tous les on renvoient à la même personne).

marronnasse Autonote_dossier-Macron-sauf-à-on

 

pere

Macron, son lexique, sa logique (https://urlz.fr/bIKm). Qui a un problème ?

 

• Janvier 2020
bg Addition 2. Le « soliloque halluciné » du poseur d’Amiens

Extrait d’un article de Frédéric Lordon du 14 janvier 2020 ; c’est nous qui soulignons :

Pendant ce temps, Macron continue son soliloque halluciné. « La haine, la violence et l’irrespect, on a le droit de le faire dans une dictature », phrase tout à fait étonnante en soi, qu’il faudrait soumettre simultanément à des linguistes et des politologues [...]. Avec la démolition pure et simple du langage, le renversement projectif est l’une des propriétés les plus inconscientes et les plus systématiques de la langue macronienne. Dont la vérité d’à peu près tous les énoncés peut être restaurée par la simple opération de la mise sens dessus dessous*.

L’article n’est peut-être pas de grande facture, mais il s’ajoute aux trop rares témoignages sur le charabia macronien.
Pour asseoir son propos, Frédéric Lordon renvoie le lecteur à deux sources : https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/emmanuel-macron-je-ne-peux-pas-accepter-la-haine-la-violence-et-l-irrespect-1214125.html (extrait de l’allocution de Macron au Conseil économique, social et environnemental du 10 janvier 2020) et https://blog.mondediplo.net/le-moment-potemkine.

« La mise sens dessus dessous » : quand Macron se plaint de la haine, de la violence et de l’irrespect des gouvernés envers lui, il faut comprendre qu’il pense à sa haine, à sa violence et à son irrespect des gouvernés (penser aux énucléés et aux mutilés, entre autres) ; quand Macron dit que nous sommes en démocratie, il ne pense qu’aux moyens d’affermir sa tyrannie jusqu’à la dictature sans que ça se voie. Il est paresseusement enfantin (C’est pas moi, c’est l’autre) et platement orwellien (La dictature, c’est la démocratie ; « Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle » : voir l’image plus haut).
Extrait plus large de l’allocution du président :

Dans un cadre démocratique, il y a une chose que je ne peux pas accepter, c’est la haine, la violence et l’irrespect. La haine, la violence et l’irrespect, on a le droit d’ le faire dans une dictature ; nous, nous sommes dans une démocratie. Nos dirigeants n’ nous plaisent pas, on vote contre eux..., on en [sic] vote pour d’autres. [...] La confiance, c’est quoi ? c’est de remettre de la délibération entre les citoyens. 

« On vote contre eux » : comment fait-on pour voter contre quelqu’un ?
Macron une fois de plus ne pèse pas ses mots, ne soigne pas ses propos, il expédie, il bâcle** ; l’expression comme la logique sont bancroches ; approximations, raccourcis, torchage sentencieux d’un lycéen qu’on ne considérerait pas comme doué. Le danger est que certains ne voient rien, s’y habituent ou croient y voir un modèle de comportement (les médias leur ayant prêché à l’envi que Macron est un fin lettré, qu’il est brillant...). La réalité est que Macron blesse, détruit et qu’il glisse sur la même pente vertigineuse qu’avaient prise Sarkozy puis Hollande. Macron ne changera pas, jusqu’à la falaise qui, plus tôt que tard, nous en sommes certain, s’ouvrira brusquement sous ses pieds.

————
* https://blog.mondediplo.net/quelle-violence-legitime (archive : http://archive.ph/wip/ah406)
** « Il bâcle » : certains, de plus en plus nombreux ces derniers mois, disent « amateurisme » pour qualifier la politique macronienne des retraites (et tout dernièrement le Conseil d’Etat implicitement). Bâclage et amateurisme, mots voisins quant aux résultats, mais le deuxième mot est le plus dur pour le surdoué Macron ; le mot qui vient juste après est incompétence.
N. B. 1. Hors du sujet du langage, mais impossible de passer sous silence la dernière bourde, l’inquiétante immaturité de Macron : bras d’honneur aux vingt-cinq yeux crevés et aux crânes enfoncés, tout sourire et même rigolard ici (archive : http://archive.ph/fsEvo). C’est plus que de l’incompétence, le président est avéré foutraque (les gilets-jaunes sont outrés, quant à la police, elle ne comprend pas le message : https://twitter.com/PoliceSCSI/status/1222938687987757057).
Nous disons très sérieusement qu’il faut songer à demander un examen psychiatrique (on l’a bien fait pour Marine Le Pen, qui pourtant n’avait rien et n’a rien d’une folle : https://www.lexpress.fr/actualite/politique/expertise-psy-de-le-pen-une-obligation-pour-le-juge_2036220.html) : déprimé, suicidaire peut-être, parfois délirant. À coup sûr, le président-enfant aura reçu de son épouse-maman un furieux — mais inutile — savon à son retour d’Angoulême : personne ne peut le tenir.
(D’autres détails ici : http://www.leparisien.fr/politique/a-angouleme-macron-a-pose-avec-un-tee-shirt-lbd-2020-et-il-assume-30-01-2020-8248842.php, où l’auteur de l’article et les commentateurs ne voient que l’insulte faite à la police.)
Noter cette nouvelle occurrence du tic notoire de Macron dans cette vidéo de 1 minute 29 secondes où il parle du ticheurte ; Macron se touche deux fois le nez : https://twitter.com/i/status/1222956651021586432. Cette courte vidéo mériterait une analyse approndie des formulations approximatives du président (exemple : il dit que c’est le ticheurte du festival 2020 de la BD d’Angoulême ; faux, c’est un détournement très amer de l’animal mascotte — un chat — de ce festival, logo présent en bas à droite des affiches de l’association). Nous nous reposons la question sur Macron : pure foutraquerie, populisme, provocation ?
N. B. 2. Parmi les grands orateurs LREM par nous remarqués, nous citons de mémoire Anissa Khedher la « rassemblatrice », Fabienne Colboc, Emilie Guerel (toutes trois ici), Corinne Vignon (ici), Brigitte Liso, pour qui l’inexpérience est un atout (ici et ici), Yaël Braun-Pivet, Dominique da Silva,... Pour eux, c’est un entretien de post-embauche qu’il faut envisager, un bilan fouillé de compétence.
rose Mise à jour. Lepoint.fr : sous-doués et amateurisme à LREM, 4 février 2020, à https://www.lepoint.fr/postillon/sebastien-le-fol-gouvernement-majorite-des-stagiaires-aux-sous-doues-04-02-2020-2361107_3961.php.

Dutreix

Excellentissime dessin de Romain Dutreix (à gauche, Muriel Pénicaud ministre du Travail, désébouriffée ; à droite, Macron).

rose Mise à jour. À propos de la foutraquerie macronienne (langue foutraque, logique foutraque) : « Il [Macron] est dingue », dixit Asselineau (UPR) le 11 février 2020 vers 24 min 17 s à https://www.youtube.com/watch?v=sKo8F0wIDg8. Il dit aussi plusieurs fois que Macron est « un cas psychiatrique ».
(Macron est plus idiot que dingue, nous semble-t-il — cette timide affirmation mériterait d’être argumentée, mais il nous faudrait lâcher le domaine du langage pour sauter à pieds joints dans celui, encore plus misérable, de la politique. Enfin, il nous semble qu’Asselineau n’ose pas dire idiot parce que l’idiotie est chose plus grave que la dinguerie : elle ne se guérit pas.)

marronnasse Autonote_Corinne-Vignon-etc.


 

• Janvier 2020
bg Addition 3. La langue sans précision des Schtroumpfs

Christian Combaz (21 janvier 2020, série « La France de Campagnol ») parle de ce qu’est devenue la langue sous Macron : https://www.youtube.com/watch?v=o-6sbkPWwMQ.
La comparaison qu’il fait de la langue de Macron avec la langue sans précision des Schtroumpfs est excellente (voir le verbe à tout faire porter, dont nous avons parlé dans la leçon 618 ci-dessus).
Le verbe poser, à la mode hier encore, fut comme porter un mot remplace-tout censé donner lustre et élégance au propos : « poser un geste », « poser des actes forts », « poser une action », « poser des objectifs », « poser des choix », « poser un message politique »... La mode en est terminée (voir éventuellement la leçon 52).
rose Mise à jour, 19 février 2020. « La mode en est terminée » ? Pas tout à fait :

Municipales à Paris : Agnès Buzyn regrette "le rapport de force" posé par Cédric Villani*

Noter également que déplore aurait été dans cette phrase bien plus à sa place que regrette.

————
* Titre d’article de Figaro.fr à https://www.lefigaro.fr/elections/municipales/municipales-a-paris-agnes-buzyn-regrette-le-rapport-de-force-pose-par-cedric-villani-20200219.

 

 

• 18 février 2020
bg Addition 4. Les amateuristes

On critique de plus en plus, et à raison, l’amateurisme de LREM, aussi Macron lançait-il le 13 février à ses troupes : « Soyez fiers d’être des amateurs »* — ne pouvant nier la validité de l’accusation, il l’a retournée en compliment.
Amateur a trois acceptions, une neutre, une méliorative, une péjorative.
Pour la péjorative, il faut créer le mot non équivoque amateuriste, synonyme de l’acception péjorative de amateur et de dilettante. Les godillots (et la godillotterie n’est pas une preuve de professionnalisme) du poseur d’Amiens ne sont donc pas des amateurs, mais des amateuristes.

————
* https://www.rtl.fr/actu/politique/macron-soyez-fiers-d-etre-amateurs-la-petite-phrase-dont-s-empare-l-opposition-7800087631

 

rire

Phraseur infatué roucoulant des slogans positifs contre toute attente, contre toute raison.
Le pigeon tourne sur lui-même et gazouille, babille et ramage dans une permanente tentative de séduction
(https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1237814127562756097 ; archive : http://archive.vn/wip/cmlj8).
Dans un contexte de terrorisme islamique et de CoViD-19, le « paralogisme [est] devenu
[la] marque de fabrique présidentielle » selon l’expression de Michel Onfray.
Au dingue ! qu’on l’enferme, qu’on le confine !

 

• Du 19 février 2020 au 11 avril 2020
bg Addition 5. Le mort qui parle

19 février 2020
Macron est un mort qui parle, nous ne l’analysons plus, nous l’autopsions.
— 21 mars 2020
• Le plus grand infatué de France continue obstinément de croire au pouvoir magique, magnétique de son verbe, de sa voix et de sa mélodie, phénomène probablement exceptionnel dans l’histoire de la politique française.
Concept voisin : hypnothérapie.
• Profusion de celles-Zéceux et de chacune-Échacun, autant de courbettes câlinothérapeutiques. Retirons tous les mots, toutes les phrases insincères des déclarations de Macron, il ne reste presque rien, mais le principal : des coups de pied au cul, un mépris froid du peuple, l’invraisemblable prétention du béjaune.
— 31 mars 2020
Depuis son discours du 11 mars 2020 (voir l’image et la légende sous « Addition 4 » ci-dessus), la fausseté du ton, le surjeu d’empathie de Macron n’ont jamais été aussi flagrants ni aussi ahurissants. Quant aux journasots, jamais ils n’ont rampé aussi bas devant nos gouvernants que depuis le début de l’épidémie et jamais ils n’ont été aussi amateuristes et aussi peu convaincants et cafouillards.
C’est une explosion des règles ; les freins sont rompus.
— 11 avril 2020
Une chose que nous n’avons pas su repérer dans la phrase macronienne, la radinerie :
https://fr.sputniknews.com/france/202004111043532192-voila-pourquoi-macron-ne-sadressera-pas-a-20h-precises-aux-francais-ce-lundi/ (archive : http://archive.vn/wip/tMKnB).
Deux minutes allouées à des gens qu’il a fait il y a peu gazer et matraquer : hypocrisie criante, de surcroît. Homme pas mûri. Pire, un demi-dingue (on pouvait le soupçonner dès le début de 2017 : voir la leçon 210 ci-dessus). Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des grands médias et des politiques n’osent pas dénoncer le dingue qui est en lui ou n’osent pas relayer des propos (par exemple ceux de François Asselineau) affirmant qu’il est un demi-dingue. Même Eric Zemmour semble ne rien voir.
12 avril 2020
Bien résumé : Macron, ou l’homme qui se croyait charismatique.
Si intimement persuadé que son bagout apprivoise et soumet les foules qu’il fera une énième allocution le lundi 13 avril, sur la crise du CoViD-19. Jamais un homme politique français d’importance n’aura contribué aussi lourdement à la dévaluation de la parole et du métier politiques et jamais le référendum d’initiative citoyenne (RIC) prôné par les gilets-jaunes n’aura trouvé autant d’arguments à sa légitimité et à sa grande urgence.
N. B. Très déçu par le récent écrit de Sylvain Tesson, qui déclare absurdement, entre autres, à l’intention des gilets-jaunes : « Subitement, on a moins envie d’aller brûler les ronds-points, non ? » (https://assets.edenlivres.fr/medias/de/a7aa43e31d4d911aa787007991d9a340c24521.pdf). Déclaration doublement choquante : les gilets-jaunes ont-ils jamais brûlé des ronds-points ? Non, bien sûr que non, ce sont leurs adversaires qui ont brûlé leurs jolies cabanes installées sur les ronds-points.
Mise à jour. Analyse intéressante et sans langue de bois par François Asselineau du discours de Macron du 14 avril : https://www.youtube.com/watch?v=mhs5oOa6FGo. Il souligne très bien l’hypocrisie du président et les nombreux manques du discours (Macron se cache derrière son petit doigt).

 

 

• 1er mai 2020
bg Addition 6. Le bronzé aime les anaphores

Voir la NSP 6, du 1er mai 2020.

 

 

• 9 juin 2020
bg Addition 7. Extrait de la NSP 48* où nous comparons Castaner et Macron

[...] Castaner (l’étudiant en poker) a une facilité de parole extraordinaire, sans exemple ; un robinet grand ouvert et quelque chose de machinal, comme si les arguments, les explications lui sortaient tout faits de la bouche, qui peuvent donner le tournis au destinataire.
Facilité à parler, mais pas facilité à convaincre (voir entre autres son « Je crois [c’est moi qui souligne] que l’émotion mondiale [c’est moi qui souligne], qui est une émotion saine sur ce sujet, dépasse au fond [c’est moi qui souligne] les règles juridiques qui s’appliquent »**, qui n’a pas convaincu grand monde ni même Castaner lui-même, un peu embarrassé, précautionneux dans la formulation, dans la présentation de son idée de dépassement des règles juridiques françaises par les circonstances atténuantes de l’émotion mondiale).
Deux outils d’embobelinage différents : chez Castaner c’est essentiellement le débit, chez Macron le charabia.

————
* Notes-jetees-ici-sans-preuve-5.html
** Entretien du 9 juin 2020, https://twitter.com/NicolasBay_/status/1270273093769011201.

 

 

• 19 juin 2020
bg Addition 8. L’imprécieux Macron

Christian Combaz blâme une nouvelle fois Macron pour son charabia de m’as-tu-vu (« paradigme » ; « d’une rive l’autre » ; « celles et ceux » ; « Je vais mettre la France à l’excellence de la lutte contre le virus et pour trouver un vaccin », vers 10 min 9 s,...) : https://www.youtube.com/watch?v=_e2OL-ycClc.

 

 

• 13 juillet 2020
bg Addition 9. Super-Macron, 1/2

EnModeMacaron écrit :

Quand Anna Cabana de BFMTV parlait de « l’intelligence exceptionnelle » de Macron...
Et on découvre maintenant qu’elle est en couple avec [Jean-Michel] Blanquer...

Cabana ajoute : « [Le] caractère impressionnant de Macron paralyse le système » ; ce qui est une fausse critique, un compliment mal déguisé qui ne parvient pas à contrebalancer pas les éloges excessifs.

————
* Vidéo : https://twitter.com/EnModeMacaron/status/1282236170643046402.

 

 

• 14 juillet 2020
bg Addition 10. Super-Macron, 2/2

Surdoué, le Macron ? Pourtant aucun président français n’a jamais été aussi vivement, épidermiquement, viscéralement rejeté, et le m’as-tu-vu Macron semble s’être aperçu de ce rejet (ou on lui en a parlé) :

« Les gens se sont mis à détester ce président qui voudrait tout réformer pour que ce ne soit que les meilleurs qui puissent réussir », « ça n’est pas mon projet mais le jeu des maladresses, parfois des phrases sorties de leur contexte », a-t-il [Macron] assuré*.

Macron l’embrouille-tout, pirouette cacahuète, il invente un reproche qu’on ne lui fait pas (« tout réformer pour que ce ne soit que les meilleurs qui puissent réussir » : pas difficile de ces conditions de se défendre, puisqu’il n’y a pas d’adversaire.
Devant l’insistance des deux journatocs, Gilles Bouleau et Léa Salamé, qui interrogeaient un Macron tout sourire et toujours aussi faussement empathique, Macron finira même par reconnaître qu’il y a de la haine (sentiment plus fort que la détestation) envers lui, mais il précise que cette haine, elle, « ne [lui] semble pas, pour le coup, être dans le champ du registre démocratique » (l’italique est de moi) : selon lui, la détestation est démocratique, pas la haine. Repirouette recacahuète.
Je suppose que les énucléations et les estropiements de gilets-jaunes sont, eux, démocratiques ?
On remarquera navré que les journatocs n’ont posé aucune question sur la criminalité grandissante en France, dont les poignardages et les lynchages désormais lot quotidien des Français**. N’ont-ils donc pas pris conscience d’être détestés, voire haïs, eux également ?
Pas de langue de bois : les Français pris entre la racaille d’en bas et la racaille d’en haut ont dix mille raisons de haine.

————
* Interview du 14 juillet 2020, https://www.nouvelobs.com/politique/20200714.OBS31191/deuxieme-vague-rentree-des-classes-impots-les-principales-annonces-d-emmanuel-macron.html (archive : http://archive.vn/LRUbD) et https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/07/14/14-juillet-2020-interview-president-de-la-republique.
** On pensera entre autres aux meurtres tout récents connus de tous (et prétendument gratuits : c’est gratuit, c’est le petit peuple qui paie) du chauffeur de bus Philippe Monguillot et du gendarme Mélanie Lemée (voir ici) ; sans oublier Thomas de Sarcelles en juin (voir ici)...

 

 

• 22 juillet 2020
bg Addition 11. Macron et le sens du mot incivilité

Voir les NSP 96, 97, 98 et 115.

 

 

• 22 juillet 2020
bg Addition 12. Doit mieux faire

Extrait de la note « *** » de la NSP 96 :

Macron s’essaie une fois de plus au style noble, mais il ne fait que du pitoyable toc, du risible, du vulgaire.

 

 

• 6 août 2020
bg Addition 13. Un témoignage impartial

Marlène Schiappa le 24 juillet 2020 : « le président de la République, qui est très attaché au sens des mots, comme vous le savez ».
Des précisions dans la NSP 115.

 

 

• 7 août 2020
bg Addition 14. Le « cuistronome en culotte courte »

Macron habillé en quatre mots. Voir la NSP 118.

 

 

• 10 septembre 2020
bg Addition 15. Macron : « Vous avez fait le kamasutra de l’ensauvagement depuis quinze jours »

Une expression à retenir : « faire le kamasutra de quelque chose ».
Une confusion avec le Mahabharata au sens figuré et péjoratif de « long débat oiseux qui n’en finit pas » ? Ou avec « jujitsu » ? En tout cas, ça restera certainement, comme cette confuse histoire de gare (voir la leçon 254 ci-dessus).
Syntaxiquement on dira mieux : « Vous faites le kamasutra de l’ensauvagement depuis quinze jours » ou « Vous avez fait le kamasutra de l’ensauvagement pendant quinze jours ».
https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-fustige-le-kamasutra-de-l-ensauvagement-08-09-2020-2390928_20.php
Site en pause tendinite, pas d’autre commentaire.

 

 

• 2 octobre 2020
bg Addition 16. « Discours du Président de la République sur le thème de la lutte contre les séparatismes »
*

Je n’ai pas tenu ma promesse de ne plus analyser les propos du calamitant Macron, mais, le sujet étant de grande importance, j’ai dû me résigner à la longue corvée, de presque deux heures, de l’écouter, et je propose au lecteur cet extrait gratiné, à 1 h 3 min 48 s :

Arrêtons de traiter une partie de notre jeunesse ou de nos citoyens comme des consommables [!] ou, au fond, des simples récipiendaires [!] de politiques publiques. Ils veulent faire [sic]. Ils veulent l’excellence. 

Contresens.
Par consommables, Macron entend consommateurs !
Récipiendaires
pour bénéficiaires ou destinataires voire réceptacles, autrement dit consommateurs.
On lit souvent : le récipiendaire d’une lettre, d’un courriel.
Sans surprise, le poseur d’Amiens préfère les mots ronflants aux mot adéquats.
Au fond : c’est pour montrer qu’il a réfléchi.
Ils veulent faire, voir la leçon 496 :

Le lecteur s’amusera comme nous de son explosion [l’explosion verbale de Macron] à 1 minute 8 secondes : « I’ zont envie d’ faire ! », avec un faire employé absolument. On sent que c’est très pressant.

Pour ceux qui n’y croiraient pas, ils pourront se reporter à la vidéo ou au texte de sa transcription :

consommables

• Hors sujet, à 1 h 43 min 38 s, voir les deux personnes qui tentent de contenir leur fou rire, vraisemblablement en entendant Agathe Lambret de BFMTV (voix nasale et enfantine de dessin animé ; ce type de voix, ou voix de canard, est devenu fréquent chez les jeunes femmes ; quoique rapidement insupportable, il est apprécié par les publicitaires et par les éditeurs de livres audio ; il est peut-être artificiel : une mode ?).
rose Mise à jour. Parmi les voix de canard : la journaliste Isabelle Saporta (France Inter, RMC,...) ; pour ma part, insupportable au-delà de la minute. (Echantillon ici ; une journaliste nasale répond à un questionneur en général hautain [un certain Sky] : tout pour indisposer.)
Une explication psychique, et non physique (problème nasal, par exemple) : la minauderie.
Que disent ou semblent dire d’autre ces voix : « Moi petite fille ; moi effacée ; pas m’agresser, sivouplé. »
rose Mise à jour. Comment ce Sky interrompt sans cesse et sans bonne raison un invité très intéressant et peu commun, un certain Marc Luyckx Ghisi : une très bonne vidéo néanmoins, à écouter en essayant d’oublier le fat qui l’interroge ici.

————
* Texte et vidéo, https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/10/02/la-republique-en-actes-discours-du-president-de-la-republique-sur-le-theme-de-la-lutte-contre-les-separatismes (https://archive.is/wip/p0bNC).

 

 

• 17 octobre 2020
bg
Addition 17. Double ton

Peut-être un nouveau surnom pour Macron : l’homme par qui « ils ne passeront pas » (deux fois dans la vidéo ici ou ici ; remarquer le jeu de son index gauche entre son pouce et son index droits, ce jeu semble indépendant du discours ; remarquer aussi la peu ordinaire fixité des yeux, qui à aucun moment ne se détournent d’un même point hors champ ; c’est plutôt mal interprété, avec des contradictions dans les tons).

 

 

• 24 octobre 2020
bg Addition 18. Sceptre pour un président enfant

Quoi que fasse Macron (et sa ridicule caravane de bras-cassés), à cause de sa personnalité il restera toujours attaché à ses projets et à ses actes un pressant soupçon public de grossier patelinage et d’arnaque. Ne pouvant s’en relever, il est incapable de gouverner autrement que par la force, jamais par la persuasion, par les arguments. J’ai l’impression qu’il en est conscient. Il a cru un instant que sa prestance et que l’éloquence dont il se croyait puissamment doué (on lui a trop souvent dit qu’il était brillant) lui permettraient de parvenir en douceur à toutes ses fins. Il s’est beaucoup surestimé. Il est bien aujourd’hui celui qu’un internaute a appelé le cuistronome en culotte courte, un peu désemparé, piètre acteur, sac vide.
(Extrait de l’alinéa 49 de « l’Opération CoViD-19, octobre 2020, IX ».)

moulin

Sceptre pour un président enfant.

 

 

• 26 octobre 2020
bg Addition 19. L’anaphore de café

[...] Ajoutez depuis hier 25 octobre les cyber-attaques islamiques visant la Toile française en représailles contre les déclarations de Macron sur les séparatismes et sur le droit à caricaturer : déconnexions fréquentes, perturbations du télétravail, défigurations de sites,... Macron le lettré répond ce jour aux ennemis de la France par l’arme redoutable de l’anaphore : « La liberté, nous la chérissons ; l’égalité, nous la garantissons ; la fraternité, nous la vivons avec intensité. Rien ne nous fera reculer, jamais » (ici). Un air de guerre en dentelles.
(Extrait de l’alinéa 53 de « l’Opération CoViD-19, octobre 2020, IX ».)

« La fraternité, nous la vivons avec intensité » : oui, les gilets-jaunes ont apprécié cette intensité.
rose Mise à jour. On trouvera dans l’addition 19 ci-dessous la même outrecuidance de propos.

 

 

• 27 octobre 2020
bg
Addition 20. Un admirateur inattendu

Pascal Bruckner, philosophe, analyse le style macronien :

Emmanuel Macron est toujours à la hauteur sur le plan rhétorique, c’est le maître de l’éloquence, il sait trouver les mots justes pour faire ressentir l’émotion du pays.

Bruckner

Aveuglement, complète ignorance du sujet, solidarité de bien lotis, calcul ou, comme le dit Régis de Castelnau, pesante flagornerie ?

 

 


• 1er novembre 2020
bg
Addition 21. Entretien de Macron avec un journaliste d’Al Jazeera, courte analyse

Je serai le plus bref possible, et le lecteur se reportera à la vidéo ou au mot à mot pour obtenir plus de détails (ici ou ici).
J’étais prêt le samedi 31 octobre au soir de l’entretien à ne dire que du mal de l’entretien de Macron avec un journaliste d’Al Jazeera...

roux De gros défauts
Il fallait, de la part de Macron, de la gravité, de la gravité triste, mais surprenamment il n’y eut presque que de la légèreté et beaucoup de bonne humeur. Les quelques paroles de fermeté du président ont été noyées sous beaucoup trop de ses sourires, rires et caresses. Et que dire de son « Bon anniversaire ! » final ? Très décalé.
En effet, c’est pour le moins surprenant et pour le moins décalé après ce qui s’est passé récemment à Conflans-Sainte-Honorine (le 16 octobre, un professeur décapité par un Tchétchène allah-akbarophone) et à Nice (le jeudi 29 octobre, soit deux jours avant l’entretien, dans une église, trois personnes assassinées à coups de couteau par un Tunisien également allah-akbarophone).
Ici de la demi-fermeté :

— Moi, je suis là pour préserver ce droit [de caricaturer] et je le préserverai toujours, mais il y a des gens qui l’exercent, c’est ainsi.

Demi-fermeté, car il eût fallu dire et et non mais. On sent un recul, une volonté de se dédouaner : Vous savez, je n’y suis pour rien !
Notez aussi que très diplomatiquement Macron ne dit pas Je suis pour la liberté de caricaturer, mais Mon rôle est de défendre la liberté de caricaturer (précisément : « Je suis là pour préserver ce droit ») ; bref, il déclare, pour ne pas se mouiller, que, en bon serviteur, il se borne à faire ce pour quoi il a été élu et ce pour quoi il est rémunéré : il fait son job. Il serait intéressant d’avoir une analyse gestuelle de cet entretien par Elodie Mielczareck (https://twitter.com/mielczareck/), car il y a beaucoup de postures qui méritent d’être interprétées (celles de Macron et celles du journaliste).
Macron par deux fois utilise l’expression « votre serviteur » pour se désigner lui-même. C’est nouveau de sa part selon moi.
Curieusement, aucun grand média ne fait une analyse approfondie de cet entretien de cinquante-cinq minutes, et, parmi ceux qui en parlent un peu, aucun ne souligne le ton de légèreté, le manque criant de gravité. Aucun petit média non plus.

roux De petites qualités
Ici de la fermeté :

— Les gens qui croient ça, qu’ils aillent le faire ailleurs, pas sur le sol français.
— [Il faut] que les choses s’apaisent, que la Turquie respecte, que le président turc respecte la France, respecte l’Union européenne, respecte ses valeurs, ne dise pas de mensonges et ne profère pas d’insultes.
— Pas chez nous ! Je vous le dis très clairement, pas chez nous !
— Et donc jamais, jamais, jamais ! je n’accepterai une association, quand bien même elle le ferait au nom d’une religion, qui pousserait [sic] ses droits.

On se reportera à la vidéo pour obtenir des détails sur le contexte.

aljazeera

« Mon interview à Al-Jazeera » (ici).

(J’ai failli renommer perfidement le titre officiel « Mon interview à Al-Jazeera » en « Mon interview poilant à Al-Jazeera », mais je me suis dit que Macron et les Français ne méritaient pas semblable humiliation en ces circonstances dramatiques. J’ajoute que ce « Mon interview » est enfantin et narcissique et qu’un changement de perspective aurait permis un titre plus adéquat : « Interview du président Macron par un journaliste d’Al Jazeera ».)

roux Pour une fois, je n’insisterai pas sur les maladresses verbales ni sur les fausses élégances de Macron (comme ce « il y aurait beaucoup d’autres exemples à convoquer »), car elles sont presque entièrement éclipsées par celles de son interlocuteur, un journaliste d’Al Jazeera. Je le cite :

— Par exemple le révisionnisme, des trucs [sic] comme ça, qu’on ne peut pas... qui sont protégés [sic] par la loi française.
— On va faire un saut dans les questions internationaux [sic], les relations internationales avec la Turquie. Qu’est-ce qui se passe avec la Turquie, ce pays des fois allié et des fois vous êtes jamais sur la même longueur d’onde [sic] ? En Syrie ou en Libye, il y a beaucoup de différences en ce moment. Où va [sic] les relations... où [re-sic] vont les relations avec la Turquie ?
— Ce modèle de relations culturelles, comment le renforcer dans le futur... de l’avenir [sic] ?

Al Jazeera aurait pu, pour honorer le président de la France qui lui accorde un entretien de cinquante-cinq minutes, trouver un journaliste francophone d’un bon niveau : je souhaite que Macron (qui, vous l’aurez remarqué, a changé de coiffure) en prenne conscience.
rose Mise à jour. On remarquera que les propos en demi-français du journaliste ont parfois été modifiés dans ce qui est en théorie un mot à mot (les gens lettrés disent « un verbatim »). Deux exemples...

— Qu’est-ce qui se passe avec la Turquie, ce pays des fois allié et des fois vous êtes jamais sur la même longueur d’onde ? [Vers 47 min 22 s.]

... est devenu...

Qu’est-ce qui se passe avec la Turquie, ce pays des fois allié et des fois jamais sur la même longueur d’onde ?

(Même légèrement modifié, ça tient mal debout.)
Quant à...

— Ce modèle de relations culturelles, comment le renforcer dans le futur... de l’avenir ? [Vers 52 min 12 s.]

... il est devenu...

Ce modèle de relations culturelles, comment le renforcer dans le futur à l’avenir ?

Plus rusé aurait été : « le renforcer dans le futur, à l’avenir ? », et le pléonasme eût disparu.
Archives textuelles à https://archive.vn/wip/U8owA.
marronnasse Autonote-Macron_Al-Jazeera

 

 


• 2 novembre 2020
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Addition 22. « Le maître de l’éloquence » récrit Jean Jaurès

Selon Liberation.fr, Macron, « le maître de l’éloquence [qui] sait trouver les mots justes pour faire ressentir l’émotion du pays » (voir l’addition 20 ci-dessus), a lu lors de l’hommage à Samuel Paty à la Sorbonne le 21 octobre une lettre de Jean Jaurès tronquée et modifiée ; par exemple le mot « fermeté » a été remplacé par le mot « fierté » (voir Elysee.fr ou https://archive.vn/wip/M44KA).
Les complotistes pensent bien sûr à 1984 et se disent que la fierté c’est plus facile et que ça coûte beaucoup moins cher que la fermeté.
Source : Liberation.fr (https://archive.vn/nlnyy).

 

 

• 10 novembre 2020
bg Addition 23. Le fin lettré en visite ostentatoire à Colombey-les-Deux-Eglises

le 9 Novembre [Le 9 novembre]
Puissions nous [Puissions-nous]
les traces qui nous permettrons [permettront]

gaffes

https://twitter.com/R_DeCastelnau/status/1325890909330833408/photo/1

Ne parlons pas du plat contenu ni du style maladroit : que veut dire « Puissions[-]nous [...] trouver les traces qui nous permettron[t] de bâtir » ? (Il a certainement voulu écrire quelque chose du genre « Puissions-nous suivre ses traces, et bâtir », etc.)
Macron voulait se faire remarquer et se faire valoir, mais le scénario de Colombey fut bâclé ; en dépit des circonstances solennelles et sans égards pour elles, la mandature macronienne conserve donc ce goût de bâclisme et d’amateurisme. « Quoi que je fasse, ce sera toujours assez bien pour ce peuple de nigauds ! » se dit-il.
Lefigaro.fr (https://archive.vn/lcfit) aussi s’empare du texte, mais peut-être ferait-il mieux de corriger les nombreuses fautes qui émaillent les articles de sa rubrique « Langue française ». De plus il ne transcrit même pas fidèlement le texte du fin gommeux, puisqu’il ajoute un point après « France » et une majuscule au mot qui suit (« En fidélité » au lieu de « en fidélité »), alors que son auteur a peut-être voulu dire « bâtir notre action [...] en fidélité [avec le général] » dans une même phrase dont il a rejeté à la ligne suivante la partie finale pour la mettre en relief (chacun aura compris que, après « de Gaulle », « fidélité » est le deuxième mot le plus important du texte). Enfin le journaliste oublie de signaler la majuscule fautive de « Novembre ».
L’accusation de bâclisme relève de l’explication optimiste (par désir de nous rassurer, nous nous exagérons l’intelligence de Macron : il pourrait mieux faire) ; l’explication la plus convaincante est l’amateurisme ou la bêtise.
(À propos de Macron singeant de Gaulle, voyez l’éclairante leçon 911 ci-dessus.)
rose À propos de Macron singeant de Gaulle, voyez l’éclairante leçon 911 ci-dessus et l’addition 42 ci-dessous.

 

 

• 16 novembre 2020
bg Addition 24. Charabia et remplissage, timidité et outrecuidance

Macron dans un entretien publié ce lundi 16 novembre :

« On a eu, de manière structurée, des dirigeants politiques et religieux d’une partie du monde musulman – qui a toutefois intimidé l’autre, je suis obligé de le reconnaître – disant : “Ils n’ont qu’à changer leur droit.” Ceci me choque », déplore Emmanuel Macron, réaffirmant que la France « ne va pas changer » son droit  « parce qu’il choque ailleurs ».

Tout le reste est de même la veine (l’article est ici [https://archive.vn/wip/beata ou https://archive.vn/wip/uy4q0]).
Noter aussi :
— l’imprécision timide des termes « on » et « ils » ;
— alors qu’un confinement (avec ses nombreuses restrictions de liberté : de circuler, de commercer,... et ses humiliantes amendes de 135 euros majorables jusqu’à 3 750 euros en cas de récidives) est de nouveau imposé dans toute la France et que Parlement prépare une loi dite « de sécurité globale » (entendez : une loi de restriction des libertés), Macron, décomplexé, déclare (dans le même article, ici) : « Le combat de notre [!] génération en Europe, ce sera un combat pour nos libertés parce qu’elles sont en train de basculer. » On trouvera dans l’addition 19 ci-dessus la même choquante outrecuidance, la même incohérence de propos.
Pour donner quelque grandeur et solennité au propos, il ne dit pas « le combat de notre génération en France », mais « le combat de notre génération en Europe », et le voilà propulsé non seulement combattant de la liberté, mais aussi porte-parole de l’Europe ; et, parce qu’il craint d’être la cible unique des terroristes, il se blottit derrière l’Europe, il européanise ses soutiens pour diluer, diviser le danger et ses responsabilités.
Quand Macron dit qu’une partie du monde musulman est intimidée par l’autre, il pense d’abord à sa propre peur, dont il rejette l’idée sur des tiers. Lui n’a pas peur, sous-entend-il, pourtant on aura remarqué dans la première citation son « Je suis obligé de », qui sonne comme une excuse tout comme son fuyant « Je suis là pour préserver ce droit » (voir la récente addition 21 ci-dessus) : bref, Macron suggère qu’il n’y est pour rien, et il parle comme quelqu’un qui se défausse. Il y a d’autres indices, discrets, de peur dans la première citation (pourtant courte), mais je me refuse à décourager le lecteur en alourdissant outre mesure ma démonstration.
Faible avec les forts et fort avec les faibles (en l’occurrence le tout-venant des Français gilets-jaunes, chômeurs désespérés, retraités à deux sous gémissant sous l’empire de la racaille des zones de non-droit sans espoir d’en déménager, commerçants acculés à la faillite par le confinement,...), le petit garçon ne fait plus illusion, il flotte dangereusement dans un costume de président ; il ne peut pas ne pas en avoir conscience : en toute chose il est débordé, attaqué à l’extérieur autant qu’à l’intérieur.
Dire qu’il flotte est un euphémisme, il se noie ; et il ne discourt plus, il borborygme pour notre malheur et pour notre perte.

 

 

• 16 novembre 2020
bg Addition 25. L’en-même-temps de Macron est l’impossible cohabitation d’une chose et de son contraire

Macron est plus que l’homme de l’en-même-temps, c’est l’homme de l’en-même-temps impossible : défense des libertés/loi de sécurité globale (voir l’addition 24 ci-dessus) ; intense fraternité/énucléation de gilets-jaunes (voir l’addition 19 ci-dessus).
L’en-même-temps de Macron, c’est l’impossible cohabitation d’une bonne chose et de son pernicieux contraire. L’en-même-temps de Macron est une insupportable arnaque décomplexée toujours recommencée.

 

 

• 24 novembre 2020
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Addition 26. Des « étapes successives », « tenir »

Extrait des alinéas 96 et 97.

[Macron dans son allocution* du 24 novembre nous a] parlé d’« étapes successives », beau pléonasme pour ce fin lettré (voir l’audio et sa transcription ici [https://archive.vn/wip/XFuSo]). Sa conclusion : « Aujourd’hui, nous tenons ensemble. Demain, nous vaincrons ensemble. » Comme c’est plat ! comme ça manque d’inspiration et de conviction ! Et surtout que vient faire là, dans la bouche de cet homme, le mot « ensemble » !
[...] Je remarque depuis quelques mois que Macron utilise souvent le verbe « tenir », avec diverses acceptions, parfois idiosyncratiques. Y réfléchir : comme si « tenir », survivre politiquement, ne pas lâcher la rampe, ne rien lâcher était devenu chez lui une obsession ? Entre autres dans cette allocution : les soignants « ont tenu », les acteurs de la culture aussi « ont tenu », « chacun a une responsabilité à tenir », « nous tenons notre rôle », « un vrai débat démocratique doit se tenir », « tenons-nous ensemble autour de nos valeurs », « aujourd’hui, nous tenons ensemble ».
Les soignants « ont tenu » : certains ont même tenu à manifester de nombreuses fois leur colère et d’autres à démissionner.
[Voir aussi ci-dessus dans la leçon 954 et dans l’addition 1] : « Il fallait quand même que l’ordre soit tenu. Et il ne l’a [sic] pas été tenu d’une manière, si vous voulez, où il y a eu ce que j’appellerais des... des... des violences irréparables », « Le fort est celui qui tient les règles qu’il a conduit à créer ». « Tenir » est un peu comme le paresseux, fashionable et épidémique « porter » [voir la leçon 618 ci-dessus, où l’emploi idiosyncratique de « porter » est poussé jusqu’à la caricature] un mot remplace-tout (« que l’ordre soit tenu » = « que l’ordre soit maintenu » ; « celui qui tient les règles » = « celui qui respecte et fait respecter les règles »).

———
* L’audio et sa transcription sont ici (https://archive.vn/wip/XFuSo). 

 

 

• 26 novembre 2020
bg Addition 27. Un seul mot que Macron devrait s’interdire, c’est « ensemble »

Extraits de l’allocution* de Macron du 24 novembre 2020 :

— C’est tous ensemble que nous avons obtenu ces résultats.
— C’est tous ensemble que nous avons sauvé des vies.
— Tenons-nous ensemble autour de nos valeurs.
— Notre génération a ensemble à vaincre cette épidémie, à affronter le terrorisme, à affronter la crise climatique et celle des inégalités.
— Aujourd’hui nous tenons ensemble.
— Demain nous vaincrons ensemble.

Macron, ou l’aveugle frénésie centrifuge.

———
* Ici (https://archive.vn/wip/XFuSo). 

 

 

• 3 décembre 2020
bg Addition 28. Avec le faux lettré Macron, on n’a qu’un fade aperçu de ce qu’est l’avenir de la France

Copié-collé de l’alinéa 11.

J’ai entendu le Dr Alain Fischer (qui sera chargé de la campagne de vaccination) dire durant la conférence de presse de Castex Simplex ce 3 décembre [2020] « sans qu’ils n’aient pas été ». Il voulait dire exactement le contraire. C’était à peu près ceci mais, surtout, ça se voulait rassurant : Les vaccins ne seront pas commercialisés sans qu’ils n’aient pas été convenablement testés. C’est bien ce que tout le monde craint !
Il fallait dire : Les vaccins ne seront pas commercialisés sans qu’ils aient été convenablement testés ou Les vaccins ne seront commercialisés que s’ils ont été convenablement testés.
On imagine ce que deviendra la communication (politique entre autres) quand les jeunes sortis de « la fabrique du crétin » (voir Jean-Paul Brighelli) auront tous les pouvoirs — on n’en a qu’un fade aperçu avec le faux lettré Macron.

 

 

• 8 décembre 2020
bg Addition 29. Du sirop à la louche

Copiés-collés de NSP.

31. — Un Grenelle, des Beauvau. Jamais président n’aura autant blablaté inutilement et sans résultat : les allocutions, entretiens, consultations, débats, tournées-débats, grand débat national, tours de France, bains de foule sélectionnée ponctués de brefs échanges, Grenelle, Ségur et maintenant Beauvau (« J’y interviendrai personnellement », a fait savoir le chef de l’Etat). Contrairement à ce que je pensais il y a peu, Macron est toujours persuadé du pouvoir positif et envoûtant de sa parole et de sa mine.

 

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32. — LANGUE. Macronorrhée. La macronorrhée, c’est trop de Macron.
Le suffixe -rrhée est issu d’un verbe grec signifiant « couler ». Exemple : séborrhée. Le populaire a diverses manières de verbaliser son malaise : « Le président me sort par les yeux » ou « Il me sort par les oreilles » (voire même « Il me sort par les trous de nez »).

 

 

• 9 décembre 2020
bg Addition 30. Oui, mais non

•  Selon Clearlook.unblog.fr, Macron a déclaré lors de l’entretien avec Brut :

En un sens, je suis candidat depuis le premier jour, car je me suis construit [!] pour convaincre et ainsi obtenir des résultats, mais je ne suis pas en disposition d’être candidat parce que je ne prendrais plus les risques, je ne prendrais plus les bonnes décisions.

L’arnaque de l’en-même-temps : il est candidat, mais il n’est pas candidat.

• Toujours Macron, à propos de 2022 lors du même entretien :

Peut-être que je devrais faire des choses qui m’empêcheront d’être candidat.

(Source.) Enigmatique ou faussement énigmatique ? plutôt la deuxième possibilité.
Le point commun des deux déclarations : le narcissisme. Dans le premier cas, il roule les épaules ; dans le deuxième, il dit implicitement : « Attention, les gars, je peux faire un malheur ! »

 

 

• 10 décembre 2020
bg Addition 31. Le sophrologue Macron

Tout est dans le titre.

 

 

• 17 décembre 2020
bg Addition 32. Macron : « Tous ceux qui écrivent bien servent la France », 1/2

« Tous ceux qui écrivent bien servent la France » est le titre d’un article de Marie-Laure Delorme sur Lepoint.fr (https://archive.vn/wip/CSvxR) en forme de brosse à reluire à gros manche : la supercherie rengaine du Macron fin lettré et amoureux de la langue française.

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Image extraite de la vidéo illustrant l’article.

Non seulement la formule de Macron reprise dans le titre est un peu risible, mais elle est un auto-compliment, et l’autosatisfaction éclate dans l’image ci-dessus : on imagine que deux ou trois boutons de sa chemise ont sauté (j’ai l’impression que Macron se monte de plus en plus haut la tête — en relation peut-être avec le rejet grandissant qu’il subit ; plus son image se ternit, plus il se rengorge, mais là c’est trop).
« Tous ceux qui écrivent bien servent la France » : lire Tous ceux qui comme moi écrivent bien servent la France.
Une chose est sûre, tout Français qui a des responsabilités et qui parle charabia dessert la France.

 

• 20 décembre 2020
bg Addition 33. Macron : « Tous ceux qui écrivent bien servent la France », 2/2

Extrait de l’alinéa 88.

Noter que Macron [...] croit maîtriser tous [les paramètres du langage] alors qu’il en est à cent mille lieues ; se surestimant au point de dire qu’il utilise « des tournures parfois exigeantes » (« J’assume [!] un lexique large, des tournures parfois exigeantes, des prises de parole qui dépassent les deux cent quatre-vingts caractères » [voir l’addition 32 ci-dessus]).
Remarquer aussi l’auto-félicitation de son « J’assume » et qu’une prise de parole ne se mesure nullement en caractères mais en secondes ou en minutes (tant il est vrai que le manque de rigueur, l’approximativisme est une des caractéristiques, un des défauts de la langue macronienne).
Lecteur encore dubitatif, n’ai-je pas de sérieuses raisons de me méfier de pareil homme, tout bouffi de lui-même et nombrileur enferré ?

 

• 23 décembre 2020
bg Addition 34. Macron la Mélasse absolue

Extraits des alinéas 116 et 117.

• [Pris dans] Lexpress.fr (https://archive.vn/wip/0TGPw) du 23 décembre : « “Je ne me fais aucune illusion, on continuera à déconstruire mes discours”, glisse dans un rire Emmanuel Macron au cours de notre interview exclusive. Le chef de l’État est lucide, et nous mettons un point d’honneur [sic] à lui donner raison sur ce point. » [Le gras est de moi.]
Macron appelle déconstructeurs de discours les gens qui analysent ses propos de plus en plus incohérents et contradictoires (à comparer avec l’accusation de complotisme portée contre ceux qui réfléchissent et se posent d’angoissantes questions).

• L’astucieux Macron en avril 2017 a cru pouvoir étouffer la consternation de certains en reconnaissant qu’il avait « l’air d’un dingue » : si Macron s’en est aperçu, devaient conclure les consternés, c’est qu’il n’est pas dingue et qu’il est lucide. Hélas, Macron n’a pu cacher sa personnalité plus longtemps.

[Cette dernière remarque relève plus de l’analyse du psychisme de Macron que de l’analyse de son langage, j’en conviens, et j’aurais hésité à la copier-coller ici si je n’avais pas dans l’introduction de cette page parlé du « brame nuptial et fou d’avril “Parce que c’est notre projet !” » de Macron. Pour le mot « mélasse », voir l’alinéa 115 ; pour le mot « dingue » et pour ma conclusion sur ce sujet, voir l’alinéa 116.]

 

 

• 24 décembre 2020
bg Addition 35. Macron et ses « tournures parfois exigeantes », 1/n

Copié-collé de l’alinéa 118.

Macron : « Je les ai bien baisés ! Je leur ai mis profond. » Article de Jany Leroy du 23 décembre sur le langage fleuri du président Macron, ici (https://archive.vn/wip/4DQPQ). À cet article j’ajoute cette remarque d’expérience : la grossièreté du langage va presque toujours de pair avec la grossièreté de l’esprit, et ce n’est pas par hasard que la voyouterie est grossière. D’ailleurs Macron l’a bien compris, qui s’ingénie et sue (en vain) à forger des « tournures exigeantes » [voir l’addition 33 ci-dessus] dans ses discours à la nation.
Que mon langage soit plus précis : Macron dans cet exemple est plus que grossier, il est carrément ordurier. Elégance et maintien de façade donc : comment ne pas penser à l’apostrophe fameuse que Napoléon lança, dit-on, au visage de Talleyrand lors d’un conseil des ministres ? Il y était question d’un bas de soie.

[Plus de détails dans l’alinéa 124.]

 

 

• 27 décembre 2020
bg Addition 36. Peut-on me citer un seul exemple de tournure exigeante chez Macron ?

Echangerais un seul exemple de tournure exigeante chez Macron contre cent cinquante tournures en charabia du même auteur.
roux Ne pas confondre tournure exigeante et tournure emberlificotée ; nombreux exemples, dont un ci-après :

Je sais toutes les contraintes qui pèsent sur les joies qui accompagnent normalement ce jour si symbolique.

Macron parle des manifestation du 1er-Mai interdites pour cause de confinement. Ici c’est une exigence d’emberlificotage (source : NSP 6), mais soyons persuadé que certain public n’y trouvera rien à redire ; « pensée complexe », plaideront les LREMistes comme aveugles se précipitant au secours du paralytique. Lisez la citation attentivement.
roux Ou bien appellera-t-on tournures exigeantes ses anaphores d’orateur en carton ondulé : « Nous sommes en guerre » six fois le 16 mars 2020 et « Ce 1er mai 2020 ne ressemble à aucun autre » trois fois le 1er mai 2020 (NSP 6) ?

 

 

• 27 décembre 2020
bg Addition 37. « N’avons-nous pas assez démontré ? »

J’ai écrit en décembre 2019 « N’avons-nous pas assez démontré ? » (leçon 1099 ci-dessus). J’avais alors résolu de ne plus analyser le parler macronien (à part quelques « additions » de temps en temps sur cette page) ni la Toile. En mars 2020, j’ai changé d’avis, changé de ton et changé de style avec les Notes jetées ici sans preuve, plus offensifs, plus familiers et avec une méthode de démonstration allégée — disons moins scolaire : si le lecteur ne comprend pas tout, tant pis, car c’est essentiellement pour moi que j’écris, et si par manque de temps ma syntaxe se relâche, tant pis aussi, ai-je résolu.

 

 

• 30 décembre 2020
bg Addition 38. Macron : « Je ne vais pas scier la branche sur laquelle je suis assise »

Un lecteur me signale cet accord insolite de participe passé dans la vidéo du « discours du Président de la République sur l’intelligence artificielle » publiée le 29 mars 2018.
À 57 min 36 s (la transcription – et sa ponctuation – est celle d’Elysee.fr) :

[...] des mâles blancs quadragénaires - il en faut et je ne vais pas scier la branche sur laquelle je suis assise n’ayant pu changer de condition - mais je constate que dans ce secteur, il y a beaucoup de mâles blancs [...].

Ou bien Macron a changé de « condition » de genre ou sexuelle (il n’est plus exactement un « mâle blanc ») ou bien le fin lettré confond l’accord du participe passé avec le sujet (« la branche sur laquelle il est assis ») et l’accord du participe passé avec le complément d’objet direct (« la branche qu’il a sciée »).

Source : Elysee.fr (https://archive.vn/wip/Q6iIf).

 

 

• 31 décembre 2020
bg Addition 39. Macron : « Une narration [...] robuste »

Copié-collé de l’alinéa 136.

Entretien avec Macron publié par l’Express du 23 décembre 2020. Le poseur d’Amiens y parle des gens qui se « raccroche[nt] à une narration collective qui, même si elle est fausse, infondée, a le mérite de sembler robuste » (robuste : voir les alinéas 39 et 106). Robuste ! Je n’en reviens pas, de cet asservissement aux modes des mots. C’est un des défauts des poseurs.

 

• 12 janvier 2021
bg Addition 40. Macron 
et ses « tournures parfois exigeantes », 2/n

Copié-collé de l’alinéa 79.

Sputniknews.com : « Pointé du doigt pour la lenteur de la campagne de vaccination, le ministre de la Santé a toujours la confiance d’Emmanuel Macron, en témoigne un texto révélé par Le Point : “Tiens bon, on les aura, ces connards.” »

 

 

• 1er février 2021
bg Addition 41. Sarkozy, Hollande, Macron...

Copié-collé de l’alinéa 6.

Dimedia.com : « Qui, parmi les femmes et les hommes politiques, qui, parmi nos “discoureurs” de télévision, bref, qui, parmi tous les grands ignorants qui occupent la plupart des tribunes, peut prétendre donner des leçons de français à qui que ce soit ? Sans parler de celui pour qui ils ont voté, ou pire, qu’ils ont laissé élire, et dont le parler est une perpétuelle insulte à notre langue. Qui est Victor Hugo aujourd’hui ? Qui est Lamartine, Jaurès, Blum ? À part peut-être Arnaud Montebourg, ils parlent tous mal le français », Ariane Mnouchkine, le Monde, 23 septembre 2011.
On aura vu l’allusion à Sarkozy, dont je n’ai pas eu le loisir d’analyser la langue. Que pense-t-elle de la langue super-molle de Hollande ? Et des prétentions quasi littéraires de Macron ?

 

 

• 9 mars 2021
bg Addition 42. Macron le charabiateur paré des plumes du paon

Copié-collé partiel de l’alinéa 29.

De Gaulle le 14 juin 1960 (source) :

Il est tout à fait naturel que l’on ressente la nostalgie de ce qui était l’empire, comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages. Mais quoi ? Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ! 

Macron le 14 septembre 2020 (source)

Oui, la France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation et j’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer [sic] qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile !

« Relever la complexité des problèmes » : charabia. On relève un défi, mais on ne relève pas une complexité et on ne la relève pas non plus en revenant en arrière. Quoi qu’il en soit, Macron en caricaturant ses adversaires – d’imaginaires puissants adversaires qui plus est – s’assure à très peu de frais la victoire contre eux. Macron gouverne par le charabia, et une bonne contre-attaque serait de lui répliquer par du charabia du même tonneau (idée à creuser).
« Expliquer », le mot qui dans les discours des poseurs politicards et journacloches remplace désormais les mots « déclarer » ou « dire » (le terme « expliquer » valorise la capacité de discernement, l’intelligence du destinataire du propos, en l’occurrence Macron).
Plus que jamais le surnom de « poseur d’Amiens » colle aux plumes de Macron.

[Voyez aussi ci-dessus sur le même sujet la leçon 911 du 3 août 2019.]

 

 

• 10 mars 2021
bg Addition 43. Le déparler macronien

Copié-collé de l’alinéa 32.

L’opposition à Macron se prive de l’arme du charabia.
Macron, lui, gouverne par le charabia, et une bonne contre-attaque consisterait à lui répliquer par du charabia du même tonneau. Ce charabia devra laisser coi Macron comme il laisse impuissants ses adversaires, qui continuent à lui répondre et à l’attaquer en français d’avant.
Dictionnaire.lerobert.com :

déparler, verbe intransitif
VIEILLI OU RÉGIONAL.  Parler à tort et à travers, sans discernement ; divaguer.

N. B. Pour Littré comme pour le Dictionnaire de l’Académie française de 1932 (ici), le verbe déparler signifie « cesser de parler » : Ce bavard n’a pas déparlé de la journée ; mais ce n’est pas dans ce sens que j’utilise le substantif néologique déparler.

 

 

• 12 mars 2021
bg Addition 44. À propos de galimatias

Copié-collé de l’alinéa 41.

Tapé galimatias Macron ce jour dans Google ; résultats consternants : l’aplatissement quasi général de la presse en 2017 devant Macron et ses « expressions anciennes » (Bfmtv.com), son « florissant lexique » (Ouest-france.fr), ses « belles expressions » (Femmeactuelle.fr), ses « tournures de phrase surprenantes » (Leparisien.fr).
Noter que, pour les journatocs, galimatias est un mot désuet, ancien ou surprenant, et que les trois derniers journaux cités donnent même la définition de ce mot ! c’est dire le niveau des journacloches et le niveau supposé par eux des lecteurs.
Besoin d’arguments supplémentaires pour dénoncer l’à-plat-ventrisme, la bêtise et la pauvreté de la grande presse française ?

 

• 24 mai 2021
bg Addition 45. Putain !

Copié-collé de l’alinéa 83.

Dans un article de Lepoint.fr, Sophie Coignard pose la question suivante : « Dans une vidéo à succès, le président Macron se croit dans une cour de récré et dit “putain”. Faut-il vraiment s’en affliger ? »
Pour séduire le public des journatocs, dites « hémistiche » ; pour séduire les djeunss, dites « putain ! ». Chez Macron, rien n’est sincère, tout est calcul.

 

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