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Comment écrire au président de la République
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, 28


 

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500/833 = 500e leçon sur un total de 833 leçons et notes

 

• 1er octobre 2018
Leçon 578/911. – Se boucher les oreilles

La mode de « en une poignée de secondes ».

 

• 1er octobre 2018
Leçon 579. – Le gri-gri « République »

Emmanuel Macron aux Antilles.
Dans la bouche des politiques et des médias, les mots perdent chaque jour un peu de leur sens :

«Ce qui fait que je me suis battu pour être élu face à Marine Le Pen et que je suis là aujourd’hui, c’est parce que j’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises, parce que bien souvent, parce que c’est un enfant de la République, il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire», s’est justifié dimanche le chef de l’État, très applaudi, lors du point presse.

Octobre commence très bien.
En fait, il ne s’agit pour le président que de répéter un maximum de fois le mot « République », ce nouveau gri-gri, à côté d’autres comme « citoyen », « vivre-ensemble », etc., sans tenir compte du sens ni de la logique (nous disions la même chose dans la leçon 257).
Noter que, comme d’habitude, les propos du président ont été rectifiés par le journaliste dans le sens de l’élégance. En gras, les mots que le président n’a pas prononcés (écouter la vidéo) :

« Il n’a pas choisi l’endroit où il est né, et il n’a pas eu la chance de ne pas en faire. »

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/09/30/25001-20180930ARTFIG00200-saint-martin-emmanuel-macron-tente-de-dedramatiser-une-photo-controversee.php

 

• 1er octobre 2018
Leçon 580. – La rubrique de Lefigaro.fr sur la langue française

Pas une seule rubrique* de Lefigaro.fr sur la langue française sans deux ou trois bourdes bourdissimes d’orthographe, de syntaxe, de lexique ou de logique.
De l’article au rabais. Mais fermez donc la rubrique !

Extraits.

A contrario, si le sens de «sans faute»...

A contrario, l’adjectif «sensé»...

Astuce : Si vous hésitez entre le singulier et le pluriel, tentez la locution «sans-faute» qui signifie «impeccable» et est invariable. Exemple: «Ma copie est toujours sans-faute

Les homonymes ont la dent dure [??] dans nos copies. 

On peut donc toute à fait dire «je fais une partie de basket».

Le mot «parti» peut caractériser le «salaire d’un employé»[**], une «personne à marier», «une opinion, une solution proposée» mais également un mouvement politique**.

Etc. (dont de nombreuses ponctuations fautives).
Voir aussi les commentaires avisés des lecteurs, qui signalent d’autres fautes.

Source : « Cinq fautes de français à éviter dans vos lettres de motivation », http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2018/10/01/37003-20181001ARTFIG00023-cinq-fautes-de-francais-a-eviter-dans-vos-lettres-de-motivation.php
Archive : http://archive.is/0MNOJ

———
* Voir entre autres la leçon 459.
** Pourquoi citer cette acception inusitée de « parti » et, qui plus est, sans explication ?
Littré :

parti, n. m.
Somme qu’on alloue à un employé, à un intendant, etc. (sens dérivé de partir, partager).

 

• 3 octobre 2018
Leçon 581. – Le déclin d’une expression

Le déclin d’une expression, qui devient multi-sens : « à tour de bras », qui ne devrait signifier que « de toutes ses forces dans un mouvement rotatif du bras », a pris l’acception supplémentaire de « à profusion » et est de plus en plus employée sous cette seule dernière acception (subventionner à tour de bras, distribuer de mauvaises notes à tour de bras, jurer à tour de bras...).

Le Dictionnaire de l’Académie, lui, réunit les deux acceptions (sans toutefois parler du mouvement rotatif du bras) en une seule dans l’expression « frapper à tour de bras » :

frapper à tour de bras, avec violence et force, sans s’arrêter. 

Ajoutons que la locution « sans s’arrêter » est inadéquate : elle est une exagération manifeste, une hyperbole, qui n’ont pas leur place dans une définition, où l’on prend les mots à la lettre. Définition paresseuse, pourrait-on dire aussi, où l’on n’a pas pris la peine d’être précis.

Définition de l’avant-dernière édition du Dictionnaire de l’Académie :

À TOUR DE BRAS, loc. adv. De toute sa force. Frapper à tour de bras.

 

• 4 octobre 2018
Leçon 582. – « Le phénix des hauts de ces bois »

Dans l’article « La francophonie à la sauce africaine »* (site béninois ?) repéré par Gilles Colin le 7 septembre, nous lisons la définition d’une expression africaine :

« Je suis né garçon ». C’est le satisfécit que se décerne le sexe masculin, s’autoproclamant ainsi le phénix des hauts de ces bois. Comme pour dire qu’au mâle rien d’impossible. A chacun, ses illusions.

Nous supposons que « le phénix des hauts de ces bois » est également une expression africaine, une variante du « phénix des hôtes de ces bois » de La Fontaine ?
Projet : une rubrique des maladresses, des fautes et des coquilles consacrée aux médias africains (voir la leçon 550).
Qui a lu quelques articles de la presse africaine francophone aura remarqué qu’elle s’efforce d’imiter les pires travers de la presse française — elle ignore que ce sont des travers.

———
* https://lanouvelletribune.info/2018/09/la-francophonie-a-la-sauce-africaine/

 

• 5 octobre 2018
Leçon 583. – « Fake news se dira infox en français », 1/2

Ce que ne souligne même pas l’article, c’est que infox n’est pas le synonyme de fausse nouvelle. C’était pourtant la première chose à dire.

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/10/04/la-traduction-officielle-de-fake-news-sera-infox_5364490_4408996.html

 

• 6 octobre 2018
Leçon 584. – Mimi Onfray se déchaîne contre Manu Macron

Domaine : liberté d’expression.
A signaler, ce texte sans langue de bois et d’une audace verbale sans précédent ; un peu trop vulgaire, oui, bien sûr, et inutilement ; homophobe, comme l’ont dit certains, non.
Mimi Onfray y file un peu trop la métaphore (les jeux de mots sont faciles et lassent) et certains passages sont obscurs : on imagine que, poussé dans le dos par une grande colère, fort justifiée, Mimi Onfray n’a pas eu le temps de tout peaufiner.
Eloignez les enfants :
https://michelonfray.com/interventions-hebdomadaires/lettre-a-manu-sur-le-doigte-et-son-fondement

 

• 8 octobre 2018
Leçon 585. – Léautaud : corrections et correcteur

Extrait du Journal littéraire de Paul Léautaud*, année 1943 (collection « Folio », Gallimard).

« Pas mal d’ajoutés notés pour ce volume », lit-on dans cet extrait.
La neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie ignore le substantif masculin ajouté.
Littré :

ajouté
[...] S. m. Addition faite à un manuscrit. Il y a des ajoutés à toutes les pages.

Voilà un mot qui a disparu. Aujourd’hui on dit ajout, mot plus court et inconnu de Littré. L’un qui sort, l’autre qui entre.

———
* Journal de Léautaud, voir aussi la leçon 559.

 

• 12 octobre 2018
Leçon 586. – Une découverte

Mille canons ! c’est aujourd’hui que nous découvrons le sens et la graphie de ce mot que nous connaissions un peu de vue ; que, par erreur, nous avions toujours lu vieillaque ; dont nous pensions qu’il était argotique (alors qu’il est littéraire) et qu’il avait un rapport avec vieux ; et que, enfin, nous n’imaginions pas trouver dans Littré :

veillaque, s. m.
Terme vieilli. Homme sans foi, sans honneur.
“Je vais t’assassiner d’un seul de mes regards, Veillaque…”, Corneille, l’Illus. com. II, 2.
“Penses-tu donc, veillaque, qu’un gentilhomme de qualité…”, Cyrano de Bergerac, le Pédant joué, v. 7.

ÉTYMOLOGIE
Espagn. bellaco  ; portug. velhaco  ; ital. vigliacco  ; dérivé du latin vilis, vil.

Nous n’avions raison que sur un point, c’est un terme dépréciatif.

 

• 12 octobre 2018
Leçon 587. – « Malapropisme », un article raté

L’académicien franco-britannique Michael Edwards écrit sur le site de l’Académie française un article intitulé « Malapropisme » où il tente de nous faire rire à coups de mots, d’expressions, de phrases anglais, mais sans prendre la peine de nous les traduire : « a progeny of learning », « contagious countries », « caparisons don’t become a young woman », « she’s as headstrong as an allegory on the banks of Nile », etc., ne sont pas traduits.

Ajoutons que sir Michael Edwards nous donne ici une mauvaise leçon d’anglais, car il écrit quatre fois « Mrs. Malaprop », qui devrait s’écrire « Mrs Malaprop », sans point abréviatif.

Article raté, proche de l’horripilant ; une forme de malapropisme.

http://www.academie-francaise.fr/malapropisme
Archive : http://archive.is/QSLeq

 

• 12 octobre 2018
Leçon 588. – Une pluie d’ennui, de maladresses et de platitudes

Nous avons découvert hier, avec retard, le discours catastrophique du président Emmanuel Macron à l’Institut de France « pour la stratégie sur la langue française » (sic) du 20 mars 2018 : une pluie d’ennui, de maladresses et de platitudes dont nous allons tenter de faire un compte rendu critique approfondi (corvée, mais vrai devoir citoyen et bon exercice) pour venir en compensation de certaines de nos analyses superficielles des propos de la même personne (voir la leçon 261 : « désespoir du peintre »).

En attendant, saluons la longanimité des auditeurs des premiers rangs qui victorieusement luttent pour ne pas s’endormir ou pour masquer leur ennui, voire un vif mécontentement : un discours de plus de une heure, de près de 55 000 signes.

Ci-dessus, une photo à quinze minutes de la fin : certains auditeurs sont parvenus à conserver un air inspiré ou intéressé jusqu’au bout. Bravo.
A droite au troisième rang, on reconnaît la Franco-Marocaine Leïla Slimani, représentante personnelle du président Emmanuel Macron pour la francophonie (Leïla Slimani : lire ici les leçons 388, 389, 392, 394, 395, 397, 398 et 400-404, qui comprennent une recension de son ouvrage Chanson douce, calamité littéraire — le scénario est acceptable, mais le style est un naufrage — primée en 2016 par les Goncourt).
A droite au premier rang, le rappeur franco-rwandais Gaël Faye, que le président appelle par erreur « Gabriel Faye » et dont il dit : « lui qui a montré à plusieurs reprises [c’est nous qui soulignons] qu’il sait parler et écrire le français »...

Une continuation du naufrage donc, voire une tradition du naufrage.

http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyok

 

• 13 octobre 2018
Leçon 589. – « ruer » verbe transitif

C’est quand il est à l’étranger et nous tourne le dos qu’Emmanuel Macron gueule d’ange et voix de velours rue ses meilleurs coups : Algérie, crime contre l’humanité, par exemple.

Littré :

ruer, v. a.
• 1 Jeter avec impétuosité (sens qui a vieilli). « Elle sauva le ciel et rua le tonnerre Dont Briare mourut », Malherbe, II, 12. « Ah  ! je devais du moins lui jeter son chapeau/Lui ruer quelque pierre, ou crotter son manteau », Molière, Sgan. 16.
• 2 Ruer de grands coups, frapper de grands coups (locution qui a vieilli).

Macroneries, rappel
Algérie, « crime contre l’humanité » :
https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/15/macron-qualifie-la-colonisation-de-crime-contre-l-humanite-tolle-a-droite-et-au-front-national_5080331_4854003.html

Londres, « art français » :
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/24/31001-20170224ARTFIG00217-berenice-levet-emmanuel-macron-ne-voit-ni-l-art-ni-la-culture-ni-la-france.php

 

• 14 octobre 2018
Leçon 590. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 1/n

Extrait :

On a torturé en français, on a fait des choses merveilleuses en français et on continue à faire des choses merveilleuses et terribles en français.

Un patient et sournois travail de sape et de dénigrement de la France qui se poursuit ; une critique suivie d’un éloge censé la minimiser, la faire oublier ou l’effacer ; stupéfiant et effroyable.

« Une critique suivie d’un éloge censé la minimiser, la faire oublier, l’effacer », écrivions-nous, mais c’est cette grotesque et extravagante formule, cette formule « de tous les excès », particulièrement prégnante, à l’emporte-pièce, propre au libelle qui reste et restera en mémoire : « On a torturé en français. »

On remarquera dans le petit extrait photographique ci-dessus GREGOIRE au lieu de GRÉGOIRE, STETIE au lieu de STÉTIÉ ou, mieux, sans capitales inutiles qui font ressembler la transcription à un document de notaire, au lieu de Grégoire et de Stétié.
On remarquera aussi l’absence de ponctuations, comme ici :

... quitus[,] mais toujours au creux du français il y a eu[,] je crois[,] cette volonté de liberté[,] sans doute toujours inaccomplie...

Nous aurons à en reparler.

————
* Discours « pour la stratégie sur la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyok

Mot clé : macronerie

 

• 14 octobre 2018
Leçon 591. –  Oncle Hô nous parle des prénoms donnés en France

Extrait :

... Et les variantes orthographiques aussi. Ah parce que chacun a toujours sa petite originalité à ramener. C’est ça les Français, y’a pas plus moutons pour tout, mais en même temps, faut toujours faire un peu son malin par rapport au voisin. Tiens Mathis par exemple : 57 manières de l’écrire ! Au moins ! Matthiys, Mathisse, Mathys, Mathiss, Maathis, Matis. Faut voir le carnaval ! 

https://www.breizh-info.com/2018/10/14/103753/prenom-beauf-enfant


• 14 octobre 2018
Leçon 592. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 2/n

« Cette volonté de liberté[,] sans doute toujours inaccomplie », a dit, a lâché le président (voir la leçon 590 ci-dessus).
Voilà qui, dans cet océan de formules creuses, de formules faussement paternes et de caresses griffues, de platitudes et de maladresses de langue et de logique, voilà qui, disons-nous, est très pertinent, et très cynique : il n’y a aucun doute, ce n’est pas sous Emmanuel Macron que cette volonté de liberté des Français pourra s’accomplir, puisque la liberté leur est rognée chaque jour par mille et un moyens, par mille et un stratagèmes grossiers et plus ou moins scélérats — de plus en plus scélérats et de plus en plus nombreux.

Emmanuel Macron, ce sabot de fer dans un chausson de velours.

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* Discours « pour la stratégie sur la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyok

 

• 14 octobre 2018
Leçon 593. –  Un eunarque

Lu ce jour (de gens qui ne veulent pas d’un « eunarque » comme ministre de l’Intérieur) cet astucieux mot valise, un « eunarque » : « eunuque » + « énarque ».

 

• 14 octobre 2018
Leçon 594. – « Fake news se dira infox en français », 2/2

Ava Djamshidi et Nathalie Schuck le 13 octobre :

Ces jours-ci, une fake news a enflammé Facebook : elle [Brigitte Macron] mentirait sur sa date de naissance…

Où l’on constate que l’utile et récent néologisme « infox » n’est pas encore parvenu au cerveau du journassot de base.
(Cet article ressemble bougrement à une commande de l’Elysée visant à déminer partiellement la situation : affaire Alexandre Benalla, démission de Gérard Collomb, toujours pas remplacé après son départ il y a onze jours, photo antillaise avec « doigt d’honneur », etc. Brigitte Macron y est présentée comme une personne sage et modératrice des excès de son grand fou de mari.)

http://www.leparisien.fr/politique/brigitte-macron-ses-inquietudes-ses-coleres-13-10-2018-7918224.php

 

• 15 octobre 2018
Leçon 595. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 3/n

Extrait :

[La langue française] est aussi la langue des journalistes, des opposants, des blogueurs, des poètes, de tant et tant de pays où on se bat en français pour la liberté.

Truisme (« vérité banale et qui ne mérite pas d’être répétée », Littré).

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* Discours « pour la stratégie sur la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyok

 

• 15 octobre 2018
Leçon 596. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 4/n

L’oral, 1/n. (Ecouter la vidéo du discours.)

Prononciation idiosyncratique
— français, prononcé comme francé
— anglais, prononcé comme anglé
— Du Bellay, prononcé comme Du Bellé
— interpellé (graphie de la transcription sur Elysee.fr), prononcé comme interpelé (voir la leçon 597 ci-dessous)
— intimement, prononcé comme intimément
— rehausser, prononcé comme réhausser
— tâche, prononcé comme tache (voir aussi « mâle blanc » prononcé comme « mal blanc » dans la leçon 496)

Lapsus
— Abdou Diouf est appelé Abou Diouf
— Gaël Faye est appelé Gabriel Faye

==> A suivre (dans une prochaine leçon, nous parlerons de diction, d’intonation).

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* Discours « pour la stratégie sur la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyok

 

• 15 octobre 2018
Leçon 597. – « interpeller »/« interpeler »

Dictionnaire de l’Académie française en ligne :

Interpeler n’est plus à l’essai, l’Académie l’a adopté, il devient donc impératif de bien prononcer l’un interpèlé et l’autre interpelé.
La graphie interpeler était une des propositions de 1990, discutable, pour adapter la graphie à la prononciation : http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/rectifications_1990.pdf.
En revanche dans ce même dictionnaire, oignon reste oignon et n’est pas graphié ognon. L’honneur est sauf (nous le disons sérieusement) ou presque.

 

• 16 octobre 2018
Leçon 598. – « Le Président de la République française est un cerveau malade »

Heureux d’apprendre enfin ! que nous ne sommes pas le seul au monde à trouver certains propos d’Emmanuel Macron sans logique et incohérents.

A propos de cette vidéo, ce tweet du 15 octobre 2018 de Paul-Marie Coûteaux, qui semble se réveiller avec plus de un an de retard. Paul-Marie Coûteaux est un homme pondéré, il a donc pesé ses mots :

Morceau hallucinant tant il est vide et creux. Le Président de la République française est un cerveau malade perdu dans la plus obscure logorrhée philosophico-choucrouto-délirante. Que faire ?

Un commentaire assez juste d’Anny Bvr : « Y a du [Jean-Claude] Van Damme en lui ! »

Dans notre leçon 254 du 3 juillet 2017, nous avons souligné cette incohérence des propos qu’on entend dans la vidéo. Nous faisions ce commentaire :

Consternant ! On se demande bien ce qu’a voulu dire Emmanuel Macron et, réflexion faite, on se demande même s’il n’a pas dit tout le contraire de ce qu’il voulait dire. Consternant.

François Hollande était très résolument « nul » (nul est le terme que nous employâmes), mais jamais il ne fut délirant dans ses propos (voir sur ce site nos nombreuses analyses des discours de l’ex-président : se reporter entre autres aux leçons 72 et 117), et donc jamais il ne nous vint à l’idée de le qualifier d’extravagant ni de fou ; concernant « Jupiter », il en est bien autrement.

P.-S. Voyez simplement la leçon 579 ci-dessus : « Parce que c’est un enfant de la République, il n’a pas choisi l’endroit où il est né. »


• 17 octobre 2018
Leçon 599. – Non, Christophe Castaner n’est pas ministre de la Langue française, ou le djihad expliqué par le climat

Tweet de Christophe Castaner de juillet 2017 :

A 6000€ la conf l’option vision globale du monde n’est pas inclue. Qui doute que le réchauffement climatique pèse ds la dynamique du djihad?

https://twitter.com/CCastaner/status/884033348024360960

Merci à S.

 

• 17 octobre 2018
Leçon 600. – Le président de la France en son ramage

Adresse du président de la République Emmanuel Macron aux Français. Publié le 16 Octobre [sic] 2018.
Voix d’émotion*, caressante, confidentielle, constant appel à partager une émotion.
Quatre extraits.

D’abord, je voulais ici adresser l’émotion et la solidarité de la nation tout entière aux victimes des inondations dans l’Aude.

Que signifie « adresser l’émotion » ? Mieux : « faire part de »...
« Je voulais » : pourquoi un temps du passé et pourquoi pas « je veux » ?

... ceux qui ont contribué [...] à aider nos compatriotes...

« Contribuer à aider » : maladresse, quasi-pléonasme ; l’expression ressemble à « aider à aider ». Mieux : « ceux qui ont aidé » (ou, plus précis, « ceux qui ont contribué à sauver », « ceux qui ont contribué au sauvetage », etc.).

... nous avons bousculé...

« Bousculer » terme à la mode et souvent utilisé par le président**.

... les blessures de notre vieux pays...

Allusion auto-valorisante au grand modèle Charles de Gaulle : « Mon cher et vieux pays ».

• Littré :

ramage, s. m.
[...] Par extension, il se dit du chant de tout oiseau. [...]
“L’oiseau [le cygne], prêt à mourir, se plaint en son ramage”, La Fontaine, ib. III, 12. [...]
Fig. Discours dénué de sens.

Source vidéo : http://www.elysee.fr/videos/new-video-404/

————
* Emotion feinte, insincère, de théâtre, voire surjouée selon nous (gueule d’ange et voix de velours).
** Trois fois dans le discours du 20 mars 2018 : « le monde tel qu’il nous bouscule », « la langue française est souvent bousculée », « une ville qui [...] a été bousculée » et une fois dans le court discours de Leïla Slimani du même jour au même endroit. Mot très bien coté donc, à valeur sûre.

 

 

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