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Comment écrire au président de la République
et ne recevoir aucune réponse
– et autres guitares
, 6


 

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• 19 avril 2015
Leçon 55. – Mieux vivre avec la schizophrénie, d’Anne-Victoire Rousselet, éditions Dunod
, 2014

Mieux-vivre-avec-la-schizophrenie_RousseletMieux-vivre-avec-la-schizophrenie_Rousselet

On jette (c’est le mot qui convient le mieux) de plus en plus souvent sur le marché de l’édition* des monuments, des himalayas de charabia, d’incongruités et de coquilles honteuses ; des produits non finis, non relus, non corrigés par des professionnels. Ces avortons, ces prématurés de l’édition découragent toute lecture présente, toute lecture future, et le lecteur se prend à crier « Au moins, remboursez-nous ! ».
Un exemple de ratage d’édition avec ce Mieux vivre avec la schizophrénie, d’Anne-Victoire Rousselet, publié chez Dunod.

[...]
• p. 144 : « Ces symptômes peuvent se maintenir [correction : être stabilisés/se stabiliser/ne pas s’aggraver] avec un traitement. »
• p. 151 : « 2. Choisissez celle qui vous paraît prioritaire et découper la [correction : découpez-la] en étape [correction : en étapes] de 5 à 10 minutes. »
• p. 156 : « Il y a (ou dans) X jours, mois années lorsque je me sentais (sentirais) bien, pas sous le coup de l’émotion, qu’aurais-je pu penser de cette situation ? »
[Gros charabia et coquilles. Correction proposée : « Il y a/Dans x jours, mois, années, lorsque je me sentais/sentirai bien, [...] qu’aurais-je pu/que pourrai-je penser de cette situation ? »]
• p. 168 : « Les éléments qui vous gêne [correction : gênent]. »
• p. 169 : « Résumé ce qui [correction : Résumé de ce qui] se passe pour vous. »
• p. 172 : « Sophie n’entend plus cette voix depuis 2 ans maintenant a compris [correction : Sophie n’entend plus cette voix depuis deux ans, maintenant elle a compris**] pourquoi elle avant [correction : avait] peur. »
• p. 172 : « Testez les méthodes qui peuvent vous aider surpassez [correction : à surpasser] vos doutes. »
• p. 189 : « Il se sent protéger et plus confiant [correction : protégé]. »
• p. 195 : « ...pendant quelques temps [correction : quelque] ».
• p. 196 : « ... et peut être de vivre [correction : peut-être] ».
• p. 199 : « ... sans aucun symptômes ni signes de la maladie [correction : symptôme ni signe] ».
• p. 215 : « Graphique de maîtrise d’une activité semaine après semaine (chap. 4) [correction : (chap. 7)] ».
• p. 222 : « Pour quoi la laissez-vous [correction : Pourquoi] ».
• p. 231 : « ... peut-être décrit comme [correction : peut être]... ».
• p. 235 : « Références filmogaphiques [correction : filmographiques] ».

 

« Remplissez le tableau avec les éléments qui vous gêne [sic],
même si vous n’êtes pas certain que ce sont des hallucinations », p. 168.

–––––
* Et, sur le web, voir le cas archi-démontré du prestigieux site Elysee.fr, non relu et non corrigé, où de monstrueuses coquilles signalées par courriels dès mars 2014 subsistent à ce jour, comme cet hilarant « pour que [...] les décisions soient prisent ».
** Ou « Sophie n’entend plus cette voix ; depuis deux ans maintenant, elle a compris »...

 

• 20 avril 2015
Leçon 56. –
Il y a des gens qui n’attendent rien de moi. Ils seront satisfaits

Extrait du Figaro.fr* du 19 avril :

Un chef d’État à l’écoute [Intertitre. Sic]
Alors que 79% des Français se disent mécontents de son action, le chef de l’État dit entendre la déception exprimée. «Je ne balaie rien du tout», a lancé le président au sujet des enquêtes d’opinion qui lui restent défavorables. «Je vois bien les attentes, les colères, et les résignations. Il y a ceux qui n’attendent plus rien. Je fais en sorte de leur apporter ce qu’ils attendent», a promis le chef de l’État, dans une formule un peu maladroite et relevée sur les réseaux sociaux.

–––––
*
http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/decryptages/2015/04/19/25003-20150419ARTFIG00111-les-visages-que-francois-hollande-a-devoiles-sur-canal.php

 

• 20 avril 2015
Leçon 57. –
Je ressemble de plus en plus à mon autoportrait

A lire ce que je lis et à voir ce que je vois, je ressemble de plus en plus à mon autoportrait.

 

• 22 avril 2015
Leçon 58. –
« Discours lors de l’événement “500 territoires engagés dans la transition énergétique” »*, publié le 21 avril 2015

Encore et toujours cette pléthore de « pouvoir » et de « permettre » et leurs combinaisons pléonastiques et redondantes « permettre de pouvoir », « pouvoir pouvoir », « pouvoir permettre », « pouvoir permettre qu’on puisse » (v. mes Leçons 19, 22, 23, 24, 26, 30, 38, 48 et 49), qui semblent traduire un lourd, un profond, un douloureux, un lancinant malaise, une difficulté voire une incapacité, une impossibilité à réaliser quoi que ce soit, comme un aveu en filigrane de l’impuissance de François Hollande ou peut-être une absence de volonté ferme et même une absence de volonté tout court de réaliser quoi que ce soit.

    Nous devons faire en sorte que tous ces efforts-là puissent permettre de répondre à l’urgence.

[Reformulation : Nous devons faire en sorte que tous ces efforts-là permettent de répondre à l’urgence.]

    Mais nous savons que ce n’est pas si facile aux Etats-Unis, car leurs institutions ne leur permettent pas toujours d’avoir la capacité de décisions, que nous avons, nous, en Europe.

[Reformulation : ... leurs institutions ne leur permettent pas toujours de prendre des décisions comme nous le faisons, nous en Europe.]

    Un fonds qui peut nous apporter des moyens financiers pour que nous puissions faire notre transition énergétique, pour que nous puissions aussi prendre les meilleures technologies et avoir du renouvelable, avoir de l’efficacité énergétique, et pouvoir atteindre un niveau de développement.

[Reformulation : Un fonds qui nous apporte des moyens financiers pour que nous fassions notre transition énergétique (ou, éventuellement : pour que nous puissions faire notre transition énergétique), etc.]

La machine à décider et la machine à réaliser sont grippées. La France d’en haut est impotente, impuissante, indolente et soumise. Elle a perdu d’avance, et ce n’est plus, désormais, contre le sauvage Allemand que la Picarde de la rue Béranger, la veuve inconnue, la sans-dents des laissés-pour-compte, figure éternelle du petit peuple cocufié et sacrifié, brandit son poing, mais contre ses propres gouvernants.

 

Sculpture de Paul Auban, rue Béranger à Péronne.

–––––
http://www.elysee.fr/chronologie/#e9141,2015-04-20,500-territoires-engages-dans-la-transition-energetique-pour-la-croissance-verte-et-pour-le-climat
puis cliquer sur « Le texte du discours ».

 

• 22 avril 2015
Leçon 59. –
L’histoire au nom du vivre-ensemble

Voici comment le site www.culture.gouv.fr* nous décrit le monument aux morts reproduit dans la Leçon 58 et ci-dessous :

 

 

    « La célèbre Picarde maudissant la guerre du sculpteur Paul Auban, située rue Béranger, figure dans tous les ouvrages consacrés aux monuments aux morts. D’esprit pacifiste, c’est l’un [l’un = l’un des monuments aux morts] des plus intéressants du département. [...] Il fut inauguré le 20 juin 1926. »

Soyons sérieux. Cette « célèbre » Picarde maudit-elle une abstraction qui est la guerre (interprétation politiquement correcte et édulcorée de la sculpture*) ou bien, plus logiquement, plus naturellement et plus concrètement, cette pauvre femme du peuple à qui des politicards et des médias très généreusement subventionnés par ces mêmes politicards n’avaient pas encore appris qu’il ne faut pas stigmatiser même ses ennemis maudit-elle sans complexe les hommes qui ont tué son mari (ou son fils) ? Ce serait moins gentil, moins Bisounours, moins Tagada, moins Chupa Chups, mais plus réaliste, non ? car maudire la guerre, c’est trop abstrait, c’est trop désincarné, c’est trop vite oublier les êtres humains en chair et en os qui ont conduit à la guerre et ceux qui vous ont tiré dessus et c’est trop vite oublier que ce sont souvent ces mêmes qui ensuite appellent au pardon. Ceux-là qui jouent sur les deux tableaux, ceux-là qui prêchaient la guerre avec menaces d’emprisonnement ou de peloton d’exécution physique ou sociale à la clé contre les réfractaires, puis prêchaient le vivre-ensemble avec les mêmes menaces à la clé, ceux-là sont les pires.

« D’esprit pacifiste », écrit-on ! On aura tout vu ! Pourquoi pas « d’esprit cool et amical » ?

Et c’est quoi, un monument aux morts « intéressant » ?

On prend les victimes pour des cons, on prend les morts pour des cons, on prend les Français pour des cons.
Aux gouvernés les gouvernants apprennent la guerre quand ça les arrange et son contraire la paix et le pacifisme quand ça les arrange aussi. A leur guise et à leur profit, par le fouet ou par la caresse, à coups de médias à la botte et subventionnés, subventionnés aussi bien par ceux qui en profitent (une minorité) que par ceux qui en sont les victimes (une majorité), à coups de lois, ils font des gouvernés des lions ou des veaux.
Pour ce qui est d’aujourd’hui, leur plan est que nous soyons veaux.
Attention quand même, le veau, parfois ça bouse.

–––––
* Pas sûr que Picarde maudissant la guerre soit le titre d’origine tellement il est politiquement correct, et de l’air du temps d’aujourd’hui.
** http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/itiinv/1418/peronne.html
La page à laquelle renvoie le lien ci-dessus a pour titre « LA SOMME A SES ENFANTS ». Lisez « LA SOMME À SES ENFANTS ».
A cette occasion, rappelons-nous cette amusante et capitale équivoque « ELISABETH AIME PETER », qui pourrait être lue « ÉLISABETH AIME PÉTER », mais qui signifie qu’Elisabeth est amoureuse du Britannique Peter.
En revanche, peu de risques d’équivoque pour un lecteur attentif si l’auteur a pris la peine d’écrire « ÉLISABETH AIME PETER ».

 

• 25 avril 2015
Leçon 60. –
« Discours lors des commémorations du centenaire du génocide arménien »*, publié le 24 avril 2015

Certaines graphies fautives sont en gras, au lecteur de rétablir les bonnes ; il pourra en faire un jeu.
Les erreurs de ponctuation sont d’origine, elles aussi.
Voici, entre autres...

    Discours lors des commémorations du centenaire du génocide arménien.

[Un même discours pour chaque cérémonie de commémoration ? « Discours lors des commémorations » ou « lors de la commémoration » ?]

    La France, ils ont contribué la reconstruire après la guerre ; la France ils l’ont faite rayonner par leurs talents partout dans le monde.

[Activez la lecture audio que propose le site et écoutez : « ils ont contribué zéro à la reconstruire après la guerre ».]

   Nous sommes également conscients que c’est avec cette disparition de 1,5 million d’Arméniens il y a 100 ans que le mot « génocide » a pu être si je puis dire inventer.

[Si je puis dire et si je puis écrire.]

C’est reconnaitre une tragédie qui, par son ampleur, a frappé l’humanité toute entière.

––––
*
http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-lors-des-commemorations-du-centenaire-du-genocide-armenien-2/

 

• 27 avril 2015
Leçon 61. –
« La langue, notre patrie »*, par Jean Daniel, publié le 24 avril 2015, ou comment parler pour ne rien dire

Citation

    Je voulais le dire parce que c’est un vrai sujet de réflexion : dans tous mes voyages j’ai toujours rencontré des étrangers qui parlaient notre langue avec un soin bien supérieur au nôtre, et le désir d’être à sa hauteur, au point parfois de devenir des artistes en raison de cet amour même.

Analyse de texte

D’abord tapons sur les Français et frappons-nous nous-mêmes pour nous faire pardonner de frapper les autres (comme le fait Jean Daniel en s’incluant dans son « nôtre »).
Ensuite choisissons le mot « soin » au lieu de mots plus adaptés, comme « efforts », « précaution », « attention portée à ce que l’on dit », et le tour est joué : nous avons réussi à dire qu’un étranger non francophone de naissance a plus de mal à parler le français qu’un Français francophone de naissance.
« Un vrai sujet de réflexion » en quelque sorte. La suite de l’article est du même tonneau.

N’est-ce pas Verdun Barrot qui écrivait : « Les Français ont une imagination sans bornes pour se trouver des défauts » ?

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*
http://tempsreel.nouvelobs.com/edito/20150424.OBS7896/la-langue-notre-patrie.html

 

 28 avril 2015
Leçon 62. –
« La langue, notre patrie »*, par Jean Daniel, publié le 24 avril 2015, ou comment parler pour ne rien dire, suite

Voici le paragraphe qui suit immédiatement celui dont j’ai parlé dans ma Leçon précédente :

    Jamais on n’a autant écrit ou traduit de livres en français et il est remarquable de voir tant de Méditerranéens à des postes à responsabilité. Comme si les plus belles discussions sur l’islam ne pouvaient se faire qu’en français.

Il est très obscur, ce paragraphe, et il est bien étrange, ce « Méditerranéens ».
C’est quoi, des « Méditerranéens » ?
Des Français du Sud, des Espagnols de l’Est et du Sud, des Italiens, des Grecs, des Maltais, des Turcs, des Libanais... ?
« Méditerranéens » ne serait-il pas ici synonyme de « Maghrébins » et même, plus exactement, de « musulmans » voire de « musulmans maghrébins » ?
On n’ose plus dire « Maghrébins » ni « musulmans » ? C’est tabou ? On préfère un terme plus large, et même trop large, et on dit « Méditerranéens » ? Résultat, le lecteur ne comprend pas le message ?

Ensuite quel rapport entre, d’une part, l’écriture et la traduction de livres en français et, d’autre part, les nombreux « Méditerranéens » occupant « des postes à responsabilité » (où ? dans quel pays ? la France ?) ?
Enfin quel rapport entre « des postes à responsabilité » et « les belles discussions » (lesquelles ? où ? quand ?) en français sur l’islam ?

Un petit problème de langue, Jean Daniel ?

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*
http://tempsreel.nouvelobs.com/edito/20150424.OBS7896/la-langue-notre-patrie.html

 

13 mai 2015
Leçon 63. – Croix-Rouge, le slogan en carton

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Source :
https://soutenir.croix-rouge.fr/media/wysiwyg//HP_Carousel/0CR1501_CRF_Groupe_775x492px_V1.jpg

 

13 mai 2015
Leçon 64. – Le slogan en carton, 2 : « Egalité pour tous »

Montpellier, 13 mai 2015. Mères d’élèves maghrébines réclamant « davantage de mixité [...] dans les établissements scolaires ».

Une piste pour la correction : « Egalité entre tous ».

L’égalité pour tous, ça ne veut rien dire.

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Source :
http://www.midilibre.fr/2015/05/13/montpellier-l-operation-coup-de-poing-des-mamans-du-petit-bard,1161061.php

 

14 mai 2015
Leçon 65. – La langue française à la sauce PS : la carte d’« adhérent-e »

 

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Source : sur le site de la section PS du pays de Romans à
http://section-ps-du-pays-de-romans.parti-socialiste.fr/files/2013/02/carte-pse-2013.jpg

 

15 mai 2015
Leçon 66. – Quand Nicolas Sarkozy « relisai[t] ce magnifique livre de Victor Hugo, 1793 »

 

 

Primo, le « magnifique livre » de Victor Hugo a pour nom et pour graphie Quatrevingt-treize, et non 1793 ni même 93.
Secundo, on doit écrire « 1re » et non « 1ere » ni même « 1ère ».
Tertio, étant donné qu’il s’agit d’un livre que Nicolas Sarkozy dit avoir lu (déjà qu’on doute qu’il l’ait lu…) et relu (on en doute encore plus), la grosse erreur du titre est surprenante.

On se rappellera avec profit certains lapsus de bouche de Nicolas Sarkozy comme « les Roujon-Macquart » [correction : les Rougon-Macquart], de Zola, qu’il disait apprécier ; « Stéphane Camus » [correction : Albert Camus] ; « Roland Barthèze » [correction : Roland Barthes] ou « chrétienneté » [correction : chrétienté].
Le plus drôle est « Barthèze » selon moi. A mon avis, il n’a lu que la couverture.

Curieusement, les propos du tweet de Nicolas Sarkozy sont flanqués de guillemets ; je suppose qu’il se cite lui-même et, pour ce faire, choisit très logiquement les meilleurs morceaux...

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Source :
https://twitter.com/NicolasSarkozy le 11 mai 2015.

 

20 mai 2015
Leçon 67. – Les Nabilla de l’info

Leparisien.fr du 19 mai :

    Vive émotion à Romainville après une bagarre qui a dégénéré dimanche matin place Carnot et qui a laissé craindre le pire, pour une femme de 57 ans, blessée à la tête d’un coup de machette.

Ils les prennent où, les journalistes ? à la maternelle ou en hôpital psychiatrique ?
La formule « une bagarre qui a dégénéré » n’est pas nouvelle, et c’est ça, le pire ; elle est devenue une habitude, avec sa variante « bagarre qui a mal tourné » dans la tout aussi habituelle rubrique « Etait au mauvais endroit au mauvais moment », alias « La faute à pas de chance ».

A qui mieux qu’au rédacteur de l’article peut s’appliquer le terme de « dégénéré » ?

 

 

25 mai 2015
Leçon 68. – Permettre de pouvoir être possible

Copié-collé d’un de mes commentaires sur le site de Bruno Dewaele, « champion du monde [sic] d’orthographe ».

    Voici quelques phrases remarquables tirées d’un des derniers discours du personnage au plus haut de l’Etat en France, discours publié le 21 Mai [sic] 2015.

(Dans l’impossibilité d’utiliser le gras ou l’italique sur votre site, j’ai dû mettre les mots importants en capitales.)

– « Vous avez également été CAPABLE aussi bien de développer des micro-entreprises, que de PERMETTRE à des start-up de devenir leaders dans leur domaine. »

Noter le « capable de permettre ».

– « J’ai veillé à ce que nous PUISSIONS avoir un certain nombre d’instruments qui PUISSENT être utiles aux entreprises. »

– « Le concours mondial de l’innovation vise à PERMETTRE que les projets les plus innovants PUISSENT être accompagnés. »

Noter le « permettre qu’ils puissent ».

– « PERMETTRE que des étudiants qui voulaient créer leur entreprise PUISSENT le faire tout en gardant leur statut d’étudiant. »

Noter encore le « permettre qu’ils puissent ».

– Un statut « qui PUISSE leur PERMETTRE de donner toutes leurs chances à leur création d’entreprise ».

– « La démocratie, c’est aussi de PERMETTRE à chacune et à chacun de POUVOIR créer. »

Noter le joli « permettre de pouvoir ».

– « PERMETTRE que la création d’entreprise PUISSE être POSSIBLE pour tous .»

Noter que ci-dessus nous avons un condensé : « permettre de pouvoir être possible ».

– « Nous POURRONS simplifier autant qu’il sera POSSIBLE. »

Toutes – oui, toutes – ces phrases sont tirées d’un seul et même discours, qu’on trouvera retranscrit officiellement ici :
http://www.elysee.fr/declarations/article/cloture-des-30-ans-d-initiative-france-3/

 

permettre-de-pouvoir-etre-possible

Copie partielle d’écran de http://www.elysee.fr/declarations/article/cloture-des-30-ans-d-initiative-france-3/

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N. B. « Permettre d’être capable », « être capable de pouvoir » et autres tournures hollandiennes tout aussi récurrentes du même genre, voir, entre autres, mes Leçons 19, 22, 23, 24, 26, 30, 38, 48, 49 et 58.

 

27 mai 2015
Leçon 69. – Panthéon, 1. De « la jeunesse [...] qui avait racheté les fautes dont le poids la courbait » à l’« élan qui permet d’essuyer les plaies »

Christian Combaz analyse le discours de François Hollande au Panthéon le 27 mai 2015 :

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/05/27/31001-20150527ARTFIG00396-le-president-normal-au-pantheon.php

 

28 mai 2015
Leçon 70. – Panthéon, 2. La « panthéonnade »

Un beau néologisme trouvé ce jour sur le web : panthéonnade.

 

30 mai 2015
Leçon 71. – Panthéon, 3. « Elle entendait sortir son peuple de l’ombre par la lumière de l’expression de la volonté générale »

Les meilleurs passages du discours de François Hollande place du Panthéon le 27 mai 2015.

Janotismes

    [Ils] seront tous deux exécutés au Mont Valérien en 1942 avec la bibliothécaire Yvonne ODDON qui elle, sera déportée.»

[La double peine en quelque sorte pour Yvonne Oddon, exécutée puis déportée.]

    Ses textes sortent de la cellule où il [Pierre Brossolette] est emmuré grâce à la témérité et à l’ingéniosité de son épouse Madeleine.

[Emmuré grâce à la témérité de son épouse.]

Métaphores

    Cet élan qui permet d’essuyer les plaies.

    Un drapeau pour éradiquer les bidonvilles.

Redondance

    Ce qu’ils voulaient être, c’est être tous compagnons de la même Libération.

[Ce qu’ils voulaient être, c’est être…]

Comique involontaire

    En tombant, il crie encore : « Je ne renonce pas ! »

[C’est même tragi-comique : Pierre Brossolette se jette dans le vide et meurt juste après avoir dit « Je ne renonce pas ! »]

Exagération romanesque

    Ils ensevelissent alors son corps [le corps de Jean Zay] sous des rochers comme pour en finir avec le corps même de la République, pour qu’il ne soit jamais retrouvé.

[Là, trop c’est trop. Tambours et surinterprétation]

Lapalissade

    Courage que celui aussi de Geneviève DE GAULLE-ANTHONIOZ.

[Traduction : le courage de Geneviève de Gaulle-Anthonioz était du courage]

Orthographe

    Les haines dont Vichy s’était emparées.

    Une conscience peut toujours parler d’égal à égal à une autre conscience.

[Corrections : emparé ; d’égale à égale]

Jeux de mots et allitérations

     Ne pas plier, ne pas se replier.

     Réformer pour ne rien refermer.

La meilleure pour la fin

    Elle entendait sortir son peuple de l’ombre par la lumière de l’expression de la volonté générale.

La presse, les mercelots médiatiques nous avaient prévenus : le président peaufine son texte depuis des mois pour se hisser à la hauteur d’André Malraux et ce sera un des plus grands discours de son quinquennat.

 

sortir-son-peuple-de l-ombre

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http://www.elysee.fr/declarations/article/ceremonie-d-hommage-solennel-de-la-nation-a-pierre-brossolette-genevieve-de-gaulle-anthonioz-germaine-tillion-et-jean-zay-pantheon-3/

 

30 mai 2015
Leçon 72. – Ce lent naufrage de la France est-il inexorable ?

François Hollande, j’ai toujours essayé de vous ménager dans ces pauvres écrits, n’allant jamais jusqu’au bout de ma pensée, mais là, avec le discours du 21 mai et celui du Panthéon, vous avez dépassé la mesure raisonnable.

Je vous le dis donc : François Hollande, vous êtes nul ; faites-vous relire, faites-vous corriger ou faites écrire vos discours par des gens compétents. Qu’on en finisse.

Bénéfices : moins de temps passé à écrire des maladresses contre-productives ou risibles, moins de temps passé à faire cette laborieuse, cette consciencieuse corvée de remplissage ; quelques emplois créés indirectement mais, surtout, plus de temps pour vous à consacrer aux problèmes qui nous accablent – le terme n’est pas excessif – chaque jour un peu plus, nous les sans-dents, les trahis, les poignardés dans le dos ; un peu plus de temps consacré à empêcher ce que tout homme qui ouvre les yeux ne peut qu’appeler le lent naufrage de la France, un lent naufrage qui sous votre barre paraît inexorable.

Vous ne pourriez imaginer la profondeur, la douleur du désespoir qui a saisi vos compatriotes. Ce ne sont pas vos formules maladroites qui apaiseront leur désespoir – elles l’exacerbent.

Le mot « hors sol » qui, depuis un an ou deux, revient presque à tout propos sous la plume de nos mercelots médiatiques nourris au grain des subventions publiques décrit parfaitement – il leur arrive, aux journalistes, de trouver le mot adéquat à mettre sur une chose, mais c’est rare, car eux-mêmes sont la plupart du temps hors sol et hors temps – ce que les Français pensent de leurs gouvernants et de leurs candidats à gouverner, qu’ils soient de droite ou de gauche ; l’éventail politique ne brassant que du vent tiède.

––––
N. B. Pour le texte ci-dessus, je n’ai pas utilisé la fonction « écrire au président » du site de l’Elysée.
En 2014 et en 2015, j’ai utilisé cette fonction cinq fois, mais, comme je l’ai dit plus haut, je n’ai pas même reçu un accusé de réception – pas même un accusé de réception automatique. Fonction de façade donc, communication Potemkine. Elysée déconnecté. C’est bien ce qu’on disait : hors sol.

 

31 mai 2015
Leçon 73. – La charte de la modération du Figaro.fr. Stupéfiant
*

Voici ce que j’y lis :

    Les citations de textes religieux sont refusées dans les commentaires, peu importe leur source (Bible, Coran, Torah ou autre). En effet, nos modérateurs n’ont hélas pas les moyens d’en vérifier l’authenticité.

Le censeur appelé par euphémisme modérateur n’a « pas les moyens [de] vérifier l’authenticité » d’une citation religieuse, donc le commentaire est censuré ; plus précisément, tout le commentaire est censuré, effacé. L’excuse est grossière, controuvée, stupéfiante ! car c’est aux lecteurs, qui pour la plupart sont des adultes et savent faire une recherche sur le web, en bibliothèque ou dans leur bibliothèque, de vérifier s’ils le désirent, pas aux modérateurs.
Le mot « hélas » est singulièrement douteux, il tente très maladroitement de faire passer la pilule amère et inavalable de « pas les moyens ».
Avec de pareils arguments, tout, absolument tout pourrait être censuré, puisque les censeurs n’ont pas les moyens de vérifier quoi que ce soit.

Dans quel monde sommes-nous tombés ? Infantilisés, bernés, nous sommes chair à censure, et les censeurs, confiants, semble-t-il, que nous sommes des veaux, ne font même pas l’effort de paraître un peu crédibles.
Chaque jour, le spectacle de la société française est stupéfiant ; tout Français qui a au moins un œil ouvert vit dans une stupéfaction permanente et dans l’impossibilité grandissante de concilier les affirmations, les injonctions contradictoires des gouvernants et de leurs serviles ou imbéciles mais puissants relais les grands médias.
A ce régime, nous les gouvernés risquons de perdre notre équilibre mental. C’est probablement fait pour.
A terme aussi existe le risque que la tyrannie des injonctions contradictoires fasse sombrer la société dans l’ultraviolence, qu’elle fasse tomber tous les interdits que la civilisation avait créés pour sa conservation, toutes les barrières que la civilisation avait dressées pour sa conservation. L’ultraviolence apparaîtra comme le seul moyen pour les gouvernés d’exprimer leur dépit et leur impuissance hébétée.
Peut-être est-ce également fait pour. En tout cas, il faut se poser la question.

 

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* http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/05/29/01016-20150529ARTFIG00072-maitrisez-vous-la-charte-de-moderation-du-figarofr.php

 

31 mai 2015
Leçon 74. – La charte de la modération du Figaro.fr, suite*

 

La modération pratiquée n’est pas arbitraire comme le serait une «censure». Nous accuser de censure est donc dénigrant.

 

Ils ont tout prévu : même l’interdiction de critiquer la modération et de la qualifier de censure. Comparer la modération à une censure vous vaudra donc la censure !
Ils ont tout prévu et tout verrouillé : « La modération pratiquée n’est pas arbitraire comme le serait une "censure". Nous accuser de censure est donc dénigrant. »

Pas trop grave, me dira-t-on, le Figaro.fr est devenu un journal de football.

––––
* http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/05/29/01016-20150529ARTFIG00072-maitrisez-vous-la-charte-de-moderation-du-figarofr.php

 

21 juin 2015
Leçon 75. – Un monde de faux hypersensibles à l’affût du moindre des dérapages

                                                                      « Les panneaux, c’est du chinois », Le Parisien du 8 juin 2015

On a encore le droit de dire « c’est du chinois » sans être poursuivi pour propos racistes ou xénophobes ?
A mon avis, ça ne va pas durer.

 

22 juin 2015
Leçon 76. – Vidéo du discours de François Hollande à Bordeaux au salon Vinexpo, publiée le 14 juin 2015*

1. – Légende de la vidéo sur le site Elysee.fr : « Le président François Hollande s’est rendu à Brodeaux [sic] pour inaugurer Vinexpo, le salon international du vin et des spiritueux. »

2. – François Hollande prononce [eunologie] le mot œnologie et [eunotourisme]** le mot œnotourisme.

3. – Pour compléter cette leçon, écoutez la très amusante vidéo du Journal de Bertrand Chameroy
http://www.dailymotion.com/video/x2ubl5j_francois-hollande-ivre-au-salon-vinexpo_tv?start=3

 

Brodeaux

                                                                                                               « Brodeaux ». Copie d’écran.

––––
* http://www.elysee.fr/videos/discours-lors-de-l-inauguration-du-salon-vinexpo/
**
Au lieu de [énologie] et de [énotourisme] quoi qu’en dise le Larousse.

Mos clés : prononciation, consommotion, rochoffement, régularzation, dorzéjédéjà. [9 septembre 2015 : v. aussi la leçon 96.]

 

23 juin 2015
Leçon 77. – Un slogan pour les politiques

« Faire chère lie, faire bonne chère et vie joyeuse », Littré.

Entre d’une part les politiques, qui festoient, s’égaient et roulent carrosse, et d’autre part les Français sommés quotidiennement de creuser leur propre tombe, rien ne va plus, et la paix ne tient plus qu’à un fil.

 

25 juin 2015
Leçon 78. – Des signes inquiétants

Plus de bleu-blanc-rouge sur la page d’accueil du site Elysee.fr, juste un funèbre, un sinistre bandeau noir :

Et plus de drapeau sur le palais de l’Elysée.

Ici le drapeau sur le toit de l’Elysée :

Ici plus de drapeau le 5 juin 2015 (François Hollande est au centre de la photo) :

Photo présente sur le site de l’Elysée à
http://www.elysee.fr/assets/_resampled/9e3836c9468fe20e0384445cc4779e407529c42d.JPG

 

28 juin 2015
Leçon 79. – Qui l’a dit ?

Qui a dit : « Le besoin de correcteurs, je crois qu’il est réel, on ne va pas corriger simplement par des logiciels, il y a ce qui s’appelle tout simplement l’intervention humaine, parce que ce n’est pas simplement l’orthographe, c’est la qualité de la langue et la clarté de l’expression, c’est ça, votre rôle » ?

C’est François Hollande qui l’a dit ; il répondait le 2 mars 2012 à une question d’une correctrice sur le métier de la correction.
Le 2 mars 2012, c’est bien loin, tout ça.

Voir
https://www.change.org/p/fran%C3%A7ois-hollande-fleur-pellerin-pour-la-survie-du-m%C3%A9tier-de-correcteur-sauvons-son-%C3%A9cole?utm_source=guides&utm_medium=email&utm_campaign=petition_created

 

1er juillet 2015
Leçon 80. – De l’importance de la virgule

Commentaire de David Perrotin sur Twitter (https://twitter.com/davidperrotin) le 30 juin 2015 à propos d’un slogan proféré par des manifestants parisiens réclamant la démission des ministres Valls et Cazeneuve après la décapitation (selon toute vraisemblance par un musulman forcené ; affaire non encore jugée ; détails ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_de_Saint-Quentin-Fallavier) d’Hervé Cornara à Saint-Quentin-Fallavier le 26 juin 2015 :

    Après l’antisémitisme à #jourdecolère, hallucinant que la @prefpolice autorise des "Islam assassin, hors de France".

Mon commentaire
Il faut faire une différence entre « Islam assassin, hors de France ! » et « Islam, assassin, hors de France ! ».
Dans la première formulation (une seule virgule), l’islam n’est pas considéré comme toujours assassin ; dans la deuxième formulation (deux virgules), il l’est.
Le twitto David Perrotin semble donner au slogan, bien qu’il n’ait mis qu’une seule virgule dans le slogan de son tweet, le sens de « l’islam est toujours assassin », ce qui n’est pas logique ; en d’autres termes, ce qui semble choquer David Perrotin, c’est un amalgame – comme disent les gens très lettrés – entre musulmans et islamistes, mais la ponctuation de son tweet prouve qu’il n’y a pas d’amalgame.

Bien malin qui peut entendre cette virgule ou l’absence de cette virgule dans un slogan hurlé par une foule : pour la virgule avant « assassin », il faut interroger l’auteur du slogan et les manifestants qui l’ont scandé*.
En revanche, une formulation dépourvue de toute virgule, soit « Islam assassin hors de France », ne signifierait pas grand-chose dans le contexte de cette manifestation, le contexte impose donc au moins une virgule avant « hors ».

 

Autre commentaire de David Perrotin sur Twitter le 30 juin 2015 à propos d’un autre slogan proféré par ces mêmes manifestants parisiens :

    Au rassemblement de Riposte Laique place de la Bourse, ils scandent: "Musulmans modérés complices des islamistes"

Mon commentaire
Sans virgule, le slogan « Musulmans modérés complices des islamistes ! » ne signifie rien. Il interpelle les musulmans modérés qui sont complices des islamistes (donc pas tous les musulmans modérés), mais la phrase n’est pas finie, elle est incomplète, donc elle n’a pas de sens.
Sous cette forme, par exemple, elle aurait un sens : « Musulmans modérés complices des islamistes, nous vous démasquerons ! »

En revanche, « Musulmans modérés, complices des islamistes ! », avec une virgule, a un sens et est complet, et signifie : les musulmans modérés sont complices des islamistes.
En revanche encore, la formulation « Musulmans modérés complices des islamistes », avec ou sans point d’exclamation, pourrait convenir à un titre d’article : cet article parlerait des musulmans modérés complices des islamistes, l’article développerait le titre ; mais dans un slogan une telle formulation sans virgule n’a pas de sens, pour des raisons que j’exposerai plus tard.

––––
* 2 juillet. La mise au point qui suit n’invalidera en rien ce que j’ai dit dans cette leçon : il faudrait écrire « qui l’auraient scandé » ; en effet, je viens de voir et d’écouter cette vidéo de la manifestation : https://youtu.be/5g0TKDNivco, et le slogan exact est « Islam, assassin ; islam, hors de France ! » (la ponctuation du slogan exact est de moi, et cette ponctuation que j’ai choisie me semble s’imposer).

 

2 juillet 2015
Leçon 81. – François Hollande : « Je veux être capable d’être à ma place. »

Citation* :

    "Depuis le début de mon quinquennat, je dis qu’il faut accélérer (...) parce qu’il y a des urgences qui sont maintenant insupportables, la première étant bien sûr la lutte contre le chômage", a argumenté François Hollande, qui conditionne son éventuelle candidature en 2017 à sa réussite sur le terrain de l’emploi. "Je serai encore samedi au Mans et dimanche à Bordeaux. Ce n’est pas pour des raisons politiques, c’est pour des raisons à chaque fois économiques, s’est défendu le président. Je veux être capable d’être à ma place."
Par Francetv info avec AFP. Mis à jour le 12/06/2015

On comprendrait un « Je veux être là où on a besoin de moi », mais, « Je veux être capable d’être à ma place », ça veut dire quoi ? Qu’il suit une formation pour être à la hauteur de son poste ?

––––
* http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/omnipresent-sur-le-terrain-francois-hollande-dement-etre-en-course-pour-2017_949041.html

 

 

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