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Comment écrire au président de la République
et ne recevoir aucune réponse
– et autres guitares
, 4


 

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• 23 janvier 2015
Leçon 26. – Vœux au monde éducatif* de François Hollande, publié le 22 janvier 2015

Parmi les mille et une remarques que je pourrais faire sur les maladresses d’expression**

    Tout ce qui peut permettre que beaucoup, quel que soit leur âge, puissent être utiles, puissent servir l’intérêt général, puissent tout simplement s’engager pour la République.

[Pouvoir permettre qu’on puisse. Problème de langue récurrent, voir les leçons 19, 22, 23 et 24]

    Il y a eu une disposition législative qui a été votée et qui permet que dans chaque lycée, il puisse y avoir la possibilité d’accéder aux formations sélectives de l’université ou des grandes écoles.

[Permettre de pouvoir qu’on puisse. Problème de langue récurrent, voir les leçons 19, 22, 23 et 24]

    Nous veillerons donc à instaurer un cadre propice pour que ces règles puissent être partagées.

[Pouvoir pouvoir. Problème de langue récurrent, voir les leçons 19, 22, 23 et 24.

Ne dirait-on pas que le pouvoir a un problème avec le pouvoir ?]

   Ce qui a fait il y a maintenant près de 150 ans l’école publique, laïque, obligatoire telle que Jules FERRY l’avait conçue, c’était d’abord pour permettre à tous les jeunes de France de disposer du même enseignement.

[Rupture de phrase, fracture ouverte. Traduction : ce qu’a fait Jules Ferry, c’est qu’il a permis, etc.]

 

Tics

    Or, ce n’est pas toujours simple.

[Le retour du pas-facile. Encore un problème de pouvoir : c’est pas simple, donc va-t-on pouvoir ? Voir la leçon 22]

    ... chance(s)

[Quatre occurrences.
On pourrait aussi faire le compte, dans chaque discours, des synonymes atout, avantage, opportunité, etc.]

 

Entre autres coquilles

    J’ai décidé de lancer un Grand plan numérique pour l’Éduction.

[Le ministère de l’Expectoration ? Si j’en crois ce dictionnaire, éduction signifie en effet expectoration.

Correction proposée : l’Education]

eduction

    Mais il ne serait y avoir de transmission des valeurs sans un renforcement des maîtres, de leur autorité.

[Correction : il ne saurait y avoir]

    Les événements que nous venons de connaitre.

[Correction : connaître]

    Ca se fait avec les travailleurs sociaux qui suivent des familles.

[Correction : Ça]

    Ca fait partie de la responsabilité.

[Correction : Ça]

–––––
* http://www.elysee.fr/declarations/article/v-ux-au-monde-educatif-3/
** La liste de l’ensemble des coquilles et maladresses d’expression est disponible sur demande.

 

• 25 janvier 2015
Leçon 27. – Lettre du 17 janvier 2015 de Bernard Cazeneuve à Nicolas Sarkozy*

sauf-a-2

Tombé hier sur la lettre de cinq pages de Bernard Cazeneuve à Nicolas Sarkozy publiée sur le Figaro.fr, dont j’extrais ce qui suit.

    Le protocole n°4 additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales stipule en son article 3 alinéa 2 que « Nul ne peut être privé d’entrer sur le territoire de l’Etat dont il est le ressortissant. » Sauf à prendre le risque de se trouver sanctionné par la Cour européenne des Droits de l’Homme, cet article s’oppose donc à ce que le retour en France de ressortissants français soit interdit, qu’ils aient ou non une autre nationalité.

Commentaire

Primo, notons que sauf à ne signifie pas à moins de ni à moins que ni sauf si, mais quitte à ou avec la réserve que** ; secundo, ce n’est pas l’article 3 – qui est grammaticalement à la fois le sujet de s’oppose et celui de prendre – qui prendrait le risque, mais Bernard Cazeneuve ou l’Etat ou la France.

Correction

La deuxième phrase, qui va de « Sauf à prendre » à « nationalité », a le sens suivant, qui trahit la pensée de l’auteur jusqu’à l’absurde :

    Quitte à ce que l’article 3 soit sanctionné par la Cour européenne, cet article 3 s’oppose donc à ce que le retour en France de ressortissants français soit interdit, qu’ils aient ou non une autre nationalité.

Il faut donc écrire :

    Cet article 3 s’oppose donc à ce que le retour en France de ressortissants français soit interdit, qu’ils aient ou non une deuxième nationalité ; si la France ne le respectait pas, elle s’exposerait à être sanctionnée par la Cour européenne des droits de l’homme.

Ou, plus long, mais plus proche de la phrase d’origine :

A moins de prendre le risque d’être sanctionnés par la Cour européenne des droits de l’homme en vertu de l’article 3, qui s’oppose à ce que le retour en France de ressortissants français soit interdit, qu’ils aient ou non une deuxième nationalité, nous ne pouvons pas, etc.

–––––
* Lettre intégrale en PDF ici.
Notez que, alors que le Figaro.fr l’a publiée, la lettre est introuvable sur le site du ministère de l’Intérieur. Ce seraient donc les services de Nicolas Sarkozy qui l’auraient scannée pour la transmettre au Figaro.fr ?
** Voir le sens que cette locution a dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi » ; ou dans cette phrase d’Alexandre Dumas dans Joseph Balsamo : « Elle plia donc, sauf plus tard à se relever ».
Les exemples que donne Littré sont les suivants : « Faites vite, sauf à corriger plus tard » et « Faites-le ainsi, sauf à recommencer » ; ils ont pour signification : « Faites vite, quitte à corriger plus tard s’il y a des fautes » et « Faites-le ainsi, même si vous vous exposez à devoir recommencer si le résultat n’est pas satisfaisant ».

 

• 26 janvier 2015
Leçon 28. – Plus sur « sauf à », 1
. Un contresens de Larousse

Le Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse (dix volumes, 1985) se trompe quand il dit : « Litt. Sauf à + inf., en excluant telle éventualité : Il promettra tout ce qu’on voudra, sauf à renier sa parole. »
C’est tout le contraire qu’il eût fallu écrire : « sans exclure telle éventualité », et non « en excluant telle éventualité ». La phrase exemple « Il promettra tout ce qu’on voudra, sauf à renier sa parole » prend alors tout son sens brutal et cynique : « Il promettra tout ce qu’on voudra, quitte à renier sa parole, sans qu’il exclue l’éventualité de se dédire, de dépromettre*. »

sauf-a

–––––
* Dépromettre, retirer une promesse (Littré).

 

Leçon 29. – Plus sur « sauf à », 2

Imaginons un contrat ainsi rédigé, car la locution « sauf à » est fréquente dans les documents juridiques : « Le soussigné devra obéissance et assistance à son supérieur hiérarchique, sauf à risquer sa vie pour lui. »
Le signerez-vous en connaissance de cause ?

Voici maintenant un exemple équivoque : « Je m’engage à tout faire pour aider M. Untel, sauf à mourir pour lui. »
Le sens est équivoque, double et indécidable, car on ne sait pas si le « à » dépend de « s’engage » ou s’il est indépendant de ce verbe : « Je m’engage à tout faire, mais j’exclus de m’engager à mourir pour lui » ou « Je m’engage à tout faire, quitte à mourir pour lui » ?

Le problème avec la locution « sauf à », c’est donc qu’elle a toujours l’apparence d’exclure, alors que, la plupart du temps, c’est tout le contraire.

Un extrait d’un règlement de copropriété :

sauf-a

    [Il] pourra user librement des parties communes, sauf à respecter leur destination et ne pas faire obstacle aux droits des autres copropriétaires.

Ici le sens est le suivant : Il pourra user librement... à condition de respecter, à la réserve qu’il respecte, sans exclure l’obligation de respecter...

 

• 27 janvier 2015
Leçon 30. – Discours de François Hollande au Forum économique mondial de Davos du vendredi 23 janvier 2015
*

Discours trop lourd, trop plat, trop ennuyeux, beaucoup trop long : pas lu en entier.
Le style est relâché, comme d’habitude.

    J’évoquais donc la capacité de nos économies à pouvoir faire face.

[Capable de pouvoir. Problème de langue très récurrent, voir les leçons 19, 22, 23 et 24]

    Il n’y a pas de capacité à porter un grand message s’il n’y a pas des forces économiques qui permettent d’avoir cette indépendance, cette capacité et cette reconnaissance.

[Permettre une capacité. Problème de langue très récurrent, voir les leçons 19, 22, 23 et 24]

     Le terrorisme a une source qu’il convient d’abord de nommer : l’islamisme radical.

[Tautologie très courante chez les politiques et dans les grands médias : le radicalisme radical.
Le mot d’abord est mal placé.]

    L’islamisme radical, c’est à dire l’idéologie meurtrière d’Al-Qaïda.

[Correction : c’est-à-dire]

    La lutte contre le dérèglement climatique est également un enjeu de solidarité. Les pays les plus touchés sont déjà les pays les plus vulnérables, comme s’il y avait une fatalité, qu’aux inégalités déjà insupportables, entre les productions et les revenus, s’ajoutait, hélas, l’accumulation des calamités sur les mêmes !

[Construction fautive (le premier déjà est mal placé), erreur de mode verbal (un indicatif au lieu d’un subjonctif), ponctuation résolument anarchique et fautive, répétitions alourdissantes (deux fois déjà), mot inutile au sens (hélas)... ; bref, une très, très grande pesanteur générale.
Un peu mieux : La lutte contre le dérèglement climatique est également un enjeu de solidarité. Pour comble de malheur, les pays les plus touchés sont ceux qui sont les plus fragiles, comme s’il y avait une fatalité qu’aux inégalités déjà insupportables entre les productions et les revenus s’ajoutât la calamité climatique !]

    Je me suis dit qu’il n’y avait qu’en France où on pouvait organiser une manifestation de chefs d’Etat dans la rue, et voir la population les applaudir.

[Correction : Je me suis dit qu’il n’y avait qu’en France que l’on pouvait... ou Je me suis dit que la France était le seul pays où l’on pouvait...]

    On ne peut pas prétendre être une bonne Nation si l’on n’est pas capable de donner au monde ce qu’il attend de nous, c’est-à-dire de la France.

[Ici le problème est que François Hollande passe du on (tout le monde, toutes les nations ici représentées) au nous (nous les nations qui sommes ici [?]) puis à la France (le pays que je représente).

François Hollande semble avoir voulu dire ceci :

    Nous la France ne pouvons pas prétendre être une bonne nation si nous ne sommes pas capable de donner au monde ce qu’il attend de nous**. 

N. B. Ici « capable » ne peut être qu’au singulier.]

    ... une bonne Nation

[Curieuse expression. Un nouveau concept peut-être ? N’importe qui aurait dit une grande nation.]

   ...  opportunité(s)

[Quatre occurrences]

   ...  atout(s)

[Une occurrence]

   ...  chance(s)

[Zéro occurrence]

   ...  pas facile

[Zéro occurrence]

–––––
* http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-au-forum-economique-mondial-de-davos-2/
** Sur ce modèle, François Hollande pourrait dire : « Moi président de la France, je ne peux pas prétendre être un bon président si je ne suis pas capable de donner aux Français ce qu’ils attendent de moi.
 » On serait d’accord ; d’ailleurs il est plus urgent et il sera plus facile de faire du bien à la France que de faire du bien au monde.

 

• 29 janvier 2015
Leçon 31. – « Discours au Memorial [sic] de la Shoah », publié le 27 janvier 2015
*

Lu en diagonale.

    Epuisés de faim, de froid, de maladies, ils vivaient leur dernier martyr dans les plaines glacées de Silésie.

[Correction : ... de maladie, ils vivaient leur dernier martyre]

    C’est Frantz FANON, le philosophe anticolonialiste, qui eût cette phrase...

[Correction : ... eut.

« N’en jetez plus, la cour est pleine ! », me souffle-t-on.]

–––––
* http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-au-forum-economique-mondial-de-davos-2/

 

• 30 janvier 2015
Leçon 31. –
N’en jetez plus, la cour est pleine !

« N’en jetez plus, la cour est pleine ! » est une expression qu’on employait dans la France d’avant, la France prémitterrandienne, expression très probablement en rapport avec les chanteurs de cour (voir l’expression chanter dans les cours).
En ce temps-là, de pauvres hères venaient chanter dans les cours des immeubles. Les résidants, du haut des étages, leur jetaient des pièces (des francs, anciens ou nouveaux), qu’en général ils enveloppaient dans un morceau de papier afin qu’elles restent là où elles étaient tombées, qu’elles soient bien visibles et repérables, qu’elles ne roulent pas dans un coin de cour éloigné du chanteur ou dans un regard d’égout de ladite.
L’expression signifie « Arrêtez les compliments, arrêtez les éloges, c’est trop ». Le sens était le plus souvent ironique :
« Maurice ne connaît pas grand-chose à la plomberie, il promet mais ne tient pas, il te change le robinet quand il suffirait de changer le joint, il écrase ses mégots de ses Disque bleu* sur ton lino, bref...
– N’en jetez plus, la cour est pleine ! »

–––––
* Gauloises Disque bleu, marque de cigarettes populaires.

 

• 3 février 2015
Leçon 32. –
« Remise du 20ème [sic] rapport sur le mal-logement par la Fondation Abbé Pierre »*, communiqué de presse du lundi 2 février 2015

Extrait :

    Le nouvel Agenda HLM pour 2015-2018 entre l’Etat et l’Union sociale pour l’habitat fixe un cadre exigeant pour aller toujours plus loin dans l’accès au parc social par les plus modestes. C’est l’engagement de créer 5 000 logements par an à très bas niveau de loyer et de créer 10 000 logements adaptés. C’est l’engagement de réhabiliter 100 000 logements par an. C’est l’engagement de construire 120 000 logements HLM par an.

Mots ronflants (« exigeant », « pour aller toujours plus loin »), sempiternelle anaphore (« c’est »), impersonnalisation (« c’est ») et lien trop lâche entre la première phrase et les trois suivantes.

Il aurait fallu écrire :

    Le nouvel Agenda HLM pour 2015-2018 entre l’Etat et l’Union sociale pour l’habitat fixe un cadre [...]. Ils (ou L’Etat et l’Union sociale pour l’habitat) s’engagent à créer...

L’impersonnalisation par « c’est » conduit à l’imprécision, au flou, à la déresponsabilisation et même à la déshumanisation. Cette impersonnalisation est très fréquente dans les discours et les communiqués hollandiens, avec, entre autres, une multitude de « il y a ».

Quelques exemples parmi cette multitude, tirés de discours de François Hollande :

    Il y a même eu une présence de militaires pour assurer cette protection.

    Il y a une crédibilité de la signature de la France.

    Il y aura des décisions prises pour renforcer encore nos moyens de renseignement.

    Il y a des réformes qui vous sont demandées.

    Il y aura donc la préservation des droits et des devoirs des militaires et en même temps les prérogatives du commandement seront sauvegardées.

    La France entendra chacune de vos préoccupations pour les prendre en compte et faire en sorte qu’il y ait le second principe qui puisse être posé, celui de l’équité.

    Nous avons pu atteindre nos objectifs et aujourd’hui il y a le déploiement d’une force africaine qui a maintenant laissé place à une force des Nations Unies.

Bref, c’est comme si les choses se faisaient toutes seules, comme si personne n’en était à l’origine : déresponsabilisation et déshumanisation.

–––––
* http://www.elysee.fr/assets/pdf/remise-du-20eme-rapport-sur-le-mal-logement-par-la-fondation-abbe-pierre.pdf

 

• 4 février 2015
Leçon 33. –
« Eloge funèbre du président de la République aux 9 militaires morts en Espagne »* le 3 février 2015

Par respect pour nos neuf soldats morts, je ne ferai pas de commentaire pour le moment, pourtant il y aurait bien des choses à dire ou à redire sur les extraits qui suivent.

    Ils s’entrainaient durement.

    Cette mission d’entrainement...

    Les aviateurs doivent s’entrainer.

    L’adjudant chef COMBOURIEU savait motiver ses équipes, pour que les avions décollent en temps et en heure.

    Il était chef d’équipe maintenance avionique.

    Tel est le rôle des mécaniciens : faire que l’avion soit prêt à décoller à tout moment. Il faut ensuite que l’équipage puisse prendre possession de l’avion et réussir sa mission.

    … en Lybie

    C’est un chagrin inextinguible pour leur famille, nous le partageons. C’est une perte considérable pour nos armées, nous le savons.

–––––
* http://www.elysee.fr/declarations/article/eloge-funebre-du-president-de-la-republique-aux-9-militaires-morts-en-espagne/

 

• 5 février 2015
Leçon 34. –
« Déclaration conjointe à la presse avec M. Alexis Tsipras, Premier ministre grec »*, du 4 février 2015

    Ce n’est pas toujours simple...

[Voir la leçon 22]

–––––
* http://www.elysee.fr/assets/pdf/declaration-conjointe-a-la-presse-avec-m-alexis-tsipras-premier-ministre-grec-2.pdf

 

Leçon 35. – « “L’Europe, elle est...” : Hollande ou le salon du Bourget linguistique »*

 Article de Christian Combaz du 5 février 2015 sur quelques incorrections de la langue hollandienne.

« Comme si les choses se faisaient en dehors de lui », remarque Christian Combaz.

« En dehors de lui », en effet. Voir la Leçon 32 ci-dessus et mes exemples avec des « il y a » désincarnés : « Il y a même eu une présence de militaires pour assurer cette protection », « Il y a une crédibilité de la signature de la France », « Il y aura des décisions prises pour renforcer encore nos moyens de renseignement », « Il y a des réformes qui vous sont demandées », « Il y aura donc la préservation des droits et des devoirs des militaires ».

–––––
* http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/05/31001-20150205ARTFIG00238-la-france-elle-est-hollande-ou-le-salon-du-bourget-linguistique.php

 

• 9 février 2015
Leçon 36. –
Texte de l’interview de Tulle du 7 février 2015*

  Tics

    Nous avons donc passé deux nuits, si je puis dire.

    Je savais que ça serait difficile.

[Deux des tics de langage de François Hollande :
– « si je puis dire » (70 résultats dans Google pour François Hollande et son "si je puis dire" : http://bit.ly/1ESlK6Y) ;
– « c’est pas facile » ou « pas simple » ou « c’est difficile » (voir les leçons 22, 26 et 34).
C’est certainement parce que la langue de François Hollande n’est pas claire ou pas précise qu’il doit truffer ses discours de « si je puis dire ». Il est vrai que c’est pas facile d’être clair et précis]

–––––
* http://www.elysee.fr/assets/pdf/declaration-a-tulle-au-sujet-du-conflit-en-ukraine-2.pdf

 

• 12 février 2015
Leçon 37. –
Discours d’inauguration de la mairie de Masseret du 7 février 2015*

    La mairie, c’est là où toutes les démarches administratives s’effectuent. La mairie, c’est même le seul lieu où on vient sans savoir pourquoi. On va à la mairie. On va rencontrer les personnels administratifs, poser une question alors qu’on connaît la réponse, vérifier si le papier est bien le bon, avoir un contact, avoir une vie, avoir une reconnaissance.

[Irréprochable grammaticalement]

–––––
* http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-d-inauguration-de-la-mairie-de-masseret/

 

• 20 février 2015
Leçon 38. –
Discours sur la dissuasion nucléaire publié le 19 février 2015*

Une ponctuation particulièrement catastrophique ; mille et une remarques à faire, dont celles-ci.

  Tic

    La Force de dissuasion, c’est ce qui nous permet d’avoir la capacité de vivre libres et de pouvoir, partout dans le monde, porter notre message, sans rien craindre, sans rien redouter, parce que nous sommes sûrs de la capacité que nous avons à nous défendre.

[Permettre une capacité, permettre de pouvoir. Problème de langue semper-récurrent, voir les leçons 19, 22, 23, 24 et 30]

 

  Tac

    Comme si faire en sorte que nous puissions préserver la force de dissuasion serait contradictoire avec les autres missions confiées à nos armées.

[Correction : Comme si faire en sorte que nous puissions préserver la force de dissuasion était contradictoire]

    La France a donc décidé de lutter contre une des menaces les plus graves qui pèse sur la stabilité du monde, la prolifération des armes de destruction massive.

[Correction : ... une des menaces les plus graves qui pèsent]

 

  Toc

    Dans ce même esprit de transparence, de vérité, la France proposera très prochainement la visite des nouveaux sites qui n’accueillent plus d’armes nucléaires ; le plateau d’Albion, où les silos qui abritaient la composante sol-sol sont complètement démantelés, la base de Luxeuil dont les dépôts de stockage d’armes sont maintenant vides, et là aussi je souhaite que ce geste inspire l’attitude d’autres puissances nucléaires, avec des visites auxquelles nos experts pourront agréablement se rendre.

[Surprenant, cet « agréablement ». Ce n’est pas le mot qui convient]

    La France est ce qu’on appelle un Etat doté au sens du Traité de non-prolifération nucléaire, c’est-à-dire qui nous reconnaît comme un Etat disposant d’armes nucléaires.

[Correction : La France est ce qu’on appelle un « Etat doté » au sens du Traité de non-prolifération nucléaire, c’est-à-dire disposant d’armes nucléaires]

–––––
* http://www.elysee.fr/assets/pdf/discours-sur-la-dissuasion-nucleaire-deplacement-aupres-des-forces-aeriennes-strategiques-istres-3.pdf

 

 

 

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