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Comment écrire au président de la République
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500/833 = 500e leçon sur un total de 833 leçons et notes

 

• 1er novembre 2018
Leçon 626/959. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 10/n

Orthographe
Cette leçon recense les principales fautes de graphie de la transcription du discours qu’on trouve sur le site Elysee.fr. Après les deux-points on trouvera nos corrections.

• Quelle place prétend-t-on leur donner ? : ... prétend-on...

• Ces pays [...] qui quoi que n’ayant jamais été officiellement francophones... : ... quoique...

• Les usages [...] dont on peut retracer l’histoire ou se perdre dans ses rais... : ... ses rets [mieux encore : ... les rets (faute d’orthographe + faute de syntaxe)]***

• La substance même de ce qui nous fait humain... : ... nous fait humains

• Je veux qu’elle retrouve toute sa place au dépens de succédanés : ... aux dépens...

• Il suffit de se rendre à l’étranger pour en mesure l’influence : ... pour en mesurer...

• Cette langue d’accès doit être ainsi assumée, présentée, expliquée comme celle qui permet de construire ces opportunités et donc enseigner : ... et donc [être] enseignée

• Le château ou l’Edit a été signé tombe en ruines : ... où l’Edit a été signé tombe en ruine

• Convaincu d’avoir connu la Creuse avant d’y être aller... : ... avant d’y être allé

• ne pas sombrer dans laphasie [...] sils ne sont pas Français [...] lorsquon rentre le soir... : trois apostrophes mises à l’envers

• François 1er [deux occurrences] : Ier (double faute, soit quatre fautes)

• Faire vivre nos Francophonies au service des peuples... : ... nos francophonies...

• Essayer de dire qui était Francophone ou pas... : ... francophone...

• Il n’y a que les Français qui n’ont que le Français : ... qui n’ont que le français

Sans parler ni reparler des nombreux accents qui manquent sur les « E » des noms propres risiblement écrits tout en capitales** : Salah STETIE, abbé GREGOIRE, Louise LABE, Aimé CESAIRE, Dany LAFERRIERE, etc.

Et nous en passons de moins graves et nous reconnaissons qu’il y a moins de fautes que dans les transcriptions des discours de François Hollande sur Elysee.fr (cette affreuse vitrine de la langue française).

===> A suivre.

———
* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo
** Même le mot Amazon est écrit tout en capitales : « Sur AMAZON, les livres en français occupent la troisième place »...
*** On nous fait remarquer justement que les rets ne peuvent être que ceux de l’histoire, qu’ils ne sont pas ceux de l’usage ; une formulation adéquate serait donc : « Les usages [...] dont on peut retracer l’histoire — à condition de ne pas se perdre dans ses rets ».

Merci à F.

 

• 1er novembre 2018
Leçon 627. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 11/n

Ponctuation
Cette leçon ne recense qu’une petite partie des fautes de ponctuation et de non-ponctuation de la transcription du discours qu’on trouve sur le site Elysee.fr.
Là où la virgule doit être supprimée nous avons mis un point rouge, là où une virgule manque nous avons ajouté un point bleu.

• L’objectif est qu’en 2022,le réseau des écoles proposant des sections [...] regroupe 500 établissements

• C’est pourquoi je souhaite qu’en Europe, soient enseignées deux langues

• Ce n’est pas cet espace incertain à la périphérie de la Francelaquelle en serait le centre...

• Avant eux des persécutés, des exclus, des déracinés avaient trouvé dans la langue française leur socle

• Je veux remercier madame Leïla SLIMANI qui a conduit depuis plusieurs mois un travail considérable [noter : à la faute de ponctuation s’ajoute une faute de temps grammatical ; nous y reviendrons quand nous parlerons de la syntaxe macronienne]

• Vous me direz que sur ce sujet, j’ai une forme de conflit d’intérêts

• Nous avons donc remis des maîtres, quelques règles [...] et réussi je croisà aussi remettre dans l’esprit de chacun...

• C’est tout cela communiquer, échanger

• La formation des journalistes qui sera doublée en sera un pilier majeur...

• Enfin le français doit devenir cette langue qui raconte le monde de demain. Mieux, elle doit être cette langue qui crée le monde demain et la création en français voilà notre troisième défi

Il est certain que, dans cette dernière citation, « la création en français » n’est pas un complément d’objet du verbe « crée » : il nous faut donc l’en séparer par une virgule afin d’échapper à une confusion ; sans cette ponctuation la phrase n’est qu’un charabia.
Persiste cependant et inévitablement le malaise que crée ce grossier matraquage, ce remplissage à coups de « cette langue qui raconte le monde », « cette langue qui crée le monde demain », « la création en français » ! Envolée lyrique ? on dirait plutôt d’une poule qui tente vainement de s’élever au-dessus du sol en caquetant. Quel mépris pour l’auditeur qui daigne vous entendre, pour le lecteur qui daigne vous lire ! Nous le disions dans la leçon 621 : chaque phrase est un désastre. Disons aussi que chaque phrase est une taie opaque tendue sur du vide.
Bidon, bidon, tout serait donc creux comme un bidon ? C’est à craindre. Attendons la suite pour conclure à coup sûr.

Pour comprendre pourquoi ces ponctuations et ces non-ponctuations sont fautives, le lecteur pourra entre autres s’aider de nos sept leçons de ponctuation « Quel manuel de ponctuation ? » ici.

===> A suivre.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

• 2 novembre 2018
Leçon 628. – « Ils sont là. [...] ll faut aller les combattre sur le terrain »

Ils sont là, les phraseurs d’estrade, les amphigoureux, les forts en bouche, les bonisseurs de rien ; il faut aller les combattre sur le terrain.

https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1055816888758996998

Ce que nous tentons de faire, nos mots contre ceux de Macron sur le terrain de la Toile.

 

• 2 novembre 2018
Leçon 629. – (Parenthèse)

La voix de Reggiani chantant nous fait croire à tous les bons sentiments, à l’amour, à l’amitié, à la fidélité, à la loyauté. Nous croyons tout ce qu’il dit.
Comparons avec Aznavour, où tout est joué.

 

• 2 novembre 2018
Leçon 630. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 12/n

Un principe de politesse, A Rome, fais comme les Romains. Parlant sous la coupole et s’adressant principalement aux académiciens, le président (qui est le protecteur de l’Académie, comme l’a rappelé l’académicien Salah Stétié dans son discours de bienvenue au président) aurait pu, aurait dû se documenter afin d’éviter d’utiliser des mots qui n’existent pas dans le Dictionnaire de l’Académie et des anglicismes honteux que, soit dans son dictionnaire, soit dans sa rubrique « Dire, ne pas dire », l’Académie rejette et proscrit explicitement.
Mais, non, le président, qui veut passer pour un Malraux, a une trop haute idée de lui-même, de sa prose, de son pouvoir de séduction pour s’en soucier. Ce faisant, il a accumulé les gaffes.

Lexique : anglicismes et autres fautes de goût, 1/2
Ci-après quatre anglicismes proscrits utilisés par le président dans son discours.

investir (deux fois)

Il nous appartient [...] de réinvestir certains lieux

Sur le sens d’investir, voir la leçon 571, « Qu’est-ce qu’investir un lieu ? ».

opportunité (quatre fois)

Il nous appartient [...] de refaire du français une langue par laquelle on accède à ces opportunités que j’évoquais.

• agenda (trois fois)

L’Académie a été conçue pour protéger la langue des coups de force inévitables de ceux qui veulent la soumettre à leur agenda politique ou dogmatique

(Parmi ces « coups de force inévitables », l’anglo-saxonnisation de la langue, du monde, non ?)

académique (deux fois)

Il nous faut en effet, à travers ces initiatives, promouvoir le français, les contenus en français, les contenus académiques, scientifiques et la présence de tous les locuteurs sur la Toile.

===> A suivre.

———
* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

• 3 novembre 2018
Leçon 631. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 13/n

Lexique : anglicismes et autres fautes de goût, 2/2

• Le monde bruisse de notre langue.
• Le monde en ce 20 mars bruisse de la langue française de façon presque vertigineuse.

A Rome, fais comme les Romains, disions-nous dans la leçon 631 ci-dessus.
Le verbe bruisser n’existe pas, seul existe bruire, qui fait « bruit » à la troisième personne du singulier de l’indicatif présent ; le Dictionnaire de l’Académie** l’ignore donc : « Le monde bruit de notre langue. » Littré et le Larousse en dix volumes de 1982 l’ignorent aussi, bruisser est un barbarisme récent.
Au passage, notons la risible exagération, le dérapage paresseusement contrôlé par un « presque » : « de façon presque vertigineuse ». Ah, la paresse d’expression ! c’est un peu comme manger ses crottes de nez.
Ce n’est pas à coups de mots rares (comme ces « écrits coruscants » d’Ahmadou Kourouma) ou forts qu’on obtient les meilleurs effets : il ne faut pas confondre la graisse et le muscle.
Si le président n’était pas l’ogre terrible et patient que nous (et bien d’autres) voyons clairement en lui, c’est de la pitié que nous ressentirions pour lui à l’écoute et à la lecture de ses discours et de ses déclarations.
Ogre terrible et patient : ajoutons follingue.

N. B. Parce que nous n’avons pas grande confiance dans les connaissances lexicales du président (qui, rappelons-le, n’est, selon nous, qu’un commercial, un tombeur de contrats), nous nous demandons s’il n’a pas voulu dire corrosif ou urticant plutôt que coruscant (« très brillant ») ; ou bien jeu de mots à la façon de François Hollande : Ahmadou Kourouma a écrit les Soleils des indépendances — et rien de plus coruscant que plusieurs soleils ; cependant, d’après les recensions et les extraits que nous avons lus, ce livre est corrosif, satirique, critique...

===> A suivre.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo
** Dictionnaire de l’Académie en ligne (de a à sabéisme) : https://academie.atilf.fr/

 

• 3 novembre 2018
Leçon 632. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 14/n

Phrases jetées, idées à préciser
— Nous avons un doute affreux : ce discours est encore plus malade que nous ne le pensions. (C’est volontairement que nous passons du doute à l’affirmation.)
— Nous n’avons pour l’instant traité ou prévu de traiter que les problèmes qui sautaient aux yeux ; un vertige nous prend maintenant devant ce qu’il reste à faire. Noter que nous sommes sur ce discours depuis quelque 20 jours et que nous avons écrit plus de 18 000 signes de corvée citoyenne.
— Enfin, ce discours a-t-il été écrit ou en partie écrit par une machine comme le Pipotron ou par un logiciel un peu plus élaboré ? (Nous montrerons des ressemblances**.)
— Sans doute aucun la partie la plus dure et la plus longue à traiter du discours sera la partie charabia, dont nous n’avons encore presque rien dit. (C’est volontairement que nous ne mettons pas de virgule après « aucun ».)
— L’idée en nous fait boule de neige, se fait plus prégnante qu’Emmanuel Macron est un canular et que ses discours le dévoilent à qui est attentif (voir la note 623).

===> A suivre.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo
** Déjà en juillet 2017 dans la leçon 257, nous avions, sans nommer la chose, pressenti une sorte de Pipotron ; en tout cas nous avions assez bien décrit son fonctionnement :

Curieuse, cette façon de jeter dans une phrase des idées sans se soucier qu’elles soient bien ordonnées, bien présentées et donc comprises, comme si seuls des mots ou des expressions isolés comptaient : « J’ai dit France, j’ai dit solidarité, j’ai dit fraternité, j’ai dit amour de la patrie, j’ai dit grandeur, j’ai dit bonheur, j’ai dit roman national, j’ai dit ardente responsabilité, j’ai dit ardente obligation, etc. ; j’ai dit les mots, les mots forts qu’il fallait dire, j’ai accompli ma tâche. »

 

• 4 novembre 2018
Leçon 633. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 15/n

Charabia et bouillie, 1/n
Avec nous, assistez à la confection d’une garbure**. Voici notre premier exemple : la garbure mijote dans les première et deuxième lignes et, trois lignes plus tard, elle est à point...

Le français s’est au fond émancipé de la France, il est devenu cette langue monde, cette langue archipel parce que d’autres langues se parlent dans des continents immenses et des centaines de millions de nos concitoyens la partagent mais il est peu de langues qui se parlent dans cet archipel monde qui est le nôtre.

Délicieuse bouillie !
Ajoutons ce détail : quelques lignes plus tôt le président nous a déclaré...

C’est cela la francophonie, ce continent humain qui admet comme Constitution une grammaire partagée [...].

Nous voilà donc avec, sur les bras, une francophonie « continent humain » (deuxième citation) et un français à la fois « langue monde » (première citation) et « langue archipel » (première citation) dans « cet archipel monde qui est le nôtre » (première citation).
Les deux citations ci-dessus sont tirées des six premières minutes du discours, de soixante minutes : le signal est donné très tôt à l’auditeur qu’il va bâiller ferme, qu’il peut ouvrir un livre ou consulter discrètement son portable ; en effet, l’auditeur aura eu avant cela à affronter d’autres difficultés de compréhension, comme celle-ci...

Aujourd’hui partout sur la planète en ce jour ainsi choisi la langue française dit le monde et il faut la défaire des images qui ont fait qu’elle a pu un moment oublier de le dire.

Ben voyons !
Sylvain Fort, officiellement « conseiller discours et mémoire » (sic...), c’est-à-dire entre autres nègre du président, est-il l’auteur ou un complice de cet audacieux bavardage, de ce bavardage catastrophique ? on hésite à le penser. (Sur Sylvain Fort, voir la leçon 256 et cet article plein de griffes de la lionne Christine Tasin de décembre 2017 [archive : http://archive.is/FAUTE]).

===> A suivre.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo
** garbure : « soupe épaisse constituée de légumes, de choux, de tranches de pain de seigle, de jambon et de lard ou de confit d’oie ».

 

• 4 novembre 2018
Leçon 634. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 16/n

Le discours est présent en PDF sur le site de l’Institut français, mais les fautes (orthographe, syntaxe, ponctuation...) n’ont pas été corrigées : http://www.institutfrancais.com/sites/default/files/francophonie_discours.pdf

L’Institut français « est l’opérateur de l’action culturelle extérieure de la France. Il a été créé par la loi du 27 juillet 2010 relative à l’action extérieure de l’État et par son décret d’application du 30 décembre 2010 ».
Le fait de participer à la diffusion d’un pareil document s’appelle en termes grossiers « mettre de la m... dans le ventilo » — ce que nous faisons, certes, mais nous pour la bonne cause. Nous pouvons conclure que les tenanciers de l’Institut français n’ont pas lu le document.
L’Académie française a, elle aussi, mis le document en PDF, mais elle l’a lu et en a corrigé la plupart des fautes (elle a même supprimé ce passage douteux dont nous avons parlé dans la leçon 626 ci-dessus : « dont on peut retracer l’histoire ou se perdre dans ses rais ») : http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/discours_de_m._emmanuel_macron.pdf
Il faut l’en féliciter.
Nous imaginons les académiciens entendant ce discours, retenant des soupirs ou levant les yeux au ciel et qu’à la lecture de la transcription certains ont fait des bonds.
Ce discours est une incongruité et une mystification. Mystification, c’est le mot qui le peint le mieux.

===> A suivre.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

• 5 novembre 2018
Leçon 635. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 17/n

Charabia et bouillie, 2/n
Parviendrons-nous à recenser toutes les occurrences de charabia dans le discours d’Emmanuel Macron, l’homme qui vend du vent aux éoliennes ?
La chose nous semble presque impossible, car à toute seconde soit nous donnons du pied sur une bosse, soit nous glissons dans un trou.
Dans les deux premières minutes (à 1 min 37 s) :

J’avais face à moi des jeunes étudiantes et des jeunes étudiants qui de manière évidente ne comprenaient pas ce que j’étais en train de dire ou plus exactement se disaient « il nous parle de quelque chose qui ne nous dit rien, il nous parle depuis un endroit ou depuis une langue qui ne nous dit pas la même chose ».

« Il nous parle depuis [...] une langue qui ne nous dit pas la même chose » : langue relâchée et illogisme, mais on comprend, on devine ce qu’a voulu dire l’auteur. Cependant...

... il nous parle depuis un endroit [...] qui ne nous dit pas la même chose

... là c’est pur charabia.
« Illogisme », disions-nous. « Une langue qui ne nous dit pas la même chose » : la même chose qu’à qui ?
Si je ne comprends pas telle chose et qu’un autre, lui, comprend telle chose de cette chose, je ne peux logiquement lui dire : « Vous comprenez différemment de moi. »

On appréciera aussi ce « ou plus exactement se disaient », qui introduit un développement qui au lieu d’éclairer obscurcit.
Tant de choses à dire... ! Quand plus haut nous disions qu’un vertige nous prenait devant ce qu’il reste à faire, vous commencez à voir, ô lecteur·trice citoyen·nne, que nous n’attigions pas ; on dirait bien d’un ado qui parle, ce président. Devrons-nous nous contenter de n’exposer qu’un florilège, un cacolège, une sélection des pires ? ce serait peut-être dommage et pourrons-nous dire que nous avons bien fait notre travail et tenu notre promesse d’un « compte rendu critique approfondi » ?

===> A suivre.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

• 5 novembre 2018
Leçon 636. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 18/n

Charabia et bouillie, 3/n
Revenons un instant là-dessus :

Lorsque j’ai parlé francophonie c’est sans doute le moment où les malentendus se sont le plus installés. J’avais face à moi des jeunes étudiantes et des jeunes étudiants qui de manière évidente ne comprenaient pas ce que j’étais en train de dire ou plus exactement se disaient « il nous parle de quelque chose qui ne nous dit rien, il nous parle depuis un endroit ou depuis une langue qui ne nous dit pas la même chose ».

Familièrement on pourrait dire : « C’est la meilleure ! » Emmanuel Macron s’étonne que des étudiants africains ne comprennent pas ce qu’il dit ni de quoi il parle. « Mais, monsieur », aimerions-nous pouvoir lui répondre, « qui en Afrique ou ailleurs dans le monde, dont en France, qui comprendrait ce charabia désarticulé, ce flux de langue déstructuré, sans logique, sans consistance, sans contrainte et désinhibé** ? Vous faut-il quelque avis de plus que nos nombreuses et claires leçons — que vous ne lisez pas, je vous le concède — pour que vous preniez conscience enfin que votre langue est malade, et même gravement malade ? Dans ce cas, demandez un contre-diagnostic ».
Nous ajouterions : « Et, à l’étranger, comment les interprètes se débrouillent-ils pour vous traduire ? Y pensez-vous ? Imaginez-vous leur stupéfaction, leur frustration, leur désarroi, leur enfer ? »

===> A suivre.

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* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo
** Désinhibition de langue qui est le signe supplémentaire d’une déconnexion par rapport au réel (il est peut-être inutile de rappeler ici que cette déconnexion du réel atteignit son maximum lors de la fête de la musique de 2018 à l’Elysée avec Kiddy Smile ; c’est sans doute à dater de cet événement que certains s’estimèrent autorisés à l’appeler familièrement Manu et à le tutoyer comme un des leurs).

 

• 5 novembre 2018
Leçon 637. – Fausse citation

Article de Guillaume Jeanson avocat au barreau de Paris et porte-parole de l’Institut pour la Justice.

[Titre :] «La prison est criminogène» : le faux départ de Castaner
[L’article commence par ces mots :] «Je suis intimement convaincu que mettre en prison un jeune homme pour une première faute n’est pas la bonne solution parce que je crois que la prison est criminogène». Jusqu’à ces quelques mots prononcés sur RTL, l’entrée en fonction du nouveau ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, s’était à peu près déroulée convenablement.

Il y a une nuance entre « La prison est criminogène » (le titre) et « Je crois que la prison est criminogène » (les propos) : avec « je crois que », l’affirmation est modérée, non catégorique.
Enfin, pour utiliser les mots mêmes du ministre, « Je suis intimement convaincu que » est loin de « Je crois que », et entre les deux il y a « Je suis convaincu que ».
Noter que le titre n’est peut-être pas celui qu’avait choisi l’auteur. La presse, elle, est toujours raccrocheuse : elle se parfume outrageusement et toujours s’habille trop court pour son âge.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/11/05/31001-20181105ARTFIG00114-la-prison-est-criminogene-le-faux-depart-de-castaner.php#xtor=AL-201
Archive : https://archive.is/qv70g

Mise à jour du 14 novembre 2018. A ce jour et à notre connaissance, ce sont toujours les secrétaires de rédaction du site Fdesouche.com qui sont les plus gros producteurs francophones de citations inexactes ; voir ici la leçon 238.

 

• 6 novembre 2018
Leçon 638. – Un collectif de journalistes veut « enquêter sur la longueur »

[Titre :] Disclose, un nouveau média pour “enquêter sur la longueur, avoir un impact sur la société”

Enquêter sur la longueur de quoi ?
« Enquêter sur la longueur », traduction : enquêter longuement, faire des enquêtes longues et approfondies, non superficielles.

N. B. Autres joujoux de journassot : « sur la durée » et « sur le temps long ». « Sur » a la grande cote, voyez aussi « habiter sur Paris » ou le bivoque « travailler sur Paris ».
Telerama.fr égal à lui-même. A fuir.

https://www.telerama.fr/medias/disclose,-un-nouveau-media-pour-enqueter-sur-la-longueur,-avoir-un-impact-sur-la-societe,n5879735.php

 

• 7 novembre 2018
Leçon 639. – « Une femme ayant mauvais genre »

A ce moment entra un homme encore jeune, d’aspect volontaire, qui était accompagné d’une femme ayant mauvais genre (Cœurs et Visages, Emmanuel Bove, 1928).

« Cet homme a mauvais genre », « Il est [sic] mauvais genre », « Cette femme fait mauvais genre », expressions qu’on n’entend plus du tout, mais qu’on entendait encore dans les années 50 et 60.
Par ce désir d’égalité maladive moderne, par ce lâche démagogisme mortifère (« Tout le monde il est égaux »), parce que tout le monde a le droit au bac, par ce refus de juger ou parce que le mauvais genre est devenu le genre le plus courant, voire le genre recherché ?
Le livre : https://www.ebooksgratuits.com/details.php?book=2931

A propos de mauvais genre obligatoire, voir entre autres ici :

[Ces] néo-péquenauds urbains [...] qui avaient copié la langue des djeunss [et] pour qui les mots « salope » ou « pouffe » étaient les synonymes — que dis-je, et c’est là que les choses se corsaient —, qui étaient les remplaçants obligatoires du mot « femme », et pour qui également les mots « bordel » et « putain » étaient — presque sous peine de mort ! — non pas les synonymes mais les remplaçants tout aussi obligés de « maison close », de « lupanar » ou de « maison de plaisir » et de « prostituée » ou de « fille de joie ».

Cette perle* pour finir. Bruno Le Maire, aujourd’hui ministre de l’Economie et des Finances, qui déclarait en 2016** :

Moi j’ voudrais que n’importe quel Français dans n’importe quelle école de France se dise : « Putain, chuis français, c’est la classe ! »

Voir aussi la leçon 198.
Ces gens qui nous gouvernent.

———
* Perle dans son acception argotique.
** Bruno Le Maire, vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ypweZbAg9ZU

 

• 7 novembre 2018
Leçon 640. – Mondalenvers, suite

Quand le journassot Harry Roselmack se plaint qu’on ait dit de lui qu’il a présenté le journal télévisé « dans un français parfait » :
https://www.liberation.fr/checknews/2018/11/07/le-parisien-a-t-il-ecrit-que-le-premier-jt-de-roselmack-avait-ete-presente-dans-un-francais-parfait_1690470

Ces gens qui nous informent.
Vidéo : https://twitter.com/Qofficiel/status/1059895077655494658

 

• 7 novembre 2018
Leçon 641. – Ça vous parle ?

Citez-nous plus condescendant ou plus cruche dans les dialogues de la Toile que cette manière devenue fréquente d’objecter :

Et les [...], ça vous parle ?
Et les [...], est-ce que cela vous parle ?
Permettez-moi de vous rappeler les [...], au cas où cela vous parle.

 

• 8 novembre 2018
Leçon 642. – Interlude

Emmanuel Macron, le 29 septembre 2018 à un jeune homme de l’île de Saint-Martin :

Il faut du travail pour faire les travaux.

Traduction : il faut des bras pour reconstruire l’île (voir « t’ es costaud comme tout »).

https://www.valeursactuelles.com/politique/faut-pas-faire-de-betises-macron-fait-la-morale-un-braqueur-99392 ou https://www.nouvelobs.com/politique/20180930.OBS3187/quand-emmanuel-macron-fait-la-morale-a-un-ancien-braqueur.html

 

• 9 novembre 2018
Leçon 643. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 19/n

Syntaxe, 1/n

La réponse m’a sans doute été donnée tout à l’heure par Gabriel FAYE qui nous disait que dans son Bujumbura natal quand on parlait de francophonie lui qui a montré à plusieurs reprises qu’il sait parler et écrire le français venait à l’esprit la photographie d’un président de la République française avec des présidents africains.

Pas raccord. Il aurait fallu dire « lui venait à l’esprit » ou « il lui venait à l’esprit » ou supprimer la phrase « qui a montré à plusieurs reprises qu’il sait parler et écrire le français », transformant ainsi un lui sujet (« lui qui a ») en lui complément (« lui venait à l’esprit » ou « il lui venait à l’esprit »).
Non corrigé sur le PDF de l’Académie (phrase reponctuée, mais faute de langue non rectifiée).

Cette phrase comporte d’autres problèmes, dont nous ne parlerons pas ou dont nous avons déjà parlé.

===> A suivre.

———
* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

• 9 novembre 2018
Leçon 644. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 20/n

Syntaxe, 2/n

• Ça n’est pas de cette image dont je suis venu aujourd’hui vous parler.

Il faut ici « de cette image que » (corrigé sur le PDF de l’Académie).

• Alors pour réussir ce récit, je veux remercier madame Leïla SLIMANI qui a conduit depuis plusieurs mois un travail considérable.

Il faut ici « qui conduit depuis plusieurs mois » ou « qui a conduit pendant plusieurs mois » (non corrigé sur le PDF de l’Académie).

• Je ne me suis pas essayé ici, sous le contrôle de plus experts que moi, à essayer de dire qui était Francophone ou pas.

Ce « s’essayer à essayer de » nous rappelle un peu François Hollande et ses trop piteux « permettre d’être capable », « être capable de pouvoir », « permettre de pouvoir être possible », etc. (leçon 117). Il faut supposer que le président Macron improvise et ne lit pas son discours : une fois de plus, il ne se souvient pas de ce qu’il vient de dire ou ne s’en soucie pas, et il n’est donc pas raccord.

Deux de ces trois citations comportent d’autres problèmes, dont nous ne parlerons pas ou dont nous avons déjà parlé.

===> A suivre.

———
* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

• 10 novembre 2018
Leçon 645. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 21/n

A signaler, aucun « en même temps » dans ce discours.

Un article gentillet sur ce tic de langage du président : http://www.leparisien.fr/societe/tics-de-langage-en-meme-temps-le-peche-mignon-de-macron-21-04-2018-7676160.php
D’où nous extrayons ceci :

« Désormais, le public, les auditeurs, les téléspectateurs attendent le moment où il va prononcer cette locution adverbiale. C’est astucieux car ils n’en écouteront que mieux le discours », souligne l’essayiste Michel Le Séac’h, spécialiste de la communication politique.

« “C’est astucieux”, souligne l’essayiste » !... Cet astucieux et ce souligne sont parfaitement ridicules et parfaitement creux.

===> A suivre.

———
* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

• 11 novembre 2018
Leçon 646. – Masculin ou féminin ?

http://www.leparisien.fr/societe/lorient-ils-appellent-leurs-enfants-liam-et-ambre-le-parquet-s-y-oppose-pour-confusion-de-genre-11-11-2018-7940136.php

La procureure de Lorient a fait appel de deux décisions de justice ayant autorisé deux couples de parents à appeler leur fille « Liam » et leur garçon « Ambre », estimant que ces prénoms pouvaient générer une « confusion de genre » chez les enfants. [...]
Dans les deux cas, l’officier du service d’état-civil de Lorient a « eu un doute », indique Nadyne Duriez, adjointe au maire de Lorient. « Il en a parlé à sa responsable de service qui a elle-même évoqué la situation avec sa supérieure, qui m’en a ensuite référé. Collégialement, nous avons estimé qu’Ambre était un prénom féminin et non masculin. Et que Liam était le prénom d’un petit garçon donné à une fille. »

Noter que ambre est un substantif masculin ; noter également que les « parents » du garçon Ambre sont un couple d’homosexuelles.

Larousse :

ambre
nom masculin
(latin médiéval ambar, de l’arabe al-‘anbar, ambre gris)

 

• 13 novembre 2018
Leçon 647. – À Emmanuel Macron qui savait un peu de français, 1

Secrets d’Etat, Tristan Bernard, 1908, à propos d’un certain M. Bölmöller :

C’était le précepteur des neveux du roi. On l’avait dépêché à ma rencontre parce qu’il savait un peu de français. Il parlait notre langue avec plus d’intrépidité que de bonheur. Il se lançait dans une conversation française avec une audace que rien ne décourageait ; les obstacles ne le rebutaient pas ; il en rencontrait à chaque mot ; mais il en triomphait en remuant le bras, en tapant du pied, à moins qu’il n’abandonnât résolument sa phrase pour aborder la phrase suivante. À défaut de vocables exacts, ses gestes étaient si abondants, si expressifs, qu’on finissait par le comprendre. Mais il valait mieux ne faire aucune attention aux mots qu’il prononçait et qui, non seulement ne servaient en rien à l’intelligence du texte, mais encore lui nuisaient fortement ; car il employait constamment des expressions les unes pour les autres, supprimait les négations, en ajoutait d’intempestives, et quand il se trouvait dans un encombrement inextricable, raidissait tous les muscles de son visage, puis s’écriait : « Voilà ! » avec un air de triomphe…

https://ebooks-bnr.com/ebooks/html/bernard_secrets_d_etat.htm


• 13 novembre 2018
Leçon 648. – À Emmanuel Macron qui savait un peu de français, 2

Monsieur Bergeret à Paris, chapitre XVII, Anatole France :

— Comment changer le monde ?
— Par la parole, mon enfant. Rien n’est plus puissant que la parole. L’enchaînement des fortes raisons et des hautes pensées est un lien qu’on ne peut rompre. La parole, comme la fronde de David, abat les violents et fait tomber les forts. C’est l’arme invincible. Sans cela le monde appartiendrait aux brutes armées. Qui donc les tient en respect ? Seule, sans armes et nue, la pensée.

https://fr.wikisource.org/wiki/Monsieur_Bergeret_%C3%A0_Paris/XVII

Que rien ne soit plus puissant que la parole, c’est ce dont le président est très probablement quoique paradoxalement le premier persuadé.
Rappelons toutefois que mal connaître une arme, mal l’utiliser comportent forcément pour l’utilisateur le risque de se blesser ou de se tuer.

 

• 14 novembre 2018
Leçon 649. – Discours d’Emmanuel Macron à l’Institut de France*, compte rendu critique approfondi, 22/n

Suite : la langue, la parole est une arme puissante avec laquelle Emmanuel Macron se tire moult balles dans le pied et flingue le décor.

Syntaxe, 3/n

• Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Académiciens,
Madame la Représentante personnelle pour la francophonie,
Mesdames et Messieurs,
C’est avec beaucoup d’humilité que je viens...

Par « Madame la Représentante personnelle pour la francophonie », le président salue sa représentante personnelle Leïla Slimani — présente parmi l’auditoire —, c’est donc « Madame ma représentante personnelle » qu’il eût fallu dire (ou simplement « Ma représentante personnelle » si le protocole l’autorise) ; la formule « Madame la Représentante personnelle » est en effet incomplète : la représentante personnelle de qui ?
Un autre orateur aurait pu dire : « Madame la représentante personnelle du président de la République pour la francophonie ».

• Et c’est fort de cela qu’aujourd’hui des centaines de millions de personnes affrontent le monde.

La transcription d’Elysee.fr est conforme à l’audio du discours, mais il eût fallu « fortes ».
L’Académie a corrigé dans son PDF (ce n’est que mettre la poussière sous le tapis, diront les mauvaises langues).

===> A suivre : lexique, syntaxe, style, tics, platitudes, remplissage, lapalissades, maladresses, effets, effets ratés, illogismes, charabia et bouillie, exagérations, perles, intrications de problèmes (poupées russes), vers une pipotronisation de l’Etat (les discours écrits par des logiciels)...

———
* Discours « pour [sic] la stratégie sur [sic] la langue française » prononcé le 20 mars 2018 : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-a-l-institut-de-france-pour-la-strategie-sur-la-langue-francaise/
Archive : http://archive.is/2eyo

 

• 15 novembre 2018
Leçon 650. – L’écrivain Renaud Camus invente une règle, 1/2

« A chaque fois » serait incorrect, seul « chaque fois » serait correct.

https://twitter.com/RenaudCamus/status/1062969056028966914

Peut-être le sire de Plieux confond-il avec « entre chaque », qui est critiqué.
— Noter : nous connaissons quelqu’un qui nous corrige à chaque fois que nous disons « A chacun son tour », où nous n’apercevons nulle faute et qui est une rénovation, une recréation, un renforcement expressif de la locution courante « Chacun son tour » : « A chacun [il sera donné] son tour »/« Chacun [aura] son tour », « A chacun [il sera donné] sa part »/« Chacun [aura] sa part », etc.
— Noter aussi que le compte Twitter de René Chiche mérite d’être connu : https://twitter.com/rene_chiche, il est une cure de bon sens et chaque tweet est une petite lumière. L’auteur parle essentiellement de l’éducation nationale, mais ses tweets résonnent au-delà de ce sujet.


• 15 novembre 2018
Leçon 651. – « Mettre le bololo »

Citation :

Comme le rapporte l’Obs, l’expression «bololo» est utilisée par les soldats français engagés dans des opérations extérieures (Opex), principalement en Afrique, pour exprimer le désordre, l’anarchie, probablement en référence à l’un des quartiers de N’Djamena, la capitale du Tchad. 

https://francais.rt.com/france/55407-mettre-bololo-etrange-expression-edouard-philippe-twitter

« L’expression “bololo” est utilisée par les soldats », lit-on : plutôt qu’une expression, « bololo » est un terme, et c’est « mettre le bololo » qui est une expression — expression qui, avec sa petite troupe de voyelles répétées, o, o, o, n’est pas sans quelque charme enfantin.
Elle devrait plaire à ces nombreux Français qui aiment à bêtifier et à toujours plus infantiliser leur langage (entre autres, dans leurs écrits, par une profusion d’émoticônes et de points d’exclamation), phénomène qu’il nous faudra un jour analyser (plus le monde français s’ensauvage, plus le Français se fait bébé ? ou bien se met-il ainsi au niveau d’un Français moyen imaginé, pour qui cependant ce langage simplifié est peut-être encore trop compliqué ? noter que les deux explications se chevauchent en partie : ensauvagement et illettrisme, tous deux galopants et chaque jour plus visibles et plus irregardables).

 

• 15 novembre 2018
Leçon 652. – Aimable foutoir au Figaro

Nous lisons ce jour avec retard le Figaro sur papier du 15 mars 2018. La page 12 annonce un dossier sur la langue française « Luttons pour ranimer notre langue » avec ce gros titre, qui trône en haut de la page : « N’enterrons pas la langue française ! »


Lisons pour commencer le texte (« chapô ») de présentation du dossier :

Extrait :

Notre langue est en péril [...]. Quelles sont les causes de ce dépérissement ? Il y a une idéologie progressiste qui considère que défendre la belle tenue de la langue est un combat conservateur et une soumission inconsciente au nouvel ordre mondial où le français n’aurait plus rien à faire.

Pour expliquer la dernière phrase, nous ne voyons qu’une raison, le contresens : comprendre insoumission au lieu de soumission, et même « une insoumission consciente » au lieu d’« une soumission inconsciente ».
Voici une reformulation à peu près correcte qui conserve le mot « soumission » :

Quelles sont les causes de ce dépérissement ? Il y a une idéologie progressiste qui considère que défendre la belle tenue de la langue est un combat conservateur, et qui prône une soumission au nouvel ordre mondial où le français n’aurait plus rien à faire. 

Nous dirions même « un combat réactionnaire », car « un combat conservateur » est trop faible, insuffisamment culpabilisant et stigmatisant (car il faut l’écraser, le couvrir de honte, le réfractaire, qui est sûrement, en plus, un populiste).

Cependant, longue réflexion faite, c’est ce paresseux, cet imprécis « il y a » qui fiche la phrase par terre et il faut sous-entendre un deuxième « il y a » après « un combat conservateur » pour la comprendre. Comme ceci :

Quelles sont les causes de ce dépérissement ? Il y a une idéologie progressiste qui considère que défendre la belle tenue de la langue est un combat conservateur et il y a une soumission inconsciente au nouvel ordre mondial où le français n’aurait plus rien à faire.

Après ce texte de présentation générale dont le déchiffrement nous a donné tant de mal (nous avons dû la lire plus de dix fois pour en trouver la clef), nous passons à l’article vedette « N’enterrons pas la langue française ! », de François Taillandier, écrivain et journaliste, qui écrit :

Je lisais encore ce matin « la polémique sur les voies sur berges ». L’auteur n’aurait-il pu se relire ? Et à défaut, n’y avait-il pas un correcteur pour éliminer cette balourdise ?

Où est le problème, où est la balourdise ? Nous ne lisons ici ni « les voix sur berges » ni « les bois sur verges ».
Un balourd de correcteur du Figaro aurait-il corrigé la citation fautive, qui aurait dû rester fautive ? Ce serait un comble de malentendu, une balourdise à deux coups !
En tout état de cause, le correcteur aurait dû dans le texte ci-dessus supprimer la virgule avant « pour » :

Il n’est que de parcourir les [...], pour constater à quel degré...

Peut-être même pour faire bonne mesure l’a-t-il ajoutée !
Enfin pourquoi acheter des journaux papier s’ils sont aussi peu ou aussi mal relus et corrigés que les journaux de la Toile (et aussi corrects, fadasses et prudents) ?
Nous n’avons pas lu les autres articles du dossier, mais avons-nous perdu quelque chose ?

Remarque connexe : Lefigaro.fr (le site donc, et non le journal de papier) a un service de censure des commentaires de nature à décourager très rapidement toute nouvelle tentative d’exprimer une opinion sérieuse et un peu indépendante. On se demande si on est censuré par des benêts qui ne comprennent rien ou par des haineux. Deux ou trois commentaires indépendants passent de temps à autre, mais pour combien de dizaines, de centaines de commentaires chaque jour censurés sans cause intelligente et recevable ? Il n’y a qu’une façade d’interactivité, de liberté de bon aloi, d’ouverture et de démocratie.
Nous avons particulièrement remarqué à plusieurs reprises deux tabous sur Lefigaro.fr : la critique de l’islam et la critique du Maroc, même modérées, polies, argumentées.
Très possible que le service de censure soit décentralisé au Maroc, comme sont décentralisés au Maghreb les services d’appels téléphoniques de nombreuses entreprises françaises ; en tout cas il serait hautement scandaleux, totalement inacceptable que des étrangers — résidant ou non à l’étranger — que tout oppose à nous (intérêts nationaux, culture, histoire, mentalités, mœurs, pratiques, lois, mode de vie, etc.) puissent censurer des Français commentant en France ; cela est à méditer gravement et sans en minimiser la nocivité et la perversité effrayantes pour l’avenir de notre pays.
Enfin nous ne pouvons pas dissocier les deux Figaro, le papier et le site : ils sont solidaires, ils sont les deux faces de la même fausse monnaie ; nous rejetons donc le premier avec dégôut parce que nous rejetons le second avec mépris et concluons que les deux se moquent des lecteurs éhontément.
En revanche, il semble que sur Leparisien.fr il existe quelque liberté d’expression ; manifestement elle y est moins bridée.

 

• 18 novembre 2018
Leçon 653. – L’écrivain Renaud Camus invente une règle, 2/2

L’avis de l’Académie française (2016) :

À chaque fois (que) est tout à fait correct, d’emploi plus rare et plus littéraire que chaque fois (que).
En revanche, la construction elliptique (à) chaque fois que possible est inusitée. Elle mêle les constructions régulières autant que, aussitôt que, dès que possible et (à) chaque fois que, toutes les fois que cela sera possible.

http://www.academie-francaise.fr/jose-b-france

Ici de nombreuses occurrences de « à chaque fois » chez les académiciens : http://www.academie-francaise.fr/search/node/%22%C3%A0%20chaque%20fois%22

Un exemple dans le discours de réception de Jacqueline de Romilly en 1989 :

[André Roussin] offrait en cadeau à tous la détente du rire — ébloui de voir à chaque fois, il l’a écrit, « ces visages radieux qui vous remercient du regard ».

L’avis d’Adolphe V. Thomas dans son Dictionnaire des difficultés de la langue française (édition de 1971, mais le texte n’a probablement pas été modifié depuis la première édition, dans les années quarante) :

... plutôt du langage familier.

Avis radicalement différent de celui de l’Académie. Bien peser ces deux mots : plutôt et familier. Pour notre part, nous ne voyons, ne sentons dans « à chaque fois » aucune familiarité, même modérée, encore moins un barbarisme.
Nous sommes cependant surpris de lire que « à chaque fois » est d’« emploi plus rare et plus littéraire » selon l’Académie.

 

• 18 novembre 2018
Leçon 654. – Journasottises du 18 novembre

Leparisien.fr avec AFP, une mère de petits-enfants :

Elle s’appelait Chantal Mazet, avait 63 ans et était mère de quatre enfants et de plusieurs petits-enfants

L’AFP toujours aussi nullâtre.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/gilets-jaunes-qui-etait-chantal-morte-ecrasee-sur-un-barrage-17-11-2018-7945344.php

Sylvain Courage, de l’Obs*, croit que le mot victime ne peut désigner qu’un mort, pas un blessé :

En dépit de 409 blessés et d’une malheureuse victime, les médias sont fascinés et se démultiplient pour rendre compte du paradoxe. 

D’où nous concluons que les 409 blessés ne sont ni victimes ni malheureux.
La victime dont parle Sylvain Courage est une femme gilet-jaune morte écrasée par une voiture, Chantal Mazet.

Etre inapte à s’exprimer, c’est, par voie de conséquence, être inapte à comprendre : qui ne sait pas dire ne sait pas non plus comprendre ce qu’on lui dit.
Noter que ça ne fait sursauter aucun commentateur du site.
https://www.nouvelobs.com/edito/20181118.OBS5590/gilets-jaunes-idees-courtes.html

N. B. On pourra lire l’article — intelligent, parfois drôle, bien écrit — de Michel Onfray qui se moque de Sylvain Courage, entre autres, mais surtout qui parle des gilets-jaunes : https://michelonfray.com/interventions-hebdomadaires/le-message-clair-des-gilets-jaunes-a-bhl

———
* Le Nouvel Obs a changé de nom il y a quelques années (au moins cinq ans, nous semble-t-il), mais son adresse sur la toile est toujours nouvelobs.com. La logique, la cohérence n’est pas la préoccupation de l’hebdomadaire.

 

• 20 novembre 2018
Leçon 655. – « journassot » ou « journasot » ?

Nous avons ci-dessus écrit spontanément journasottise, avec un seul s, alors que jusqu’à maintenant nous écrivions presque aussi spontanément journassot, journassotier, etc., avec deux s.
Nous allons devoir y réfléchir et choisir.
Voir les exceptions, comme parasol, tournesol, entresol, contresens, contresigné, vraisemblablement à
http://mamiehiou.over-blog.com/article-131-bis-cas-ou-le-s-ne-se-prononce-pas-z-entre-deux-voyelles-81045815.html
Archive : http://archive.is/Q2B8G

 

• 20 novembre 2018
Leçon 656. – Malaise chez les journalistes de BFMTV, qualifiés de menteurs

Extrait :

"BFM menteurs", scandaient les manifestants réunis devant l’immeuble d’Altice Campus ce lundi 19 novembre.
C’est peu dire que la défiance envers la presse est grande chez certains "gilets jaunes". Sur fond de suspicions de censure voire de "mensonges", plusieurs actes hostiles inquiètent de nombreux journalistes confrontés sur le terrain à la colère des participants aux opérations de blocage, et aux dérapages qui y ont été observés. [...] 
Initiative parmi d’autres, l’abandon de la traditionnelle bonnette estampillée "BFM" qui couvre habituellement les micros des journalistes.

« Initiative parmi d’autres » : nous dirons plutôt « Conséquence parmi d’autres », qui nous semble plus juste et plus précis. Initiative est positif et volontaire alors que conséquence est négatif et soumis. Le but de l’auteur est très probablement de cacher l’humiliation qu’il ressent.
Il serait temps que les journalistes ouvrent les yeux : une majorité de Français se sentent trahis par la presse (comme par leurs gouvernants), qui à l’envi minimise, exagère, déforme ou tait et omet ; presse que, de plus, ils subventionnent très généreusement, malgré eux, de leurs propres deniers.
Les critiques faites à BFMTV ne datent pas d’hier : voir l’amusant et astucieux mot croisillon #BFMWC ; et une bonnette Pravda conviendrait certainement mieux à BFMTV.

https://www.huffingtonpost.fr/2018/11/19/la-redaction-de-bfmtv-ciblee-par-des-gilets-jaunes_a_23594093/
Archive : http://archive.is/dQk2s

 

• 21 novembre 2018
Leçon 657. –  #PayeToiUnJournaliste : « pour dénoncer [les] violences et le presse bashing ambiant »

Extrait :

[Titre :] Parti de Montpellier, le mouvement #payetoiunjournaliste lutte contre les violences que subit la presse.
[Chapô :] En réaction aux agressions physiques ou verbales contre les journalistes, notamment avec le mouvement des gilets jaunes, des journalistes de Montpellier ont créé un collectif pour exprimer et faire connaître les cas de violences. En quelques heures, le mouvement est devenu national.

Nous sentons qu’il va y avoir du sport.
Les grands médias de plus en plus sont vus comme une nouvelle Bastille où la vérité a été enfermée par lettre de cachet. C’est aujourd’hui la Vérité qui du fond de sa prison crie à l’adresse des gilets-jaunes : « Qu’ils viennent me chercher ! »

https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/medias-midi-pyrenees/2018/11/20/des-journalistes-de-montpellier-creent-PayeToiUnJournaliste-contre-les-violences-envers-la-presse.html

 

• 21 novembre 2018
Leçon 658. –  #SansLesMediasVousEtesQuoi? 1/2

Sur le Facebook de PayeToiUnJournaliste, une journaliste utilise le mot croisillon (hashtag) suivant à la fin de son commentaire : #SansLesMediasVousEtesQuoi?
Nous lui répondons :

#SansLesMediasVousEtesQuoi? Le comble de la prétention et du mépris, ce hashtag. Journalistes, décidément vous ne changerez jamais. C’est à encadrer !

 

20 heures. Soit le groupe de discussion PayeToiUnJournaliste a été dissous, soit nous avons été banni sans avertissement. Nombreux commentaires de notre part, mais très éphémère fréquentation du groupe (deux jours seulement, mais huit heures par jour), d’où nous avons cependant rapporté cette quasi-conviction : jamais les journalistes ne changeront, jamais ils ne feront leur autocritique, car ils devraient reconnaître et avouer trop d’abandons, trop de trahisons et apostasier trop d’illusions sur eux-mêmes.
Ce qu’ils attendent de leurs lecteurs, de l’indulgence (« Nous aussi on est en galère parfois ») pour leurs fautes vénielles ; ce qu’on peut attendre d’eux, aucun mea culpa pour leurs fautes sérieuses et répétées.
— 22 heures. Le groupe existe toujours, il a grossi, la direction en a profité pour nous virer. Evidemment que nous étions un très mauvais client.

22 novembre, 13 heures. Notre commentaire indigné a disparu.

 

• 21 novembre 2018
Leçon 659. –  #SansLesMediasVousEtesQuoi? 2/2

C’est confirmé, les journalistes ne changeront jamais ; et ils vivent dans un monde imaginaire, irrationnel. Est-ce l’école de journalisme qui leur a mis ces folies, cette folie des grandeurs, cette mégalomanie dans la tête ?
Voyez ce tweet du « journaliste-photographe » Sébastien Hoebrechts, presque aussi audacieux que le commentaire Facebook de la journaliste Céline D-Blondie (voir ci-dessus) :

Parce qu’il y a trop d’agressions (verbales et physiques) de confrères depuis trop d’années, et parce qu’on juge une démocratie à la manière dont elle traite ses #journalistes.

Outrecuidance encore ; on croit rêver, on se pince. Leurs pieds ne touchent plus terre, ils sont hors sol, ils ramènent tout à eux. Monde à l’envers et inversion de l’accusation. Egalement à encadrer.
Précisons que, si les journalistes sont maltraités et méprisés par les lecteurs, en revanche ils sont bien traités et courtisés par le pouvoir, qu’en général ils servent bien — beaucoup trop bien selon de nombreux lecteurs destinataires de l’information.
Les journalistes sont parfois traités un peu rudement par les forces de l’ordre, mais ce n’est pas de ça qu’ils se plaignent aujourd’hui, c’est des consommateurs d’information en général et des gilets-jaunes en particulier, qui sont chaque jour plus nombreux à les vomir à la manière de Léon Bloy.
N. B. : agressions de confrères = agressions envers des confrères

https://twitter.com/SHoebrechts/status/1064616374989987840
Archive : http://archive.is/0SG7c

Mise à jour du 22 novembre
— Céline D-Blondie est le pseudo de Céline Durchon, « journaliste pigiste pour plusieurs chaînes d’information à Montpellier ».
https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/video-jamais-je-n-avais-ressenti-une-telle-haine-une-journaliste-temoigne-de-son-agression-par-des-gilets-jaunes_3044847.html
Archive : http://archive.is/6kAqA
— Nous avons lu un journaliste qui reprenait dans son commentaire le slogan contestataire « On lâche rien » (sous-entendu « de notre combat contre le “presse bashing” »). Trop fortiche, les rebelles sont partout ! Tentative de mettre le monde à l’envers, de retourner la situation.

 

• 22 novembre 2018
Leçon 660. –  Sur Facebook : « Ils faut qu’ils se défendent quitte à porter plainte aussi 👍 »

« Ils [sic] faut qu’ils [les journalistes insultés, méprisés, rejetés, repoussés] se défendent quitte à porter plainte aussi. » Voici quelle fut notre réponse à ce commentaire :

Ne vous inquiétez pas, ils se défendent et continueront à le faire, mais notez qu’ils sont et ont toujours été en position de force par rapport à ceux, les consommateurs d’information, qui osent contester leur légitimité, leur honnêteté intellectuelle et leur hégémonie (faiblissante, certes, depuis l’arrivée du Net).
« Qui t’a fait roi ? », pourrait-on demander au journaliste.

« Qui t’a fait roi ? », n’est-ce pas la pertinente question, propre à rabattre un peu le caquet de nos outrecuidants ?
Après les Français de base interdits d’antenne, caviardés, élagués, coupés au montage, censurés ou ignorés, voilà les journalistes interdits de filmer et d’interviewer. Très juste retour des choses, non ? Ensuite on remettra la balle au centre et l’église au milieu du village.
Enfin, remarque générale de bons sens ou prédiction facile : qui vit par la diabolisation du peuple périra par la diabolisation par le peuple.
Mise à jour du 23 novembre
A propos de Français de base, voir Jean-Pierre Le Goff : « Les gilets jaunes, la revanche de ceux que l’on a traités de “beaufs” et de “ringards” » (article payant).
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/11/22/31003-20181122ARTFIG00281-jean-pierre-legoff-la-revanche-de-ceux-que-l-on-a-traites-de-8220beaufs8221-et-de-8220ringards8221.php

 

 

 

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