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Comment écrire au président de la République
et ne recevoir aucune réponse
– et autres guitares
, 13


 

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« Les Rectifications de l’orthographe » de 1990 (RO),
analyse et critique d’une réforme, suite et fin

 

• 17 mars 2016
Leçon 151. – RO, 34. Tous les mots en -geüre* chez Godefroy**

atargeüre, s. f., retard
chargeüre, s. f., charge, poids
corrigeüre, s. f., correction
demangeüre, s. f., démangeaison, prurit
drageüre, s. f., friandise
engageüre, s. f., engagement // chose engagée
enrengeüre, s. f., attache
enrougeüre, s. f., infusion rouge
forgeüre, s. f., action de forger
gageüre, s. f., hypothèque, engagement
glageüre, s. f., jonchée
mangeüre, s. f., mangeoire, auge, crèche // démangeaison // nourriture
nageüre, s. f., action de nager
plegeüre, s. f., garantie, caution
rengeüre, s. f., attache
rongeüre, s. f., action de ronger, morsure // rouille
surgeüre, s. f., action d’attraper les souris
tergeüre, s. f., essuie-mains, serviette, torchon

——
* Prononcé [jur] ? L’auteur du dictionnaire d’où est tirée la liste de mots n’en dit rien, mais, à la lecture de ces deux entrées, on peut penser que -eüre se prononce [ur] : « enflameur, s. m., celui qui enflamme une querelle, un différend », « enflameüre, s. f., inflammation ».
Une lecture en diagonale d’un autre ouvrage de Frédéric Godefroy, le Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, m’apprend que l’auteur n’y utilise aucun tréma.
Exemple :

** Frédéric Godefroy, Lexique de l’ancien français.

 

• 18 mars 2016
Leçon 152. – RO, 35. Utilité du tréma pour l’enrichisssement de la langue

Les verbes en -ger (asperger, effranger...) découragent la création de substantifs par dérivation en -ure, qui donne -eure prononcé [ur].
Il est bon et utile de mettre un terme à cette situation par l’emploi d’un signe diacritique comme le tréma (sur le e ou sur le u ?). On pourra donc – en cas de besoin – créer des néologismes comme allégëure, aspergëure, dégorgëure, désagrégëure, effrangëure, voltigëure... sans craindre qu’ils soient mal prononcés et mal compris.
Ils viendront se ranger naturellement au côté des nouveaux gageüre ou gagëure, mangeüre ou mangëure, etc.
Ce serait une conséquence positive de la réforme. Une des rares choses à garder, beaucoup des autres propositions devant être rebutées. Nous y reviendrons.

 

• 18 mars 2016
Leçon 153. – RO, 36. Cette réforme est un immangeable fruit vert

Mettez le bout d’un doigt de main dans l’orthographe française pour la modifier, la simplifier, la rendre plus cohérente ou que sais-je encore ! et vous voilà happé par un engrenage qui vous prendra jusqu’au dernier doigt de pied, pour en ressortir, des années plus tard, très informé certes, mais moulu ou en compote et n’ayant presque rien fait d’utile.

Il me faut en finir le plus rapidement possible avec l’analyse de cette réforme, en montrant ses tares et en ne proposant d’autre issue que de ne rien réformer ou de ne réformer que très, très peu et, surtout, après avoir longuement, dûment mûri et testé toute proposition, même la plus innocente, ce que – manifestement – n’ont pas fait les rectificateurs, impatients, empressés, voire officieux. Cette réforme est un immangeable fruit vert ; pis, il est empoisonné.

 

• 20 mars 2016
Leçon 154. – RO, 37. Où le mettre, le tréma ?

— Rappel. Les « Rectifications », 1990 : argüer.

— Benjamin Pautex (Errata du Dictionnaire de l’Académie française, ou remarques critiques sur les irrégularités qu’il présente avec l’indication de certaines règles à établir, 1862) : argüer, rédargüer*.
Extrait ci-dessous :

ARGUER, v. a. (L’U se prononce.) Il est à désirer que dans ce mot et dans son composé rédarguer*, l’Académie emploie l’ü tréma, pour qu’on ne prononce pas la syllabe finale de ces verbes comme dans briguer, narguer, voguer, etc. Nous demandons qu’elle mette le tréma sur l’ü parce que la voyelle suivante varie non seulement à chaque temps mais presque à chaque personne, et que souvent cette voyelle réclame un accent qu’on ne pourrait supprimer : nous argüâmes, vous argüâtes, ils argüèrent, qu’il argüât, argüé.

— Jacques Damourette (Traité moderne de ponctuation, 1939) : j’arguë, nous arguïons...

——
*
rédarguer (graphie de Littré) : « Terme vieilli. Blâmer, reprendre » (Littré).

 

• 23 mars 2016
Leçon 155. – RO, 38. Le concept obscur de « valeur de citation »

Six occurrences du concept de « valeur de citation » dans les « Rectifications » :
… n’ayant pas valeur de citation
… n’ont pas valeur de citation [deux fois]
… employés sans valeur de citation
… ayant conservé valeur de citation
… gardent un caractère de citation

Proposition des « Rectifications » : pas d’agglutination (c’est-à-dire pas de soudure), pas d’accent et pas de pluriel à la française pour les mots d’origine latine ou étrangère qui ont « valeur de citation ».
Seuls deux mots – latins – ayant, selon les rectificateurs, gardé « valeur de citation » sont donnés comme exemples : mea culpa et requiem.
En revanche sont éligibles à la francisation les mots apparatchiks, blackouts, exvotos, vadémécums, etc., lesquels sont censés ne pas avoir « valeur de citation »...
On peut déjà en conclure qu’on n’écrira pas des méaculpas ni des réquiems ; mais, si les mots mea culpa et requiem ont « valeur de citation », ne faut-il pas les mettre entre guillemets et, puisqu’ils sont d’origine latine, ne faut-il pas aussi les mettre en italique ?
Ainsi :
Il a fait son « mea culpa ».
J’ai écouté un « requiem ».

En deux mots : qu’est-ce qu’une citation et qu’est-ce qu’un mot qui a gardé sa valeur ou son caractère de citation ?

Ce n’est pas la seule obscurité des « Rectifications », j’en citerai d’autres.

 

• 23 mars 2016
Leçon 156. – RO, 39. Une magistrale fausse démonstration

La meilleure fausse démonstration des « Rectifications » est sûrement celle-ci :

De même que mille-feuille ou millefeuille (les deux graphies sont en usage) ne désigne pas mille (ou beaucoup de) feuilles, mais un gâteau, et ne prend donc pas d’s au singulier, de même le ramasse-miettes ne se réfère pas à des miettes à ramasser, ni à l’acte de les ramasser, mais à un objet unique. Dans un mot de ce type, le premier élément n’est plus un verbe (il ne se conjugue pas) ; l’ensemble ne constitue donc pas une phrase (décrivant un acte), mais un nom composé. Il ne devrait donc pas prendre au singulier la marque du pluriel. À ce nom doit s’appliquer la règle générale d’accord en nombre des noms : pas de marque au singulier, s ou x final au pluriel. (Voir Règle 2.)

Je me pince, j’ai du mal à y croire. Fausse démonstration ou mauvaise formulation ?
Les rectificateurs prennent un peu le contrepied des raisonnements habituels des orthographistes.
Poussons leur raisonnement plus loin sur la même pente, et disons que, ramasse n’étant plus un verbe, il est un nom, et faisons-le variable au pluriel : des ramasses-miettes, des cures-dents.
Encore plus loin, chaque élément devient un nom variable : des crocs-ens-jambes, des montes-ens-l’airs, des coqs-as-l’ânes, etc.

A signaler, d’autres mots composés avec mille : mille-fleurs, mille-graines, mille-pattes (dont la réforme veut faire millepatte), mille-pieds. Avec cent : cent-pieds.

 

• 23 mars 2016
Leçon 157. – RO, 40. Une cinquième coquille

Coquille sur le PDF (p. 12 colonne 2), absente de la version papier (v. aussi la leçon 130) :

Sur les autres mots, il ne donne généralement aucune indication, excepté pour de rare distinctions de formes homographes.

Il y a donc bien deux versions des « Rectifications », mais les variantes ne portent-elles que sur des points sans grande importance ? Il y a un travail de collation à faire. En tout état de cause, comme je l’ai dit, au minimum le document est à revoir, il ne peut être utilisé dans cet état comme un vade-mecum par les enseignants.
Noter que ce genre de documents est très difficile à corriger, il exige de nombreuses relectures par des personnes différentes professionnelles de la relecture.

P.-S. du 26 mars 2016 : voir aussi la leçon 164.

 

• 24 mars 2016
Leçon 158. – RO, 41. Entrent en scène les pompiers pyromanes

J’ai hésité entre « clowns » et « pompiers pyromanes ».
D’abord les rectificateurs combattent l’homographie, noble tâche, et ils recommandent la graphie ponch pour la boisson, au lieu de punch, et déclarent avec sagesse et raison :

Cette graphie évite l’homographie avec punch (coup de poing) et l’hésitation sur la prononciation.

Mais ensuite ils créent des homographies. En effet, si les rectificateurs déclarent qu’ils gardent le circonflexe...

... dans les mots où il apporte une distinction de sens utile : dû, jeûne, les adjectifs mûr et sûr, et le verbe croître (étant donné que sa conjugaison est en partie homographe de celle du verbe croire)...

… ils ajoutent et précisent :

L’exception [c’est-à-dire la conservation du circonflexe] ne concerne pas les dérivés et les composés de ces mots (exemple : sûr, mais sureté ; croître, mais accroitre). Comme c’était déjà le cas pour dû, les adjectifs mûr et sûr ne prennent un accent circonflexe qu’au masculin singulier.

Donc mûrs disparaît, et devient murs
mûre disparaît, et devient mure
mûres disparaît, et devient mures
sûrs disparaît, et devient surs
sûre disparaît, et devient sure
sûres disparaît, et devient sures

Rappel de l’« ancienne orthographe » :
mur, n. m., ouvrage de maçonnerie
mûre, n. f., fruit
murer, v. t., clore par un mur
sur, sure, adj., qui a un goût acide
sûr, sûre, adj., qui est certain

N. B. Si vous avez créé le néologisme sureté avec un sens voisin de acidité, il ne vous reste plus qu’à en trouver un autre.

Ce n’est pas tout, car les rectificateurs créent d’autres homographies. On se pince, et on a du mal à y croire. J’y reviendrai.

 

• 24 mars 2016
Leçon 159. – RO, 42. Des gens très impliqués. Citations

11 février 2016
Quant au monstrueux « ognon » que brandissent les ennemis de la réforme, [Bernard Cerquiglini*] rappelle qu’il s’agissait d’éviter une mauvaise prononciation (« ouagnon »). « Mais, vous savez, je ne me battrai pas pour ça ! »

http://www.ledevoir.com/non-classe/462685/france-une-reforme-a-contretemps

11 février 2016
Hier soir, Jean d’Ormesson** était l’invité d’Éric Naulleau et d’Éric Zemmour sur Paris Première. Interrogé sur la réforme de l’orthographe, il a répondu : « Je m’en fous complètement. »

http://linguistiquement-correct.blogspot.fr/2016/02/jean-do-sur-lorthographe.html

——
* Vice-président du Conseil supérieur de la langue française en 1990. Ce que je comprends : « Je ne me battrai pas pour la graphie traditionnelle oignon. »
** Académicien qui a autre chose à faire.

 

• 24 mars 2016
Leçon 160. – RO, 43. Charabia et inconséquence. On se pince, on a du mal à y croire

Extrait des « Rectifications »  p. 4 et 5. C’est Maurice Druon qui parle :

Après avoir examiné cette question avec la plus grande rigueur et en même temps la plus grande prudence, il est apparu au Conseil supérieur qu’il convenait de conserver l’accent circonflexe sur la lettre a, e et o, mais qu’il ne serait plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les quelques cas où il est utile : la terminaison verbale du passé simple et du subjonctif imparfait et plus-que-parfait, et dans quelques cas d’homographie comme jeûne, mûr et sûr.

Primo, jeûne, mûr et sûr ne sont pas des homographes, pas même des homographes de jeune, mur et sur ; donc très mauvaise formulation du rectificateur Druon.
Secundo, non contents d’exprimer maladroitement leur pensée, le rectificateur pompier pyromane Druon et ses complices ont créé des homographies en supprimant les circonflexes sur deux des mots cités ! puisque sûrs, sûre, sûres, mûrs, mûre et mûres perdent leurs six circonflexes ; voir la leçon 158.
On croit rêver, on se pince. Tant de cafouillages, est-ce possible ?

Noter aussi cette curieuse formulation : « conserver l’accent circonflexe sur la lettre a, e et o » plutôt que « les lettres a, e et o ».

N. B. En revanche, mur et sur sont des homophones de mûr et de sûr.

 

• 24 mars 2016
Leçon 161. – RO, 44. Le mea culpa de Bernard Cerquiglini

Bernard Cerquiglini déclare au Devoir* le 11 février 2016 :

« Nous avons considéré à l’époque que cet accent [le circonflexe] ne servait à rien. Mais au contraire, il servait à la mémoire ! Je pense que nous avons eu tort. Et ça, c’est très grave. Surtout pour d’éminents linguistes ! »

Des linguistes éminents qui ignorent que les circonflexes servent à la mémoire, autrement dit qu’ils sont des signes écrits qui renvoient à un passé étymologique et multiséculaire, eh bien ! j’ai beaucoup de mal à le croire, et même je ne le crois pas une seconde. De plus, les circonflexes ne se contentent pas de servir à la mémoire, ils permettent aussi parfois de différencier des mots qui sans circonflexe seraient homographes (sure/sûre) et ils notent parfois des différences de prononciation (tache/tâche).

« Et ça, c’est très grave. Surtout pour d’éminents linguistes ! »

Je dirai plus précisément : « Surtout pour d’éminents linguistes et pour au moins un académicien, Maurice Druon », qui a présenté et défendu les « Rectifications » dans son discours du 19 juin 1990 publié dans lesdites « Rectifications ». Ici encore je crois rêver, et je me pince.

Mea culpa de Bernard Cerquiglini très peu convaincant (euphémisme), et, de plus, insuffisamment critique, puisqu’il...

… affirm[e] que les autres changements proposés sont à la fois « mineurs » et « utiles ».

Une dernière remarque : curieuse déclaration où Bernard Cerquiglini passe de l’affirmation modérée, timide (« Je pense que nous avons eu tort ») à l’accusation frontale et sans concession (« C’est très grave. Surtout pour d’éminents linguistes »). Il semble avoir pris son élan.

——
* 11 février 2016 : http://www.ledevoir.com/non-classe/462685/france-une-reforme-a-contretemps ou
https://archive.is/kuSwa

 

• 25 mars 2016
Leçon 162. – RO, 45. Encore des homographies et même des homophonies

Nous avons vu que les rectificateurs conservent le circonflexe sur i et sur u... :

.. dans les mots où il apporte une distinction de sens utile : dû, jeûne, les adjectifs mûr et sûr, et le verbe croître (étant donné que sa conjugaison est en partie homographe de celle du verbe croire).

On constate que les rectificateurs ne disent rien du verbe jeûner, il n’est pas cité dans les exceptions. Le circonflexe disparaît donc sur le verbe jeûner, et sont créées de nouvelles homographies comme jeune ! (nom)/jeune ! (verbe) – et d’autres – et des problèmes de prononciations homophoniques, puisque jeûne sans circonflexe risque d’être prononcé comme jeune.

Les sites donnant des listes des nouvelles graphies ne s’y sont pas trompés*, et écrivent ainsi : jeuner.
Même punition pour jeûneur, qui devient jeuneur.
La liste des tares ne devient-elle pas impressionnante ? et je n’ai pas terminé ma revue. J’ignore si j’aurai le courage d’aller jusqu’au bout tant il y a de choses à dire encore sur ces maladroites, ces malheureuses et très indigestes dix-sept pages des « Rectifications ».
Au terme de cette revue, ne serai-je pas tenté d’utiliser les termes stigmatisants de bâclage et d’amateurisme pour qualifier la réforme ? C’est à craindre, Alexaindre.

——
* Par exemple ici :
http://www.renouvo.org/liste.php?t=3&lettre=j
et ici :
https://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:Rectifications_orthographiques_du_fran%C3%A7ais_en_1990

 

• 25 mars 2016
Leçon 163. – RO, 46. Avec la nouvelle orthographe, n’y comprenez plus rien !

Ce que vous écriviez en « ancienne orthographe »...
Jeûne jusqu’à demain !

... s’écrira en « nouvelle orthographe » :
Jeune jusqu’à demain !

N. B. Le nom jeûne est touché par la réforme, mais pas le verbe jeûner.

[Réforme de l’orthographe : 62 300 signes]

 

• 26 mars 2016
Leçon 164. – RO, 47. Autres coquilles et faute typo absentes de l’imprimé de 1990

PDF page 13 colonne 2, une double coquille (capitale, apostrophe, agglutination) sur Dun...

Mots composés : on écrit soudés les noms de la liste suivante, composés sur la base Dun élément verbal généralement suivi d’une forme nominale ou de « tout ».

PDF page 17 colonne 1, erreur de typo : le mot tout devrait être entre guillemets (comme dans l’exemple ci-dessus) ou en italique*...

Des noms composés sur la base d’un élément verbal suivi d’une forme nominale ou de tout (voir plus haut, liste A, les exemples dès maintenant proposés à l’usage général).

——
* Les problèmes d’italique manquant sont très nombreux dans le PDF (exemple p. 17 début de la deuxième colonne).

 

• 27 mars 2016
Leçon 165. – RO, 48. A la ramasse

Dans le nom composé ramasse-miette(s), ramasse n’est plus un verbe, nous disent les rectificateurs (voir la leçon 156 plus haut sur cette page) ; qu’à cela ne tienne, mais alors qu’est-il ?
Eh bien, déclarons, décrétons que ramasse est un nom, une ellipse de ramasseur de, et on pourra écrire des ramasses-miettes.

Pas d’accord ?
Au contraire déclarons, décrétons que ramasse est un verbe, une ellipse de un objet qui ramasse, et lui mettre un s au pluriel est impossible. Poursuivons donc : étant donné que ramasse est un verbe, une ellipse de un objet qui ramasse, il est variable comme un verbe, et écrivons des ramassent-miettes, expression elliptique pour des objets qui ramassent des miettes.
Suffit donc de s’accorder sur la règle à mettre en œuvre !

Qu’on écrive des ramasse-miettes, des ramasses-miettes ou des ramassent-miettes, peu me chaut finalement. Ce que je veux c’est une règle, une seule, connue de tous, acceptable, acceptée et comprise par tous.
Mais un ramasse-miette, avec son miette, au singulier, non. Personne ne sort son ramasse-miette(s) pour ramasser une miette ou pour ramasser de la miette.
En revanche, un ramasse-poussière, d’accord.

J’ai simplifié pour être facilement compris : au lieu de un objet qui ramasse, j’aurais dû écrire un objet qui ramasse ou qui permet de ramasser ou une personne qui ramasse (car rien n’empêche qu’un ramasse-miettes soit une personne* ou un objet).

——
* Ainsi les sans-dents ne sont-ils pas aussi les ramasse-miettes de l’économie mondialisée ? Hein ?

 

• 27 mars 2016
Leçon 166. – RO, 49. Appauvrissement de la langue. Laissé suivi d’un infinitif devient invariable

PDF page 13 colonne 1 :

Le participe passé de laisser suivi d’un infinitif est rendu invariable : il joue en effet devant l’infinitif un rôle d’auxiliaire analogue à celui de faire, qui est toujours invariable dans ce cas.
[Exemples :] Elle s’est laissé mourir [...] ; Elle s’est laissé séduire*.

Laissé suivi d’un infinitif aurait un rôle d’auxiliaire qui empêcherait qu’il soit variable ? C’est la première fois que je rencontre cet argument.
J’hésite à m’engager pour le moment — j’en parlerai peut-être plus loin – sur le terrain des auxiliaires et des semi-auxiliaires, et je réponds : le plus important n’est-il pas la nuance de sens que peut apporter la variabilité de laissé ?
Plus de distinguo entre Je les ai laissés tuer et Je les ai laissé tuer, parmi mille exemples possibles ?
Appauvrissement de la langue donc, une fois encore (v. leçons 129 et 134). On émousse l’outil langue, le couteau coupera moins certes, mais les maladroits (les élèves, les apprenants, les utilisateurs de la langue en général) risqueront moins de se blesser, c’est-à-dire de faire des fautes et d’avoir de mauvaises notes ou d’être réprimandés, nous dira-t-on. Champions, les rectificateurs !
Et, pendant que nous y sommes, quid de vu, entendu, senti, etc., suivis d’un infinitif ? Ils deviennent eux aussi invariables, je suppose, des auxiliaires invariables ?

——
* En orthographe non réformée, on doit écrire Elle s’est laissée mourir et Elle s’est laissé séduire (par quelqu’un).

 

• 27 mars 2016
Leçon 167. – RO, 50. Avec la nouvelle orthographe, n’y comprenez plus rien ! suite

Ce que vous écriviez en « ancienne orthographe »...
Cette femme est sûre.

... s’écrira en « nouvelle orthographe » :
Cette femme est sure.

Ce qui était une qualité et un compliment devient un défaut et un reproche (sur, sure, qui a un goût acide, légèrement aigre).
Une décapitation circonflexe parmi d’autres qui participe à l’appauvrissement de la langue et à son opacification.

 

• 27 mars 2016
Leçon 168. – RO, 51. Le participe passé fait suivi d’un infinitif doit-il rester invariable ?

Le participe passé fait suivi d’un infinitif doit-il rester invariable ? Non.
Je ne me serais peut-être pas posé la question aujourd’hui si les rectificateurs n’avaient pas décrété laissé invariable quand il est suivi d’un infinitif (voir la leçon 166 ci-dessus sur cette page) et s’ils n’avaient pas pris le déplorable exemple de fait pour décréter laissé invariable. Comparaison n’est pas raison (voir aussi la maladroite – la ridicule – comparaison qui est faite, par exemple, entre et sûr pour justifier – ou pour dédramatiser ? – l’abandon du circonflexe sur sûrs : PDF page 12 colonne 2).
Ma réponse pour fait sera la même que celle pour laissé : considérer le participe passé fait comme invariable nous prive de nuances. Deux exemples entre mille :

— Les enfants, je les ai faits manger à 19 heures (je leur ai fait manger une entrée, un plat, un dessert...).
— Les enfants, je les ai fait manger (et l’ogre de Perrault nous a débarrassés des chenapans).

 

• 28 mars 2016
Leçon 169. – RO, 52. Résistance : pas d’orthographe rectifiée chez Terres des lettres

Quelques équipes de rédacteurs, qui [dirigent], depuis des années, des collections largement plébiscitées par les enseignants, ont refusé de se plier aux diktats conjugués du ministre et des maisons d’édition qui lui lèchent les bottes*.

Félicitations. Que leur exemple réveille les résignés et galvanise les opposants !

——
* Extrait d’un article du 28 mars 2016 de Jean-Paul Brighelli.
Détails sur le forum neoprofs.org : http://bit.ly/1URCN0X

 

• 1er avril 2016
Leçon 170. – RO, 53. Agglutinez-moi tout ça, Dieu reconnaîtra les siens !

Maurice Druon, secrétaire perpétuel de l’Académie française, déclare dans les « Rectifications de l’orthographe » :

Le procédé de l’agglutination, ou soudure, dans les mots composés devrait connaître un renouveau d’extension, d’ailleurs conforme à la tradition de l’Académie française.

L’Académie française agglutinerait par tradition, voire par habitude, c’est-à-dire sans se soucier de l’usage ? L’Académie ne serait donc pas le greffier de l’usage, voire du bon usage, l’usage ne serait pas le « législateur suprême », comme elle l’a redit récemment ? Par l’agglutination de mots, l’Académie n’avaliserait donc pas un usage, elle prônerait une graphie agglutinée et l’usage de cette graphie agglutinée ?

Autre question. Qui agglutine ? Des gens instruits, lettrés ou des ignorants ? Réponse : seuls les cancres avant la réforme écrivaient chauvesouris, clopinclopant, croquemonsieur, hautparleur*, porteclé, potpourri*, sagefemme**, tirebouchon (tous mots agglutinés par la réforme ; PDF p. 14). Quand bien même l’Académie n’inventerait pas un usage, elle suivrait donc celui des cancres ?
Qui les premiers ont agglutiné bidonville ou chienlit ? Peut-être des personnes qui ignoraient l’origine et la signification de ces mots. Noter que chie-en-lit est bien plus fort et bien plus parlant que chienlit, et qu’avec chie-en-lit on ne risque pas de prononcer [chien-li] – d’ailleurs je me propose de désagglutiner chienlit dès la prochaine fois que j’aurai besoin de ce mot.

Noter que les rectificateurs ont été presque prudents, et qu’ils ne proposent pas d’agglutination comme des façafaces, des toutalégouts, des piétaterres, des solylaisses, etc., qui sont bien dans l’esprit de la réforme. Ils n’ont pas osé, mais on a le sentiment que le poison est là, dans la seringue. On l’a compris, le risque est de rendre méconnaissables les composants, et incompréhensible le mot final agglutiné.

Une autre bizarrerie à signaler parmi les rectifications : des mêletouts remplaçant des mêle-tout. Touts pluriel de tout, ça choque un peu l’esprit.

——
* N’est-il pas à craindre que des lecteurs peu expérimentés prononcent le t : [haute parleur] ? Idem pour potpourri prononcé [pote pouri]. Je ne connais aucun mot français contenant un tp dont le t n’est pas prononcé. A ma connaissance, les seuls mots contenant tp sont postposer, postposition, postprandial et postproduction, t se prononce.
** N’est-il pas à craindre que des lecteurs peu expérimentés ne reconnaissent pas le mot femme, et prononcent [sage fème], comme dans flemme ou gemme ?

 

• 1er avril 2016
Leçon 171. – RO, 54. Les méfaits de l’agglutination. Faut-il aussi agglutiner l’Académifrançaise ?

On ne reconnaît plus certains mots ou on ne les reconnaît pas immédiatement (chauvesouris, clopinclopant), car ils sont défigurés ; ils surprennent, on n’y croit pas et on se pince ; ou ils font rire* ; on a du mal à lire certains parce qu’ils sont trop longs (les mots longs, comme contremanifestation, sont contraires au génie de notre langue**).
Quand je vois le mot porteclé (graphie dite rectifiée), je me dis que c’est un mot que je ne connais pas, j’y vois bien porte et clé, mais j’ignore s’il ne s’agit pas d’autre chose qu’un porte-clés, je vais donc consulter mon dictionnaire : peut-être, me dis-je, porteclé n’a-t-il rien à voir avec une porte ni avec une clé ; ou peut-être porteclé est-il une fonction de haute domesticité chez nos rois, comme l’était celle de portemanteau ou celle d’échanson, et peut-être la graphie fait-elle un distinguo entre un homme (un porteclé) et un objet (un porte-clés) ?

——
* D’autres mots qui font rire, nénufar (réfection inutile) et ognon (lequel est pourtant connu pour faire pleurer). Enfantillages, jeux de gosses : n’inversons pas les appellations, ce sont les rectificateurs qui sont picrocholesques, pas leurs opposants.
** Voir la leçon 118 et « anticonstitutionnellement ».

 

• 1er avril 2016
Leçon 172. – RO, 55. Coquille

Une autre coquille, sur le PDF et le document papier : vademecum au lieu de vadémécum (graphie dite rectifiée).
Et une erreur de ponctuation ici :

L’agglutination ou soudure implique d’ordinaire que...

Correction : « L’agglutination, ou soudure, implique d’ordinaire que »...
Ailleurs dans le même document, une phrase analogue est correctement ponctuée :

Le procédé de l’agglutination, ou soudure, dans les mots composés...

 

• 2 avril 2016
Leçon 173. – RO, 56. Conjugaisons

A propos des verbes en -eler et -eter, qui se conjugueraient désormais sur les modèles de peler et de acheter :

On ne fait exception que pour appeler (et rappeler) et jeter (et les verbes de sa famille), dont les formes sont les mieux stabilisées dans l’usage.

« Dont les formes sont les mieux stabilisées dans l’usage »... D’où sort cette affirmation, cette conviction ? d’une enquête auprès des enseignants ? Ça sent le farfelu, l’affirmation gratuite. On aimerait voir citer une enquête.
Une frousse subite d’aller trop loin ?

 

• 2 avril 2016
Leçon 174. – RO, 57. Un « cache-misère »

Un blogueur a trouvé le bon mot pour qualifier cette réforme : « cache-misère » ; il remarque aussi que c’est une machine à polémiques qui monte les gens les uns contre les autres. Et qui fait grande et utile diversion en plein état d’urgence à ne rien faire, ajouterai-je.

 

• 3 avril 2016
Leçon 175. – RO, 58. Un PDF bâclé, un festival de coquilles

Version papier de 1990 :

Dans les verbes en eler et eter

Version PDF :

Dans la verbes en -eler et -eter

Total des coquilles recensées à ce jour sur le PDF : 9 !
Probablement obtenu par reconnaissance optique des caractères (OCR), mais non corrigé ou corrigé trop vite, le document est à refaire donc. Il y a certainement plus de neuf coquilles (je n’ai pas lu le PDF entièrement, en revanche, j’ai lu l’imprimé, l’original paru en 1990, deux fois) – coquilles et autres erreurs typo renforçant l’indigestibilité et la sympathique potacherie du document.

 

• 3 avril 2016
Leçon 176. – RO, 59. Les verbes en -eler et en -eter

Les verbes en -eler et en -eter :

On les conjuguera [...] tous sur le modèle de peler et d’acheter, en faisant seulement exception pour appeler, jeter, et leurs dérivés. Leurs dérivés en -ment suivront la même orthographe : amoncèlement, cliquètement, etc.

On conjuguera donc il claquète, il cliquète, il dentèle, il étincèle, il étiquète, il trompète, etc., au lieu de il claquette, il cliquette, il étincelle, il dentelle, il étiquette, il trompette, etc.
L’idée des réformateurs (uniformiser et simplifier) est peut-être bonne, mais quid des dérivés qui s’écrivent une claquette, une cliquette, une dentelle, une étincelle, une étiquette, une trompette, etc., et non une cliquète, une claquète, une dentèle, une étincèle, une trompète ?
Signalons également que trompeter se prononce comme trompéter et non comme trompeter.

L’idée de départ est peut-être bonne, probablement bonne, mais il est compliqué de simplifier, et avant toute décision il faut réfléchir. Il faut, bien sûr, mûrir et tester longuement toute proposition, même la plus innocente (voir la leçon 153 ci-dessus), c’est ce que ne semblent pas avoir fait les rectificateurs ; c’est un des principaux reproches qu’on peut leur faire récurremment.

Précipitation, d’où bâclage et amateurisme apparent (voir la leçon 162 ci-dessus) ?
Chronologie selon un article* du grammairien Michel Arrivé :
– première réunion du comité d’experts qui va faire des propositions et écrire un rapport : 12 décembre 1989 ;
– rapport achevé, moins de cinq mois après, le 3 mai 1990 ;
– présentation des propositions de rectifications au Premier ministre Michel Rocard, qui les accepte : 19 juin 1990.
Mais c’est au moins deux ans de travail à plein temps qu’il eût fallu, pas cinq mois...

——
* Article archivé ici.

 

• 4 avril 2016
Leçon 177. – RO, 60. « Contrehermine » ? Doucement sur les agglus !

La néographie agglutinée contrehermine, remplaçant contre-hermine, prônée par le site pro-réforme renouvo.org et par fr.wiktionary.org, ne risque-t-elle pas de provoquer un changement de la prononciation courante ou d’inciter à un changement ?
Ou, en d’autres termes, cette néographie agglutinée n’est-elle pas en désaccord avec la prononciation actuelle courante ?
Le risque est que le lecteur prononce en lecture spontanée le e de contre : [contreu èrmine], comme on le prononce, par exemple, dans contrebalancer, [contreu balancé], et non plus [contrèrmine], comme dans le bon vieux temps de ce cher vieux pays.
Par la brèche ouverte par la réforme, toutes les audaces se lâchent.

 

• 7 avril 2016
Leçon 178. – RO, 61. Chasse-mouche contre bulldozer

Interview de Bernard Pivot ce jour sur lefigaro.fr* :

Le Figaro. — Vous qui avez remis au goût du jour la dictée, que pensez-vous de la réforme de l’orthographe, vingt-six ans après ?
Bernard Pivot. — […] S’attaquer à l’accent circonflexe et au trait d’union, c’est dénaturer la langue française. C’est une atteinte à l’esthétique de la langue, elle n’a plus la même image, la même apparence.

« Un croûton est moins croquant sans son circonflexe », a dit quelqu’un. Je réponds que l’esthétique de la langue est l’argument des paresseux, l’argument de ceux qui n’ont pas d’argument, c’est l’argument le plus faible qu’on puisse opposer à cette réforme : un bulldozer n’a rien à craindre d’un coup de chasse-mouche.

Il faut parler outil et efficacité de l’outil langue : homographies, appauvrissement du lexique, équivoques, contradictions, problèmes de prononciation, obscurité ou faiblesse de l’argumentation des réformateurs, inutilité de certains changements, contre-productivité, effet domino, etc.
Ceux qui perdent sans combattre disent « atteinte à l’esthétique » (Bernard Pivot) ou « bêtise abyssale » (Dominique Fernandez**) ou bottent en touche (la priorité, c’est de « rétabli[r] les conditions d’une vraie transmission du savoir », dit la conclusion d’un communiqué de l’Académie*** sur la « réforme de l’orthographe »), et quittent leur terrain de compétence. Ils quittent le champ de bataille où ils n’ont jamais mis qu’un doigt de pied.
Je connais aussi une ou deux personnes, que je ne nommerai pas, qui déclarent que cette réforme n’est pas bonne à part deux ou trois trucs à garder ou à garder après amélioration, mais que le pire est probablement à venir, et que c’est ça l’ennemi, l’avenir. Ils attendent donc que le pire ait eu lieu pour résister, ils attendent qu’il soit trop tard, et ce sera leur prochain argument pour ne rien faire : « Il est trop tard. »
Comme je l’ai déjà dit, avec des opposants pareils, la réforme n’a rien à craindre.

——
* http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/bernard-pivot-la-langue-francaise-n-a-plus-la-meme-image-_a2f0736e-fc1a-11e5-84ed-82d078305403/
** V. la leçon 147.
*** http://www.academie-francaise.fr/actualites/declaration-de-lacademie-francaise-sur-la-reforme-de-lorthographe

 

• 7 avril 2016
Leçon 179. – RO, 62. Il est déjà presque trop tard

Prenons conscience qu’il est déjà presque trop tard : certains instituteurs enseignent l’orthographe prétendue réformée (OPR) depuis des années ; des éditeurs ont imprimé et impriment actuellement en OPR, et je vois mal des élèves devoir désapprendre ce qu’ils ont appris et je vois mal ces éditeurs mettre leurs livres au pilon sans demander des indemnités, des dommages-intérêts à Najat Vallaud-Belkacem ou à l’Académie, qui, quoi qu’on dise et qu’on ait dit, a approuvé à travers le discours de Maurice Druon du 19 juin 1990 cette réforme (que Maurice Druon ait un peu trahi ses collègues – voir la leçon 132 – est une autre affaire, qui reste un tantinet obscure).
Il est déjà presque trop tard. La prochaine rentrée, c’est dans quelques mois, et elle scellera peut-être la victoire de l’OPR.

[Réforme de l’orthographe : 80 300 signes]

 

• 19 avril 2016
Leçon 180. – RO, 63. Figaro.fr : « La réforme sur [sic] l’orthographe va être “mise au frigidaire” »

Très occupé depuis quinze jours, je me contente de renvoyer les lecteurs à cet article du Figaro.fr :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/04/18/97001-20160418FILWWW00332-helene-carrere-d-encausse-la-reforme-de-l-orthographe-va-etre-mise-au-frigidaire.php

Je continuerai mon analyse critique très bientôt, car la bête n’est pas morte.

Extrait :

[Selon Mme d’Encausse], les éditeurs de manuels scolaires ont renoncé à la mention "nouvelle orthographe" qu’ils espéraient voir figurer sur leur éditions à la rentrée prochaine. Ils seraient à l’arrêt, constatant que la réforme ne "marchait pas".

Si la nouvelle est exacte, elle est plutôt bonne, mais, pour enterrer véritablement cette réforme, il faut être trois : l’Académie, les éditeurs et surtout, surtout le ministre de l’Education nationale, avec ses grandes dents de contention. Les déclarations de Mme d’Encausse n’empêcheront nullement le ministre de continuer à prôner les rectifications auprès des enseignants et à considérer officiellement l’orthographe prétendue rectifiée comme « la référence » (c’est le terme officiel) pour l’enseignement.

A voir également :
http://www.lepoint.fr/societe/helene-carrere-d-encausse-la-reforme-de-l-orthographe-est-enterree-19-04-2016-2033344_23.php

 

• 22 avril 2016
Leçon 181. – RO, 64. Jean Nemo : « Pourquoi je n’appliquerai pas la réforme de l’orthographe »

Extrait.

Contrairement aux déclarations et rumeurs de ces derniers jours, la réforme de l’orthographe sera bien appliquée dès la rentrée 2016. La plupart des éditeurs scolaires l’ont déjà intégrée à leurs manuels, comme le recommandent les nouveaux programmes de l’Education nationale (BO du 26 novembre 2015). Ce ne sera pourtant pas le cas de la Librairie des écoles.

http://www.lepoint.fr/chroniques/jean-nemo-pourquoi-je-n-appliquerai-pas-la-reforme-de-l-orthographe-22-04-2016-2034079_2.php

 

• 25 avril 2016
Leçon 182. – RO, 65. Lutte ouvrière s’intéresse à la réforme de l’orthographe

Exposé, puis débat le dimanche 15 mai : http://fete.lutte-ouvriere.org/?-le-programme-complet-69-

 

• 5 juin 2016
Leçon 183. – RO, 66. Avis de cessez-le-feu

Mon élan d’analyse ayant été interrompu et brisé, je renvoie le lecteur à certains de mes commentaires sur le site du « champion du monde d’orthographe » (sic), où j’ai laissé, sous le pseudo LMMRM, quelques commentaires sur certains des points que je n’ai pas traités ici.

Sur les soudures, ou agglutinations (potpourri, hautparleur, etc.), et sur la réforme en général :

http://alafortunedumot.blogs.lavoixdunord.fr/archive/2016/04/04/nouvelle-orthographe%C2%A0-il-n-y-a-pas-que%C2%A0l-accent%C2%A0circonflexe%C2%A0-14564.html

et

http://alafortunedumot.blogs.lavoixdunord.fr/archive/2016/04/05/nouvelle-orthographe-cachez-ces-%C2%A0appats%C2%A0-que%C2%A0nous%C2%A0ne%C2%A0saurion-14565.html

Entre autres.

 

• 3 septembre 2016
Leçon 184. – Estelle Gross, une prose grosse de fautes
et de maladresses

Extraits d’un article* d’Estelle Gross, « journaliste politique [de l’Obs, ex-Nouvel Observateur] chargée du suivi de l’UMP, du centre et du Front national, et de leurs éventuelles interférences »** du 3 septembre 2016.

Marine Le Pen qui relie [relit] son discours...

"Il y a une forte demande et le nom de vue [nombre de vues] est exponentiel."

Les chaines [chaînes] d’infos qui reprennent une phrase ou deux...

1,1 millions [million] de notifications

1,1 millions [million] d’abonnés

C’est sans compter sur la diffusion post direct qui nécessite [qui ne nécessite] qu’un seul clic.

Et notamment le lancement du premier site internet du parti en 1996 lancé [Remarquer "le lancement lancé"] deux semaines avant celui des Verts. Et ont [qui ?] déterré dans les archive [archives] du journal officiel du parti cette chronique...

Briser par la même [là même] le mur du silence...

Les auteurs de "Fachosphère" rappelle [rappellent] en outre que…

Le FN investi [investit] la vidéo sur internet avec Lepen.tv. 

... s’averera [s’avérera]...

La possibilité de diffuser en direct des images collent [colle] on ne peut plus avec l’affichage permanent d’un parti "hors système".

Les cadres continueront à squatter [Les cadres = Les cadres du FN. Rappel : squatter, c’est occuper illégalement] les plateaux pour porter la bonne parole.

Enfin, revenons un instant là-dessus :

Journaliste politique chargée du suivi de l’UMP, du centre et du Front national, et de leurs éventuelles interférences.

« Leurs éventuelles interférences » ? Quelles interférences ? Entre quoi et quoi ? entre qui et qui ? avec quoi ? avec qui ? entre eux ? Incompréhensible. Paresse d’expression. Remplissage.
Interférence selon le Petit Robert : « (Déb. XXe) Intervention contradictoire, immixtion ; conjonction de faits. Interférence des phénomènes politiques et économiques. »

Et j’en passe (comme le titre, faussement choc, qui énonce une vérité banale)...
Des articles de gros organes de presse français – généreusement subventionnés avec l’argent des sans-dents et des avec-dents – contenant des fautes et des maladresses d’expression, on en lit tous les jours, mais à ce point-là c’est du rare.
Chaque jour un petit peu plus, l’intelligence, l’esprit critique, le courage intellectuel, l’autonomie intellectuelle désertent l’Obs. Certains articles font grand-pitié. Avec toujours les mêmes tares stylistiques journalistiques, comme le très puéril refus des répétitions***, qui transforme nombre de phrases en rébus. La pile est sur sa fin, le journal clignote, à l’image de la France, ou est éteint.

——
* « Le FN en direct, comment le parti est devenu son propre organe de presse » :
http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/election-presidentielle-2017/20160831.OBS7232/le-fn-en-direct-comment-le-parti-est-devenu-son-propre-organe-de-presse.html

** Voir
http://tempsreel.nouvelobs.com/journaliste/16/estelle-gross.html

*** V. entre autres ici les notes 51 et 52 : http://lesmediasmerendentmalade.fr/p2.html

 

• 16 septembre 2016
Leçon 185. –
Il faut se méfier des fautes d’orthographe

— Toile authentique de Benjamin Vautier dit Ben ?
Noter que, même sans faute d’orthographe (deux fautes si, en plus du t, on compte l’accent, grave au lieu d’être aigu), ce serait nul d’humour.

Source : https://fr.ulule.com/antichambre-merveilles/

— Mieux :

Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Il_faut_se_m%C3%A9fier_des_mots.jpg?uselang=fr

 

• 29 septembre 2016
Leçon 186.
– Discours de François Hollande lors de la cérémonie d’inauguration de l’imprimerie Michel Catalano à Dammartin-en-Goële le 29 septembre 2016*

— Tissu de mièvreries, de platitudes, de maladresses en tout genre, de clichés, de niaiseries surtout… Ça devient dramatique.
Un exemple parmi tant d’autres, à 21 minutes 58 secondes :

Je ne doute pas – je ne sais pas si ça vous fera des clients – que beaucoup de Français et même de personnes venues du monde entier voudront savoir : « Mais c’est où, Dammartin ? C’est où, le groupe, le fameux groupe Catalano ? »
C’est là où il y a des valeurs, où il y a des principes, où il y a des idéaux, où il y a de l’espoir, c’est là où s’est produit un drame, mais aussi une renaissance et donc une espérance.

— Dans cet article, « Dammartin-en-Goële : Hollande décore les 2 rescapés de l’imprimerie », le journaleau semble ne pas être capable de faire une citation exacte ou de mettre des crochets ([…]) pour indiquer qu’il ne cite pas intégralement ni exactement :
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/29/97001-20160929FILWWW00134-dammartin-en-goele-hollande-decore-les-2-rescapes-de-l-imprimerie.php

— François Hollande ressemble de plus en plus à un enfant s’immisçant dans une conversation d’adultes sur un sujet d’adultes et se figurant naïvement qu’il pourra apporter quelque chose.
Après cinq ans de vulgarité sarkozienne, le coup de grâce de cinq ans d’enfantillages hollandiens.

——
* http://www.elysee.fr/videos/new-video-62/

 

• 15 octobre 2016
Leçon 187.
– Lettre de François Hollande aux magistrats*

Commentaire d’Eric Anceau à https://twitter.com/Eric_Anceau/status/787010987199193089 :

Dans sa lettre d’excuse aux magistrats, Hollande fait une énorme faute d’accord. Il aura du mal à briguer l’Académie française après 2017.

En effet il eût fallu écrire « La ligne de conduite et d’action que je me suis fixée », et non « La ligne de conduite et d’action que je me suis fixé ».

 

• 15 octobre 2016
Leçon 188.
– « J’acquiesce », acquiesça-t-il

« J’acquiesce », acquiesça-t-il est-il un pire pléonasme que « Oui », acquiesça-t-il ?
Non, il est seulement un peu plus visible.

Dictionnaire électronique le Petit Robert.

• 8 novembre 2016
Leçon 188.
– « François Hollande parle-t-il comme un enfant ? »

Article de Sébastien Le Fol du 13 octobre 2016 :

http://www.lepoint.fr/presidentielle/actualite/francois-hollande-parle-t-il-comme-un-enfant-12-10-2016-2075395_3131.php

— Si Sébastien Le Fol avait lu certaines de mes leçons, il aurait eu un très excellent matériel pour étayer sa thèse, regrettablement basée sur la seule anaphore.

— Je disais hier à propos de François Hollande : nous sommes dirigés par un gosse.

 

• 3 décembre 2016
Leçon 189.
– « Même combats »

Ce jour, rassemblement de policiers en colère à Paris au pied de la tour Eiffel.
Coquille sur une banderole.
Seulement deux cents personnes présentes.
La France qui agonise et crève ; deux cents personnes seulement, policiers et non-policiers, répondent présent.

Et le spectacle déplorable et désolant des dizaines de vendeurs subsahariens illégaux à la sauvette (tours Eiffel, sacs à main, écharpes, stylos, gadgets divers) tous les cinq mètres qui encombrent les trottoirs et les placettes, ralentissent et font piétiner la foule des touristes, interpellent les passants avec une stupide insistance (« Where are you from? ») ; de joueurs de bonneteau illégaux tous les dix mètres ; des barrières métalliques anti-terrorisme partout enlaidissantes et qui jettent à tout instant les promeneurs dans des impasses. Un Paris méconnaissable, congestionné, étouffant, bruyant, solliciteur, vulgaire, inquiétant, un Paris de chaos dont on a envie de s’extirper au plus vite en criant au secours !

 

 

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