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« Le jour baissait, les cocotiers s’agitaient au-dessus de nos têtes,
secouant sur nous leurs cent-pieds et leurs scorpions »,
le Mariage de Loti, Pierre Loti, 1880

 

La pathologie des médias, p. 2


 

• Page d’accueil et sommaire
• Internet et sardines à l’huile
• Bloc-notes 1 à 30


BLOC-NOTES, suite

• Note 31 du 15 août 2006. Une adresse inutile, 1
Les archives inofficielles de Parler au quotidien (http://www.chilton.com/paq/).

 

• Note 32 du 16 août 2006. Les médias me rendent malade, 16
–– Odieux audio
Je passe mon temps à être consterné, puisque je passe mon temps à lire les journaux ou à les écouter. Hier à l’écoute du podcast de RFI le Journal Afrique de 12 h 30-13 heures (a), consterné par le ton fabriqué des journalistes, des politiqueurs africains et de la pub pour RFI ou pour le journal Jeune Afrique. Ton parfois inadéquat (sautillant alors qu’il ne devrait pas l’être ; faussement grave ; triomphant alors qu’il devrait être modeste, pudique ou neutre ; etc.) qui s’ajoute à la maladresse des mots.
La chronique les Mots de l’actualité, d’Yvan Amar, et la Danse des mots, du même, ne sont pas sans intérêt.

a. On peut également s’y abonner via le Music store d’iTunes.

 

• Note 33 du 16 août 2006. Ancouler
J’ai demandé il y a quelques jours à un académicien s’il pouvait faire faire une recherche sur le mot ancouler par le service du dictionnaire de l’Académie française : depuis presque vingt ans, je cherche à savoir si ce mot est le produit d’un canular. Selon le Dictionnaire d’orthographe et de grammaire d’André Jouette, 1986, éditions Nathan, page 65 – page consacrée aux cris des animaux –, le crocodile ancoule, lamente, pleure ou vagit. Je n’ai jamais trouvé le mot ancouler ailleurs que dans le dictionnaire de Jouette (a). (Il fut un temps, avant que je ne déménage et que je n’en fasse cadeau d’une bonne moitié, où je possédais cinq ou six cents volumes de dictionnaires.) L’immortel m’a promis de faire lancer une recherche dès que la Compagnie – c’est ainsi qu’on l’appelle aussi – reprendra ses travaux, le troisième jeudi de septembre.

a. On trouve le verbe sous la forme ancoule sur le Net, mais ça ressemble à un copié-collé du dictionnaire de Jouette.

 

• Note 34 du 17 août 2006. Un bon argument en faveur de l’uniformisation des graphies
« L’analyse automatique des textes grâce à l’informatique, le tri des documents à partir des mots qu’ils contiennent donnent un intérêt accru à l’uniformisation de l’orthographe » (J. Chevallier, « Le trait d’union dans les termes médicaux »).

 

• Note 35 du 17 août 2006. Copié-collé d’un courrier. Intrigant
–– Les grands absents des dictionnaires, 1
[...] J’ai oublié de vous signaler un problème dictionnairique (ce mot dictionnairique, récent, est la Vénus hottentote de la langue française, mais on finira par s’y habituer ; on le trouve, entre autres, dans le Petit Larousse de 2002).
Voici : tous les dictionnaires modernes recensent l’acception « donner à penser, exciter la curiosité, susciter la perplexité, mettre la puce à l’oreille » du verbe intriguer, mais la plupart (Dictionnaire de l’Académie française de la neuvième édition dans sa version informatisée ; Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse de 1982, en dix volumes ; Petit Robert de 1988 ; Petit Robert électronique de 2001 ; Petit Larousse de 2002 ; Petit Larousse de 2004,...) ignorent l’acception « qui donne à penser, qui excite la curiosité, qui suscite la perplexité, qui met la puce à l’oreille » de l’adjectif intrigant.
Surprenant – et même intrigant –, cet oubli quasi général et persistant, car l’acception est usuelle depuis des décennies.
Aujourd’hui à ma connaissance, le Dictionnaire Hachette électronique de 1998 est le seul à recenser cette acception de l’adjectif : « intrigant, ante. Adj. Qui intrigue, excite la curiosité, étonnant ». En tout cas, les immortels l’ont oubliée. [...]

> Suite dans la note 57.

 

• Note 36 du 17 août 2006. Les médias me rendent malade, 17
–– Les uns et les autres, je les emmerde, 1 (a)
Exemples reconstitués.
« Posez donc la question aux uns et aux autres et vous serez surpris de la réponse. »
« Je demanderai aux uns et aux autres de ne pas parler tous ensemble. »
« Si les uns et les aux autres sont d’accord, nous allons commencer par la politique étrangère. »
–– Ici ou là est partout (b)
Exemples reconstitués.
« On voit ici ou là des groupes de parole se former et la situation s’améliorer sensiblement. »
« Ils sèment ici ou là des graines d’espoir, merci. »
« ... Tout en tenant ici ou là des discours qui laissent entendre le contraire ! »

a. Le lecteur voudra bien me pardonner la scurrilité de mes propos ; ce n’est pas cependant pour sacrifier à cette mode servile de la familiarité apparue dans les années 80, devenue grossièreté et vulgarité dans les années 90.
b. « Partout », j’exagère (j’ai gardé de la fréquentation des journalistes quelques-uns de leurs travers), l’adverbe est là essentiellement pour le jeu de mots : la locution « ici ou là » semble avoir perdu un peu de ses attraits auprès de la presse et des politiqueurs.

 

• Note 37 du 17 août 2006. Les médias me rendent malade, 18
–– Sénilité
Une publicité télévisée pour Charlotte aux fraises magazine, « premier mensuel à s’adresser aux petites filles à partir de 3 ans », conclut par un « ... chez ton marchand de journaux ! ». Chaque petite fille de 3 ans a son marchand de journaux.
« Chez votre marchand de journaux », « chez votre épicier », « chez votre marchand de tabac », etc., supposent l’adjectif habituel ou régulier. Déjà cette habitude-là à 3 ans !

 

• Note 38 du 18 août 2006. Les médias me rendent malade, 19
–– T’ as tout pigé !
Un zinzin qui dépasse les bornes réglementaires dans les médias audio, c’est ces fréquentes (a) fausses liaisons qui vont contre le sens de la phrase. Même si on peut supposer qu’en général l’auditeur rectifie par lui-même en deux secondes dans le cas que je vais vous présenter, en tout état de cause le message est inconfortable, il est perturbé ; d’autant plus que le m’as-tu-vu à l’antenne débite son info à la vitesse grand V comme s’il appelait au secours ou comme s’il avait hâte de rentrer à la maison.
Soit donc la phrase suivante : « Selon un récent sondage, les médias écrits sont plus crédibles et plus fiables que les télés, mais les télés sont, elles, plus attractives et plus attachantes. »
Dans cet exemple, l’orthophoniste de service prononce [sontelle] les mots en gras.
Voici donc la phrase que, en réalité, il énonce : « Selon un récent sondage, les médias écrits sont plus crédibles et plus fiables que les télés, mais les télés sont-elles plus attractives et plus attachantes. »
La phrase ressemble à une question alors que c’est une affirmation ; elle est une question sur le ton de l’affirmation.
Ce elles est isolé entre deux virgules et doit le rester : la liaison avec un mot qui précède la première virgule ou qui suit la seconde est interdite par le sens.

a. Particulièrement sur France Info. (En revanche les orthophonistes de France Info – et d’ailleurs – fuient les liaisons avec cents et quatre-vingts : «  deux cents... hommes », « quatre-vingts... hommes », etc. De la part de journalistes audio, cette ignorance est stupéfiante car la règle est simple et rapide à mémoriser.)

 

• Note 39 du 18 août 2006. Début de ma collection de jeannotismes (a)
– la gomme de mon copain qui est dans le tiroir
– je viens chercher du bouillon pour ma mère qui est malade dans un petit pot
– elle donna du pain à ses enfants qu’elle venait de cuire

a. « Vice de langage qui consiste à établir toujours entre les mots des relations qui ne peuvent raisonnablement subsister, et cela par des hyperbates telles qu’on aperçoit facilement la correction qu’il y faudrait faire », Littré. On écrit aussi janotisme.

 

• Note 40 du 18 août 2006. Les médias me rendent malade, 20
–– Imaginons un slogan publicitaire, 1
« Avec Europe 1, France 2, le Monde et France Info, commence ta collection de janotismes. Génial : un par jour ! »

 

• Note 41 du 18 août 2006. Les médias me rendent malade, 21
–– Imaginons un slogan publicitaire, 2
« Achète dès aujourd’hui ton album à coller chez ton libraire, et marre-toi ! »

 

• Note 42 du 19 août 20. Les médias me rendent malade, 22
–– Copié-collé partiel (avec aimable autorisation des auteurs) d’un courriel de Septime et Octave, reçu le 12 août 2006 (a)
Cher LesMediasMeRendentMalade,
[Même s’il est indéniable que vous avez] un goût déréglé et presque dépravé pour la néologie et pour les mauvais jeux de mots – vous avez été bien inspiré de supprimer de votre page sur Maupassant votre « il est vraiment, il est vraiment tréponémal » –, en effet vous ne tombez pas dans les travers que vous dénoncez, puisque vous ne dénoncez ni les tapis de bombes néologiques ni les jeux de mots inutiles. [...]
Mais surtout vous nous demandez pourquoi « Septime » et pourquoi « Octave » (ce qui prouve que votre esprit est petit et qu’il s’intéresse essentiellement aux détails) ? Parce que ce sont à la fois des prénoms et des positions d’escrime.
Recevez, LesMediasMeRendentMalade, nos vœux de prompt rétablissement,
-- Septime et Octave

a. Des lecteurs écrivent : n’hésitez pas à en faire autant, surtout si vous êtes journaliste. Envoyez-moi – avec des preuves – ces hideuses perles noires que sécrètent les mollusques des médias : je les dissoudrai dans mon vinaigre.

 

• Note 43 du 19 août 2006. Les médias me rendent malade, 23
–– Réponse au courriel ci-dessus
Septime et Octave, escrimeurs,
Non, je n’ai pas l’intention de vous reprocher votre acerbité, votre impolitesse même (toutefois j’ai désiré ne pas reproduire votre lettre intégralement, par respect pour mes lecteurs), elle est votre logo et votre fonds de commerce de salle d’armes. A vrai dire, je goûte (a) vos interventions dans quelques blogs et forums, aussi ne relèveré-je pas vos excès de langage – comme « un goût déréglé et presque dépravé pour la néologie », « ce qui prouve que votre esprit est petit » –, excès auxquels je suis habitué et qui peut-être sont de bonne guerre.
Cependant, si pour l’heure vous restez linguistiquement immaculés – Septime ferraille tandis qu’Octave surveille les arrières –, rappelez-vous l’adage – qui ne quitte jamais mon esprit – de celui qui a vécu par l’épée, et restez fourbis.
-- LesMediasMeRendentMalade

a. En revanche, il n’y a pas suffisamment de raisins dans le tajine de poulet aux légumes pour 1 personne de chez Monoprix.

 

• Note 44 du 20 août 2006. Ponctuation innovante
Trouvé dans Wikipedia : l’astucieux point d’acclamation, en forme de v, comme victoire

 

et l’interrobang (à la fois interrogatif et exclamatif)

 

 

Note 45 du 20 août 2006. Les médias me rendent malade, 24
–– Langue sauce piquante, blog de correcteurs du journal le Monde
Note d’ensemble : sérieux et bien fait, mais gentil ou trop gentil et scolaire (l’impression d’être au CM 2) ; tourne en rond comme une guimauve sur son bâton de fête foraine ; déjà lu, souvent les articles ressemblent à du copié-collé (du Dictionnaire historique de la langue française de Robert, par exemple : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2005/07/21/2005_07_une_maille_peut/). Manque de saveur, de piquant.

 

• Note 46 du 20 août 2006. Les médias me rendent malade, 25
–– Si maintenant les procureurs de la République eux aussi font du vélo..., 1
Incendie à Roubaix, cinq morts. Le procureur de la République de Lille, Philippe Lemaire, grave et docte, dans le 19-20 de France 3 : « Il ne faut pas négliger d’autres pistes, notamment des actes de malveillance volontaire ou involontaire. » ( Ici.) Autrement dit à l’insu ou non du plein gré du coupable.
Je ne vous cacherai pas que je suis inquiet ; comme dit une amie : c’est du Coluche. J’y reviendrai probablement (a).

a. Certains voudront peut-être écrire «  actes de malveillance volontaires ou involontaires », mais, outre que l’on n’entend pas la liaison volontaires-ou dans l’enregistrement, avec ou sans s le problème est le même.

/!\ Actualisation du 25-6-2008. A propos du langage d’un autre procureur, voir la note 316 en page 13.

 

• Note 47 du 21 août 2006. Les médias me rendent malade, 26
–– Si maintenant les procureurs de la République eux aussi font du vélo..., 2
Ce docte procureur de Lille m’a ramentu (a) que j’avais dans mes archives un monument de la langue française. Son auteur est Michel Raffin, avocat général de la cour d’assises du Var. Voici ce qu’il déclara en mars 2004 lors du procès d’Emile Louis à propos de ce dernier : « Par son regard vicieux de voyeur, par ses blagues salaces, par ses mains baladeuses et son doigté vaginal rapide, il montre que c’est un obsédé. Sans aucune pudeur, il se promène nu devant sa belle-fille, c’est un érotomane exhibitionniste. » (Le Monde daté [b] du 27 mars 2004, p. 12.)

> A suivre (par manque de temps, je ne peux pas faire aujourd’hui l’analyse – qui promet d’être délicate – de ce texte ; il y a beaucoup à dire).

a. ramentevoir. V. t. Terme vieilli. Remettre en l’esprit, rappeler. Participe passé : ramentu. (Dictionnaire de la langue française, Littré, 1873.)
b. Vous appelez ça une preuve d’honnêteté, vous, de postdater comme le fait le Monde ? Moi, je trouve que ça commence très mal, que ce n’est pas de bon augure, que ça jette la suspicion sur le produit, et d’emblée. D’ailleurs, dans d’autres circonstances, n’est-ce pas un délit ? Quant au Petit Larousse, qui sort chaque année en juillet ou en août, il prend – le culot ! – la date de l’année qui arrivera quatre à cinq mois plus tard. Désolé pour la banalité du propos, mais il ne me vient pas autre chose à la bouche que cette scie, que dis-je ? cette tronçonneuse populaire : les médias veulent nous montrer la lune en plein midi. Le bon sens de la rue, en fait.

 

• Note 48 du 21 août 2006. Les médias me rendent malade, 27
–– Si maintenant les procureurs de la République eux aussi font du vélo..., 3

Et voici le Figaro en ligne qui reprend via l’AFP (plus on est de fous, plus on rit) sans sourciller les propos du docte procureur Philippe Lemaire : « Philippe Lemaire a cependant souligné qu’“il ne fallait pas négliger d’autres pistes, notamment des actes de malveillance volontaires ou involontaires” (a). “La porte de cet immeuble était ouverte” et le feu est parti du couloir, avant de se propager au rez-de-chaussée et au deuxième étage, a-t-il précisé » (b).
Stupéfiant (la page ici et une copie d’écran ici au cas où la page ne serait plus en ligne).
Noter également ceci : le marchand de peignes de l’AFP fait monter les enchères en écrivant que le procureur « a souligné », terme particulièrement inadéquat. Il eût dû dire « baragouiné » ou aurait pu se contenter de « a dit » (c).
Maintenant, lecteur, vous y êtes, vous êtes entré en pleine pathologie des médias ; donnez un instant à la récollection et, comme dirait Lautréamont, « inclinez la binarité de vos rotules vers la terre et entonnez un chant d’outre-tombe ».

a. Détail : « fallait » ne devrait pas faire partie de la citation, car le procureur a dit « faut ». Le marchand de peignes, lui, a dû entendre le s de volontaires-ou (voir note 45).
b. Pourquoi ? le couloir n’était donc pas au rez-de-chaussée, derrière la porte ouverte ? Et qu’en est-il du premier étage ? il a été épargné ? Le « a-t-il précisé » est malvenu, il tombe mal ici.
c. Les marchands de peignes n’aiment pas les « a dit », il leur faut des « a expliqué », des « a révélé », des « a souligné », des « a averti » (voir éventuellement les notes 9 et 30).

 

• Note 49 du 21 août 2006. Les médias me rendent malade, 28
–– Quel avenir pour demain (a) ?

France Info, 15 h 5 : « face à cette menace potentielle ».
Les médias ont également inventé « les risques potentiels » et « les risques virtuels » ; les médias adorent les mots potentiel et virtuel, ça doit faire riche. L’eau de Javel, l’acide chlorhydrique, par exemple, sont désormais des liquides « potentiellement dangereux », alors qu’autrefois ils étaient dangereux tout court.
Il y a eu il y a quelque temps une foison de produits (farines animales,...) et de sites (usines, terrains militaires, lieux de stockage industriels,...) qualifiés par la presse de « potentiellement contaminés » et de « potentiellement infectés ».
Je n’ai jamais pu comprendre :
– si ces produits et ces sites risquaient de devenir contaminés ou infectés ;
– s’ils étaient éventuellement, peut-être, possiblement contaminés ou infectés au moment considéré ;
– ou s’ils étaient réellement, effectivement contaminés ou infectés.

a. Je croyais être l’inventeur de cette expression bouffonne, mais si vous tapez dans Google « quel avenir pour demain ? », vous aurez quelques résultats ; c’est cependant au premier degré :
Conférence : Biodiversité : quel avenir pour demain ?
– LE MONDE AGRICOLE ; quel avenir pour demain ?

 

• Note 50 du 22 août 2006. Les médias me rendent malade, 29
–– Si maintenant les procureurs de la République eux aussi font du vélo..., 4

Incendie de Roubaix, suite. Hier le correspondant du Monde à Lille écrivait : « “Nous avons appelé les pompiers à 5 h 20”, raconte le couple voisin, dont la cuisine a fondu sous l’effet de la chaleur.” »
J’essaie d’imaginer : c’est quoi, une cuisine qui fond ? vous vous représentez votre cuisine qui fond ? c’était une cuisine entièrement en plastique ? murs et plafond en plastique ? plaque électrique et four en plastique ? Ou bien entièrement en métal ?
Est-ce que vous trouvez normal, est-ce que vous trouvez raisonnable que je doive me creuser la tête pendant dix minutes pour comprendre ce qu’a voulu dire ce fichu journaliste par « la cuisine a fondu » ?
Cela dit, j’en ai assez de ce malheureux incendie (il faut toujours ajouter « malheureux » ou « regrettable » sinon vous passez pour un insensible ; vous pouvez aussi le faire par superstition).

 

• Note 51 du 23 août 2006. Les médias me rendent malade, 30
–– La haine de la répétition. Tout sauf une répétition, 1
Article « La nouvelle définition d’une planète divise les astronomes » : « Au terme d’âpres discussions, les participants au 26e congrès de l’UAI à Prague ne sont pas parvenus au consensus espéré, même si un rapprochement des positions des uns et des autres était perceptible en fin de journée. »
Dans cette citation, l’auteur utilise l’expression « les uns et les autres » (voir la note 36) pour ne pas avoir à tomber dans le péché mortel du journaliste, la répétition. Car le péché mortel du journaliste, ce n’est pas la connerie, c’est la répétition. C’est ce qu’on leur a appris à l’école communale, à l’école de journalisme et dans les rédactions. Vous connaissez bien sûr ces clichés mièvres issus d’une pauvre imagination paresseuse, condescendante et vampeuse : la cité phocéenne pour Marseille, la marque aux chevrons pour Citroën, le pays du cèdre pour le Liban,... Ce « les uns et les autres », comme « la cité phocéenne » et consorts, empeste la fausse élégance.

Pour quelles raisons ici « les uns et les autres » ? D’abord pour ne pas réitérer le terme « astronomes » ni le terme « participants », pour ne pas avoir à en chercher un autre, mais aussi pour le plaisir de reprendre ce « les uns et les autres » devenu de mode, un des nombreux signes éphémères de ralliement des marchands de peignes (a).
Voyez également dans cette courte phrase l’accumulation des clichés : « au terme d’âpres discussions », « consensus espéré » – et surtout « un rapprochement était perceptible » (b), d’une grande drôlerie involontaire.

a. C’est quoi un signe éphémère de ralliement des marchands de peignes ? C’est, par exemple, « vrai faux », un peu passé de mode.
b. Dans la même famille de clichés, nous avons « la tension était palpable », qui se fait encore.

 

• Note 52 du 23 août 2006. Les médias me rendent malade, 31
–– La haine de la répétition. Tout sauf une répétition, 2
Vous (a) vous voyez dire à votre épouse, à votre mère, à votre sœur, à votre copine : « J’ai acheté un logiciel Microsoft bien que je n’aime pas la firme de Redmond » (b) ?

> A suivre. (La répétition, j’y rereviendrai.)

a. Qui faites certainement partie de ceux que les médias appellent parfois « les vraies gens » (encore une trouvaille).
b. Redmond, siège social de Microsoft. La firme de Redmond est fréquemment utilisé dans les médias comme synonyme de Microsoft.

 

• Note 53 du 26 août 2006. Les médias me rendent malade, 32
–– La parabole de la râpe à fromage
Thomas m’écrit pour me raconter une historiette qui, effectivement, n’est pas sans relation avec la pathologie de la communication.
Un aveugle dans une cuisine. Tendant la main, il effleure une râpe à fromage posée sur une table. Il soupire : « Jamais lu autant de conneries. » J’espère n’être ni l’aveugle ni la râpe.

 

• Note 54 du 27 août 2006. Les médias me rendent malade, 33
Supprimée. Dans l’attente de renseignements complémentaires. Considérer les autres versions de cette note éventuellement conservées en cache ou d’une autre manière comme rétractées, nulles et non avenues.

 

• Note 55 du 5 septembre 2006. Les médias me rendent malade, 34
–– Le tollé : toujours véritable et toujours unique
Que serait un tollé s’il n’était pas véritable ?
Que seraient des tollés ?
Que serait le tri s’il n’était pas sélectif (« la Mairie a instauré le tri sélectif ») ?
Que serait un choix s’il n’était pas fait au hasard ou par hasard (« un lieu qui n’a pas été choisi par hasard ») [a] ?
Des koans (b).

a. Catherine Matausch dans le 19-20 de France 3 le 3 septembre 2006 et passim.
b. Le koan le plus connu est probablement celui-ci : quel est le bruit d’une seule main qui applaudit ? Le site janus.free.fr définit ainsi le koan : « Un koan est une réflexion visant à déclencher un déclic mental ou spirituel, le [maître] zen [l’utilise] pour faire naître l’illumination chez l’adepte. C’est une sorte de verrou mortel spirituel ou d’étreinte fatale intellectuelle. »

 

• Note 56 du 6 septembre 2006. Les médias me rendent malade, 35
–– Un mot de retrouvé, dix de perdus
Longtemps marchands de peignes et autres mercelots (a) se sont imaginé que le mot unvéritabletollé – classé dans leur dictionnaire sous la lettre u – n’avait pas de pluriel (b).
On l’a récemment retrouvé, caché sous la plume d’un étudiant en démographie électorale : « Cette décision a mécontenté tout le monde et son père, et a provoqué des unvéritabletollés à droite comme à gauche » (c’est moi qui souligne).

a. mercelot. N. m. « Petit mercier qui étale aux foires de village ou qui porte à la campagne une balle ou panier de menue mercerie sur son dos ou, dans les rues de Paris, une manette pendue à son cou et remplie de peignes, couteaux, ciseaux, sifflets et autres petites marchandises ou jouets d’enfants, qui se vendent à bon marché. » (Source de mercelot.)
(Pour ceux qui ne lisent pas régulièrement mes notes, les marchands de peignes sont les hommes des médias.)
b. Le 12-13 de France 3, mercredi 6 septembre 2006 et passim.

 

• Note 57 du 8 septembre 2006. Equilibrisme et funambulisme, 1
–– Les grands absents des dictionnaires, 2
Autres absences surprenantes : équilibrisme et funambulisme, mots courants (a), cependant.
Ces deux mots sont absents des six dictionnaires modernes cités dans la note 35. En revanche, équilibrisme est présent dans le dictionnaire de Littré. Quant à funambulisme, s’il est absent du dictionnaire de Littré, le mot funambulie (également absent des six dictionnaires modernes), équivalent en sens, est, lui, présent dans ce prestigieux (b) dictionnaire du XIXe siècle.

a. Dans Google ce jour, équilibrisme reçoit 39 700 réponses (pour faire une comparaison – très convaincante –, le mot baudelairien reçoit seulement 28 500 réponses, baudelairiens reçoit 602 réponses, funambulisme 15 200, funambulie 109 – ce terme est tombé en désuétude, nous avions pu le remarquer).
b. C’est moins la paresse, la facilité et le manque de temps que l’ironie qui me font écrire « les grands absents » et « prestigieux », termes clichés et à la mode dans les médias aujourd’hui.

 

• Note 58 du 9 septembre 2006. Equilibrisme et funambulisme, 2
–– Les grands absents des dictionnaires, 3
Le monde est bizarre et très mal fait. Le Nouveau Littré (comme ne le dit pas explicitement le site du Nouveau Littré, le Nouveau Littré, de Garnier édition 2004 – première édition –, est une augmentation du « petit Littré » de Beaujean, lequel est un abrégement du « grand Littré », de celui qu’on appelle couramment « le dictionnaire de Littré » ou « le Littré ») a manqué quatre fois le coche : il n’a pas repris équilibrisme ni funambulie (qui lui étaient offerts sur un plateau dans le « grand Littré ») et n’a pas ajouté funambulisme ni l’acception d’intrigant signalée dans ma note 35.
(Ces oublis, j’ai dû les remarquer pour la première fois dans un dictionnaire Larousse il y a plus de trente ans, du temps où je lisais des dictionnaires de la première page à la dernière.)

a. Et ici une fonction très intéressante, la recherche avancée, dans le texte intégral du dictionnaire de Littré.

 

• Note 59 du 10 septembre 2006. Une adresse inutile, 2
Note supprimée renvoyant à un site qui n’existe plus.

 

• Note 60 du 10 septembre 2006. Africanismes lexicaux, 1
chameau. N. m. Faute de français. Faire un chameau (chameauser ou chameauter).
Source ici et passim.

 

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