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« Le jour baissait, les cocotiers s’agitaient au-dessus de nos têtes,
secouant sur nous leurs cent-pieds et leurs scorpions »,
le Mariage de Loti, Pierre Loti, 1880

 

La pathologie des médias, p. 13


 

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BLOC-NOTES, suite

• Note 282 du 18 mai 2008

Et pourquoi pas nationaliser la France pendant qu’on y est ?
(Excellent slogan pour souverainistes.)

 

• Note 283 du 18 mai 2008. Les médias me rendent malade, 156
–– Des mots quasi magiques : « République », « républicain » et « citoyen »
Citation extraite de « Ah, la République ! Sans elle, que serions-nous... » : « Jack Lang se rengorgeait la semaine dernière en prononçant ces mots : “l’école de la République”. Parler de l’école tout court ne suffit pas. Comment avoir une quelconque chance d’impressionner l’auditeur en prononçant “défendre l’école” ? Il y a aussi à longueur de journée sur les ondes tous ces “principes républicains”, ces “valeurs républicaines”, sans lesquels le babillage politicien sonnerait bien creux. Imaginez-vous François Fillon défendre cette semaine le service minimum dans les écoles “au nom des principes” ? Des principes de quoi, de qui, ça ne fonctionne pas sans ajouter “républicains”. »

Il y a aussi l’adjectif « citoyen » qui marche bien.
« République » et « républicain » sont souvent des synonymes de « France » et de « de (la) France », des équivalents de « ce pays » et de « de ce pays » ; ils permettent à leurs utilisateurs de ne pas employer les mots « France », « de France » et « français », presque politiquement incorrects – de même que « civique » et « civisme ».
Au passage, une expression – récente, je pense – qui m’amuse : « pacte républicain ». Elle sonne très bien.

 

• Note 284 du 18 mai 2008. Les médias me rendent malade, 157
–– L’orthographe chez Jean-Marc Morandini, 1
Le blogue qui en parle est ici.
Extrait du blogue : « Si j’étais [un annonceur du site de Jean-Marc Morandini], je trouverais que mon message entouré par une telle poubelle de mots malmenés par un ou des cancres, et d’une grammaire maniée par un âne, nuiraient au sérieux et à la rigueur (?) de son entreprise. »
Une mauvaise orthographe nuit effectivement à la crédibilité. A condition que les lecteurs s’aperçoivent des fautes.

/!\ Mise à jour. Copie d’écran ici.

 

• Note 285 du 19 mai 2008. Les médias me rendent malade, 158
–– Deux réponses très éclairantes et sans langue de bois de Claude Soula, journaliste de nouvelobs.com
1. – à l’internaute qui lui signale des fautes d’orthographe dans un article de son blogue « Le blog des (multi)médias »
« A propos des corrections: Et bien, non, il n’y aucun correcteur [sur les blogues des journalistes du Nouvel Observateur]: c’est un “média low cost”, qui rapporte peu en pub, et qui est donc fait avec les moyens les plus limités possibles, que ce soit techniquement (aucune correction), ou journalistiquement ( difficile de payer des enqueteurs: c’est un journalisme de pur “news”, à quelques exceptions pres).Si vous voulez des infos a valeur ajoutée et sans fotes, achetez des journaux!!!! » Copie d’écran ici.

2. – à l’internaute Jog qui se plaint à lui que le site soit envahi de publicités et qui lui demande d’intervenir auprès du webmestre
« Vous me faites bien d’honneur mon cher Jog de croire que je puisse avoir la moindre influence sur le site. Et ne pensez pas une seconde que les rédactions, qu’elles soient en papier ou en multimédia, aient la moindre influence sur leurs régies publicitaires...Nous sommes deux entités complétement séparées, phyiquement et intellectuellement. Je vais tout de meme répercuter vos remarques de bon sens. Amicalement. » Copie d’écran ici.

Réponses très éclairantes à divers titres, à relire attentivement et à méditer.

 

• Note 286 du 19 mai 2008. Les médias me rendent malade, 159
–– L’orthographe chez Jean-Marc Morandini, 2
Jeté un œil rapide sur le site de Jean-Marc Morandini :
– « faîtes votre programmation » (au lieu de faites, ici)
– « une grille très ... politiques... » (au lieu de politique, ici)
– « baillonnée » (au lieu de bâillonnée, ici)
– « elle aurait eu tord de s’en priver » (au lieu de tort, ici)
– « accusé à tord d’un crime » (au lieu de tort, ici)
– « Sandrinque Quétier » (au lieu de Sandrine Quétier, ici)

On a vu encore pire. Voir entre autres la surprenante note 81.

 

• Note 287 du 19 mai 2008. Les médias me rendent malade, 160
–– Ticket-restaurant. Des attaques affamantes lancées par des journalistes charognards selon rtl.fr
Interview de Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, par Jean-Michel Aphatie le 8 février 2008 sur RTL. Transcription au rabais de leurs propos sur le site rtl.fr.
Rama Yade : « Ce qui me frappe, c’est l’extrême violence des attaques contre le Président de la République [Nicolas Sarkozy]. Des attaques personnelles, ciblées... Ce que je trouve indigne... affamantes. Il faut bien le dire. On a l’impression de voir des charognards qui ont humé l’odeur de leur proie. » Copie d’écran ici.

Ajoutons ceci : un charognard ne mange que des charognes, autrement dit des animaux morts – putréfiés qui plus est. Nicolas Sarkozy étant bien vivant et hyperactif, le terme charognard est somme toute très peu adapté et au demeurant offensant pour le président de la République. Maladresse.
Il est un art d’aider sans nuire.

 

• Note 288 du 20 mai 2008. Les médias me rendent malade, 161
–– L’orthographe chez Jean-Marc Morandini, 3
Outre l’orthographe, il y a la prononciation qui serait peut-être à revoir. Ce matin dans son émission d’Europe 1, à plusieurs reprises Jean-Marc Morandini (de même que son invité chirurgien esthétique) parle de liposucion [liposussion].
Liposuccion [liposuksion] est quand même mieux.

 

• Note 289 du 21 mai 2008. Les médias me rendent malade, 162
–– Les blogues, lieux promiscus
Les blogues ? des poisons mortels pour leurs auteurs. Quotidiennement affronter ou des hyènes ou des Monsieur Prudhomme ? lire la presse me suffit. Il faudrait aussi que je lise mes lecteurs ? peu pour moi.
Je comprends d’autant moins l’obstination à bloguer que, neuf fois sur dix, les commentaires des quelques lecteurs qui ne sont ni hyènes ni Monsieur Prudhomme n’apportent rien au sujet. Avec gants, pincettes aux mains et pince à linge sur le nez, extraire, d’une lie acerbe ou autosatisfaite, de rarissimes commentaires dignes d’intérêt, c’est trop cher payer.

Bien sûr, le commentateur, le « posteur » lui-même n’est pas à l’abri dans les blogues non modérés : le premier Zembla venu prétend lui en remontrer, dépose sa pelletée d’immondices et va ricaner ailleurs. Après, à la victime de choisir d’ignorer Zembla ou de lui répondre. La jungle.

 

• Note 290 du 26 mai 2008. Les médias me rendent malade, 163
–– Pour mémoire. L’adjectif citoyen, nne. La démarche citoyenne, nouvelle panacée, lubrifiant miracle de la démocratie
Titre de l’article : Notre présidence du Conseil de l’Union européenne sera citoyenne
« J’ai beaucoup dit que notre présidence du Conseil de l’Union européenne serait citoyenne. De fait, nous avons commencé à associer à sa préparation des Françaises et des Français de tous horizons », Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, 8-12-2007.

A propos, les affaires européennes sont-elles les affaires de l’Union européenne, les affaires de l’Europe ou les deux ? Y reviendrai abondamment bientôt ; promet d’être intéressant, mais sera long à rédiger.

==> Mot clé : néologisme

 

• Note 291 du 26 mai 2008

Formules qui font balle, néologismes savoureux et innombrables au Bal des dégueulasses : http://lebaldesdegueulasses.hautetfort.com.
Un blogue comme il n’y en a pas deux ; les commentaires y sont fermés.

Le logo ci-dessus est une parodie du pitoyable, très risible et surtout prétentieux logo Blog vigilant, qui fleurit abondamment sur les blogues politiquement corrects, hurlant avec les loups et bêlant avec les moutons, ci-dessous :

Mise à jour de juillet 2008. Le blogue a fermé ses portes, baissé son rideau. L’hécatombe de juillet ?
Mise à jour d’octobre 2008. Le blogue a rouvert à cette nouvelle adresse : http://lebaldesdegueulasses.blogspot.com. Peu d’idées certes, mais grosses colères et coups de cymbales : on craint que l’auteur ne s’étouffe.

 

• Note 292 du 1er juin 2008

Le « décor éducatif » français et l’illettrisme selon Alain Bentolila (a) présentés par Damien Le Guay sur la radio du web Canal Académie (23-9-2007, « Le verbe contre la barbarie », ici, 24 minutes). Le début est passablement désespérant, n’en déplaise aux zélateurs du film Entre les murs, de Laurent Cantet.

a. « Alain Bentolila est professeur de linguistique à Paris V, il est l’auteur des Bescherelle n°2 et 3 sur l’orthographe et la grammaire. Engagé contre l’illétrisme [sic], il est également conseiller scientifique de l’agence nationale de lutte contre l’illétrisme [sic]. En 1996, il a publié De l’illétrisme [sic] en général et de l’école en particulier, couronné par le Grand Prix de l’Académie française. »

 

• Note 293 du 2 juin 2008. De la disparition du passé antérieur et de l’excès de plus-que-parfaits
Les petites et les grosses maladresses de traduction de Millénium, article de Jacques Drillon.
Extrait : « La faute la plus fréquente, c’est le plus-que-parfait employé au lieu du passé antérieur : “Quand le train avait dépassé le pont d’Arsta, il sortit un stylo”, au lieu de eut dépassé (III, 157), “Elle ne rompit le silence que lorsqu’ils avaient dépassé Uppsala” (I, 492), “Dès que sa cliente avait été déplacée, Annika fut mise à la porte” (III, 186), “Quand Mikael Blomkvist avait compris que son téléphone...” (III, 202). »
Bien vu.

 

• Note 294 du 4 juin 2008. Gigite

« T’ as la gigite ? », demande Bigoudi à Ferdinand dans le Pont de Londres, de Louis-Ferdinand Céline (collection Folio, 1978, p. 337 [a]).
Gigite, mot inconnu du Dictionnaire de l’argot de Larousse de 1990 ; consulté une dizaine de dictionnaires d’argot du XIXe siècle (Delvau, Desgranges, Hayard, Larchey,...) : introuvable.
Définition a priori peu fiable et idiolectale de Fabien Barthez (« le plus grand gardien de but de toute l’histoire du football français »), tirée d’un article de Libération de Grégory Schneider du 6 octobre 2006 : « On se souvient de cette plaisanterie, glissée à un coéquipier juste avant la terrible série de tirs au but lors du France-Italie de la Coupe du monde 1998, véritable année zéro du foot français : “J’ai la gigite.” Son coéquipier : “La quoi ?” Barthez : “La gigite. Les poils du cul qui s’agitent.” »
« Avoir la gigite », être inquiet, anxieux ? Le problème reste entier.

a. A ceux qui voudraient découvrir Céline sans se dégoûter définitivement : ne pas commencer par ce livre, c’est un de ses plus mauvais ; commencer par Mort à crédit.

==> Mot clé : lexicographie

 

• Note 295 du 5 juin 2008. Les correcteurs selon Céline : émules de Procuste et frustrés sexuels
Extrait de Rigodon, de Louis-Ferdinand Céline (collection Folio, 2007, p. 337) :

C’est Ducourneau! Lui, c’est du sérieux... Il vient pas pour rien... tout de suite nous tombons d’accord... ah encore quelques petits doutes... ça y est!... à peine un accent... une virgule... il faut se méfier des correcteurs, ils ont n’est-ce pas le « solide bon sens »... le « solide bon sens », mort du rythme!... tous baiseurs de femmes imparfaites, je sais ce que j’avance...

Remarquer l’absence d’espace avant les points d’exclamation. Dans ce livre imprimé en 2007, les points d’interrogation non plus ne sont pas précédés d’un espace (une espace, disent les correcteurs). En revanche, les guillemets et les deux-points ont leurs espaces ; quant aux points-virgules, on ne saura jamais : à ma connaissance, Céline n’en utilise pas.
Dans le Pont de Londres imprimé en 1978 dans la même collection (voir la note 294), les points d’interrogation et d’exclamation sont précédés de l’espace adéquate, c’est-à-dire d’une espace fine.

Une fois de plus, Céline a raison sur tout : parce que certains correcteurs sont des Procuste (quand ils ne sont pas de prétentieux ignares ajoutant triomphalement des fautes) et parce que les femmes sont des êtres imparfaits – comme les hommes. Truismes.

==> Mot clé : correction, correcteur, typographie, orthotypographie, ponctuation

 

• Note 296 du 7 juin 2008
Réinterprétation d’une photo célèbre aux Etats-Unis (« Agassiz in the concrete, the most famous image associated with Stanford’s earthquake history » selon http://quake06.stanford.edu).
Pour la voir en taille normale et pour pouvoir lire la légende, cliquer sur la photo.

 

• Note 297 du 11 juin 2008. Les médias me rendent malade, 164
–– Pour archivage
« Nicolas Sarkozy [...] a reçu ses contempteurs de Marianne… à l’heure du café… “Heureux de contribuer au succès de l’hebdo”, leur a-t-il dit, lançant : “La presse écrite va mourir, je ne serai pas toujours là pour vous faire vivre.” » Ce n’est pas qu’une boutade.
Source : http://www.europe1.fr/Radio/chroniques/La-revue-de-presse-de-Michel-Grossiord9 (26 mai 2008).

 

• Note 298 du 12 juin 2008. Les médias me rendent malade, 165
–– Etes-vous degaulliste ou péniste ?
Noter que l’on (on, c’est les marchands de peignes, bien sûr) dit gaulliste (de Gaulle) et non degaulliste, havrais (Le Havre) et non lehavrais, manceau (Le Mans) et non lemanceau, etc., mais lepéniste (Le Pen) et non péniste. Les marchands de peignes ont en quelque sorte imposé le mot fautif, et aujourd’hui il est difficile d’en promouvoir un autre.

a. Ça me rappelle ce message du conducteur d’un TGV aux voyageurs, entendu en 2007 : « Nous arrivons en gare de Le Mans ! »

==> Mots clés : langue française, gaulliste, néologisme, néologismes

 

• Note 299 du 14 juin 2008
–– On n’est pas un imbécile, c’est un malin et un gros malhonnête
« “Mais, dit quelqu’un, le vote de douze à quinze personnes pourra-t-il déterminer la conduite de douze cents députés?” Il lui fut répondu que la particule on a une force magique. Nous dirons : “Voilà ce que doit faire la Cour et, parmi les patriotes, on est convenu de telles mesures.” On signifie quatre cents, comme il signifie dix. L’expédient réussit » (Mémoires de l’abbé Grégoire, cité par Pierre Gaxotte dans la Révolution française, p. 227, éditions Complexe, 1988).

 

• Note 300 du 15 juin 2008. Inadéquat, c’est-à-dire démocratique

« Pour Daniel Cohn-Bendit, député vert européen, “le non irlandais a une fois de plus montré que les référendums nationaux constituent un instrument inadéquat pour décider des questions européennes”. » Source.
Remarquer les termes :
une fois de plus [nous sommes obtus et bouchés] ;
a montré [Daniel Cohn-Bendit n’a pas osé dire démontré] ;
un instrument inadéquat [inadéquat = démocratique].

Remarquer aussi :
– le titre du Nouvel Observateur : Traite de Lisbonne et non Traité de Lisbonne ;
– l’utilisation du terme européen (« député vert européen ») au lieu du terme précis : européen-uni.

On pourrait demander à Daniel Cohn-Bendit, député, si l’élection est un instrument vraiment adéquat pour décider de qui sera député.

 

• Note 301 du 15 juin 2008
Le parler branché péquenaud sévit de plus en plus chez les non-illettrés (marchands de peignes, hommes politiques, avocats,...) :
La discussion sur faut-il ou non soumettre cette question à un référendum ;
Il aborde le problème de qu’est-ce que la démocratie ;
Il nous donne les clés de comment ça se passe et comment faire.

 

• Note 302 du 15 juin 2008. Domestique
Les lexicographes disent ordinairement que domestique au sens d’intérieur, de national est un anglicisme : production domestique, marché domestique, vols aériens domestiques, etc., mais ils ne prennent pas la peine de vérifier leur affirmation.
On trouve ce sens chez Littré :

3° Il [domestique] se dit par opposition à étranger. Les troubles domestiques de la France.

Voici un exemple tiré de Robespierre, textes choisis, tome II, page 67, Editions sociales, 1957 :

Je pense au contraire que tout ce que la saine politique nous ordonne en ce moment est [...] de nous hâter d’appliquer toutes nos ressources et toute notre énergie à nos affaires domestiques, pour fixer enfin au milieu de nous la liberté, la paix, l’abondance et les lois.

==> Mots clés : lexicographie, néologisme, néologismes

 

• Note 303 du 16 juin 2008. Les médias me rendent malade, 166
–– « Les Boulettes du jeudi », le blogue de Sylvie Prioul. L’art d’incommoder les textes
Sylvie Prioul est coresponsable du site littéraire BibliObs.com (a). Elle a son blogue maison, « les Zakouski du jeudi », avec cette accroche : « Chaque jeudi, un mot de l’actualité décortiqué par Sylvie Prioul », où elle fait profession d’analyser étymologiquement les mots et de nous apprendre à orthographier (ici) ; mais elle désire également nous apprendre à ponctuer : elle est en effet l’auteur de la Ponctuation, ou l’art d’accommoder les textes (lire aussi les notes 220 et 222 en page 10).

On lira donc avec beaucoup d’intérêt ce billet sur son blogue (et, avec plus d’intérêt encore, les commentaires), billet dans lequel elle cumula les boulettes – de ponctuation, d’orthographe, de lexique et d’orthotypographie. Citons entre autres : quand j’aurais du vent dans mon crâne [au lieu de quand j’aurai], ils s’agiraient de faux [au lieu de il s’agirait], ils en ont achetés [au lieu de ils en ont acheté].
Bien qu’avertie (lire son commentaire sous le nom de sylvipri) par ses lecteurs, aujourd’hui Sylvie Prioul ne les a pas toutes rectifiées (le ils, le tiret).
Ajoutons enfin qu’elle y utilise, sans s’en rendre compte ou sans mettre en garde ses lecteurs contre une interprétation erronée, un mot dans son sens ancien et perdu : il s’agit d’antiquaire (« l’antiquaire de l’empereur du Mexique » [probablement Eugène Boban]), qui ici a son sens du dix-neuvième siècle, à savoir « érudit en choses anciennes », plutôt que son sens moderne de « marchand d’objets anciens » (voir Littré et [b]).

En tout, onze ou douze boulettes si j’inclus ou non l’antiquaire (le commentateur SuperPoilu s’est trompé dans son calcul : il a compté dix fautes au lieu de onze, et il n’a pas vu antiquaire) sur un court texte, de seulement 1 800 signes, écrit par un professionnel rémunéré de la presse (je précise rémunéré, car on pardonnera plus facilement de grosses erreurs à un bénévole – à cheval donné on ne regarde pas les dents) ; je dirai plus : un professionnel de la langue. Si la page en question n’existe plus, on peut voir ici les photos de la page partiellement corrigée (les deux-trois fautes restant à ce jour sont surlignées en rouge), les photos des commentaires et, enfin, la photo du billet d’origine, non corrigé, avec ses onze-douze boulettes. De l’étouffe-chrétien (c).

a. BibliObs est « le premier portail consacré à l’actualité littéraire, animé par l’équipe du Nouvel Observateur sous la direction de Jérôme Garcin, avec Grégoire Leménager et Sylvie Prioul, et conçu en partenariat avec Rue89 » (source du texte).
b. On trouve antiquaire dans ce sens dans les Chouans, de Balzac : « Ce sarrau, dans lequel un antiquaire aurait reconnu la saye (saga) ou le sayon des Gaulois, finissait à mi-corps, en se rattachant à deux fourreaux de peau de chèvre par des morceaux de bois » ou « Là, les coutumes féodales sont respectées. Là, les antiquaires retrouvent debout les monuments des druides » (éditions Presses Pocket, 1990, pages 34 et 38).
c. Le total monte à treize ou quatorze boulettes si j’y ajoute les guillemets fermants qui, faute d’être précédés d’une espace insécable, se retrouvent isolés au début de la troisième ligne et les guillemets ouvrants en fin de troisième ligne, qui ne sont pas suivis d’une insécable (voir la photo 10). Beaucoup plus encore si j’y ajoute les autonymes, comme phallocrate, démocrate, picrate, qui devraient être en italique ou entre guillemets, et kratos, qui ne signifie pas la force, mais force. Et zakouski et zakouska, si on en cherche, on en trouvera.

==> Catégorie bravo-le-bonnet-d’âne :

 

• Note 304 du 16 juin 2008. Les médias me rendent malade, 167
–– D’après Reiser

 

Note 305 du 16 juin 2008. Les médias me rendent malade, 168
–– L’heure de la fessée, 1


Source
ou copie d’écran.

Jean-Louis Jeannelle sur www.lemonde.fr commence ainsi son article : « Vous pensiez avoir souvent fait l’expérience de ce que Proust nomme la “mémoire involontaire”. Sachez, crédules, qu’aux yeux des psychologues, “les résultats des recherches sur l’odeur et la mémoire ne viennent pas étayer de manière convaincante (les) modalités du phénomène proustien”... Voici ce qu’il en coûte de développer des théories en prenant pour seul paramètre une petite madeleine trempée dans du thé ! »

Ah ! cet insupportable ton finaud du marchand de peignes qui s’adresse à moi comme à un pote de comptoir. Ce ton finaud... Mais il se moque de moi ! Jean-Louis Jeannelle a décrété qu’il était plus malin que moi et que, fort de sa toute nouvelle science, il convenait de prendre ce ton supérieur et condescendant avec moi ?

Et qu’en sait-il, de mes pensées, ce rustaud, ce bélître qui débarque dans mon champ visuel, dans mon champ de lecture en me bousculant ? Où se croit-il ? pour qui me prend-il ? « C’est moi que v’là, lecteur, c’est l’heure de la fessée. »
Et pourquoi n’utilise-t-il pas le nous (« Nous pensions avoir souvent fait l’expérience de ce que Proust... ») ? Ce nous serait également abusif, mais au moins l’auteur se moquerait-il aussi de lui-même. Et, au pire, il n’aurait qu’à moitié tort.
Voir la note 262 et, bien sûr, la 304 ci-dessus.

 

• Note 306 du 16 juin 2008. Les médias me rendent malade, 169
–– La presse à imagination

Non ? encore le Monde ?
Pas le temps de faire un commentaire. Simplement regardez le titre et regardez la première phrase de l’article (de Christophe Jakubyszyn) : « Un fauteuil pour deux », « L’un est au gouvernement, l’autre pas » (a) ; ça commence très très fort. Ça
me donne vraiment envie de lire l’article.

a. Rappel : Un fauteuil pour deux, film de John Landis ; L’une chante, l’autre pas, film d’Agnès Varda.

 

Note 307 du 17 juin 2008. Les médias me rendent malade, 170
–– L’heure de la fessée, 2, glose de la note 305. La contrition, nouveau fonds de commerce du journalisme


Projet. Diaporama de la contrition d’après les Bas-Fonds, de Jean Renoir, 1

 

Note 308 du 17 juin 2008. Les médias me rendent malade, 171
–– L’heure de la fessée, 3, glose de la note 305. La contrition, nouveau fonds de commerce du journalisme


Projet. Diaporama de la contrition d’après les Bas-Fonds, de Jean Renoir, 2

 

 

Note 309 du 18 juin 2008. Les médias me rendent malade, 172
–– L’heure de la fessée, 4, glose de la note 305. La contrition, nouveau fonds de commerce du journalisme


Projet. Diaporama de la contrition d’après les Bas-Fonds, de Jean Renoir, 3

 

Note 310 du 18 juin 2008. Les médias me rendent malade, 173
–– L’heure de la fessée, 5, glose de la note 305. La contrition, nouveau fonds de commerce du journalisme


Projet. Diaporama de la contrition d’après les Bas-Fonds, de Jean Renoir, 4

 

Note 311 du 18 juin 2008. Les médias me rendent malade, 174
–– L’heure de la fessée, 5, glose de la note 305. La contrition, nouveau fonds de commerce du journalisme


Projet. Diaporama de la contrition d’après les Bas-Fonds, de Jean Renoir, 5

==> Mots clés : néologisme, néologismes

 

• Note 312 du 19 juin 2008. Les médias me rendent malade, 175
–– La littérature équitable

« Créateur de la Littérature Equitable, InLibroVeritas permet à tous de lire, d’écrire et de publier librement et gratuitement toute littérature sous licences libres ou ouvertes. »

==> Catégorie bravo-le-bonnet-d’âne :

 

• Note 313 du 21 juin 2008
Intéressant de comparer les médias de France et ceux du Québec : même déliquescence destroy et satisfaite.
Deux blogues du même auteur, québécois, sur la langue française :
http://chouxdesiam.canalblog.com
http://laplumeheureuse.canalblog.com

 

• Note 314 du 22 juin 2008. Les médias me rendent malade, 176
–– Deux freewares

Propositions de locutions pour marchands de peignes (adjectif branchu et antéposé au substantif, syntaxiquement à l’anglaise ; et anglicisme sémantique branchu) :
– citoyenne attitude ;
– diversité attitude.
Exemples de titres :
– Femmes voilées en France : la diversité attitude ;
– Il sauve son voisin : une citoyenne attitude.
Ces locutions pourront satisfaire les marchands de peignes pour droitier aussi bien que les marchands de peignes pour gaucher. Servez-vous, je vous en prie, c’est gratuit, c’est free (de toute façon, je ne les utilise pas : autant les donner) [a].

Noter que, ce qui est divers étant citoyen presque par définition, le titreur pourra dans de nombreux cas hésiter entre citoyenne attitude et diversité attitude (a).

a. Plus sérieusement, le problème est ici : le marchand de peignes, le manipulateur fait mine de croire que diversité est synonyme d’enrichissement. Le manipulé ne voit pas le piège, le bonneteau lexical. De bonneteau en bonneteau, il a le tournis. Si chacune des quatre roues d’une voiture a un diamètre différent, par exemple, est-ce diversité ou enrichissement ? J’y réfléchis. Divers est un mot mélioratif, éventuellement neutre ; il s’oppose à hétéroclite, toujours péjoratif.

 

• Note 315 du 24 juin 2008
Viens de découvrir cette expression non seulement amusante, mais utile pour l’oiseau : « mutin de Panurge » (invention, semble-t-il, de Philippe Muray, lequel serait également le créateur d’artistocrate et de maton de Panurge).

>> En savoir plus ?
Pour faire le portrait d’un oiseau, Jacques Prévert.

==> Mots clés : néologisme, néologismes

 

• Note 315 bis du 24 juin 2008. Publicité

A un joueur de bonneteau dans une fête foraine : « Bas les pattes, escroc ! », in Racket Squad In Action

Il y a bonneteau quand on dit publicité au lieu de réclame.
Réclame est un mot parlant, honnête, qui ne cache pas ses intentions. Publicité est un terme emprunté ou volé à la sphère juridique (« fait de porter à la connaissance du public : publicité foncière, publicité des audiences, etc. ») pour être appliqué à certaines pratiques commerciales qui relèvent de l’autoexaltation, de l’autosatisfaction, de la vantardise, de la fanfaronnade puérile à grande échelle, voire mondiale.
Les ex-réclameurs, réclamistes, devenus publicitaires, et leurs clients veulent cacher la réalité de leurs rodomontades (incessantes, qui plus est), de leur propagande, de leur racolage sur la voie publique et par voie publique.
Ne parlons pas de cet autre pied de nez au public, au lecteur, avec la pauvre complicité de la presse : la publi-information.
Et la publicité rédactionnelle ? Quelles hontes.
Et tout cela dans une athmosphère de fête foraine (comme dans l’illustration ci-dessus), de foire, dans une athmosphère conviviale, bon enfant, pote de comptoir (voir la note 305 ci-dessus) et bruyante (pour ne pas dire maelströmienne) : le cadre de la manipulation et la manipulation sont au point.

 

• Note 316 du 25 juin 2008. Les médias me rendent malade, 177
–– « Antisémitisme par incidence ». Le tabac a bon dos, 1

Déclaration de Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris, à propos de « l’adolescent de 17 ans [qui] a été passé à tabac [sic, voir sous-note a] dans le XIXe arrondissement de Paris samedi soir [21 juin 2008] » selon france-info.com :
« Clairement [...] on a une sorte d’identification à une communauté présupposée [...] c’est une sorte d’antisémitisme par incidence [...] cela sert de repère à une agressivité [...] il n’y a pas ab initio de volonté de [...] ». Durée de la déclaration : une minute. Ecouter l’enregistrement et essayer de comprendre ce que dit le procureur : ici.
Sur le langage d’un autre procureur et d’un avocat général, voir les notes 46, 47 et 48 de la page 2.

a. « Passé à tabac », dit France Info : « frappé à coups de barres de fer » n’aurait-il pas été préférable (langage, déplacé, de maquereau en moins et description plus précise en plus ; le 22 juin, en effet, la presse parlait d’agression à coups de barres de fer ; je dis aussi langage de la racaille au sens propre et gaullien [note 263]) ?
Le Point (article de « Thierry Lévêque, édité par Marc Joanny » du 22 juin 2008 : ils s’y sont donc mis à deux) ne fait pas mieux : « Des sources policières [...] évoquent un [...] passage à tabac consécutif à plusieurs échauffourées entre groupes de jeunes gens juifs et d’origine africaine » (il n’y a pas de guillemets à passage à tabac, ce n’est donc pas une citation, et le gras est de moi).
Maintenant, imaginez, M. le marchand de bigoudis, que votre enfant a été frappé à coups de barres de fer et qu’il est dans le coma. Vous croisez un corésidant de votre immeuble, qui vous dit : « Tiens, M. le mercelot, je n’ai pas vu votre fils depuis plusieurs jours... » ; lui répondez-vous : « Il a été passé à tabac » ?
Peut-être ne suis-je pas assez clair ; poussons la caricature : « Il s’est fait massacrer grave par une bande de djeunss. – Non, M. le marchand de peignes ? – Et actuellement il comate : on sait même pas si on va pouvoir le recycler. »
Et si votre fille a été victime d’un viol collectif dans quelque banlieue à barres et à tours, direz-vous : « elle a été victime d’une tournante » ou « elle a été victime d’un viol collectif » ?
Vous éviterez probablement le tabac et la tournante : le marchand de bigoudis respecte ses enfants, mais il ne respecte pas le lecteur.
Le lecteur est un beauf de comptoir (note 305 ci-dessus) : « Frappé à coups de barres de fer », il ne comprendrait pas ; « viol collectif » non plus. N’est-il pas préférable de lui parler avec ses mots à lui si on veut se faire comprendre ?

Actualisation du 29-6-2008. Voir la note 326.

 

• Note 317 du 25 juin 2008. Les médias me rendent malade, 178
–– « Antisémitisme par incidence ». Le tabac a bon dos, 2

« Par incidence », je ne connais pas.
« Par incident », je connais ; ainsi que « par ricochet », « par contrecoup », « incidemment », « fortuitement », « occasionnellement », « indirectement », « secondairement », etc.
Posé ce jour la question à maître Eolas, avocat : cette locution existe-t-elle en droit ? si oui, dans quels textes ? Début de réponse d’Eolas : « Par incidence ne me semble pas faire partie du vocabulaire juridique. »

J’avais oublié la possibilité d’interroger les codes sur legifrance.gouv.fr : effectivement, il n’y a, si l’outil de recherche du site est fiable, aucune occurrence des locutions par incidence et par incident dans l’ensemble des codes.
Précisément dans le Code pénal, zéro occurrence du mot seul incidence et deux occurrences du mot seul incident.

Autre question : quelle est dans nos codes la locution juridique courante, habituelle et classique (en latin ou en bon français) de sens équivalent à par incident (en supposant que par incidence signifie par incident) ?
Peut-être la locution « en seconde intention » traduirait-elle bien les intentions de l’auteur, mais, parce que la locution est essentiellement médicale, elle est déplacée ici.

>>> « Il est des ouvrages en Plutarque où il oublie son thème, où le propos de leur argument ne se trouve que par incident, tout étouffé en matière étrangère », Montaigne IV, 136 (Littré s. v. incident).
/!\ Mise à jour du 27 juin 2008. Confirmation par les PDF téléchargeables gratuitement ici : incidence est absent du Code pénal (quelle aubaine, ces codes gratuits : en quelques secondes on y trouve un mot s’il s’y trouve – et à condition de tenir compte, éventuellement, du fait qu’il peut être coupé en fin de ligne, par exemple inci-dence).

 

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