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« Le jour baissait, les cocotiers s’agitaient au-dessus de nos têtes,
secouant sur nous leurs cent-pieds et leurs scorpions »,
le Mariage de Loti, Pierre Loti, 1880

 

La pathologie des médias, p. 8


 

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BLOC-NOTES, suite

• Note 181 du 21 octobre 2007. Rédactologie, 1
« L’étude de l’intelligibilité des textes relève d’un champ de recherches interdisciplinaires en émergence, la rédactologie. Ce champ a pour objet d’étude l’ensemble des savoirs et savoir-faire que présuppose l’acte d’écrire efficacement des écrits professionnels de nature utilitaire et leur adéquation aux destinataires » (ici : http://www.usherbrooke.ca/catifq/recherche/projets/fondements.html).

 

• Note 182 du 22 octobre 2007. Rédactologie, 2
A http://www.usherbrooke.ca/catifq/recherche/projets/idiomatismes.html, Richard Weilbrenner (titulaire d’une « maîtrise en études françaises, cheminement linguistique » [sic]) parle des « idiomatismes » (on pourrait dire québéquismes, mais l’usage, aveugle parfois ou, plus précisément, sourd, préfère québécismes) du français en usage au Québec « issus du concubinage avec l’anglais ». Amusante expression à la frontière du politiquement correct dans laquelle on retrouve la liberté et la fraîcheur de parlure des Canadiens français.

/!\ Mise à jour du 11 décembre 2007
Curieusement on trouve sur le web plus d’occurrences de québéciser que de québéquiser et plus de québécitude que de québéquitude.

 

• Note 183 du 24 octobre 2007. Lexicologie : vieux, vieilli, vieux mot et mot vieux
Aux utilisateurs de dictionnaires, il est bon de rappeler le distinguo entre vieilli et vieux (a).
La mention vieilli indique que le mot ou l’acception tendent à sortir de l’usage. Néanmoins le mot ou l’acception sont encore connus ou compris.
– Exemple
carcinologie. N. f. 1. Branche de la zoologie ayant pour objet l’étude des crustacés. 2. Méd., vieilli. Cancérologie, oncologie.
La mention vieux, ou vx, indique que le mot ou l’acception sont sortis de l’usage.
– Exemple
crépuscule. N. m. 1. Vieux. Faible lumière qui paraît dans le ciel avant le lever du soleil. 2. Couramment. Faible lumière qui subsiste dans le ciel après le coucher du soleil ; tombée de la nuit.

Un mot (ou une acception) vieilli ou vieux n’est pas forcément plus ancien dans la langue, plus âgé, qu’un mot (ou qu’une acception) qui n’est ni non vieilli ni non vieux. (Voir l’acception 2 de carcinologie, qui est moins ancienne que la 1, mais qui néanmoins est vieillie : Littré ne connaissait pas l’acception 2, seulement la 1.) Et un vieux mot n’est pas forcément un mot vieux. Un mot vieux ou vieilli peut rajeunir (par son réemploi, et sa réintroduction dans le corps des mots du langage courant), un vieux mot non.
A propos, quel serait le plus vieux mot attesté de la langue française ? Le mot commun, utilisé dans le serment de Strasbourg de 842 ?

a. Inspiré de http://franqus.usherbrooke.ca/systeme_marquesI_vieillissement.php. On pourra aussi lire la définition de vieilli dans un Petit Larousse.

==> Mots clés : dictionnaire, lexicographie, lexicologie

 

• Note 184 du 26 octobre 2007. Les médias me rendent malade, 103
–– « Silence, on viole en masse », 1
Le titre « Silence, on viole en masse » de Courrier international (numéro 885, p. 29, 18-24 octobre 2007), calqué sur l’expression « Silence, on tourne ».
D’une remarquable désinvolture.
Un titre moins accrocheur comme « Des viols innombrables » n’était-il pas infiniment préférable ?

(Mieux voir ici.)

 

• Note 185 du 27 octobre 2007. Les médias me rendent malade, 104
–– « Silence, on viole en masse », 2
Il ne me suffit pas de dire que ce titre me choque, il faut aussi que j’explique pourquoi. En attendant une analyse précise – moins facile qu’il n’y paraît : dans cette phrase s’enchevêtrent problèmes et sous-problèmes – de « Silence, on viole en masse », quelques titres d’articles du web.
– « Silence, on lit ! » (http://www.lapresse.tn/)
– « Silence, on joue » (http://www.liberation.fr/)
– « Silence, on libéralise l’énergie ! » (http://www.lemonde.fr/)
– « Silence, on démolit... » (http://lesverts.fr/)
– « Silence, on bizute ! » (http://www.lefigaro.fr/)
– « Silence, on discrimine... » (http://www.actions-traitements.org/)
– « Silence, on viole… » (http://www.afrik.com/)
– « Silence, on tue » (http://www.lexpress.fr)

/!\ Mise à jour du 11 mai 2008. Courrier international du 7 au 14 mai 2008 p. 53 : « Silence, on réprime ».

 

• Note 186 du 28 octobre 2007. Suite de la note 118
Les tildes guillemets, ou anguillemets : « Sans demander leur compte, les faux courageux qu’étaient Jojo la Mitraille et Paulo la Riflette ~s’escampèrent~ discrètement. »

==> Mot clé : typographie

 

• Note 187 du 29 octobre 2007. Les médias me rendent malade, 105
–– « Silence, on viole en masse », 3. Eléments d’analyse
Je commencerai par analyser la locution « en masse » et j’expliquerai pourquoi elle me choque.
D’abord répondre à ces questions : quelles sont les personnes qui forment une masse ? les violées ? les violeurs ? A la lecture de l’article on comprend qu’il s’agit des femmes. Ce point est résolu.
Ce sont donc les personnes violées qui sont une masse. Autrement dit quoi ? Autrement dit une sorte de tas où les individus, les individualités sont oubliées.
Bien que l’article prétende compatir au sort de ces femmes, ne les déshumanise-t-il pas en les appelant masse ?
On peut constater aussi ceci : ces femmes avant d’être violées ne formaient pas une masse, puisqu’elles étaient (et elles le sont encore, d’ailleurs) dispersées sur le territoire (précisément dans l’est du Congo), mais, depuis qu’elles ont été violées, les voilà qui forment une masse, la masse des femmes violées.
On peut déclarer ceci : pour ces femmes, à la souffrance du viol s’ajoute celle d’être appelées péjorativement masse. Petite souffrance à côté de l’autre, certes, mais elle est là qui en remet. (A suivre.)

 

• Note 188 du 30 octobre 2007. Les médias me rendent malade, 106
–– Les clowns ne nous amusent plus, ils nous informent

Encore (voir la note 178) un titre baroque chez Liberation.fr (http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/288177.FR.php) : « Les grévistes terrassés par l’idée d’un service minimum aérien », de Laureen Ortiz.
La clé est ici dans un jeu de mots de pacotille : « Les syndicats d’Air France ne l’ont pas vu venir, aveuglés par l’ampleur sans précédent de leur grève. [...] Hier, le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a évoqué l’extension de la loi du service minimum au transport aérien. Cette loi, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2008, était pour l’instant destinée aux transports terrestres. »
Voir ici l’article.

Ajoutons que dans cet article rien n’apparaît qui soit terrassé : primo les syndicalistes dont des propos sont cités sont désabusés ou exaspérés ou surpris (peut-être pas sincèrement, d’ailleurs) par la déclaration du secrétaire d’Etat, mais ils ne sont pas terrassés (a) ; secundo dans le corps de l’article, aucun lien n’est fait explicitement par l’auteur entre la grève arrêtée (ou terrassée) et la déclaration du secrétaire d’Etat. En d’autres termes, on ne retrouve pas dans l’article ce que promet le titre. Terrassé n’est donc là que pour le pauvre jeu de mots terre/air, pour le teasing, l’aguichement. Seul le lecteur, peut-être, est terrassé.

L’auteur nous apprend ensuite qu’« hier, au terme d’une assemblée générale agitée et d’une journée où 30 à 40 % des vols ont été annulés, les syndicats ont choisi de suspendre leur mouvement de grève. Et ce malgré une base “très motivée” » : ainsi donc, si je me risque à filer le mauvais jeu de mots comme on file une métaphore, au lieu d’être cloué au sol, ou « terrassé » (« jeté à terre dans une lutte », Petit Robert électronique), le personnel volant gréviste va-t-il reprendre l’air.

Pour finir. Je suppose que le surtitre « Eco-Terre » est également un très bon jeu de mots, mais que je ne comprends pas. Quel rapport avec l’écologie ? Ou bien faut-il lire « Echo » au lieu d’« Eco » avec l’idée d’un écho radar : l’obligation d’un service minimal dans le transport aérien vue comme l’écho, le reflet du service minimal dans le transport terrestre ?

a. Atterrés, quoique excessif, serait acceptable. C’est peut-être le mot que cherchait l’auteur.

 

• Note 189 du 31 octobre 2007. Les médias me rendent malade, 107
–– « Silence, on viole en masse », 4. Eléments d’analyse
« Les soldats attaquèrent en masse » : ce sont les soldats qui sont une masse. (Les soldats constituent un groupe nombreux et assez compact ressemblant à un bloc : une armée, une division, par exemple.)
« Les soldats tuèrent en masse » : ce sont les victimes des soldats qui sont une masse. (Les victimes constituent un groupe nombreux et assez compact ressemblant à un bloc : les habitants d’un quartier, d’une ville lors d’un bombardement, par exemple.)

Mais qu’est-ce qui nous fait dire que dans un cas ce sont les soldats qui constituent une masse, dans l’autre cas les victimes des soldats ? (A suivre.)

 

• Note 190 du 31 octobre 2007. Les médias me rendent malade, 108
–– « Silence, on viole en masse », 5. Eléments d’analyse
On ne dit pas, il n’est pas d’usage de dire « Le soldat a attaqué en masse », même si le soldat est un aviateur bombardier seul à bord de son appareil larguant une bombe de forte puissance sur une masse de gens, sur une agglomération.
En revanche on peut dire (l’expression cependant n’est pas dénuée de maladresse) « Le soldat a tué en masse » ; par exemple, le même aviateur larguant sa bombe sur une agglomération, sur une masse de gens qui vont mourir en masse.
Avec un verbe toujours intransitif, pas de problème : dans « Les soldats moururent en masse », c’est forcément le sujet qui est nombreux, en masse ; il n’y a pas de complément d’objet en puissance, sous-entendable.

Quand je disais que dans la phrase « Silence, on viole en masse » s’enchevêtrent problèmes et sous-problèmes. Nous sommes encore loin de la solution et de la conclusion. (A suivre.)

 

• Note 191 du 31 octobre 2007. Les médias me rendent malade, 109
–– « Silence, on viole en masse », 6. Eléments d’analyse
Voici un aperçu des notes à venir.
– On/sujet précis
Un « on », indéfini, vague, est plus choquant qu’un sujet précis. Moins choquant que « On viole » sera « Des soldats congolais violent » (a).
– Intransitivité/transitivité
Moins choquant encore : si violer est employé transitivement (c’est-à-dire avec un complément d’objet) et non intransitivement (c’est-à-dire sans complément d’objet, absolument) ; exemple : « Des soldats congolais violent des milliers de femmes » ; ou, mieux, car la focalisation se fait sur les victimes et non plus sur les criminels : « Des milliers de femmes violées par des soldats congolais ».
– Dans « Silence, on viole », qui parle ? Les violeurs ou le journaliste ?
(A suivre.)

a. J’ai simplifié : en réalité les violeurs sont congolais et rwandais.

 

• Note 192 du 2 novembre 2007. Les médias me rendent malade, 110
–– Les grands absents des dictionnaires, 6 (a)
L’expression « avoir la religion de quelque chose » est absente de tous les dictionnaires consultés, qui sont les suivants : Dictionnaire de la langue française de Littré, 1873 ; Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse de 1982, en dix volumes ; Dictionnaire Hachette électronique de 1998 ; Petit Robert électronique de 2001 ; Petit Larousse de 2002.
Ci-dessous une définition que nous proposons.
Avoir la religion de qqch. Loc. Révérer, considérer avec le respect dû à un dieu, à une chose sacrée ; considérer comme essentiel, indispensable, parfait, optimal.
« Tu n’admires pas assez, tu ne respectes pas assez. Tu as bien l’amour de l’art, mais tu n’en as pas la religion », Gustave Flaubert, lettre à Louise Colet, 1847.
« Sans avoir la religion de la quantité, on aurait aimé avoir quelques chiffres pour comparer », Amutio, 2001.

a. Voir aussi les notes 35, 62, 114, 137,...

==> Mots clés : dictionnaire, lexicographie, lexicologie

 

• Note 193 du 3 novembre 2007. Les médias me rendent malade, 111
–– Christine Lagarde lance des pierres aux trente-cinq heures
Déclaration du ministre des Finances Christine Lagarde (AFP, 22-10-2007, 20 h 29) : « C’est une première pierre lancée aux trente-cinq heures, et nous allons continuer. »
Levengeurmasqué de commenter : « Oh oui alors lapidons les trente-cinq heures aussi indignes et criminelles que les femmes adultères !!! En plus rien ne vaut un bon caillassage pour marquer les esprits afin de “changer la psychologie des Français” (a). »
N’ai rien à ajouter.
Remarque cependant que Christine Lagarde s’enferre terriblement en ajoutant « et nous allons continuer ».
Hésite entre le rire et la pitié : elle confond triomphalement, avec une bonne foi admirable, une force de santé remarquable des expressions comme se lancer à l’assaut de quelque chose, jeter la pierre à quelqu’un, c’est une pierre dans son jardin et d’autres encore peut-être.
Elle a voulu dire « C’est notre premier assaut contre les trente-cinq heures, et nous allons continuer » (b).

a. Christine Lagarde, 22-10-2007 : « Notre priorité est de changer la psychologie des Français face au travail. »
b. Je souligne, pour ceux qui m’ont lu un peu trop vite, que, pas plus que dans celle du « détail » Fillon-Le Pen, je ne prends parti dans l’affaire des trente-cinq heures.

 

• Note 194 du 4 novembre 2007. Compotateur, 2
Complément à la note 1 : « Qui ne se respecte pas n’a pas le droit d’être respecté. C’est ce qui arriva à ce compotateur de Piron (a). On finit par se lasser de lui. Comme il entrait facilement en état d’ivresse, et qu’un jour, par suite de cet état, il fit une chute assez grave en sortant de table, on profita de l’occasion pour donner à entendre aux gens qui le soignaient qu’on ferait bien de ne plus le laisser sortir ; il était temps, au fait : il avait déjà quatre-vingt-cinq ou six ans », Souvenirs d’un sexagénaire, 1833, par Antoine Vincent Arnault (1766-1834), de l’Académie française (b).

a. L’écrivain Alexis Piron (1689-1773), auteur entre autres de l’Ode à Priape, dont l’élection à l’Académie française ne fut pas ratifiée par Louis XV. Son érection entrava son élection.
b. Nous ne nous y trompons pas : ici, sous la plume d’un Antoine Vincent Arnault un peu aigri, compotateur n’est qu’un euphémisme pour poivrot.

 

• Note 195 du 5 novembre 2007. Encore ce Piron. Gagner de la maille
Dans le vocabulaire des agités de hall d’immeuble et autres zivas bardococullés (a), faire de la maille signifie gagner de l’argent, faire du fric.
Ci-dessous extrait d’un pont-neuf (b) du XIXe siècle à chanter sur l’air de Dérouillons, dérouillons, ma commère (dans Piron, complément de ses œuvres inédites, p. 227, par Honoré Bonhomme, éditions Sartorius, Paris, 1866).

piron

a. Bardococullé, voir la note 204.
b. pont-neuf. N. m. Chanson populaire sur un air très connu [...]. « Il sait tous les ponts-neufs qui courent les rues. » Air de cette chanson, et, par extension, air banal et trivial. (Dictionnaire de la langue française de Littré, 1873.)

==> Mots clés : dictionnaire, lexicographie, lexicologie

 

• Note 196 du 5 novembre 2007. Encore une expression que j’ai bien aimée
Entendu une expression que j’ai bien aimée : « Sans toi je suis comme un crayon sans gomme » (a).

a. Avec un charme frais et exquisément pataud que n’avait pas le slogan féministe « Une femme sans homme c’est comme un poisson sans bicyclette ».

==> Mots clés : dictionnaire, lexicographie, lexicologie

 

• Note 197 du 6 novembre 2007. Les médias me rendent malade, 112
–– La désinformation par les mots
Sur la radio réticulaire Canal Académie (dont j’ai parlé dans les notes 109-111), deux émissions téléchargeables de trente minutes au format MP3 intitulées « La désinformation par les mots » (a) ; l’invité est Maurice Pergnier, sémiologue et membre de la commission générale de terminologie et de néologie. Maurice Pergnier a bien repéré les mots intéressants, les mots tors, piégés, manipulateurs et prestidigitateurs (b) comme vrai-faux, quartier, ethnie, jeune, jeunes des quartiers, mais dans cette émission il ne m’a pas paru très original ni, surtout, très profond. Ici.
Noter que selon l’intervieweur, Annet Sauty de Chalon, « armes de destruction massive » est un « acronyme » (!) [on peut écouter ici] et que dans la deuxième partie de l’émission intervieweur et interviewé emploient sans sourciller le mot stigmatiser (on peut écouter ici), ne semblant pas s’être rendu compte qu’il est, lui aussi, un mot de la manipulation.

a. C’est aussi le titre d’un livre de Maurice Pergnier aux éditions du Rocher.
b. Selon le site be.altermedia.inf, l’ouvrage traite également des « mots à majuscule (Culture, Démocratie, Guerre, Information…) ».

 

• Note 198 du 7 novembre 2007. Néologisation
Mot-valise : empestiférer (le tenon pestiférer [a] dans la mortaise empester).

a. pestiférer. V. t. Communiquer la peste. Fig. « S’il faut que vous soyez obligé continuellement, vous et M. le contrôleur général, de réformer tous les mémoires dont la cupidité humaine vous pestifère », Voltaire, lettre à Trudaine, 8 décembre 1775. (Dictionnaire de la langue française de Littré, 1873.)

==> Mots clés : néologisme

 

• Note 199 du 8 novembre 2007. Moteurs de recherche, 3 : les mots apocopés ou aphérésés (suite de la note 99)
« Date: Mon, 05 Nov 2007 18:38:44 +0100
From: Exalead.com
Les fonctionnalités permettant de trouver tous les mots contenant ou finissant par “thraust” ne sont pas encore disponibles mais celles-ci sont en cours de programmation. Pour le moment, il est seulement possible de trouver tous les mots commençant par “thraust” en tapant “thraust.*” [...]
Bien cordialement,
Toute l’Equipe Exalead. »

On peut toujours attendre, aucun moteur n’a jamais propsé cette fonction.

 

• Note 200 du 11 novembre 2007. Les médias me rendent malade, 113
–– Les grands absents des dictionnaires, 7 (a)
Le mot « J 3 » absent de tous les dictionnaires consultés (b). Quelques éléments pour rédiger une entrée de dictionnaire.
– « Voici quelles sont les catégories de rationnaires : [...] J 3, adolescents de 13 à 21 ans » (Henri Amouroux, la Vie des Français sous l’Occupation, tome 1, p. 208, Le Livre de Poche, 1981) [c] ;
– « A l’époque de la dernière guerre mondiale et pendant la période de rationnement qui se prolongea au-delà de son terme, le terme de J 3 désignait, en France, une catégorie de consommateurs, celle des adolescents, qui jouissait d’une carte d’alimentation donnant droit à une nourriture plus riche que celle des adultes. On appela familièrement J 3 l’adolescent. L’image que l’on se donne du J 3 est, semble-t-il, celle d’un être fragile, qui se heurte aux difficultés du passage à l’âge adulte et vit dans l’imaginaire les problèmes de ses aînés » (http://www.universalis.fr/encyclopedie/T312101/J_3.htm) ;
– « Roger-Ferdinand, auteur des J 3 [les J 3, ou la Nouvelle Ecole, comédie en quatre actes, 1944], fait rire tout Paris en représentant [...] des écoliers qui proposent à leur surveillant une canadienne contre de l’alcool à 90° » (Henri Amouroux, la Vie des Français sous l’Occupation, tome 1, p. 253, Le Livre de Poche, 1981).

a. Voir aussi les notes 35, 62, 114, 137, 192,...
b. A savoir : Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse de 1982, en dix volumes ; Dictionnaire Hachette électronique de 1998 ; Petit Robert électronique de 2001 ; Petit Larousse de 2004.
 c. Les J 3 ont de 13 à 18 ans selon http://pagesperso-orange.fr/beb/barral/Lieux/Et_si_caz/Et_si_caz_6.htm.

==> Mots clés : lexicographie, J3, J 3

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