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« Le jour baissait, les cocotiers s’agitaient au-dessus de nos têtes,
secouant sur nous leurs cent-pieds et leurs scorpions »,
le Mariage de Loti, Pierre Loti, 1880

 

La pathologie des médias, p. 5


 

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BLOC-NOTES, suite

• Note 121 du 25 février 2007. Regardure synonyme de look
regardure. N. m. [...] Aspect extérieur. Mot usuel au XVIe siècle (in Dictionnaire de la langue française classique, de Dubois et Lagane, éditions Belin).
Regardure signifie aussi yeux, regard, vue, vision, appréciation, estimation, jugement. D’autres sources écrivent regardeure ou regardeüre. Un vieux mot françois qui pourrait remplacer look.
Et reregardurer pour relooker ? Certes bizarre, mais amusant.

 

• Note 122 du 25 février 2007. Les médias me rendent malade, 70
–– A propos du soulignement, 2
Drôle de caractère, l’italique ne met pas le mot en valeur, en relief, il ne le souligne pas, mais l’écrase (« l’italique est un vieillard penché », Verdun Barrot, Trois Mois dans la caisse à bouillon), l’édulcore, le comprime, l’aplatit, l’humilie. De plus il rend la lecture moins aisée : lire plusieurs pages en italique fatigue, agace les yeux, contrairement au romain. Le soulignement et le gras, en revanche, mettent le mot en valeur.

 

(Ancre de favori.)
• Note 123 du 26 février 2007. Les médias me rendent malade, 70

–– Une brève du site liberation.fr avec trois de ses commentaires de lecteurs
Copie d’écran : http://lesmediasmerendentmalade.fr/_images/arabie.jpg
Page du site de Libération : http://www.liberation.fr/php/pages/pageReactionsList.php?....

arabie-saoudite

Note. « Report médiatique » : probablement au lieu de « rapport médiatique ». Cela dit, les deux remarques, sur la condamnation et le rapport par les médias de cette condamnation, ne sont pas dénuées d’intérêt.

Renote. Je n’ose pas dire que les réactions d’Inconnu et de Fourtout je les tiens pour deux diamants de drôlerie, car on pourrait sur-le-champ m’escomengier comme sans cœur et sans tact ; ce que je suis d’ailleurs. Et, comme en magie, s’il y a un truc (c’est-à-dire si les réactions d’Inconnu et de Fourtout sont volontairement décalées et déphasées), c’est encore plus fort.
Déphasées donc, les réactions. La première parce que, entre autres raisons, ce n’est pas le lieu pour de fades condoléances maladroites et empêtrées (rien que trois fautes de frappe sur le premier mot, absence de capitale, de ponctuation finale, etc.) ; la seconde parce que, entre autres raisons, elle essaie de consoler un peu en remotivant (il y a de belles choses à voir dans ce grand monde de brutes) et pour le doux euphémisme de son titre (« dommage »).

 

• Note 124 du 27 février 2007 à propos de la note 123
escomengier. Excommunier ; détester, abhorrer. (Petit Dictionnaire de l’ancien français, de Hilaire Van Daele, Garnier, 1940.)

 

• Note 125 du 28 février 2007. Les mots par l’image, 1
Le verbe émier.

 

• Note 126 du 1er mars 2007. Les mots par l’image, 2
Le substantif angrois.

 

• Note 127 du 3 mars 2007. Trop d’impôts tue l’impôt/trop d’impôts tuent l’impôt
Trop de gens est insupportable (s’il y a trop de gens, c’est insupportable) ≠ trop de gens sont insupportables.
Trop de lois tue la loi (le trop de lois tue la loi ; trop de lois, ça tue la loi) ≠ trop de lois tuent la loi.
Trop d’interdictions tue l’interdiction.
Trop de cadeaux tue le cadeau.
Trop est insupportable ≠ trop sont insupportables.
On peut écrire aussi : trop d’impôt tue l’impôt.

 

• Note 128 du 4 mars 2007. Les médias me rendent malade, 71
–– Information et in-formation, 1
Note supprimée (affirmations erronées).

 

• Note 129 du 4 mars 2007. Les médias me rendent malade, 72
–– Information et in-formation, 2
Copie d’écran : http://lesmediasmerendentmalade.fr/_images/iscpa.jpg
Page source : http://www.iscpa-paris.com/
Extrait de la _carte de visite_ de l’ISCPA, école formant entre autres au journalisme (12, rue Alexandre-Parodi, 75010 Paris) :
« Ecole de Journalisme. Après le Bac, 3 ans de formation préparant aux métiers du journalisme en presse écrite et web, audiovisuel (télévision), radio. Pour devenir rapidement un journaliste opérationnel et polyvalent, garant de la liberté de la presse et de la déontologie propre au métier de journaliste. Double titre : Bachelor professionnel de l’ISCPA (Bac+3), et Titre certifié par l’Etat de niveau II » (c’est moi qui italise).
Dès la page d’accueil, on sent donc poindre le mercelot. Une formulation acceptable eût été du genre « Pour vous former au journalisme, à sa déontologie et au droit de la presse ». Le devenir relève du langage enfantin et le rapidement est une contrevérité (trois ans), sans parler de l’invraisemblable garant de la liberté de la presse et de la déontologie propre au métier de journaliste (peut-être le maladroit auteur a-t-il voulu dire quelque chose comme jaloux de ses droits et de son indépendance et soucieux de ses devoirs de journaliste – si tant est que cela s’apprenne dans une école).

Mon argumentation est un peu courte et molle. Autres commentaires à venir, en particulier sur les termes devenir et garant, pourquoi très précisément ils sont inadéquats.
Et quelle différence entre formation préparant aux métiers du journalisme (la formulation utilisée ci-dessus) et formation aux métiers du journalisme (la formulation attendue) ?
Quant à presse écrite et web (voir la carte de visite), la presse du web ne serait donc pas écrite ? mais torchée seulement ?

 

• Note 130 du 4 mars 2007. Les médias me rendent malade, 73
Le journal Soir 3 (France 3) de ce jour était présenté par M. Tête en l’Air. Ecouter ici.

 

• Note 131 du 5 mars 2007. Les médias me rendent malade, 74
–– Néologisme, psychopathologie des médias
inforexie.
N. f. Manque d’appétence pour l’information. Google : 11 occurrences du mot.
Etymologie : info(rmation) et orexis (appétit en grec).
Auteur : le journaliste et conseiller en communication Alain Joannes (voir http://maljournalisme.chez-alice.fr/actu2005.htm) ?
Voir aussi infobésité.
N. B. Fichaise, le Dictionnaire des structures du vocabulaire savant d’Henri Cottez (les Usuels du Robert, 1982, 2e édition, revue et complétée). Je n’y ai cherché que deux fois, une fois pour coccothrauste, une autre pour anorexie : aucune réponse pour thrauste ni pour orexie. Fichaise.

 

• Note 132 du 10 mars 2007. Les médias me rendent malade, 75
–– Projet de cautère sur une jambe de bois : « Associations et syndicats de journalistes veulent à créer [sic] une charte »
Copie d’écran : http://lesmediasmerendentmalade.fr/_images/charte.jpg
Page du site du Nouvel Observateur : http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias__pouvoirs/20070310.OBS6236/associations ...
Ça commence bien :-))

/!\ Mise à jour. La coquille a été corrigée dans l’après-midi.
/!\ Mise à jour des 5 et 23 mai 2007. Cette coquille vaut bien celle-ci ici, toujours du site du Nouvel Observateur : « L’état de santé de Raymond Barre est dans un état “préoccupant” » ; ou celle-ci (« Hollande doit parit “après les élections” »).

 

• Note 133 du 10 mars 2007. Les médias me rendent malade, 76
–– Un Airbus, des Airbuss ou des Airbi ?
Retrouvé dans un texte que j’écrivis en 2001 (lisible dans sa totalité ici) : « L’adjectif copurchic, qui a bon visage et bonne bouille, est regrettablement tombé en désuétude, et le Petit Larousse – vous savez, ce dictionnaire qui en 1989 [dans la partie des noms communs et sub verbo] prenait la peine de préciser qu’Airbus est un mot invariable, des fois qu’un nigaud, un nicaise s’avisât d’écrire des Airbuss – l’ignore » (a).
N’était-ce pas le Petit Larousse de la même année qui donnait « Indien d’Amérique du Nord » pour définition d’Amérindien ? ou celui de 1992 ? Probablement une partie de la définition avait sauté.

a. Le Petit Larousse 2004 : Airbus n’est plus dans la partie des noms communs, mais dans les noms propres ; aucune mention d’invariabilité.

 

• Note 134 du 11 mars 2007. Le mystère trilili
Copie d’écran : http://lesmediasmerendentmalade.fr/_images/trilili.jpg
Page source : http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=7022
« Typologie des lucarnes
Selon leur usage, on distinguera deux types de petit trilili :
– Les lucarnes-portes servent à faire entrer les objets lourds ou encombrants (foin, fourrage, etc.) dans le comble, parfois à l’aide d’une poulie.
– Les lucarnes-fenêtres servent à rendre habitable (éclairage et ventilation) l’étage de comble. » (C’est moi qui italise.)
Plaisanterie, coquille, mot hyper-rare ?

 

• Note 135 du 14 mars 2007. Un média très cocasse et pas cher (et écologique ?)
abaque.  S. m. [...] 2° Terme d’antiquité. Tableau couvert de poussière, sur lequel on traçait des nombres et on enseignait le calcul. (Dictionnaire de la langue française, Littré, 1873) [a].
En tout cas, un support éphémère (les faux artistes adorent ça – tant mieux, tout compte fait).

a. Le Nouveau Dictionnaire de la langue française de Noël et Chapsal (début du XIXe siècle) donne une définition qui est probablement plus proche de la réalité : « table que les anciens couvraient de sable fin pour y tracer des chiffres ou des figures de géométrie ».
Dictionnaire de l’Académie de 1835 : acception absente.

 

• Note 136 du 17 mars 2007. Orthographe du XIXe siècle
Aperçu de quelques graphies remarquables de Littré (en général les mêmes graphies que celles du Dictionnaire de l’Académie de 1835).
Source : Dictionnaire de la langue française, Littré, 1873.
Je ne peux garantir l’absolue exactitude des renseignements ci-dessous : des coquilles ont pu s’y glisser. Revérification souhaible.
– à postériori
– à priori
– abatage
– abatant
– arome
– assener
– assujétissement ou assujettissement
– besoigneux
– bouille-abaisse
– collége
– compacte (adj. masculin)
– complétement (adv.)
– consonnance
– contre-cœur
– contre-coup
– cortége
– dénoûment ou dénouement
– dévoûment ou dévouement
– diphthongue
– dyssenterie
– empatement (pour empattement [≠ empâtement])
– entr’acte
– entr’ouvrir, rentr’ouvrir
– entre-bâiller
– extra-ordinaire
– gaîne, gaîner (mais dégainer, rengainer)
– gaîté ou gaieté
– goëland
– goëlette
– goëmon
– grand’chose
– grand’mère
– grand’peine
– havre-sac
– j’assiége, etc.
– je protége, etc.
– liége
– manége
– mort aux rats
– non-seulement (p. ex. s. v. réfection : « non-seulement par le repos, mais aussi par la nourriture »)
– nue propriété, nue propriétaire
– opiniâtrément
– pepie
– pepin
– piége
– poëme, poëte
– privilége
– querir
– raz de marée
– receper
– réchampir
– reclusion
– réconduction
– réconduction
– recousse ou rescousse
– rédondance ou redondance
– rédondant ou redondant
– rédonder ou redonder
– reître ou rêtre
– remanîment ou remaniement
– remercîment ou remerciement
– remeugle ou remugle
– remûment ou remuement
– renîment ou reniement (en revanche : rassasiement)
– renoûment ou renouement
– républier
– répulluler
– résolûment
– résolûment
– résonnance
– rhythme
– séve
– siége
– teter (je tette, je tetterai...) ou téter (je tète...)
– très-joli, très-vite, de très-bonne heure, etc.
– un excédant
– un par-dessus
– un passe-port
– un rais
– Visigoth (et dérivé)

Mais aussi...
– prononciation : dam [dan], cheptel [chetèl]
– genre des mots : une l, une automne

 

• Note 137 du 18 mars 2007. Tireté
Tireté, mot rare (a). L’ai trouvé seulement dans le Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse (10 volumes, 1982) : « tireté. N. m. Trait d’épaisseur moyenne, interrompu à intervalles réguliers, utilisé notamment pour représenter les contours cachés dans une vue ou une coupe ».
L’ai entendu rarement. Encore un grand absent des dictionnaires (v. ma note 35). 35 000 occurrences trouvées par Google pour tireté et tiretés.
Le tireté est également utilisé par les correcteurs dans l’édition et dans la presse pour annuler une correction ou pour confirmer une graphie. Ils utilisent aussi dans le même but le double tireté (au-dessous et au-dessus du mot ou du groupe de mots concernés). D’autres correcteurs utilisent le pointillé (ou le double pointilllé), qui ressemble au tireté. Mais jamais entendu un correcteur prononcer le mot tireté.

a. Absent du Dictionnaire des arts et des sciences de Thomas Corneille (2 volumes, 1694), du Nouveau Dictionnaire national de Bescherelle (2 volumes, 1856), du Dictionnaire de la langue française de Littré (5 volumes, 1873), du Nouveau Larousse illustré (7 volumes, 1897-1903), du Petit Robert électronique de 2001, du Petit Larousse 2004, etc.

 

• Note 138 du 18 mars 2007. Les médias me rendent malade, 77
–– « C’est pas bien » : un doudou bobo et gnangnan (a)
Copie d’écran : http://lesmediasmerendentmalade.fr/_images/cest-pas-bien1.jpg
Page du site de l’Express : http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=39853
A propos de Simone Veil soutenant Nicolas Sarkozy.
François Bayrou déclare : « Ce n’est pas bien ce qu’ils lui font faire [à Simone Veil]. »
François Fillon rétorque : « C’est pas parce que Simone Veil n’est pas derrière François Bayrou qu’il [François Bayrou] peut comme ça l’insulter. Je trouve que c’est pas bien. »
Pas le temps de commenter, mais vous m’aurez compris.

a. doudou. N. m. Fam. Objet transitionnel. « Il avait un doudou, un morceau de satin » (Robert électronique).
objet transitionnel. Objet matériel (pouce, bout de couverture, ours en peluche...) fortement investi par le jeune enfant et lui assurant la transition entre la première relation orale à la mère et la relation d’objet (Robert électronique).

/!\ Mise à jour du 21 mai 2008. Le 17 mai 2008, Richard Bohringer à Robert Redeker dans une émission de Laurent Ruquier sur France 2 : « Non, non, non, c’est pas bien, c’est pas bien ! [...] C’est pas bien, c’est pas bien ! Pour 90 % des musulmans, c’est pas bien ! » Présents également et intervenants : Pascale Clark, Eric Naulleau, Eric Zemmour. Un très grand moment d’inculture, de langue de bois, de confusion intellectuelle et de faux sentiments (ici).
Ajoutons quelques citations qui pourraient passer inaperçues. Eric Zemmour : « Il est le victime d’un islam, mais il est surtout victime de internet. »
Laurent Ruquier : « le recours à Mahomet [prononcé mahomette] », « Mahomet [prononcé mahomette] un maître de haine ».

 

• Note 139 du 22 mars 2007. Une adresse inutile, 3
L’Equipe interdisciplinaire de recherches sur l’image satirique (EIRIS) du laboratoire littératures-langues (EA 950) de l’université de Bretagne occidentale, faculté des lettres et des sciences sociales Victor-Segalen.
Et ici par raccroc mon dernier dessin humoristique (datant des années 80) mis en ligne.

 

• Note 140 du 3 avril 2007. Style de comédie contre style noble (a)
– Exemple 1 de style de comédie égaré dans le style noble (b), dans On ne voit pas le temps passer, de Jean Ferrat :
« Prise comme marteau et enclume
Entre une table et une armoire,
Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
Fait-elle envie ou bien pitié ?
Je n’ai pas le cœur à le dire,
On ne voit pas le temps passer. » (C’est moi qui italise.)

– Exemple 2 de style de comédie égaré dans le style noble, dans la scène 1 de l’acte I de la tragédie Nicomède de Corneille (c), exemple tiré d’un intéressant livre (Théâtre de Corneille [?], tome II, sans titre ni lieu ni date – probablement du XIXe siècle) dont l’un des auteurs des notes critiques signe « V. » :
« Vous n’avez en ces lieux que deux bras comme un autre. » (C’est moi qui italise.) Détails ici.

– Voir aussi cette page de la tragédie Héraclius, où le mystérieux « V. » ne s’encombre pas d’une paire de pincettes.

a. La mode des jocrisses voudrait « Style de comédie versus style noble ».
b. Le style de comédie égaré dans le style noble pourrait faire le sujet d’une rubrique bien remplie par la prose et les déclarations des marchands de peignes. Nous y réfléchirons.
c. Dormant mes nuits à quelques mètres de l’endroit où Corneille repose, je demande au maître de bien vouloir me pardonner cette pauvre citation dans ce musée des horreurs.

 

• Note 141 du 10 avril 2007. Les médias me rendent malade, 78
–– Pandémie
Radio-Canada, le même ton, le même vocabulaire et les mêmes préoccupations de marchand de peignes que les radios françaises (cliquer sur la vignette « Radio-Canada sur demande » de la page d’accueil). Nous n’ajouterons pas inutilement que c’est désespérant.

 

• Note 142 du 17 avril 2007. Une amusante coquille dans le Dictionnaire de la langue française de Littré (1873)
agâtis. [...] Dommage causé par des bestiaux dans les héritages des voisins.
Ne serait-ce pas herbages plutôt qu’héritages ?
(Nouveau Larousse illustré, 1897, 7 volumes : agatis [sans circonflexe]. Dommage causé par des animaux sur le terrain d’autrui. [Image ici.])

Ci-dessous photo de la définition chez Littré.
agatis

N. B. Le Dictionnaire de la langue française de Littré publié par Gallimard-Hachette en 1965 reproduit cette coquille sans broncher. L’excellent site de François Gannaz également : http://francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?requete=agatis&submit=Rechercher.

> Rectification du 31-10-2007. Sont héritages tous les biens matériels (qu’ils soient transmis ou non par voie de succession ou transmettables ou non par voie de succession), ce que ne dit pas explicitement Littré.
Cette définition tirée d’un autre dictionnaire le montre assez bien : « héritage. N. m. Verger d’arbres à cidre. Quelques hectares d’héritage ».

 

• Note 143 du 21 avril 2007. Les médias me rendent malade, 79
–– Des médias tout émoustillés par le scrutin de demain
Ces pages, heureusement pour moi, se cantonnent à une critique du langage des médias et de quelques pratiques audio et audiovisuelles.
Si j’en faisais une critique sociale et politique, j’en perdrais le boire et le manger et toute retenue de mes nerfs.
Exemple entre cent mille : des événements de seconde importance sont documentés et commentés généreusement et avec une gourmandise ostentatoire par certains médias avant qu’ils aient lieu (comme sur FR 3 ce samedi 21 avril au journal de 19 heures : que vont donc faire les Français demain à 20 heures, heure du résultat estimé de l’élection présidentielle ? rester chez eux bouche béante et langue pendante devant le journal télévisé ? se faire une soirée spécial élection en famille ou au café devant un écran géant... ?), puis après qu’ils ont eu lieu.
Plus gosses que des gosses. Pires que des gosses. Les rois de la teuf. Jocrisses rancis.

N. B. J’étais persuadé que l’expression « jocrisses rancis » se trouvait chez Lautréamont, mais je ne l’y retrouve pas. A la réflexion, elle se trouve peut-être dans un recueil de pastiches littéraires dont j’ai oublié le titre et le nom de l’auteur (ce n’est pas le duo Reboux et Müller ; l’un des textes s’intitulait, je crois, les Yankees, quittez ! parodie des Antiquités de Rome de Du Bellay) ; ce texte avait beaucoup de force, il était plus lautréamontagneux qu’un texte de Lautréamont lui-même.

 

• Note 144 du 22 avril 2007. Les médias me rendent malade, 80
–– Ce que je retiendrai de ces quinze derniers jours de médias
De plus en plus, les grands médias d’information sont des radicaux libres, des oxydants de la société. Avec le sourire ou avec une fausse compassion, ils l’empoisonnent à petites gouttes ; parfois sans s’en rendre compte et croyant même lui complaire.
L’impression qu’on ne s’est jamais autant fichu de nous. Après l’élection, et quel que soit l’élu, sauf Bayrou (a), l’intuition que la société française va se débonder. Hélas, toutes les intuitions sont fausses.

a. Le rassurant Bayrou élu, la France lâchement et indécrottablement repartira pour cinq ans d’espoirs traversés, de faux confort suicidaire et de complaisance, une France trop heureuse de pouvoir remettre à demain les décisions douloureuses qui s’imposent.

 

• Note 145 du 25 avril 2007. Les médias me rendent malade, 81
–– En conscience
En conscience,
une locution très prisée ces temps-ci chez les politiqueurs (ce jour, par exemple, François Bayrou et François Rebsamen, directeur de campagne de Ségolène Royal, l’ont utilisée – voir le journal télévisé de FR 3 de 19 heures), locution sortie probablement de la même inspiration pseudochrétienne que c’est pas bien (voir la note 138).
On n’est pas loin du reproche de péché, et on peut s’attendre à des expressions telles que c’est pécher que de mentir aux Français..., il n’y a pas péché si vous reconnaissez votre erreur..., n’y voyez pas péché, nous désirons seulement..., etc. On suivra de toute façon le premier qui se lancera, et politiqueurs et vendeurs de peignes prouveront ainsi une fois de plus leur indépendance d’esprit.

 

• Note 146 du 9 mai 2007. Ponctuation : le trois-points
« Les trois points terminateurs me font hausser les épaules de pitié. A-t-on besoin de cela pour prouver que l’on est un homme d’esprit, c’est-à-dire un imbécile ? » (Poésies II, Lautréamont). 

 

• Note 147 du 3 juin 2007. Consumérisme
Selon Larousse, Robert et l’Office québécois de la langue française, consumérisme (a) signifie « protection des intérêts du consommateur par des associations » et non « boulimie de consommation » ni « société de consommation ». Il faudrait donc créer les mots consommationnisme (masculin) et consommationnite (féminin).

a. Définition du mot anglais consumerism par le Merriam-Webster’s Collegiate Dictionary : « 1: the promotion of the consumer’s interests. 2: the theory that an increasing consumption of goods is economically desirable; also: a preoccupation with and an inclination toward the buying of consumer goods. »

 

• Note 148 du 10 juin 2007. Les médias me rendent malade, 82
–– Qu’attendons-nous pour créer de nouvelles conventions typographiques ? (Suite de la note 118)
On pourrait également utiliser différemment les signes de ponctuation existants en leur donnant une signification différente ; par exemple, inverser et coller les guillemets (on me dit que cela se fait en allemand). Pourquoi pas pour s’excuser d’une grossièreté ? Exemple : C’est un »con«, je ne trouve pas d’autre mot.
Le trois-points précédé d’une virgule peut être utile pour signifier qu’il s’agit d’une énumération inachevée froide, d’huissier, autrement dit sans clin d’œil, malice, théâtre, suspense, etc. Exemples : Il m’a téléphoné tous les jours, lundi, mardi, mercredi,... (énumération froide) différent de Il m’a téléphoné tous les jours, lundi, mardi, mercredi... (énumération chaude : le trois-points, outre qu’il indique ici que l’énumération est inachevée, a valeur de point d’exclamation dans un certain contexte) ; Sur le sol de la chambre, un pyjama, un cendrier débordant de mégots, une assiette contenant des restes secs de paella,... (énumération froide) différent de Sur le sol de la chambre, un pyjama, un cendrier débordant de mégots, une assiette contenant des restes secs de paella... (il ne s’agit peut-être pas d’une énumération inachevée, peut-être le trois-points signifie-t-il « Vous voyez, mesdames et messieurs, le genre de pandémonium » et non « J’arrête ici la description »).
Je développerai ce point plus tard.

 

• Note 148 du 11 juin 2007. Les médias me rendent malade, 83
–– Les Français sont-ils des pithécanthropes aux yeux des Japonais ? (A suivre)
Dans France News Digest (journal gratuit à destination des touristes japonais en France, distribué dans les restaurants japonais ; voir la note a ci-dessous) du 7 juin 2007 (numéro 833), on trouve en page 8 un petit cours de français. L’heureux touriste y apprendra à écrire « Et oui » au lieu de « Eh oui ! » (malvenu dans un cours de langue ; fin de la deuxième colonne), à faire toutes ses apostrophes à l’envers (« Il a l‘air » au lieu de « Il a l’air », « C‘est pas vrai », etc., deuxième colonne), mais surtout il apprendra ce que signifient « Sois belle et tais-toi » et « Frappe ta femme ; si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait » (milieu de la première colonne ; voir la note b) ; photo ici.
Les Français sont-ils des pithécanthropes, des brutes machistes aux yeux des Japonais ?
Je me posais cette même question il y a deux ans après la lecture d’une bande photographique humoristique d’Ovni (« le journal franco-japonais de Paris », bimensuel gratuit distribué entre autres dans les librairies japonaises des 1er et 2e arrondissements de Paris ; voir la note c) du 1er mars 2005 (numéro 561) : photo ici.
Certes cette bande photographique d’Ovni est à prendre au deuxième degré, comme une parodie de roman photo à la Nous deux, mais les expressions assenées dans les cinq vignettes telles que « le vil Français », « le lâche Parisien », « bas les pattes, grand singe ! », « notre briseur de cœur national », « la réaction du Français » (au lieu de « la réaction de son petit ami », par exemple ; on remarque que le texte insiste très lourdement sur la nationalité française du méchant) et la goujaterie du personnage français laissent rêveur : « racisme antifrançais » ou grosses fautes de goût ?

a. Site de France News Digest : http://www.newsdigest.fr/newsfr/index.php.
b. Noter qu’en France on ne cite le proverbe « Frappe ta femme ; si toi tu ne sais pas pourquoi tu la bats, elle, elle le sait » qu’en l’accompagnant de la mention (ou de l’avertissement ou de l’excuse) « comme dit un proverbe arabe » ; preuve peut-être que les Français répugnent à en valider le grossier machisme péquenocratique comme contraire à la culture et à l’esprit français. (Que ce proverbe soit en réalité cévenol ou aztèque et que « la galanterie française » soit surfaite sont d’autres problèmes.)
c. Archives d’Ovni à http://www.ilyfunet.com/ovni/archives/chrono-f.php. On n’y trouvera pas ce strip de la bande photographique ; en revanche on trouvera le strip du numéro 562 ici : http://www.ilyfunet.com/ovni/2005/562/indexf.php (cliquer sur L’Effroyable destin de Kuriko : la fin).

 

• Note 149 du 13 juin 2007. Les médias me rendent malade, 84
–– Les Français sont-ils des pithécanthropes aux yeux des Japonais ? (Suite 2)
Combien de fois dois-je relire mes textes et les amender avant d’en faire quelque chose d’à peu près clair, de presque non équivoque ?
J’ai dû lire dix fois ma phrase « France News Digest (journal gratuit pour les touristes japonais en France) » avant d’en saisir l’ambiguïté bien cachée, et d’écrire « France News Digest (journal gratuit à destination des touristes japonais en France) ».
Vous n’avez pas vu l’ambiguïté ?

 

(Ancre de dernier ajout de texte.)
• Note 150 du 14 juin 2007. Les médias me rendent malade, 85
–– Janotismes journalistiques, ou journalotismes
– Radio France internationale, jeudi 14 juin 2007, 13 h 37, Guillaume Decame (je ne garantis pas la graphie, j’écris avec l’oreille) : « Ils sont nombreux à rendre visite à Fidel Castro depuis la maladie du président cubain. » Fidel Castro et le président cubain sont la même personne.
– France Culture, jeudi 19 octobre 2006, 8 h 10 : « Plusieurs centaines de partisans du président ivoirien attendaient Laurent Gbagbo à l’aéroport. » Le président ivoirien et Laurent Gbagbo sont la même personne.

 

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