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Comment écrire au président de la République
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500/833 = 500e leçon sur un total de 833 leçons et notes

 

• 23 avril 2018   
Leçon 466/799. – Ce que signifie « il est faux de dire que », 1

Combien de fois n’avons-nous pas entendu ou lu une phrase du genre « Il est faux de dire que le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, à l’instar de Bernard Cazeneuve, est totalement incompétent » avec pour sens « Les gens qui disent qu’il est totalement incompétent se trompent » ou « Les gens... ne disent pas la vérité » ?

— Notons d’abord que la locution « il est faux de dire que » est introuvable dans les dictionnaires.
— Chez Littré, on trouve « il est faux que » :

Il est faux que… avec le subjonctif.
Il est faux qu’il ait tenu ce langage.
“Cela est faux, mes pères, que, la défense étant permise, le meurtre soit aussi permis” [Pascal, Prov. 14].
“Il est faux d’abord qu’un soldat chrétien soit coupable de la mort de Julien ; aucun historien ni païen, ni chrétien, ne le dit” [Bossuet, Var. 1er disc. § 7].

Notons au passage que Georges et Robert Le Bidois indiquent tout logiquement que « il est vrai que » est suivi de l’indicatif. On dira donc « il est vrai qu’il pleut » ou « il est vrai que tu es compétent ».

Quels exemples trouvons-nous dans la littérature (nous excluons donc les textes journalistiques et journassotiers, qui sont très nombreux à utiliser l’expression) ? Par exemple celui-ci :

Il est faux de dire qu’il n’y ait qu’un seul Dieu, ou s’il est vrai de le dire, il est faux de dire qu’il y en ait véritablement trois qui soient Dieu, puisqu’un et trois ne se peut véritablement dire d’une seule et même chose.

Source : Voltaire, Relation de la maladie, de la confession, de la mort et de l’apparition du jésuite Berthier, chap. VI (1759).

 

• 24 avril 2018   
Leçon 467/800. – Ce que signifie « il est faux de dire que », 2

Autre exemple. Bossuet dans la Logique (une de ses œuvres philosophiques) emploie plusieurs fois les expressions « il est faux de dire » et « il est vrai de dire » :

Pour ce qui est [de deux propositions] contradictoires, il est clair que si l’une est vraie, l’autre est fausse. S’il est vrai de dire : Tout homme est juste, il est faux de dire : Quelque homme n’est pas juste, et au contraire.

Traduction : « Quelque homme n’est pas juste, et au contraire » = « Tel homme n’est pas juste, et réciproquement ».

Nonobstant ces exemples et d’autres qui pourraient être présentés, nous pensons que la locution « il est faux de dire » (de même que « il est vrai de dire ») est fautive ou discutable et équivoque et non recommandable, et nous tenterons de le montrer.

A suivre

 

• 25 avril 2018   
Leçon 468/801. – Les journalistes prennent la main des peuples

Les journalistes prennent la main des peuples
Et les conduisent vers l’abîme,
Ils disent c’est sans danger.
Mieux, ils disent c’est vers un paradis.
Le pire n’est pas leur langue fautive
Ou leur langue de bois,
Leur langue de bois qui dénature habilement,
Qui dénature habilement les choses,
C’est leurs mensonges,
C’est leur langue torse,
Leur langue torse de vipères,
C’est rarement leur bêtise,
Ce n’est presque jamais leur ignorance,
C’est leur langue torse.
C’est avec leur langue que j’essaie de les pendre serré

 

• 26 avril 2018   
Leçon 469/802. – « Pauvre cloche de journaliste », ou la « haine » envers les médias, 1

Un lecteur nous rappelle ces propos de Jean-Luc Mélenchon de février 2018 sur son site* :

Si la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine, elle ne doit pas nous empêcher de réfléchir et de penser notre rapport à eux comme une question qui doit se traiter rationnellement dans les termes d’un combat.

« Pauvre cloche de journaliste » est une expression utilisée dans le même article :

Déjà, Wauquiez a appris l’essentiel : ne pas reculer. Et même prendre appui sur l’effet voulu par la pauvre cloche de journaliste à la manœuvre.

Il faut imaginer Jean-Luc Mélenchon disant ces deux phrases, avec son défaut de prononciation.

————
* https://melenchon.fr/2018/02/26/la-semaine-ou-macron-devisse-bain-de-boue-pour-tous/
Archive : http://archive.is/V0T4d

 

• 27 avril 2018   
Leçon 470/803. – « Pauvre cloche de journaliste », ou la « haine » envers les médias, 2

Autres extraits de l’article de Jean-Luc Mélenchon dont il est parlé ci-dessus en 469 :

Nous avons sympathisé ensemble à l’occasion de son passage à Paris.

(« Son » renvoie à Andrés Manuel López Obrador, dit AMLO, candidat à l’élection présidentielle mexicaine.)

Nous nous améliorons : notre capacité à rejeter tout ce qui vient de la caste médiatique est plus profond et mur.

Ils ne savent rien de la façon avec laquelle se construit l’opinion populaire qui nous intéresse.

Ici Jean-Luc Mélenchon copie François Hollande ; voyez la leçon 4 : « la manière avec laquelle les tableaux sont accrochés ». Noter aussi ce curieux « l’opinion populaire qui nous intéresse ».

Il a surtout posé un acte stupéfiant.

Nous maitrisons mieux les temps de réponse à une attaque.

« Nous maîtrisons », avec un circonflexe, ferait plus élégant et mieux maîtrisé.
On nous excusera d’insister, de remettre le fer dans le flanc du Christ Mélenchon, d’agiter la hache dans la plaie de la France insoumise, mais ce « nous avons sympathisé ensemble » est tout de même excellent — voire génialissime à notre goût —, c’est du Franck Ribéry (footballeur) ou du François Hollande (voyez encore et entre autres la leçon 4).

https://melenchon.fr/2018/02/26/la-semaine-ou-macron-devisse-bain-de-boue-pour-tous/
Archive : http://archive.is/V0T4d

 

• 29 avril 2018   
Leçon 471/804. – Des médias qu’à tous nos frais, débours et détriments nous engraissons

Selon Alain Finkielkraut commentant ce jour une tribune d’une trentaine d’imams* et le nouveau plan Borloo pour les banlieues, la France pourra bientôt dire qu’elle a été « la première civilisation à s’être ruinée pour financer son propre anéantissement » ; il utilise aussi l’oxymore d’« apocalypse joyeuse » à propos du plan.

« Apocalypse joyeuse » est juste et bien trouvé ; pour notre part nous parlons depuis vingt ans avec quelques-uns de nos amis lucides du « lent naufrage de la France ».
Alain Finkielkraut, journaliste à ses heures, a également parfaitement raison d’évoquer la notion de suicide, mais il pourrait ajouter que les Français font la même chose avec leurs médias, qu’ils enrichissent et engraissent à coups de subventions. Le peuple engraisse ses mystificateurs et ses censeurs, il fournit aux médias (et aux politiques, bien sûr) les verges qui le battent ; nous dirons mieux : qui le tuent.

https://www.causeur.fr/alain-finkielkraut-tribune-islam-imam-antisemistisme-borloo-banlieue-150872
Archive : http://archive.is/u6xCQ

————
* Voir entre autres http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2018/04/25/31004-20180425ARTFIG00183-tribune-des-300-contre-l-antisemitisme-tribune-des-30-imams-le-decryptage-de-celine-pina.php
Archive : http://archive.is/9p43l

 

• 30 avril 2018   
Leçon 472/805. – Amusant billet de François Morel sur les correcteurs

https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-francois-morel/le-billet-de-francois-morel-27-avril-2018

N. B. François Morel semble présupposer, pour les besoins de la cause humoristique, que le livre n’a pas été relu par un correcteur. Il en profite pour défendre la cause des correcteurs précaires.
Notons qu’il se peut, par exemple, que le livre ait été relu et correctement corrigé par un correcteur et qu’un maquettiste ait mal interprété une demande de correction ou qu’il l’ait faite par mégarde au mauvais endroit. Exemple : le correcteur demande qu’on remplace le pronom il de la troisième ligne par Albert Dupont, et le maquettiste (le corrigeur) remplace alors le il de la deuxième ligne qui représente Antoine Durand le meurtrier par Albert Dupont. L’innocent Albert Dupont devient le meurtrier à la place d’Antoine Durand.

 

• 30 avril 2018   
Leçon 473/806. – Intéressante proposition d’un commentateur de Lepoint.fr

Le commentaire :

Si on faisait des dictées pour accorder une carte de presse, le nombre de journalistes admis descendrait de 50% et la moyenne d’âge serait au-dessus de 50 ans, mais au moins on aurait de la qualité...

J’ajouterai : tests de syntaxe et de lexique.
L’article* commenté ci-dessus est, encore une fois, de l’AFP, belle pépinière d’illettrés, et rien n’empêchait Lepoint.fr de relire et de corriger avant de mettre en ligne.

————
* http://www.lepoint.fr/justice/plongeuse-de-la-police-disparue-dans-la-seine-son-corps-a-ete-retrouve-29-04-2018-2214553_2386.php
Archive : http://archive.is/tj1Th

 

• 1er mai 2018   
Leçon 474/807. – Encore « sauf à », 4

On n’en finit pas d’être surpris avec sauf à. Retrouvé dans nos archives, Philippe Bilger, magistrat honoraire et président de l’Institut de la parole, qui écrit en septembre 2017 :

Les éléments, si on en croit les médias, sont constitués d’un faisceau de présomptions qui seraient largement suffisantes, même sans la découverte du corps de la petite victime, pour emporter une condamnation devant une cour d’assises. Sauf à considérer que l’aveu demeure la reine des preuves et qu’il convient une fois de plus, avant même tout débat à l’audience, de dépendre du bon vouloir d’une personne probablement gravement impliquée dans la commission du pire.

Ce sauf à a le sens de sauf si, de à moins de ou de à moins que : « Sauf si l’on considère que l’aveu demeure la reine des preuves », « A moins de considérer que l’aveu demeure la reine des preuves », « A moins que l’on ne considère que l’aveu demeure la reine des preuves » ; ce sauf à est donc fautif.

http://www.bvoltaire.fr/maelys-lappel-emouvant-parents-ne-fera-sortir-suspect-de-silence/
Archive : http://archive.is/qYKuo

Pour sauf à, voir aussi :
27, 28 et 29
200 et 206,
439, 441 et 444

Déjà neuf notes ou leçons sur ce même sujet. Forcément à suivre.

 

• 4 mai 2018   
Leçon 475/808. – Nègre, non ; négrophobe et négrophobie, oui

Un article du 2 mai à propos des Petits Contes nègres pour les enfants des Blancs de Blaise Cendrars réédités par Gallimard rapporte qu’une association noire d’un côté s’insurge contre le mot nègre et d’un autre côté utilise les mots négrophobe et négrophobie pour décrire et qualifier le problème.
Donc nègre, non ; négrophobe et négrophobie, oui.
Curieux, non ?
Dans ce contexte, mélanophobie, par exemple, n’aurait-il pas été un peu plus adéquat ? Cela dit, toute cette profusion récente de néologismes en -phobie commence à nous indisposer sérieusement.
D’abord, remplacer le suffixe phobie par un autre suffixe, plus idoine, ou par le préfixe mis ou miso. Par exemple, le publiphobe n’a pas peur de la publicité. Et dans l’islamophobie, qu’est-ce qui domine, la peur ou le rejet ? Et qu’est-ce qui empêche de faire du préfixe mis(o) un suffixe mise ou misie ? Rien à notre connaissance et ce que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de misonéisme (« aversion pour tout ce qui est nouveau, pour tout changement ») pourrait s’appeler néomisie, et la publiphobie gagnerait à être nommée publimisie et le publiphobe un publimise.
N. B. Dans « le préfixe miso- et le suffixe -phobe », les traits d’union sont redondants, nous ne les utilisons donc pas systématiquement, contrairement à quelques linguistes.
https://www.actualitte.com/article/monde-edition/blaise-cendrars-accuse-de-negrophobie-pour-ses-petits-contes-negres/88653?
Archive : http://archive.is/Jals2

 

• 5 mai 2018   
Leçon 476/809. – Copie d’une lettre envoyée ce jour à un vieil ami linguiste

Citation :

Je te parlais d’héritage. A 20 ans, on ignore ce qu’est un héritage culturel, à 60 ans on sait. En généralisant « une témoin »*, en l’adoptant, on romprait un fil, et le moyen lettré de demain qui lirait chez Hugo, Balzac ou Flaubert « un témoin » penserait que c’est forcément un homme, comme aujourd’hui il est persuadé que chez eux « énervé » veut dire en colère et que « livide » signifie blanc.

Pour l’ambassadrice (naguère l’épouse d’un ambassadeur), la générale (naguère l’épouse d’un général), etc. : idem, rupture, volontaire, d’un fil, voire d’un lien. Pas sûr cependant que l’armée ait féminisé le grade de général ; mais la rue l’a fait.
Certaines propositions aberrantes des « Rectifications de l’orthographe » de 1990, que nous avons longuement analysées**, vont dans le même sens, rupture d’un fil, voire d’un lien.
Mise à jour, 6 mai
— France Culture dans l’émission « Répliques » du 5 mai : avons entendu Alain Finkielkraut dire que l’officier français de gendarmerie Arnaud Beltrame « s’est substitué à une otage », appuyant bien sur le « une ».
Etant donné qu’il y a de plus en plus de femmes dans l’armée et dans les forces de l’ordre, nous suggérons à l’académicien Finkielkraut de placer dès qu’il le pourra un « un sentinelle » quand il parlera d’un factionnaire masculin — ce qui fera son petit effet, son « une otage » étant à notre avis passé presque inaperçu.
— Voir aussi la leçon 397, « Les ravages du genre chez Leïla Slimani [prix Goncourt 2016] ».

———
* A propos de « une témoin », voir la leçon 460.
** Lesdites « Rectifications de l’orthographe » de 1990, analyse d’un cafouillage.

 

• 8 mai 2018   
Leçon 477/810. – Sidérante et chronophage écriture inclusive

Nous sommes sidéré par l’effort qu’a dû déployer l’auteur de ce long texte* pour mettre toutes les marques** d’écriture inclusive : entre une heure et deux heures de travail supplémentaire par rapport à un texte normal.
Comment mieux montrer qu’on est devenus fous ?
C’est d’autant plus sidérant que cet effort n’apporte rien par rapport à la manière considérée hier encore comme normale ; pire, la lecture est gênée, cahotante, raboteuse.
Lisez, c’est sidérant.
Un petit extrait :

Que des éditeur·rice·s soient payé·e·s en droits d’auteur est aberrant, sans compter que, le plus souvent, les maisons d’édition imputent les pourcentages des directeur·rice·s de collection sur la part des auteur·rice·s : c’est donc l’auteur·rice... qui paye le·la directeur·rice de collection. Les correcteur·rice·s ont déjà dénoncé les pratiques illégales des maisons d’édition les poussant à accepter d’être rémunéré·e·s en droits d’auteur, au lieu de leur proposer un contrat de travail... Le droit d’auteur est la prérogative des auteur·rice·s, qui correspond à une construction historique et philosophique. 

———
* https://www.actualitte.com/article/tribunes/l-un-des-principaux-acteurs-de-l-industrie-du-livre-en-situation-d-extreme-fragilite/88743
Archives : http://archive.is/47vo8 et http://archive.is/PjkX0
** Toutes les marques d’écriture inclusive ou presque : dans cet article ont échappé à l’inclusomanie « droits d’auteur » et « acteurs » (« acteurs du monde du livre », « acteurs de l’industrie du livre », « acteurs économiques », etc.).

 

• 8 mai 2018   
Leçon 478/811. – Prix littéraires du conformisme français

Citation :

Hélas il y a beau temps que le Nobel, à l’exemple des prix littéraires français, est devenu surtout un prix de vertu, un prix de conformisme rempla, une consécration pour la docilité au remplacisme global, & cela pour ceux qui le décernent autant que pour ceux qui le reçoivent.

Renaud Camus, 8 mai 2018, https://twitter.com/RenaudCamus/status/993741647610613760

C’est exactement ça, messire Camus, pour toutes les sortes de prix en France (littérature, chanson, cinéma...), avec, il faut le mentionner, une prime à la « diversité ». (N’oublions pas Black M, qui devait chanter à Verdun en 2016 ; voir aussi le curieux et immérité prix Goncourt 2016 [leçons 388, 389, 392, 394, 395, 397-404].)
Qu’attendre d’une époque qui a détourné si spectaculairement le sens de mots comme référendum (2005), démocratie, diversité, incivilité, sans-papiers, jeune ou modérateur ; où les communiqués, discours, interviews, tweets, rapports, articles sont des assemblages de mots plus ou moins subtilement dévoyés ? Au mieux, on peut attendre de cette époque qu’elle nous ignore, qu’elle nous oublie, qu’elle ne nous traîne pas devant les tribunaux.
Le mot démocratie était si usé et si galvaudé que quelqu’un a eu l’idée lumineuse d’inventer la locution pléonastique démocratie participative. Pour le mot diversité, les étourdisseurs professionnels ont été très forts (l’étourdissement avant l’abattage), ils ont choisi ce terme mélioratif et inadéquat plutôt que son pendant hétérogénéité, péjoratif et adéquat. Et que dire de modérateur, qui neuf fois et demie sur dix signifie « censeur délocalisé, petit chef ignare, aigri, brouillon et vindicatif » ?

 

• 9 mai 2018   
Leçon 479/812. – « autrice » ?

D’accord finalement pour ce mot nouveau (ou plutôt ce mot ressuscité), qui à chaque fois que nous le lisons nous indispose, mais ce sera sous la graphie autrisse.
Pour l’oral, pas de solution, nous continuerons donc à l’ignorer (nous trouvons cet archéo-néo-logisme forcé, artificiel, maniéré, inindispensable et un peu farce ; nous soupçonnons du ressentiment dans ce mot qui nous met mal à l’aise).
Nous pourrions donc être amené à écrire (sans guillemets ni italique au mot « autrisse ») :

Aurélie Filippetti, autrisse du décevant Un homme dans la poche publié chez Stock en 2006.

N. B. 1. On trouvera des extraits de ce livre et des critiques ici :
https://www.babelio.com/livres/Filippetti-Un-homme-dans-la-poche/67380
Archive : http://archive.is/8ZUUE
N. B. 2. Pour autrice, voir aussi la leçon 305, où le substantif autrice signifie « celle qui est la première cause de quelque chose » (mais nous dirions mieux et simplement, pour ne pas redonder, « celle qui est la cause de quelque chose »), sans rapport avec l’art (littérature, peinture...) : « l’autrice d’un massacre », par exemple. Voir aussi sur la même page la leçon 312.
En revanche, dans le Nouveau Dictionnaire universel de Maurice La Châtre (1869), on trouve ceci :


AUTRICE, s. f. (du lat. auctrix). Vieux mot, qui n’est autre que le féminin d’auteur. Il est complètement inusité aujourd’hui, et à tort. V. AUTEUR.


N. B. 3. Autre document, tiré des Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille seigneur de Brantôme, par Ludovic Lalanne, éditeur scientifique, tome X p. 189 (partie « Lexique »), téléchargeable à
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2063546?rk=171674;4 :

Mise à jour, 15 mai
— Certains proposeraient auteuse (voir par exemple https://bit.ly/2jNnfhf). Alors que autrice nous semble criard, auteuse nous semble aphone.
— Selon certaines féministes, il existe une volonté masculine ancienne et multiséculaire d’« invisibiliser* les femmes » à travers le lexique et la grammaire (exemple : « le masculin l’emporte sur le féminin ») ; l’avantage de l’écriture inclusive serait de désinvisibiliser les femmes.
Voici au contraire un exemple de non-invisibilisation du mot « autrice » : la Revue archéologique utilise quatre fois le mot « autrice » dans son numéro de juillet 1927 et dix fois dans son numéro de juillet 1932 (extrait : « L’autrice [Madeleine Colani], qui s’est vouée depuis 1929 à cette étude, commence par exposer le sujet dans son ensemble »).
Téléchargeable ici à Gallica.bnf.fr : https://bit.ly/2G7jonG
— Ici une femme auteur de « littérature jeunesse » (sic) explique pourquoi elle a choisi d’être appelée « autrice » : http://florencehinckel.com/tranche-de-vie-2-moi-autrice/

————
* Noter que le mot « invisibiliser » est à la mode : ainsi selon certains Noirs il existe chez certains Blancs une volonté d’invisibiliser les Noirs (voir le #sparadrapgate, ou problème des sparadraps roses, et le fait que les cheveux crépus « [ne sont] pas pris en compte dans le diplôme de coiffeur délivré par l’Etat »).

 

• 11 mai 2018   
Leçon 480/813. – A quoi servent les guillemets, 4 ?

Suite de la leçon 358.

Le Canard enchaîné du 9 mai 2018.

— Primo.
« Nous sommes un peuple romantique » : le Canard enchaîné met ces mots entre guillemets pour nous indiquer que c’est une citation, mais il met aussi des guillemets à « Très romantique », qui n’est pas une citation, qui est une fausse citation. Il aurait donc dû écrire :

Très « romantique », en effet.

— Secundo.
Si on écoute les propos d’origine, on s’aperçoit qu’une grande partie des huit lignes de la première citation est inexacte, entre autres raisons parce que Marlène Schiappa dit « on est » et non pas « nous sommes » : « On est un peuple romanesque, romantique », dit-elle exactement (voir la vidéo ici à 46 secondes).
Donc très mauvaise utilisation des guillemets, très amateur, surtout pour un journal qu’on suppose très soucieux de soigner et d’entretenir sa crédibilité et sa véracité.

 

• 12 mai 2018   
Leçon 481/814. – « Un auteur »/« une auteur ». 1, chez Jean-François Féraud, 1787

Extrait du Dictionaire critique de la langue française de l’abbé Jean-François Féraud, 1787.

AUTEUR, s. m.
[...]
Rem.
1°. On écrivait autrefois Autheur, et Boileau a employé cette ortographe [sic].
2°. Quand on parle des ouvrages d’esprit, Auteur est de deux genres : "Il ou elle est Auteur de ce Livre, de ces vers", etc. "L’Auteur a dévelopé l’intrigue qu’elle n’avoit fait qu’indiquer d’abord." Merc. "Persone n’en peut trouver les moyens mieux que l’Auteur elle-même." Ibid. Mais ailleurs on dit toujours Auteur au masculin. L’Ab. Desfontaines a blâmé le P. Catrou d’avoir dit : "on s’empressa de connoître la première Auteur de cette entreprise".

Nous concluons de ce qui précède qu’on ne peut dire une auteur qu’à propos d’un ouvrage de l’esprit (on ne peut être la célèbre auteur d’une action, d’une entreprise).

 

• 12 mai 2018   
Leçon 482/815. – « Un auteur »/« une auteur ». 2, chez Maurice La Châtre, 1869

Extrait du Nouveau Dictionnaire universel de Maurice La Châtre (LACHATRE selon la couverture), 1869.

AUTEUR, s. m. [...] Celui qui est la cause première, qui produit ou crée quelque chose. Ce mot, dans le sens propre, ne convient qu’à Dieu seul, comme source suprême de tous les phénomènes qui constituent l’existence. [...] L’auteur de l’univers, de la nature.
• Par extens. Premier moteur, celui qui a fait une action le premier, ou qui a excité d’autres personnes à la faire. L’auteur d’une guerre.
[...]
• Écrivain qui a composé un ou plusieurs ouvrages de littérature, d’imagination ou d’érudition, en vers ou en prose ; celui qui écrit habituellement des ouvrages, qui en fait son état.
[...]
• Auteur peut se dire des femmes comme des hommes.
Les femmes d’à présent sont bien loin de ces mœurs ; Elles veulent écrire et devenir auteurs. (BOILEAU.)
• On le prend aussi adjectiv. Une femme auteur n’a rien à espérer que la haine de son sexe et la crainte de l’autre. (Mme Cottin.) Mais on ferait une faute grave en disant : Elle est la première auteur de telle ou telle chose, on doit dire le premier auteur. Quand le mot auteur s’applique à une femme, on ne met au féminin l’adjectif qui s’y rapporte que si la phrase est ironique ou satirique. Vais-je épouser ici quelque apprentie auteur ? (Boileau.)
Dans toute autre circonstance, l’adjectif doit être au masculin. Ainsi, cette phrase est incorrecte : Madame la duchesse de Duras, spirituelle auteur d’Ourika, vient de mourir. Il faut spirituel auteur.

Nous concluons de ce qui précède immédiatement qu’on ne peut dire une auteur (d’un ouvrage littéraire) que si l’on désire se moquer.
Pouvons-nous conclure également de « On ferait une faute grave en disant : Elle est la première auteur de telle ou telle chose, on doit dire le premier auteur » qu’on ne peut dire une auteur qu’à propos d’un ouvrage de l’esprit, et non d’une action, d’une guerre, d’un massacre, comme l’affirme Jean-François Féraud dans la leçon 481 ? C’est très probable, mais ce n’est pas clair du tout.
A signaler : premier auteur est manifestement pléonastique quand auteur est utilisé au sens de cause et de moteur (voir les définitions ci-dessus : « celui qui est la cause première », « premier moteur ») ; la définition de Pougens dans la leçon 305 était elle aussi pléonastique par rapport à l’exemple...

 

• 12 mai 2018   
Leçon 483/816. – Déjà il y a dix ans...

Tiens, il y a dix ans, nous remarquions déjà cette mode agrammaticale et plutôt vulgaire dans la note 301 :

• Note 301 du 15 juin 2008
Le parler branché péquenaud sévit de plus en plus chez les non-illettrés (marchands de peignes, hommes politiques, avocats,...) :
– La discussion sur faut-il ou non soumettre cette question à un référendum ;
– Il aborde le problème de qu’est-ce que la démocratie ;
– Il nous donne les clés de comment ça se passe et comment faire.

N. B. A l’époque nous appelions marchands de peignes ou mercelots ceux qu’aujourd’hui nous appelons journassots.

 

• 12 mai 2018   
Leçon 484/817. – Curieux cas de féminisation de noms propres

Extrait du Vocabulaire du Haut-Maine, nouvelle édition augmentée, de C.-R. de M. (Charles-Raoul de Montesson), 1859 :

royne, s. f. Reine. [...] Une femme étant toujours désignée par le nom féminisé de son mari, la Royne est nécessairement le nom de toutes les femmes qui ont épousé un Leroi. Je ferai observer ici que les noms propres qui, comme celui-ci, sont de véritables substantifs, se déclinent tout à fait. On dit : au Roé ou au Rai, au Viau, au Chat, etc., et non à Leroi, à Leveau, à Lechat, etc. Ce dernier aurait pour femme la Chatte ; cependant les noms propres substantifs ne se déclinent pas tous à ce point, et on dirait la Legrand, la Legris, etc.

Rappel, l’auteur parle du Haut-Maine au XIXe siècle.
Le Haut-Maine selon l’auteur « se compose de la plus grande partie du département de la Sarthe. Le Mans en était la capitale : Laval était celle du Bas-Maine, suivant le plus grand nombre ; suivant quelques autres, c’était Mayenne ».
Le livre est téléchargeable ici : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63284559

 

• 13 mai 2018   
Leçon 485/818. – Imprimerie : « bel exemplaire avant les clous »

— Question d’un lecteur du Courrier de Vaugelas du 15 janvier 1874* :

Je trouve à propos d’ouvrages enrichis de figures en taille-douce cette annotation : « bel exemplaire avant les clous » ; voudriez-vous avoir l’obligeance de me donner la signification de ces mots [...] ?

— Réponse de M. Gouverneur imprimeur du Courrier de Vaugelas

On appelle clous, en imprimerie, les caractères usés, déformés par un long service, après de longs tirages. On dit d’un cliché** surtout, qui a servi à un tirage à grand nombre, que ce ne sont que des têtes de clous ; en effet, les entailles, les bases des lettres, l’œil lui-même sont oblitérés et ne donnent que des empreintes méconnaissables ressemblant à des points noirs que fourniraient des têtes de clous. J’en induis qu’un exemplaire avant les clous veut dire un exemplaire imprimé avant que la lettre ne soit usée, avant que le caractère ne soit devenu tête de clou.
Est-ce cela ? je n’ose le garantir.

— Commentaire d’un rédacteur du Courrier de Vaugelas

Il y a une telle analogie entre une gravure avant la lettre (avant que la mollesse du cuivre ait élargi les traits par la pression du tirage) et un exemplaire avant les clous (avant que les caractères soient usés au point de produire comme des marques de têtes de clous) que, plus hardi que l’auteur des lignes qui précèdent, je crois pouvoir affirmer que c’est bien là réellement l’explication de la locution.

————
* Téléchargeable à http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5833206v.item
** Cliché, ou stéréotype, copie en relief d’une forme imprimante en relief (texte ou gravure) ; n’a donc pas ici le sens de « cliché photographique ».
Littré :

clicher, v. a. Terme de typographie. Couler de la matière fondue dans l’empreinte qu’on a prise d’une page composée en caractères mobiles ; ce qui donne par le refroidissement un bloc présentant le même relief que les lettres mêmes ; bloc qui, employé pour l’impression au même usage que les caractères, permet de tirer, s’il y a lieu, un très grand nombre d’épreuves sans faire une nouvelle composition.

Dictionnaire historique de la langue française sous la direction d’Alain Rey :

clicher, v. tr., introduit tardivement (1803), est d’origine incertaine, peut-être d’une onomatopée klitch- exprimant le bruit de la matrice s’abattant sur le métal en fusion. L’étymon moyen allemand klitsch « masse molle », lui-même d’origine onomatopéique, quoique moins probable, n’est pas à écarter. [...]
cliché, n. m. (1809), terme de typographie quasiment éliminé par le sens qu’il a pris en photographie, « image négative obtenue à la chambre noire » (1865).

 

• 14 mai 2018   
Leçon 486/819. – Règle d’accord qui fait grincer les dents de certains féministes, 1

Dominique Bouhours (1628-1702) dans ses Remarques nouvelles sur la langue françoise* écrit : « Quand les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte » (v. deuxième image ci-dessous), en l’occurrence le genre le plus noble est selon lui le masculin.
Voici l’article en entier, il est intitulé « Personne » ; trop souvent la citation n’est pas replacée dans son contexte écrit et le titre de l’ouvrage n’est pas indiqué ; rarement un lien est donné permettant de télécharger le livre (il serait bon qu’on prenne moins souvent les lecteurs pour des moutons ou pour des perroquets).

Noter que selon cette édition de 1682 (M. DC. LXXXII.), la phrase exacte est « Quand les deux genres se rencontrent », et non « Lorsque les deux genres se rencontrent », comme on le trouve souvent (exemple : Lemonde.fr).
Typographie et orthographe : noter les espaces avant les virgules ou la graphie dictionaire (comme chez Jean-François Féraud ci-dessus).
Noter que l’accord au masculin de l’adjectif « certains » (certains hommes et certaines femmes) du titre risque de passer pour une provocation supplémentaire, et rien de tel que le point inclusif pour avoir des rapports protégés avec ses lecteurs : pensons à écrire « certain·e·s féministes », ça doit devenir réflexe.

——
* Télécharger l’édition de 1675 [M. DC. LXXV.] : https://bit.ly/2Gd1fVP. (Le texte de l’article « Personne » est le même que celui de l’édition de 1682 ; on le trouvera en page 26 du PDF.)

 

• 15 mai 2018   
Leçon 487/820. – « noble » chez Littré

Le mot noble chez Littré :

4. Terme de grammaire. La personne la plus noble, celle dont la relation est plus proche avec celui qui parle. La 1re personne est plus noble que la 2e, et la 2e plus noble que la 3e.
Le genre le plus noble, se dit du masculin comparé au féminin, et du féminin comparé au neutre.

https://www.littre.org/definition/noble

 

• 15 mai 2018   
Leçon 488/821. – « neutre » chez Littré

Extrait de la définition de neutre chez Littré :

adj. qui signifie littéralement ni l’un ni l’autre, et qui prend selon les cas les significations particulières qui suivent.
1. Terme de grammaire. Qui n’est ni masculin, ni féminin. Le genre neutre. Un mot neutre.“Ce est souvent substantif, c’est le hoc des Latins ; alors, quoi qu’en disent nos grammairiens, ce est du genre neutre”, Dumarsais, Œuv. t. IV, p. 296. [...]

On pourrait dire la même chose de cela, ça, etc.
« Ce qui est certain, c’est que... » : Beauzée répond à Dumarsais que, si ce était neutre, l’adjectif certain devrait aussi être considéré comme un neutre.

https://www.littre.org/definition/neutre

 

• 16 mai 2018   
Leçon 489/822. – Scrupule parfaitement justifié

Histoire de la langue française des origines à 1900, t. IV, 2e partie, « La langue classique (1660-1715) » de Ferdinand Brunot :

Vaugelas avait eu un scrupule au sujet de l’accord de l’adjectif dans les phrases comparatives où cet adjectif se rapporte à deux êtres de sexe différent. Une femme peut-elle dire à un homme : je suis plus vaillante que vous ? Le maître estime que ce n’est pas une bonne façon de parler, à moins que l’adjectif n’ait qu’une forme commune aux deux genres : je suis plus noble que vous*.

Pour pouvoir être remplacé par noble, vaillant doit être pris au sens de « qui a une valeur » ; une femme, ou un homme, pourrait dire aussi : « J’ai plus de vaillance que vous. »
Ce qui choquait Vaugelas au XVIIe siècle nous choque également aujourd’hui.

— Même problème, et même son un peu fêlé quand un homme dit ou écrit : « Je considère les femmes comme mes égales. » Un masculin ne sonne-t-il pas mieux pour exprimer l’égalité, l’identité, l’absence de différence : « mes égaux » ?
Idem pour une femme écrivant : « La femme est l’égale de l’homme. » Ça passe à l’oreille, moins bien à l’écrit.
— Quand nous écrivons sans autre information « Cette femme est sans égale », voulons-nous dire qu’aucune autre femme ne l’égale ou qu’aucun autre être humain ne l’égale ? Ce peut être les deux.

————
* http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5839224n/f194.image

 

• 18 mai 2018   
Leçon 490/823. – Ancêtre du récurrent « c’est vrai que » en début de phrase

Dans sa Suite des Remarques nouvelles sur la langue françoise (1692), Bouhours moque les modes et les tics de langage. Il rapporte qu’il a connu la mode de dire « il est vray » en début de phrase « dans des occasions où cela estoit fort inutile ».


Page 31 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50471m/f74.image

 

• 19 mai 2018   
Leçon 491/824. – Règle d’accord qui fait grincer les dents de certains féministes, 2

Les féministes de la langue ont beaucoup cité ces derniers temps la phrase de Nicolas Beauzée « le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » sans la situer avec précision dans sa Grammaire générale*, aussi, certains auteurs femmes trop heureux de prouver une sorte de complot masculin à leur encontre ne prenant pas la peine de vérifier leurs sources, pouvait-on douter qu’elle existât.
La phrase existe bien, la voici en entier dans cette édition de 1767, tome II, partie « Des lois de la concordance », page 358 :

Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle ; le masculin et le féminin sont plus nobles que le neutre, à cause de la supériorité des êtres animés sur ceux qui ne le sont pas.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k84315f/f361.image

— Qu’entend Beauzée par « supériorité du mâle sur la femelle » ? en tout cas il n’a pas dit « supériorité de l’homme sur la femme ». Est-ce ratiociner ?
Il faut préciser que, si MM. Bouhours et Beauzée étaient partisans de l’accord au masculin pluriel, d’autres comme MM. Vaugelas et Thomas Corneille étaient partisans de l’accord de proximité, soit « Le père et la mère sont mortes », accord qui serait aujourd’hui choquant — c’est pourtant ce que propose par exemple Eliane Viennot : http://www.elianeviennot.fr/Langue-proxi.html (archive : http://archive.is/6TALe). Eliane Viennot (dont le site s’intitule « Pour un langage non sexiste ») est également un partisan du point médian dit inclusif (l’exemple de Beauzée pourrait donner : « Le père et la mère sont mort·e·s »).

———
* Titre complet : Grammaire générale, ou Exposition raisonnée des éléments nécessaires du langage, pour servir de fondement à l’étude de toutes les langues.

 

• 20 mai 2018   
Leçon 492/825. – Règle d’accord qui fait grincer les dents de certains féministes, 3

Nous essayions de nous imaginer écrivant à un ami : « Depuis que votre père et votre mère sont mort·e·s, je ne vous ai pas revu. »
Délicat.
Juste avant, nous essayions également d’imaginer un Beauzée ou un Vaugelas découvrant l’écriture inclusive.
Spectacle.

 

 

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