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Comment écrire au président de la République
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500/833 = 500e leçon sur un total de 833 leçons et notes

 

• 1er octobre 2019
Leçon 984/1317. – Pour bien commencer octobre les yeux grand ouverts

Relisant une leçon de notre site sur l’historien Pierre Miquel, dont le style est particulièrement déplorable, nous redécouvrons avec ahurissement qu’il était docteur ès lettres (voir nos deux articles « Pierre Miquel, Arlette Farge, Joël Schmidt... » et « Pierre Miquel, l’Exode » ici).
Nous redécouvrons également que Joël Schmidt, historien au style presque aussi déplorable, est officier des arts et des lettres et médaille de vermeil de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
La dévalorisation vertigineuse des diplômes (on pense au bac actuel), des médailles (on pense à la Légion d’honneur) et des récompenses en général (on pense en ricanant mauvaisement au prix Goncourt attribué à Leïla Slimani ; voir entre autres les leçons 397, 398 et suivantes) ne date pas d’hier.

 

 

• 2 octobre 2019
Leçon 985. – Grammaire des grammaires, de Girault-Duvivier

Grammaire des grammaires, ou analyse raisonnée des meilleurs traités sur la langue française, de Charles-Pierre Girault-Duvivier, treizième édition* (1848), deux tomes, mieux scannés que ceux de Gallica.bnf.fr :
• tome I (31 Mo)
https://books.google.fr/books?id=6_8SAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Charles+Pierre+Girault-Duvivier%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwivsJPtiP3kAhW_A2MBHdS8AEMQ6AEIRjAE#v=onepage&q&f=false

• tome II (32 Mo)
https://books.google.fr/books?id=cZsFAAAAQAAJ&printsec=frontcover#v=onepage&q&f=false

Il est souvent fait référence à cet intéressant ouvrage par les grammairiens. Girault-Duvivier n’est pas un grammairien, mais un remarquable compilateur de grammaires ; extrait de la préface de l’auteur :

J’ai cherché à réunir en un seul corps d’ouvrage tout ce qui a été dit par les meilleurs Grammairiens et par l’Académie sur les questions les plus délicates de la langue française. Je me suis rarement permis d’émettre mon avis ; j’ai dû me contenter de rapporter, ou textuellement, ou par extrait, celui des grands maîtres, et j’ai pris dans les meilleurs écrivains des deux derniers siècles et de nos jours les exemples qui consacrent leurs opinions.
[...] J’ai mis en parallèle les opinions des différents auteurs, mais j’ai laissé aux lecteurs le droit de se ranger à tel ou tel avis, lorsque la question restait indécise, ou que la solution n’en était ni indiquée par l’analogie, ni donnée par l’usage le plus généralement adopté.

———
* « Treizième édition entièrement revue et corrigée d’après le nouveau Dictionnaire de l’Académie, augmentée d’un aperçu critique sur ce dictionnaire et de nombreuses explications concernant l’orthographe des mots d’origine étrangère, les substantifs composés, le régime des adjectifs, les pronoms démonstratifs, la nouvelle orthographe de l’Académie et les hardiesses du style poétique et du style oratoire avec une solution explicite pour toutes les difficultés par P.-Auguste Lemaire professeur de rhétorique au collège Louis-le-Grand. »

 

 

• 3 octobre 2019
Leçon 986. – Traité sur les participes, de Girault-Duvivier, 1/2

Dans Traité sur les participes, Girault-Duvivier (voir la leçon précédente) compile également des avis de grammairiens :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k117858k.r=Girault-Duvivier?rk=42918;4 (3 Mo)

Il cite cette exception, qui « n’est plus admise », dit-il, et dont nous avons récemment eu à parler :

Quatrième Exception. — Les anciens Grammairiens avoient encore cherché à établir une exception bien singulière ; ils vouloient que le Participe passé, employé dans les temps composés d’un verbe actif, quoique précédé de son régime direct, ne s’accordât point avec ce régime, lorsque le sujet étoit énoncé par le démonstratif cela, et ils étoient d’avis de dire : Les soins que cela a exigé, les peines que cela a donné, au lieu de : Les soins que cela a exigés, les peines que cela a données. Mais depuis long-temps cette exception n’est plus admise [p. 46-47].

Cette citation est extraite de l’édition de 1815 ; on remarquera que l’auteur utilise une orthographe (étoient, long-temps...) qui sera caduque après 1835 et qu’il n’utilisera plus après cette date (voir la note de la leçon précédente, où il déclare utiliser « la nouvelle orthographe de l’Académie », et où il écrit « la question restait indécise » et non « restoit »).

Une « exception bien singulière » ? Pas tant que ça. Nous reviendrons sur cette « Quatrième Exception » plus tard à propos de l’accord « vu l’ampleur que ça a pris »/« vu l’ampleur que l’affaire a prise ».

 

 

• 4 octobre 2019
Leçon 987. – Traité sur les participes, de Girault-Duvivier, 2/2

Italique, ponctuation et orthographe sont d’origine, avec leurs petites incohérences ; p. 49 et 50 :

On doit éviter, dit l’abbé Regnier, d’employer au féminin les Participes plaint, craint, parce que la désinence de ces Participes est la même que celle des substantifs formés des verbes plaindre, craindre. Qui diroit : C’est une personne que j’ai plainte, c’est une maladie que j’ai crainte, obéiroit a la Grammaire, mais révolteroit l’oreille. Il faut donc exprimer autrement et dire C’est une femme dont j’ai plaint le sort, c’est une maladie que j’ai appréhendée.
[...]
Enfin l’Académie, dans ses Observations sur Vaugelas, pense que l’emploi du participe plainte, est préférable à celui du participe crainte.
En effet, très-peu d’écrivains ont fait usage du Participe crainte et nous en pourrions citer beaucoup, qui ont employé le Participe plainte.

Quand l’oreille se plaint, mais pas la grammaire... On pourrait en dire autant de « vu l’ampleur que ça a prise » (l’oreille se plaint)/« vu l’ampleur que ça a pris » (l’oreille approuve). L’oreille approuve, mais pourquoi ?

marronnasse À suivre probablement

 

 

• 4 octobre 2019
Leçon 988. – Les élucubrations de Mme Ndiaye

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement. – Si le président Macron ne s’est pas encore rendu à Rouen, c’est parce que nous attendons les résultats complets des analyses ; la sécurité du président doit être assurée* !
Frédéric Pichon. – Dit-elle juste après avoir prétendu qu’il n’y avait aucun risque pour les habitants.

logique

Cafouillage logique qui n’empêche pas Mme Ndiaye de s’attaquer aujourd’hui aux « élucubrations sur les réseaux sociaux »** à propos du poignardage — nouveau fléau français — mortel de quatre personnes à la préfecture de police de Paris.

———
* https://twitter.com/pichon_frederic/status/1179850129832108032
** https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-au-couteau-a-paris/la-piste-de-lattaque-terroriste-nest-pas-ecartee-mais-ce-nest-pas-parce-quon-est-musulman-quon-est-terroriste-affirme-sibeth-ndiaye_3644177.html

 

 

• 4 octobre 2019
Leçon 989. – depuis.../il y a... et majuscules de courbettes, 1/2

Tweet de BFMTV :

• Attaque à la Préfecture: l’assaillant s’était converti à l’Islam depuis 18 mois*

Il faut choisir : soit « l’assaillant était converti à l’islam depuis dix-huit mois », soit « l’assaillant s’était converti à l’islam il y a dix-huit mois ».
Si BFMTV a supprimé ce tweet, on peut parier sans risque que ce n’est pas pour cacher sa honte syntaxique, mais parce qu’elle craignait l’accusation d’islamophobie.
Remarquer aussi la majuscule à « Islam » : il n’en faut pas, pas plus qu’à christianisme, à bouddhisme, à judaïsme... Cette majuscule est là pour valoriser, comme celle de « Préfecture » : ce sont des majuscules de courbettes.

• ... l’assaillant s’était converti...

Journasots et politicards nient que nous soyons en guerre, dans ce cas pourquoi emploient-ils si souvent le mot assaillant, fortement connoté guerrier (Daouda Coulibaly nous dirait naturellement que assaillant « relève du champ sémantique de la guerre », voir la leçon 983) ?
bg On notera qu’au fil des heures cette affaire se révèle être un festival de mensonges et de démentis subséquents ; Macron et son gouvernement vont y perdre leur dernière once de crédibilité ; après Notre-Dame, après Lubrizol, tout est prêt pour un humiliant effondrement. On peut même se demander qui — en plus de la majorité de Français qui le vomissent — en veut à ce point à l’Ogre. Chacun ce soir imaginera sans peine Macron zézayant, postillonnant sa colère et agonissant d’insultes Castaner et sa funeste séquelle. La Macronie désormais complètement déconsidérée et, sauf pour ceux qui ne veulent pas entendre, l’heure a sonné de sa fin obscène, turpide et misérable.

BFMTV
———
* https://twitter.com/BernardCarayon/status/1179868027845775360

rose Mise à jour. À Lubrizol il faut ajouter l’incendie consécutif d’entrepôts de l’entreprise voisine Normandie logistique (https://www.ouest-france.fr/normandie/rouen-76000/incendie-de-lubrizol-rouen-contenaient-les-entrepots-de-normandie-logistique-qui-ont-brule-6551677 et http://www.seine-maritime.gouv.fr/Actualites/Mise-a-jour-Incendie-au-sein-de-l-entreprise-Lubrizol).

 

 

• 4 octobre 2019
Leçon 990. – Aptonymie mortelle

On aura remarqué que le sextuple poignardeur (quatre morts et deux blessés) de la préfecture a pour nom Mickaël Harpon.

 

 

• 5 octobre 2019
Leçon 991. – depuis.../il y a... et majuscules de courbettes, 2/2

• Idem à Valeursactuelles.com :

Mickaël H, auteur de l’attaque au couteau de la Préfecture de police de Paris [...] se serait converti à l’Islam depuis 2008, soit onze ans.

https://www.valeursactuelles.com/faits-divers/attaque-de-la-prefecture-lassaillant-converti-lislam-depuis-2008-111454

• Idem dans la déclaration publique du procureur Jean-François Ricard du 5 octobre :

Il s’était converti à l’islam depuis une dizaine d’années.

(Nouveau festival de démentis : par cette déclaration du procureur, on apprend, entre autres, que l’assassin avait deux couteaux — et non un —, qu’ils n’étaient pas céramiques, mais métalliques, qu’il s’était converti à l’islam il y a dix ans, et non il y a dix-huit mois, etc.)

 

 

• 7 octobre 2019
Leçon 992. – Les bons slogans des gilets-jaunes

pedagogie

Il est bien juste de protester qu’on n’en peut plus de pédagogie.

 

 

• 8 octobre 2019
Leçon 993. – Faut-il faire un distinguo entre cancérogène et cancérigène ?

Regardé une vidéo de Clément Boutigny* se présentant comme un étudiant en médecine et déclarant avec insistance à propos des fumées de Lubrizol qu’il ne faut pas confondre cancérogène et cancérigène.
Ah bon ?
À moins 12 min 34 s :

Le benzène [...], c’est cancérogène [...] ; j’ai pas dit cancérigène [..], il y a une nuance, c’est cancérogène [...], ça provoque carrément l’apparition de cancer ; ça ne le favorise pas, ça provoque l’apparition, c’est une nuance, mais c’est une nuance violente quand même.

Ce distinguo est démenti par le Dictionnaire de l’Académie** (les deux mots sont synonymes), quant au Dictionnaire médical de l’Académie de médecine***, il ne signale aucun distinguo.
Surprenante et rare pléthore : carcinogène et oncogène sont deux autres équivalents de cancérogène et de cancérigène.

marronnasse Synonymes, voir aussi la leçon 995 ci-dessous.
marronnasse Autonote_Lubrizol.mp4
————
* https://www.facebook.com/clement.boutigny.3/videos/2908230432539572/
** https://www.dictionnaire-academie.fr/
*** http://dictionnaire.academie-medecine.fr/index.php

 

 

• 10 octobre 2019
Leçon 994. – « Nouillorque » ?

Cela nous intriguait depuis un bon moment et, après vérification, les Etatsuniens disent bien nou york tandis que les Britanniques disent niou yok.
Dans un de ses romans, Simenon se moque de la prononciation française nouillorque, mais c’est celle qui se rapproche le plus de la prononciation américaine.

new

https://dictionary.cambridge.org/fr/dictionnaire/anglais/new-york?q=New+York (phonétique et audio)

 

 

• 12 octobre 2019
Leçon 995. – Idéalisation et mauvaise utilisation des dictionnaires, 1/2

11 octobre 2019, lettre ouverte de Désobéissance écolo Paris aux « militants-e-s » d’Extinction Rebellion, extrait :

Malheureusement, les cadres d’action consensuels entravent et répriment bien souvent la spontanéité de la révolte dans son élan sincère. (Chose amusante : le dictionnaire en ligne des synonymes indique, comme synonyme de « spontané », le terme « violent »)*.

Nous répondrons ainsi :
— ce n’est qu’un dictionnaire en ligne
— ce n’est qu’un dictionnaire
— ce n’est qu’un synonyme

Synonyme signifie rarement « interchangeable » ou « équivalent exact » ; de plus, les dictionnaires de synonymes s’éloignent souvent nettement du mot de départ, du mot princeps.
Il existe peu de mots équivalant exactement à un autre mot, car chaque mot a son niveau de langue et, surtout, ses connotations.
Enfin, quoi qu’en dise « le [sic !] dictionnaire en ligne des synonymes », « violent » n’est ni un synonyme exact ni un quasi-synonyme de spontané.

marronnasse Pour ceux qui, à juste titre, trouveraient le mot connotations un peu intello, nous dirons que les connotations sont l’odeur ou le parfum du mot : chaussure, soulier, godasse ont des connotations, des odeurs différentes (ainsi qu’un niveau de langue différent : neutre, un peu archaïsant, populaire) ; et nous ne parlons pas ici de l’odeur que peut prendre l’intérieur de chaussures après une longue marche sous le soleil.
Pour un Français (mais peut-être pas pour un Belge, un Canadien ou un Africain francophones), godasses et pompes sont des synonymes exacts, même niveau de langue (populaire), mêmes connotations (péjoratives ou méprisantes), mais ils ne sont pas toujours interchangeables (dans des vers à pieds comptés, dans le cadre d’un jeu de mots et cetera).
Affiner : niveau de langue ne se confond-il pas (parfois seulement ?) avec connotation ?

marronnasse Synonymes, voir aussi la leçon 993 ci-dessus.

————
* https://acta.zone/lettre-ouverte-aux-militant-e-s-dextinction-rebellion/# (archive : http://archive.is/TVhDF)

 

 

• 12 octobre 2019
Leçon 996. – Extinction du français

Extinction Rebellion France sur Twitter ce jour :

17 h 30 - [...] Outre le blocage de l’Assemblée Nationale, pleins d’autres actions ont eu lieu : swarming, plastic attack, végétalisation, nombreux échanges avec le public...

Merci pour ces informations.

 https://twitter.com/XtinctionRebel/status/1183042044815663105

 

 

• 13 octobre 2019
Leçon 997. – Idéalisation et mauvaise utilisation des dictionnaires, 2/2

Les mots spontané et violent sont si peu synonymes qu’on peut dire sans craindre un pléonasme que telle réaction fut « spontanée et violente », cependant en général on préférera dire « immédiate et violente », car spontané est plutôt mélioratif, tandis que violent est plutôt péjoratif.

 

 

• 14 octobre 2019
Leçon 998. – Les savoureux duettistes Figaro.fr et AFP

Nous l’avons plus d’une fois souligné, le duo Figaro.fr et AFP (comme le duo Leparisien.fr et AFP, entre autres*) produit toujours des articles d’une grande rigueur :

Par Le Figaro avec AFP
[...]
[Titre] Le régime syrien envoie des troupes face à l’offensive turque
[Texte] L’armée syrienne va envoyer des troupes dans le nord du pays pour «affronter l’agression» de la Turquie [...]**.

duo

rose Mise à jour. Ce genre de contradiction entre le titre et le texte est fréquent dans la presse de pacotille. Exemple ici sur Lyoncapitale.fr : menacer des passants/menacer d’autres protagonistes (archive : http://archive.is/NBxKC).

————
* Dans un moteur de recherche, copier-coller AFP site:http://lesmediasmerendentmalade.fr pour trouver de nombreux exemples de l’incompétence de l’AFP.
** https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-regime-syrien-envoie-des-troupes-face-a-l-offensive-turque-20191013


 

 

• 15 octobre 2019
Leçon 999. – Encore le Figaro.fr

Article de Marc Cherki :

[Titre] Incendie de Lubrizol: les autorités se disent rassurantes sur la qualité du lait
[...]
[Texte] Finalement, les premiers résultats sur la qualité du lait sont «rassurants», comme l’indiquait, vendredi 11 octobre, à Rouen (Seine-Maritime), Roger Genet, le directeur général de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)*.

Les autorités se disent-elles rassurantes ou rassurées ? Il y a dans ce lapsus quelque chose de pas rassurant.

N. B. Ces cafouillages font une mauvaise publicité aux articles payants de Lefigaro.fr, articles payants de plus en plus nombreux depuis une quinzaine de jours. Si Lefigaro.fr veut gagner des lecteurs payants, il lui faudra trouver autre chose que le ravalement, récent, de sa façade, de son interface informatique.

————
* https://www.lefigaro.fr/sciences/incendie-de-lubrizol-les-autorites-se-disent-rassurantes-sur-la-qualite-du-lait-20191014 (archive : http://archive.is/pbeR6)

 

 

• 17 octobre 2019
bg Hors sujet

Pensées profondément attristées pour Jean pompier de Côte-d’Or blessé à l’œil par un éclat de grenade lacrymogène ou de désencerclement* lors de la manifestation des pompiers du 15 octobre à Paris.
Tristesse, indignation, colère. Il a été opéré aujourd’hui.
S’il perd son œil, comme on le craint, l’écœurement national sera complet.

Jean

                                  Une des nombreuses photos de soutien à Jean sur Facebook.

Rappelons que Castaner est le ministre de tutelle des sapeurs-pompiers.

———
* Syndicat Autonome Spp/Pats 59 : https://www.facebook.com/AutonomeSdis59/photos/a.1047587575335063/2531840436909762/?type=3&theater.
Voir aussi https://www.lefigaro.fr/flash-actu/un-pompier-de-cote-d-or-blesse-a-l-oeil-lors-de-la-manifestation-a-paris-20191017.
rose Mise à jour du 18 octobre 2019. Dans le même registre sanglant : le gilet-jaune Olivier Beziade blessé à Bordeaux le 12 janvier, une reconstitution de Lemonde.fr confirme le tir de LBD en pleine tête (https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/gilet-jaune-blesse-bordeaux-reconstitution-du-mondefr-confirme-tir-lbd-pleine-tete-1738035.html). Simple coïncidence, cet homme est un pompier volontaire. Hémorragie cérébrale, coma artificiel de plusieurs jours et des séquelles à vie pour lui comme pour Jean le pompier. Le maître du jeu Macron est bien un ogre ainsi que nous le répétons depuis novembre 2018.
Voir aussi https://www.lemonde.fr/police-justice/video/2019/10/17/gilets-jaunes-comment-un-policier-a-tire-au-lbd-40-dans-la-tete-d-un-manifestant_6015828_1653578.html.

 

 

• 17 octobre 2019
Leçon 1000. – Les mots sont broyés menu

Dans la bouche des politicards, les mots sont broyés menu ; les politicards s’octroient tous les droits sur tout :

Une journaliste de LCP. – Un père [...], ça peut être une femme ?
Agnès Buzyn, ministre des Solidarités (sic) et de la Santé. – Ça peut être une femme, évidemment.

Un commentateur sur Twitter lui répond : « Cela peut être une carafe d’eau » (il ne manque à cette phrase que l’arrogant mot final : « évidemment »).
Ils s’octroient tous les droits sur tout, et tout ce qui est macronien est outrecuidant.
Le macronisme est une secte.

https://twitter.com/___TDP/status/1178609982482325504

 

 

• 18 octobre 2019
Leçon 1001. – La « dictée Georges Brassens », 1/2

Un condensé de pièges ; du niveau de difficulté de la dictée de Mérimée, mais en bien plus long (voir la leçon 136) ; bref, une torture.

dictee

marronnasse Merci à F.

roux Sept remarques.
• Ici le demi-charabia rend l’accord de « tel » indécidable : « des planches présentées comme des hors-textes et offertes comme tels aux visiteurs ».
• « des petits putti » est un pléonasme si l’on préfère la définition de putto de Larousse (« bébé nu », « angelot ») à celle de Robert (« jeune garçon nu »).
• « une femme, qui, s’étant imaginé s’exprimer in petto » : le non-accord d’« imaginé » est conforme aux recommandations de la plupart des grammairiens et des compilateurs de règles, mais il est discutable. « S’ » serait selon eux complément d’objet indirect d’« imaginé » ; mais le « s’ » est ici selon nous bien direct. Nous écririons donc : « Une femme, qui, s’étant imaginée s’exprimer in petto », autrement dit « une femme qui a imaginé sa propre personne s’exprimant in petto ». On pourrait, sauf erreur, analyser ainsi la phrase : elle avait imaginé elle-même comment ? Elle avait imaginé elle-même en train de s’exprimer in petto.
Le problème étant délicat, il aurait mieux valu, tout en gardant une difficulté d’accord, choisir une autre formulation avec s’imaginer.
• « des hors-textes » : dans le Petit Robert de 1988, hors-texte est, sans surprise, un nom masculin invariable (idem dans le Petit Larousse de 2011 et dans l’actuel Dictionnaire de l’Académie) ; voir l’image ci-dessus : « L’ouvrage de référence est le Petit Robert de la langue française 2017 » (noter que le titre exact est le Petit Robert de la langue française, avec « le » en italique donc). L’orthographe de hors-texte chez Robert a donc changé entre 1988 et 2017 ?
• « maints esthètes » : selon le Petit Robert de 1988, on peut aussi écrire « maint esthète ». Cette variante acceptable n’est pas signalée dans le corrigé de la dictée, contrairement aux variantes aplats/à-plats et agglutiné/agglutinés : si le lecteur a prononcé « maints Zesthètes », ce qui est probable et quasi certain, il y a faute si le candidat n’a pas mis les « s ».
• « l’élégance de femmes chics, négligemment appuyées » : l’adjectif chic est invariable selon le Petit Robert de 1988 (« Les gens chic »).
• « Quoiqu’il restât quelques salles à parcourir, il fallait, quoi qu’il en soit, que la visite prît fin » : un quoi qu’il en fût aurait été préférable.
Etc.
Participants, recomptez vos fautes ou comptez celles de l’auteur du texte, au choix (nous n’avons pas cherché toutes les variantes ni vérifié tous les genres douteux de certains mots ; le féminin sépia, « dessin fait avec cette matière », nous a pris en faute et surpris, quant à colchique, nous n’avons jamais pu retenir qu’il était masculin).
N. B. 1. Pas de trace de ladite « nouvelle orthographe », ainsi cuissot n’a pas été remplacé par cuisseau, c’est bien ainsi.
N. B. 2. Il paraît que le meilleur candidat a fait onze fautes ; pas surprenant.

 

 

• 18 octobre 2019
Leçon 1002. – Conseils de beauté de Madame.lefigaro.fr pour « conserver nos cuisseaux fuselés »

roux Le journasot Ophélie Ostermann écrit à http://madame.lefigaro.fr/beaute/bons-reflexes-pour-lutter-contre-deprime-saisonniere-161014-985577 (archive : http://archive.is/rBTBC) :

En plus de conserver nos cuisseaux fuselés et de jouer son rôle d’allié bien-être avec nos hormones copines, dopamine et endorphines, l’exercice physique remet les pendules de notre horloge à l’heure. 

On remarquera aussi « les pendules de notre horloge ». Cocasse.

Littré :

cuisseau [...]
Terme de boucherie. Partie du veau [...].

En somme, identification des cuisses humaines à celles de veaux de boucherie.
La volonté du journasot de faire dans le style pétillant et sympa (« cuisseaux fuselés » et « hormones copines » entre autres) le conduit dans cette risible impasse.

roux On notera que veau et cerf ont quatre pattes (ou jambes, comme les chevaux ?), mais seulement deux cuisses chacun (en boucherie, deux cuisseaux ou deux cuissots), et que, si cuissot de cerf n’est pas un pléonasme, cuisseau de veau en est un.
Selon Littré, les prononciations de cuisseau et de cuissot sont différentes, mais la très grande majorité des locuteurs n’en fait pas ou n’en entendra pas.
Paradoxe, dans une conversation avec votre boucher et à moins que vous ne disiez « cuisse de veau », ce pléonasme s’impose : « Je voudrais deux cents grammes de cuisseau de veau bien tendre. » Dans une commande par écrit, « Je voudrais deux cents grammes de cuisseau bien tendre » conviendra.
Voir le pléonasme que nous avons souligné dans la fameuse dictée de Mérimée (leçon 137).
Littré :

• cuisseau (kui-sô), s. m.
Terme de boucherie. Partie du veau prenant un peu au-dessous de la queue dans toute la circonférence de l’animal, et se prolongeant jusque vers le rognon.

• cuissot (kui-so [...]), s. m.
Terme de vénerie. Cuisse de cerf, de chevreuil, de sanglier.

Peu importe la prononciation (o long ou o court) de cuisseau dans « cuisseau de veau », il y a faute à l’oral comme il y aura faute à l’écrit.

 

 

• 19 octobre 2019
Leçon 1003. – palper et glisser

roux « L’émotion est palpable »*. « Tension palpable, émotion palpable »..., agaçante manie, agaçante scie journasotière.

roux « Sarah rêve d’ouvrir son propre cabinet, et glisse qu’elle pourra concilier le port du voile et sa vie professionnelle »**. La mode est récente et semble plaire aux journasots.

————
*
https://www.leprogres.fr/loire-42-edition-ondaine/2019/10/18/la-vogue-des-noix-s-arrete-les-forains-remballent
** http://www.leparisien.fr/societe/j-en-ai-marre-d-avoir-peur-elles-portent-le-voile-en-france-et-nous-racontent-19-10-2019-8176137.php

 

 

• 20 octobre 2019
Leçon 1004. – « Journapute ceinture noire », 1/2

« Journapute ceinture noire » est la frappante et adéquate expression qu’a utilisée ce jour un commentateur de la Toile pour définir un journaliste qui, dans un article dont nous ne donnerons pas le lien — pour ne pas être accusé de diffamation —, minimise et sucre à l’envi son récit des faits. Pour le résumer, le condenser en une phrase, la mère d’un criminel de 17 ans qui a violé une condisciple est présentée comme « la maman d’un jeune qui a abusé d’une camarade ».
Ah, l’exécrable prose en effet ! et c’est certainement ce même journaliste qui accusera telle personne appelant chat un chat de tenir des propos « nauséabonds ».
Le vocabulaire des journasots est pauvre, et le mot camarade (sous-entendu de classe) est ici le bienvenu pour sucrer, édulcorer, colorer d’un rose discret — sans en avoir l’air — le récit.
Idem pour le substantif « jeune » (de 17 ans), qui suggère une atténuation du crime.
Cependant le journaliste ne pousse pas la correction politique jusqu’à ne pas nous préciser que le violeur est marocain et clandestin, et peut-être a-t-il voulu rattraper ce crime d’incorrection politique en sucrant son récit de maman, de jeune, d’abus et de camarade. Ah ! le dur métier !
Les mots condisciple et labadens sont inconnus des journasots, l’un est peu usité, l’autre rarissimement.

roux Dictionnaire de l’Académie

condisciple, nom
[...] Compagnon ou compagne d’études dans le même établissement d’enseignement. Nous étions condisciples au lycée Louis-le-Grand. Elle a été ma condisciple au lycée Fénelon.

labadens, nom masculin
[...] Vieilli et fam. Camarade de collège, de pension.

Pour finir, voici le message sous-jacent de « camarade » : c’était une camarade, c’était des camarades, donc ils s’aimaient bien, c’est un peu une histoire d’amitié qui tourne mal, c’est triste pour l’amitié.
Même remarque pour « maman ». Ce criminel n’a pas une mère, il a une « maman », il est ainsi sous-entendu que, en brave garçon, il chérissait tendrement sa mère et que sa mère le chérissait également : cette affaire de viol est donc un mauvais coup pour la touchante communion mère-enfant.
(Et la victime est quasi oubliée, c’est à la compassion qu’on nous invite, et cette compassion va tout au criminel.)

marronnasse Autonote_JournaputeCeintureNoire.

 

 

• 20 octobre 2019
Leçon 1005. – « Journapute ceinture noire », 2/2

Abuser d’une femme est un euphémisme aujourd’hui peu usité* pour « violer une femme », il se cache honteusement derrière un sens plus large et plus usité, qui est « abuser de quelqu’un ».

Dictionnaire de l’Académie :

Abuser de quelqu’un, user avec excès de sa complaisance, de sa bonté ou de sa naïveté. Ces enfants abusent sans vergogne de leur père. Spécialement. Abuser d’une femme, la violer.

On peut donc abuser d’une « camarade » sans la violer et sans même la toucher.
On a beaucoup reproché autrefois aux journalistes de tout exagérer pour mieux vendre leur papier, on peut aujourd’hui leur reprocher de tout minimiser pour mieux vendre le pouvoir en place et mieux le protéger. En exagérant à peine, nous dirons qu’ils ont moins besoin de lecteurs que des subventions et des faveurs de l’Etat.
bg Voir aussi notre étude en neuf leçons du mot violenter et de ses avatars en page 34 à partir de la leçon 766.

————
* En revanche, pour parler de sévices sexuels, on trouve abuser une femme, un enfant, qui doit être un calque de l’anglais.

 

 

• 21 octobre 2019
Leçon 1006. – La « dictée Georges Brassens », 2/2

Voici l’explication du non-accord donnée dans le corrigé de la dictée remis aux participants :

s’étant imaginé : imaginer étant un verbe occasionnellement pronominal, si on remplace « être » par « avoir », on a « ayant imaginé s’exprimer in petto » ; le COD étant placé après le verbe, le participe passé reste invariable.

Convaincant ? Non, et le premier « s’ » de « une femme [...] s’étant imaginé s’exprimer in petto » a disparu dans « ayant imaginé s’exprimer in petto ». « Elle s’imaginait s’exprimer » est-il bien équivalent à « Elle imaginait s’exprimer » ?
Ce qui est certain, c’est que l’expression scie, très souvent utilisée « reste invariable » est doublement inadéquate. Seul reste invariable ce qui a été invariable, or le mot imaginé n’est pas par nature invariable, il faudrait donc dire ici « le participe passé prend la forme masculine » (ou neutre) ou, moins bien, « imaginé ne varie pas ».

 

 

• 23 octobre 2019
Leçon 1007. – « enmêmetempstiste » ?

Sur Lexpress.fr à propos de la polémique née de la déclaration de Jean-Michel Blanquer sur le voile :

Convaincu, jure-t-il, "d’être sur un axe central, très enmêmetempstiste" sur la laïcité, le ministre de l’Education nationale ne s’attend pas à susciter une quelconque controverse à rebondissements. 

Le néologisme est plutôt amusant, mais l’agglutination est particulièrement laide et maladroite, sans parler du « t » surérogatoire dans « tiste ». Mieux, en-même-tempiste.
(Une faute évitée de justesse, nous pensions qu’il fallait quatre « r » : surrérogatoire.)

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/laicite-dans-la-tete-de-jean-michel-blanquer_2104444.html

 

 

• 23 octobre 2019
Leçon 1008. – Nouvelle société, nouveaux mots

roux Martelages, poignardages, hachages et acidages en cascade.
Les attaques au marteau, au couteau, à la hache et à l’acide se faisant de moins en moins rares, il devient quasi indispensable de créer des néologismes pour faciliter la communication des nouvelles. En voici quatre, toutes de ce jour sauf la première, qui est d’hier, et toutes hexagonales :

• 22 octobre 2019, Cannes. Le pronostic vital d’un homme engagé après une agression à coups de marteau
https://www.20minutes.fr/faits_divers/2634239-20191022-cannes-pronostic-vital-homme-engage-apres-agression-coups-marteau

• 23 octobre 2019, Metz. Un homme tétraplégique poignardé à mort
https://www.sudouest.fr/2019/10/23/un-homme-tetraplegique-poignarde-a-mort-a-metz-6737098-7.php

• 23 octobre 2019, Juvisy-sur-Orge. Une femme attaquée à coups de hache à quelques mètres d’un commissariat
https://www.bfmtv.com/police-justice/essonne-une-femme-attaquee-a-coups-de-hache-a-quelques-metres-d-un-commissariat-1792895.html

• 23 octobre 2019, Laurède (Landes). Une sexagénaire agressée à l’acide
https://www.sudouest.fr/2019/10/23/landes-une-sexagenaire-agressee-a-l-acide-a-laurede-6737117-3409.php

On aura remarqué l’absence d’attaque à la machette pour hier et pour ce jour, idem pour les attaques au tournevis.

roux Dans un contexte comparable, féminicide est un néologisme récent qu’ont adopté nombre de journalistes. Un exemple de ce jour* :

Si l’agression volontaire semble caractérisée, toutes les hypothèses restent ouvertes pour les enquêteurs, de la tentative de féminicide au cambriolage qui tourne mal.

Nous désirons souligner une fois de plus l’absurde « cambriolage qui tourne mal » (citation ci-dessus), dont les journasots ne se sont toujours pas guéris, ainsi que « l’agression volontaire » (citation ci-dessus). Consternant. Nous voulons également souligner « le pronostic vital [...] engagé » dans le titre de la première nouvelle. Le journalisme est devenue une affaire de sous-lettrés.

marronnasse Voir la leçon 924, « Poignardages, machettages et puis quoi encore ? ».

————
* https://www.sudouest.fr/2019/10/23/landes-une-sexagenaire-agressee-a-l-acide-a-laurede-6737117-3409.php (archive : http://archive.is/hDMED)

 

 

• 24 octobre 2019
Leçon 1009. – Des journasots « en souffrance »

roux Dans un de ses tweets, l’écrivain Renaud Camus remarquait le bizarre détournement du sens de « en souffrance », par exemple dans « Ces gens sont en souffrance » pour dire « Ces gens souffrent ». Bonne remarque.
D’autres diront « Ces gens sont dans la souffrance » pour dire la même chose, formulation également prisée des journasots et des élégants.

Huitième édition du Dictionnaire de l’Académie :

souffrance
[...] Il se dit aussi d’Affaires qui sont en suspens. Cet homme laisse toutes ses affaires en souffrance.
Un colis en souffrance, Un colis qui n’a pas été délivré, ou qui n’a pas été réclamé.

roux À sa charge cependant, nous notons que Renaud Camus utilise circassien au sens d’« homme du cirque » dans son journal :

Un circassien incroyablement beau et sexy à Nexon, Juan Ignacio Tula*.

De plus l’auteur raffole du mot sexy, un des mots les plus laids et les plus ridicules de la langue française avec week-end. Personne n’est parfait.
(Nexon est une commune de Haute-Vienne.)

————
* http://www.renaud-camus.net/le-jour-ni-l'heure/2018/08/31
marronnasse Autonote_circassien.pdf.

 

 

• 24 octobre 2019
Leçon 1010. – Le bonneteau verbal du procureur

Leprogres.fr :

[Titre] Gilet jaune matraqué à Besançon: la plainte classée sans suite
[Texte] Un jeune homme de 22 ans qui participait à une manifestation de gilets jaunes en mars dernier avait été matraqué à la tête pas [sic] un policier. Après plusieurs mois d’enquête, sa plainte a été classée sans suite. [...]
Le rapport [de l’IGPN] souligne que le policier avait asséné un coup de matraque au jeune homme pensant que ce dernier allait ramasser une grenade tombée par terre. "Monsieur n’avait pas l’intention de ramasser l’objet. Mais, de l’autre côté, il n’y a pas d’intention coupable de la part du policier", a déclaré le procureur.

L’intention du policier n’était peut-être pas coupable, mais l’action si.
Il y a quelques raisons de penser que, du fait de son maintien statique — voir la vidéo —, l’intention du gilet-jaune n’était pas de ramasser la grenade ; en revanche, qui lit dans la tête du policier pour dire que son intention n’était pas coupable ?
Pourquoi « bonneteau » ? parce qu’il semble que le procureur dédouane le premier pour plus facilement dédouaner le deuxième et parce que la manœuvre a la rapidité efficace du bonneteau.
À suivre.
Article et vidéo du matraquage : https://www.leprogres.fr/france-monde/2019/10/24/gilet-jaune-matraque-a-besancon-la-plainte-classee-sans-suite (archive : http://archive.fo/8AsMX).

 

 

• 26 octobre 2019
Leçon 1011. – Quand un journasot parle comme la racaille


Laprovence.fr :

Ce vendredi matin vers 8h45, une jeune femme âgée de 18 ans attendait son bus à un arrêt du Prado. [Une] quadragénaire aurait alors planté avec une lame la jeune majeure, dans le dos, avant de prendre la fuite*.

roux « Planter quelqu’un avec une lame », c’est le vocabulaire de la rue, « de la street », comme disent certains rappeurs fins connaisseurs de la langue de Chexpire.
« Tabasser », souvent employé par les journasots, c’est aussi le vocabulaire de la rue, et il existe des expressions neutres, comme « rouer de coups ». Dire d’une personne qu’elle a été tabassée, c’est lui porter des coups une deuxième fois, mais moralement.
Quant à « passer à tabac », l’expression relève du domaine de l’humour, de la moquerie ou de la minimisation (voir la note 326 de juin 2008 : le problème n’est pas nouveau).
Idem pour « tournante » au lieu de « viol collectif » ou de « viol en bande ».
Résumons : le collabo utilise le langage de ses amis qui sont notre ennemi.

roux Le mot collabo a de plus en plus de succès ; même le ministre Jean-Michel Blanquer l’aurait utilisé, en privé, à propos de ceux qui critiquent sa position anti-voile**.
On notera que le mot collabo est très fort, car il renvoie clairement à la présence d’un occupant en France... Personne n’a souligné le sous-entendu : les inutiles que sont les journasots et les politicards ont donc raté là leur plus belle occasion de polémique.

roux « La jeune majeure », curieuse précision insistante. On lira dans le même article que l’agresseuse serait une déséquilibrée et que le pronostic vital de la victime n’est pas engagé. « Une synthèse », comme disait Blier.

————
* https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5734710/marseille-une-jeune-femme-de-18-ans-blessee-a-larme-blanche-a-un-arret-de-bus-la-suspecte-recherchee.html (http://archive.is/UZ11d)

** « C’est une mentalité de collabo à deux balles ! » ; voir https://fl24.net/2019/10/24/cest-une-mentalite-de-collabos-a-deux-balles-blanquer-clash-yann-barthes-et-sa-bande/ (http://archive.is/o55VD).

 

 

• 26 octobre 2019
Leçon 1012. – Le français, une langue détestée

Lefigaro.fr :

[Titre] Mali: six enseignants enlevés dans leur école par des djihadistes présumés
[Texte] Six enseignants ont été enlevés vendredi «parce qu’ils enseignent en français» lors d’une opération de djihadistes présumés dans leur école du centre du Mali, a appris l’AFP de sources sécuritaire et locales.

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/mali-six-enseignants-enleves-dans-leur-ecole-par-des-jihadistes-presumes-20191025

 

 

• 28 octobre 2019
Leçon 1013. – L’envahissant « être dans »

• Yassine Belattar au rassemblement parisien du 27 octobre 2019 « pour dire “Stop à l’islamophobie” » (selon les termes de Lemonde.fr*) :

Nous ne sommes pas dans un projet d’assimilation**.

Une manière sinueuse, contournée de dire simplement : nous sommes contre l’assimilation.

• Autre exemple parmi cent mille, plus maladroit que sinueux : « Nous sommes [...] dans une violation de la séparation des pouvoirs » (Marine Le Pen)***.
Appliquer les règles de la mode les plus sottes n’est pas une forme de « politesse envers son temps » (comme l’a dit un écrivain dont nous avons oublié le nom), c’est une faiblesse de caractère, un manque d’autonomie intellectuelle.

————
* https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/10/27/a-paris-un-rassemblement-pour-dire-stop-a-l-islamophobie_6017124_3224.html
** Vidéo : https://twitter.com/AlexLeroy90/status/1188578196423352320. (rose Mise à jour. Ou ici dans cet article de Benoît Rayski : https://www.causeur.fr/radicalisation-yassine-belattar-islam-communautarisme-168057.)
*** https://actu.orange.fr/politique/videos/nous-sommes-dans-une-violation-de-la-separation-des-pouvoirs-dit-marine-le-pen-a-propos-de-l-enquete-qui-la-vise-CNT000001a680E.html

 

 

• 28 octobre 2019
Leçon 1014. – Que signifie « français » ?

Valérie Pécresse* :

Le communautarisme à visage découvert: dans @lopinion_fr ce matin A. [Abdelaziz] Hamida candidat à Goussainville parle de sa liste : «On a des Français, des Noirs, des Turcs, des Arabes…». Eh bien non, M. Hamida, sur une liste municipale il n’y a QUE des Français (ou des Européens)!

L’évolution du mot n’est pas récente (mais il n’est pas mauvais d’en donner un exemple récent, public et vérifiable), ni chez les partisans de l’immigration ni chez ses adversaires, preuve s’il en était besoin d’une société concassée, désarticulée. De là à dire qu’elle est en fin de vie, qu’elle est moribonde, il n’y a qu’un pas, que nous faisons en toute lucidité et conscience.

marronnasse Merci à E.

————
* https://twitter.com/vpecresse/status/1188706835391483904

 

 

• 29 octobre 2019
Leçon 1015. – Quand tout cafouille, police et journaliste. La pelle et le fourgon

« Supplément à Aujourd’hui en France numéro 6550 du 25 octobre 2019 », page 8, légende photo :

C’est dans un fourgon ressemblant à celui-ci que quatre détenus se sont échappés, le 14 octobre à Marseille.

Comme le texte l’indiquera plus loin, il fallait lire : « C’est d’un fourgon ressemblant à celui-ci que quatre détenus se sont échappés, le 14 octobre à Marseille. »

fourgon

Cette « information » nous fait souvenir d’un proverbe aujourd’hui peu utilisé.
Littré :

La pelle se moque du fourgon, se dit de deux personnes, également ridicules, qui se moquent l’une de l’autre, ou d’une personne qui blâme dans une autre ce qu’on pourrait reprendre en elle-même.

Le fourgon dont il est question dans ce proverbe est un « outil pour pousser les charbons sur les foyers », autrement dit une sorte de ringard.

marronnasse Merci à F.

 

 

• 30 octobre 2019
Leçon 1016. – « Chausse-trape », avis de disparition complète

• Très surpris que l’orthographe traditionnelle « chausse-trape » ait complètement disparu du Dictionnaire de l’Académie, pas même une mention de cette variante autrefois unique graphie...
En revanche, le dictionnaire propose la variante « chaussetrappe », vilaine agglutination issue des propositions controversées de rectifications orthographiques de 1990.
« Chausse-trape », fameux pour la chausse-trape orthographique qu’il constitua pendant des siècles, est donc congédié ou jeté à la poubelle sans un mot de commentaire des lexicographes académiciens, sans un mot d’adieu, sans la moindre nostalgie. On nous dira que nous exagérons, mais nous voyons là une sorte d’ingratitude et de mépris envers ce valeureux pluricentenaire.
Pour l’Académie, « chausse-trape » est désormais une faute.

• « Chausse-trape » dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie, en 1694 :

chausse

    Source de l’image : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k503971.image.

On remarque dans ce dictionnaire datant de 1694 un classement des mots entrées très curieux, déroutant et, pour le moins, incommode.
Exemple de la page174 (image ici) :

chasse (sorte de caisse...)
chassis
enchasser
enchassé
enchasseure
chasser (mettre dehors avec violence...)
chasselas
chassemarée
chasser (pousser quelque chose en avant...)
[...]
rechasser
chasse (action par laquelle on chasse...)
chasse (au jeu de paume...)
chasser (poursuivre...)
pourchasser
chassé
chasse (action de chasser...)
garde-chasse
chasseur

 

 

• 31 octobre 2019
Leçon 1017. – L’euphémisme « compliqué »

C’est une mode, d’employer le mot « compliqué » à toutes les sauces. « Compliqué » est aujourd’hui presque toujours un euphémisme, il remplace le mot exact, le mot cru, le mot qui gêne l’auteur, ici c’est le mot « difficile » :

La cote de confiance du président de la République, si elle est plus élevée qu’il y a un an, limite considérablement ses marges de manœuvre: avec seulement 30 % de Français qui lui «font confiance pour l’avenir», son socle est trop insuffisant pour espérer séduire au-delà des rangs de La République en marche et de ses alliés. Dans ce contexte, les élections municipales de mars 2020 s’annoncent très compliquées pour les marcheurs.

Pour ménager Macron et ses partisans, on dira donc « compliqué » au lieu de « difficile » ; « compliqué » est moins anxiogène et moins humiliant que « difficile ».

https://www.lefigaro.fr/politique/macron-face-a-la-crainte-d-un-nouveau-mouvement-gilets-jaunes-20191031

 

 

• 31 octobre 2019
Leçon 1018. – L’euphémisme « subtiliser »

Encore un euphémisme (voir la leçon précédente), ici « subtiliser » pour « voler ». « Subtiliser » est moins stigmatisant, et permet de ménager les délinquants dans l’article* dont nous donnons ci-dessous deux extraits.
Les journasots comme leurs amis politicards consomment beaucoup d’euphémismes, poussant le plus loin qu’ils peuvent la poussière sous le tapis. Bienveillance, minimisation, effacement de la mémoire, déni.
C’était avant-hier, sur 20minutes.fr :

[Titre] Nice: Ils subtilisent les clefs du centre de rétention et s’évadent

Toujours aussi inspiré, le journasot poursuit :

Seul un Tunisien âgé de 22 ans a été rattrapé par la justice. Il était jugé lundi pour « vol et réunion » et « soustraction à l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français ».

Vol et réunion...

Ah ! le métier de journaliste a bien changé ! autrefois il s’agissait d’exagérer pour attirer le chaland et vendre, désormais il s’agit de minimiser pour faire plaisir aux gouvernants.

————
* https://www.20minutes.fr/faits_divers/2639035-20191029-nice-subtilisent-clefs-centre-retention-evadent (archive : http://archive.is/uBnRX)

 

 

• 31 octobre 2019
Leçon 1019. – velléitaire

Entendu hier cet affreux contresens qui, paraît-il, est moins rare que nous le pensions : C’est un radical, un velléitaire pour dire « C’est un radical, un homme déterminé ».

 

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