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Comment écrire au président de la République
et ne recevoir aucune réponse
– et autres guitares, 34
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500/833 = 500e leçon sur un total de 833 leçons et notes

 

 

• 1er mars 2019
Leçon 761/1094. – Rappel pour bien commencer mars

Notoirement le journalisme est devenu en grande partie une œuvre odieuse de cache-misère au bénéfice et profit des gouvernants, des puissants, qui par l’argent et le pouvoir qu’ils détiennent vivent à l’abri, confortablement, heureux et néanmoins responsables du chaos actuel sans cesse grandissant et qui ne souhaitent pas qu’il cesse.
On s’en doutait, quelques-uns le savaient, aujourd’hui tout le monde le sait.

 

 

• 2 mars 2019
Leçon 762. – Que choisir, « ho ! », « oh ! » ou « ô ... ! » ?

Sur la plupart des sites qui rapportent intégralement les paroles de la chanson tube — en d’autres circonstances le journasot de base dirait volontiers « la chanson fétiche » —, l’hymne des gilets-jaunes, la graphie est « oh » immédiatement suivi ou non d’une ponctuation. Ils vont donc au plus simple, mais il est difficile de dire quelle est la meilleure des trois propositions énumérées dans le titre de cette leçon — probablement « ho ! » :

Emmanuel Macron,
Ho ! tête de con !
On vient te chercher chez toi,
Emmanuel Macron,
Ho ! tête de con !
On vient te chercher chez toi.

« Ô tête de con ! » fait un peu précieux, mais n’est point fautif ; « Oh ! tête de con ! » marque plutôt la surprise.

 

 

• 2 mars 2019
Leçon 763. – Sommet cacographique

[#ActeXVI] Gros clash entre une #GiletsJaunes, Julie, et la députée #LREM Claire O’Petit dans #LTS animé par #Ardisson : « Cuit, cuit les petits oiseaux et vive les bisounours ». « Si vous aviez fait quelque chose, on ne serait pas tous dans la rue ».

Mieux : « Cui, cui ! les petits oiseaux ! »
« Une #GiletsJaunes » est également assez discutable ; mieux : « une #GiletJaune » et « Bisounours » est un nom déposé.
Les mots croisillons sont une plaie de Twitter et rendent trop souvent les tweets difficilement lisibles (voir par exemple les leçons 3 et 538).
https://twitter.com/LPLdirect/status/1101823601425203201 (archive : http://archive.is/0hJys).

 

 

• 3 mars 2019
Leçon 764. – Pauvre liberté d’expression !

Consternant.
Extrait d’un article de Leparisien.fr* :

[Un] ancien plombier de 71 ans comparaissait ce vendredi devant le tribunal correctionnel d’Angoulême (Charente) pour des faits d’outrage par écrits ayant porté atteinte à la dignité du Président de la République. [...]
[En 2017] le retraité décide [...] de planter plusieurs panneaux dans son jardin, au bord d’une départementale passagère de Garat, un village proche d’Angoulême. L’un d’entre eux vise expressément le chef de l’État : « Hollande, le plus grand menteur de France ».

Conséquence, plainte du préfet de Charente et condamnation de l’ex-plombier. Lire la suite ici (ou ici).

Si nous écrivons ici que François Hollande est le plus grand diseur de charabia et de platitudes de tous les présidents de la VRépublique, risquons-nous également un procès et une condamnation ?
Si nous le disions, nous aurions peut-être tort, car, comme nous l’avons affirmé ailleurs sur ce site, Emmanuel Macron le bat — ou l’égale (parfois nous hésitons, départager n’est pas toujours aisé).
Comme nous aimerions entendre l’avis de François Hollande lui-même sur ce sujet (nous rappelons que c’est le préfet de Charente qui a porté plainte, et non François Hollande), de ce François Hollande qui en janvier 2017 a défendu la liberté d’expression de Charlie hebdo, publication qui à son égard fut particulièrement féroce et irrévérencieuse (pour vous en convaincre, lecteur, voyez la leçon 21 et cette une de Charlie hebdo du 7 mai 2013 ou cette vidéo du Point) !

Consterné nous sommes et le répétons ; et en colère. Amical soutien à vous, monsieur Michel Labarde.

N. B. Noter la confusion entre passagère et passante ou très fréquentée (« une départementale passagère ») ; l’Académie, qu’on a connue plus exigeante et plus sévère, considère que cet emploi relève du langage familier (lire ici) et non du faux-sens.

———
* http://www.leparisien.fr/faits-divers/hollande-le-plus-grand-menteur-de-france-ses-panneaux-menent-un-retraite-au-tribunal-01-03-2019-8022978.php (archive : http://archive.is/AZX3W).
Voir aussi cet article de Charentelibre.fr (archive : http://archive.is/1TpSS).
Autonote : Charlie Hebdo - les meilleures unes avec François Hollande.mp4

 

 

• 4 mars 2019
Leçon 765. – Accord et ponctuation, 1/n

Une certaine Nadine G. hésite entre deux formulations et par conséquent entre deux types d’accords. Elle écrit à l’Académie :

J’hésite entre ces deux phrases : La chevelure est l’une des rares parties du corps qui poursuit sa croissance durant toute l’existence ou La chevelure est l’une des rares parties du corps qui poursuivent leur croissance durant toute l’existence.

L’Académie lui répond :

La langue classique laissait la liberté d’accorder avec un ou avec le complément. L’usage est resté hésitant. Il ne devrait pas l’être dans certains cas où le sens indique clairement quel est le sujet : Il répondait à un des juges qui l’interrogeaient marque bien qu’on envisage l’ensemble des juges qui procèdent à l’interrogatoire. Il répondait à un des juges qui l’interrogeait indique qu’il s’agit d’un seul des juges, de celui qui mène l’interrogatoire ; on peut dans ce cas mettre une virgule (ou faire une pause) après le mot juges.

Voir plus de détails ici.
Mise à jour
— Parti sur une fausse piste : notre analyse de la réponse de l’Académie était en partie erronée, nous l’avons supprimée ; récriture en cours.
— Suite dans la leçon 774 ci dessous et dans la leçon 808 ici.

 

 

• 5 mars 2019
Leçon 766. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 1/n

Dans la bouche des politicards et sous la plume des journasots, nous sommes fatigué d’entendre et de lire depuis quelques années le mot violenter au sens de « faire subir une violence physique comme coups de poing, de pied, de matraque ».
Exemple, le député LFI Loïc Prud’homme, qui dit dans une conférence de presse avoir été « violenté » par un policier (il a reçu des coups de matraque à Bordeaux le samedi 9 mars 2019, « une volée de matraques » [sic], dont un coup à la tête).
« Violenter » dans cette acception est une sorte de faux archaïsme à la mode, de snobisme, un retour à l’étymologie, une fausse élégance qui veut nous faire oublier le charabia du reste du discours ou de l’écrit, un cache-misère du style et parfois de la pensée — comme la plupart des mots en vogue.
Nous donnerons bientôt d’autres exemples, où le problème apparaîtra plus indiscutablement.
Mise à jour. Huit autres exemples dans les leçons 777 et 780 ci-dessous.

 

 

• 5 mars 2019
Leçon 767. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 2/n

• Dans le langage courant, violenter c’est violer, et on peut considérer violenter comme un euphémisme de décence dans cette acception.
Donner un ou des coups de matraque à la tête, bâtonner ou bastonner ne sont pas violenter.
Noter cette curieuse définition du Larousse 2011 (idem dans le Larousse en ligne et dans le Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse [10 vol., 1985]) selon nous fautive :

violenter [...]
Commettre sur quelqu’un un viol ou une tentative de viol.

« Ou une tentative de viol » est de trop.

• Autre curiosité, violenter au sens de « violer » semble être récent, car Littré ne donne pas cette acception : voyez https://www.littre.org/definition/violenter.

• Remarqué aussi que le mot aîtres n’est pas au dictionnaire de Littré.

 

 

• 6 mars 2019
Leçon 768. – Confirmation par le Conseil d’Etat du rejet de l’écriture inclusive dans les textes du gouvernement

Le Conseil d’État a, [le] 28 février, rejeté des recours demandant l’annulation d’une circulaire du Premier ministre proscrivant ce langage épicène dans les communications ministérielles. Pas question donc d’écrire «député.e.s», «agent.e.s» ou encore «électeur.rice.s» dans les textes officiels.

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2019/02/28/37002-20190228ARTFIG00247-l-ecriture-inclusive-rejetee-par-le-conseil-d-etat.php

 

 

• 6 mars 2019
Leçon 769. – Néologismes nauséabonds récents

cacatov (caca + Molotov, n. m., mot-valise)
cacapulte (caca + catapulte, n. f., mot-valise)

 

 

• 6 mars 2019
Leçon 770. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 3/n

On trouvera ici et sur les pages suivantes une discussion sur le sens du mot violenter (archive : http://archive.is/Hft0O).
Des précisions et des points de vue différents.

 

 

• 7 mars 2019
Leçon 771. – Cacographies urbaines

Street art. Photographié ce jour à Saint-Ouen-sur-Seine, dit Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) : « EDGARD QUINET ».

Mais ce n’est pas tout : « HISTORIEN FRANCAIS ».

Merci à F.

 

 

• 8 mars 2019
Leçon 772. – A propos des récents « assassinats ciblés » de Fabien Clain et de son frère

« Assassinat ciblé »* : par définition, tout assassinat est ciblé, puisqu’un assassinat est un homicide volontaire et préparé.
L’« assassinat ciblé » est un de ces nombreux éléments de langage mal formés, mal pensés qui dissimulent mal le malaise et l’hypocrisie crasse du politicard et du journasot — ou peut-être carrément leur bêtise. « Assassinat certes, mais ciblé », semblent-ils dire en se tortillant.
Et le benêt de la rue qui s’est pris 13 000 tirs de LBD en trois mois** de reprendre en confiance l’expression, heureux d’avoir acquis un nouveau jouet.
Comme les grenades de désencerclement, les mots des politicards et des journasots, il faut éviter de les ramasser quand nos ennemis nous les ont jetés à la figure.

Copie d’écran de Theguardian.com (archive : http://archive.is/3TD3A).

———
* « Assassinat ciblé », voir entre autres https://www.20minutes.fr/politique/2439319-20190130-depute-reclame-assassinats-cibles-contre-djihadistes-francais.
** http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/03/07/97001-20190307FILWWW00244-plus-de-13000-tirs-de-lbd-depuis-le-debut-du-mouvement-nuez.php.

 

 

• 8 mars 2019
Leçon 773. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 4/n

Dictionnaire de la langue française classique, de J. Dubois et R. Lagane (Librairie Belin, 1960) : 

violenter, v. t. 
Pousser à l’extrême. 
« Pour amener chose ainsi surprenante ;  
Il est besoin d’en bien fonder le cas,  
Sans rien forcer et sans qu’on violente  
Un incident qui ne s’attendait pas » 
(La Fontaine, Contes, V, 8). 
Violenter qqn à suivi d’un infinitif : le contraindre à. 
« Me violenter à fuir ton entretien » (Corneille, la Place royale, ou l’Amoureux extravagant, I, 1, 23).

Pour essayer d’en finir avec violenter, définition du Petit Robert 1988 nettoyée de quelques-uns de ses détails secondaires :

violenter, v. t.
1. – Vx. Contraindre (qqn) par la force. Mod. Violenter une femme, la violer.
2. – Littér. Aller à l’encontre de, faire violence à. Violenter une inclination. — Dénaturer, altérer. Violenter un texte. « Notre goût émoussé, violenté, accoutumé aux liqueurs fortes » (Taine).

Remarques
— « Contraindre (qqn) par la force » n’implique pas que des coups sont donnés.
— Pour la définition « Aller à l’encontre de, faire violence à », on notera que l’exemple sous-entend que le complément du verbe doit être une abstraction (ici une inclination).
— On notera aussi que « faire violence à » n’implique pas que des coups sont donnés (voyez la définition du Petit Robert s. v. violence).
On pourra déduire de la définition du Petit Robert que dans la langue d’aujourd’hui « violenter un homme » ne peut que signifier « le violer ».

 

 

• 8 mars 2019
Leçon 774. – Accord et ponctuation, 2/n

Rappel.
Nadine G. hésite entre deux formulations et par conséquent entre deux types d’accords. Elle écrit à l’Académie pour demander conseil* :

J’hésite entre ces deux phrases : La chevelure est l’une des rares parties du corps qui poursuit sa croissance durant toute l’existence ou La chevelure est l’une des rares parties du corps qui poursuivent leur croissance durant toute l’existence.

Avant de laisser la plume au grammairien de l’Académie qui lui répond, faisons ces deux remarques :
• les deux formulations — donc les deux types d’accords — nous semblent correctes. Il nous semble qu’il n’y a pas de différence de sens entre l’une et l’autre ;
• en revanche, quels sont l’impact, la conséquence sur l’esprit du lecteur (et, en l’occurrence, de l’auditeur, mais nous ne le répéterons pas, afin de ne pas alourdir notre texte) de chacune des formulations ? Avec poursuivent leur (accord avec [les] rares parties plutôt qu’avec une), l’esprit du lecteur est détourné de l’essentiel, qui est ici la chevelure incontestablement. Il est probable qu’il se dise : « L’observation est juste, et quelle est l’autre partie (quelles sont les autres parties) qui poursuit sa croissance (qui poursuivent leur croissance) ? »
Cette différence est mince, mais il nous a paru utile de la signaler.
Mise à jour. Suite dans la leçon 808.

———
* Voir ici.

 

 

• 8 mars 2019
Leçon 775. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 5/n

Méfiance !
Dans le Petit Robert, l’abréviation « V. » n’est pas l’équivalent de « synonyme », et c’est pour éviter cette fausse interprétation que nous avons supprimé les « V. » dans la définition du Petit Robert présentée dans la leçon 773 ci-dessus (« définition [...] nettoyée de quelques-uns de ses détails secondaires »).
Voyez les premières pages du Petit Robert qui listent les abréviations et en donnent la signification (page XXIX de notre édition de 1988).
Il est indispensable de lire les préface, présentation, liste des abréviations,... d’un dictionnaire avant de l’utiliser.
Voici le début de la définition non nettoyée :

violenter, v. t.
1. – Vx. Contraindre (qqn) par la force. Mod. Violenter une femme, la violer.
V. Brutaliser. Mod. Violenter une femme, la violer.

2. – Littér. [...]

Le Petit Robert, abréviations. (Remarquer le distinguo vieilli/vieux.)

Dans le Petit Robert, l’abréviation de synonyme est syn. : « syn. : synonyme considéré comme parfait ».
Sur vieux et vieilli, voir aussi la note 183.

 

 

• 9 mars 2019
Leçon 776. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 6/n

Si l’on croit que violenter signifie « donner des coups », on interprète mal cette phrase de Zola :

« Il violentait ses élèves, les traitait de brutes et cachait des idées avancées, sous sa raideur correcte à l’égard du curé et du maire » (Zola, [la] Terre, 1887, p. 56)*.

(Violenter n’a pas non plus ici le sens de « violer ».)

———
* http://www.cnrtl.fr/definition/violenter

 

 

• 9 mars 2019
Leçon 777. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 7/n

Notre leçon partait d’un seul exemple, en voici cinq autres parmi mille, issus de Leparisien.fr, de Lefigaro.fr et de Lemonde.fr :

Le couple de gérants, alors sur place, a été malmené, plus particulièrement le mari qui a été violenté au visage.

http://www.leparisien.fr/espace-premium/oise-60/braquage-chez-le-marchand-d-or-18-12-2014-4383113.php

Le 22 mai dernier, un groupe de touristes chinois a été violenté par des malfaiteurs cagoulés qui les ont détroussés à Saint-Denis.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/02/18/97001-20120218FILWWW00453-un-jeune-homme-sequestre-a-orly.php

Une enquête menée par l’organisation humanitaire [Médecins du monde] auprès de migrants révèle qu’un quart d’entre eux ont été violentés, parfois très gravement par la police.

https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/11/08/en-belgique-medecins-du-monde-denonce-la-violence-policiere-envers-les-migrants_5380577_4497186.html

Un homme de 85 ans a été violenté, samedi à Versailles, par un duo de faux plombier et faux policier.

http://www.leparisien.fr/versailles-78000/versailles-l-octogenaire-met-en-fuite-les-faux-policiers-26-02-2017-6713067.php

En revanche, l’un de ses complices -- non identifié -- n’a pas hésité à menacer la femme de viol s’il n’obtenait pas de l’argent. Cette dernière a reçu des coups de crosse derrière la nuque, son compagnon a été violenté. L’équipe s’empare de 420 €... qu’elle oublie sur place.

N. B. « Des coups de crosse derrière la nuque » : où est-ce, derrière la nuque ? Sur le menton ?

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-et-marne-77/les-malfaiteurs-avaient-attaque-un-couple-29-01-2016-5495163.php
Textes de 2012, 2014, 2016, 2017 et 2018.
L’accumulation fait sourire.

 

 

• 9 mars 2019
Leçon 778. – Perles de slogans de gilets-jaunes et de gilets-roses

Une réussite de rythme

La rue, elle est à qui ?
Elle est à nous !
A qui, à qui, à qui ?
A nous, à nous, à nous !

Une réussite d’humour
Entendu dans un bar où se trouvait un groupe de gilets-jaunes en post-manif :

Castaner, paye ta bière !

Clin d’œil en rime au slogan très récurrent et moins bien trouvé « Castaner, ni...que ta mère ! ».

Slogan d’un groupe de femmes gilets-roses

On veut des caresses,
Pas des CRS !

A signaler aussi

Grève jaunérale.

 

 

• 10 mars 2019
Leçon 779. – Test de l’outil de communication en ligne Textup.fr

TextUp* est un site d’« hébergement de texte ».

• Avantages
Mettre en forme (italique, gras, etc.).
Utiliser certaines balises du BBCode** non prévues dans la barre d’outils, par exemple pour faire de la couleur.
Remanier, modifier (en terme inadéquat, on dit « éditer ») le texte (avec un mot de passe) après sa publication ou le supprimer totalement.
Commenter : ne pas activer les commentaires, les activer, les désactiver.

• Inconvénients
Problèmes avec les balises [url=]...[/url] et [img]...[/img] ? Retester.
Le texte téléchargé aux formats RTF ou TXT est complètement défiguré (TXT) ou presque complètement amputé (RTF), mais on passe très facilement par-dessus cet inconvénient en téléchargeant la page HTML ou en en faisant un copié-collé.

• Conclusion
Très favorable.
Un exemple ici (commentaires non activés) : https://textup.fr/317748OU.

———
* https://textup.fr/
** http://forums.phpbb-fr.com/faq.php?mode=bbcode. Les couleurs : http://angels.probb.fr/t30-liste-des-codes-couleur-bbcode.

 

 

• 11 mars 2019
Leçon 780. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 8/n

On trouve aussi des occurrences au féminin sans rapport avec le viol, c’est donc que le sens euphémistique de violenter s’est perdu. Voici trois exemples parmi d’autres, issus de Leparisien.fr, de Lemonde.fr et de Lefigaro.fr.

[Titre] Paris : la femme violentée est décédée, son compagnon incarcéré
[Texte] [...] La victime avait été transportée dans un état grave à l’hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine). Son compagnon, soupçonné de l’avoir frappée à plusieurs reprises en état d’ivresse a été mis en examen pour meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/paris-la-femme-violentee-est-decedee-son-compagnon-incarcere-31-10-2018-7932267.php

Cette nuit-là, la jeune Brésilienne fut droguée, violée et violentée.

https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/05/27/un-viol-collectif-a-rio-met-le-bresil-en-emoi_4928043_3222.html

[Titre] Une journaliste violentée au Trocadéro
[Texte] Une journaliste de Mediapart aurait été violentée par des militants lors du meeting UMP du Trocadéro cette après-midi, a révélé le site d’information. "Je dépose plainte contre X pour les faits relatés", a expliqué Marine Turchi sur le site de son employeur, relate Europe 1 qui a eu accès à l’article.
[...] Marine Turchi explique qu’elle aurait été bousculée, "traitée de sale gauchiste". Un homme lui aurait arraché son badge qu’elle portait autour de son cou. Et aucun militant présent ne serait intervenu pour l’aider.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/05/01/97001-20120501FILWWW00284-une-journaliste-agressee-au-meeting-ump.php

On remarquera que, dans l’exemple ci-dessus, violenter a le sens de malmener — et non exclusivement de frapper (on peut considérer que bousculer c’est frapper, mais ni insulter ni arracher un badge ne sont frapper). Le mot malmener pourrait adéquatement remplacer violenter dans l’exemple ci-dessus. Autres termes adéquats : maltraiter, brimer, voire rudoyer.
N. B. A propos d’« insulter quelqu’un de ». La journaliste Marine Turchi aurait déclaré : « J’ai été insultée notamment de “sale gauchiste” »*. Soupir.
Cet article de Lefigaro.fr montre au moins trois choses : l’ensauvagement des individus, le débridement de la langue, le rejet des journalistes.
Exemples de 2012, 2016 et 2018.

———
* https://blogs.mediapart.fr/edwy-plenel/blog/010512/une-journaliste-de-mediapart-agressee-au-meeting-de-sarkozy

 

 

• 11 mars 2019
Leçon 781. – Les mots en vogue. Usage abusif de violenter, 9/n

Selon le Dictionnaire historique de la langue française (éditions Le Robert), « violenter une femme » au sens de « la violer » date du XXe siècle ; il est donc récent.
Dupré dans son Encyclopédie du bon français dans l’usage contemporain (éditions de Trévise, 1972) dit que les journalistes ont beaucoup diffusé cet euphémisme chez les locuteurs. Les voilà maintenant, les journasots, qui renient l’euphémisme d’hier et qui publient un faux-sens — pour peut-être créer le sens demain accepté par tous (on ne redira jamais assez que le journasot est un minus-habens de grande conséquence, puisqu’il a une influence profonde et fâcheuse sur la langue et, plus grave encore, sur l’interprétation des choses et sur la pensée).
Au terme de cette courte étude en neuf leçons, on peut considérer que l’acception « violer » est vieillie (voir le distinguo entre vieux et vieilli dans la leçon 775 ci-dessus). Dans trente ans, l’acception « violer » aura probablement disparu.
Actuellement l’euphémisme n’est plus de mise dans ce domaine du crime, c’est le mot exact qui est préféré, « violer » ; mais l’euphémisme cache-misère, l’autocensure, la pudibonderie politiquement correcte, le tabou du mot exact, précis et adéquat sont florissants dans d’autres domaines du crime et de la délinquance (penser à incivilité ou à faire des bêtises).
Mise à jour du 12 mars. Résumons : deux acceptions se sont perdues, le sens ancien, « faire faire par force », et le sens du XXe siècle, « violer ».

 

 

• 12 mars 2019
Leçon 782. – Les dangers de l’exaction

Quand certain auteur écrit : « les exactions fiscales révoltent le peuple », parle-t-il du dû ou de l’indu ?
Définitions du mot exaction, n. f.

Littré (années 1860 et 1870)

1. Action d’exiger une chose due. [...]
2. Acte d’un percepteur des deniers publics, et, en général, d’un administrateur quelconque qui exige ce qui n’est pas dû ou plus qu’il n’est dû. [Voir ici.]

Dictionnaire de l’Académie 4e édition, 1762

Action par laquelle on exige durement plus qu’il n’est dû.

Dictionnaire de l’Académie 6e édition, 1835

1. Action par laquelle une personne ou une autorité exige par intimidation une contribution qui n’est pas due ou des droits supérieurs à ceux qui sont dus. [...]

Dictionnaire de l’Académie 8e édition, 1935

Idem que l’édition de 1835.

Dictionnaire de l’Académie 9e édition (la dernière et actuelle)

Idem que l’édition de 1835.

 

 

• 13 mars 2019
Leçon 783. – Les dangers de l’usure

Quand on lit sous la plume de certain auteur : « cette religion interdit l’usure », que faut-il entendre ? Que l’intérêt est interdit ou qu’un intérêt excessif est interdit ?
Définitions du mot usure, n. f.

Littré (années 1860 et 1870)

1. Proprement, toute espèce d’intérêt que produit l’argent.
[...] « La loi des Douze Tables défendait de porter l’usure plus haut qu’à douze pour cent », Rollin, Hist. anc., Œuv. t. x, p. 204, dans Pougens.
2. Par extension, profit qu’on retire d’un prêt au-dessus du taux légal ou habituel.

Dictionnaire de l’Académie 4e édition, 1762

Intérêt, profit illégitime qu’on exige d’un argent ou d’une marchandise qu’on a prêtée.

Dictionnaire de l’Académie 6e édition, 1835

1. Intérêt, profit qu’on exige d’un argent ou d’une marchandise prêtée, au-dessus du taux fixé par la loi ou établi par l’usage en matière de commerce.

Dictionnaire de l’Académie 8e édition, 1935

Idem que l’édition de 1835.

Dictionnaire de l’Académie 9e édition (la dernière et actuelle)

En cours (la dernière vedette est sabéisme).

 

 

• 14 mars 2019
Leçon 784. – A qui profite l’équivoque ?

• La polysémie sert les manipulateurs et les poètes.
La parographie et l’homographie, comme les sosies, servent essentiellement les escrocs.
La polysémie, la paronymie et l’homophonie servent grandement les humoristes.

• Le vers Plus d’amour, partant plus de joie, de la fable de La Fontaine « les Animaux malades de la peste », est un cas d’homographie amusant selon que l’on prononce [plu], qui est la bonne prononciation, ou [pluss], qui est la mauvaise.
Ici un exemple d’homographie et d’homophonie récent, le RIC référendum d’initiative citoyenne/le RIC ralliement d’initiative citoyenne : leçon 724. Arnaque bien grossière et bien politicarde.

 

 

Mise à jour. Leçon 750 sur les « street medics ».

 

 

• 15 mars 2019
Leçon 785. – Les dangers de l’ingestion de couleuvres, 1/n

Il n’est pas rare, pas surprenant que le sens d’un mot change ou qu’une ou plusieurs acceptions disparaissent ou soient ajoutées au cours des ans. Le phénomène est regrettable, car il conduit à de fausses interprétations.
Par ordre chronologique.

1. – Dictionnaire de l’Académie, 1762

On dit proverbialement & figurément d’Un homme qui a eu bien des dégoûts, des chagrins, sans oser s’en plaindre, qu’Il a bien avalé, qu’On lui a bien fait avaler des couleuvres.

N. B. Le sens de dégoût a, lui aussi, sensiblement changé au cours des ans. Il signifie ici « déplaisir, mortification, déception, déboires »... Voyez, par exemple, Littré.

2. – Dictionnaire, ou manuel de la langue françoise de Richelet, nouvelle édition [...] par M. de Wailly, 1776

Proverb. & figurém. Il a avalé bien des couleuvres, il a eu bien des dégoûts, des chagrins, sans oser s’en plaindre.

N. B. Le sens de dégoût a, lui aussi, sensiblement changé au cours des ans. Il signifie ici « déplaisir, mortification, déception, déboires »... Voyez, par exemple, Littré.

3. – Nouveau dictionnaire portatif de la langue françoise, C. M. Gattel, 1797

Proverb. Faire avaler des couleuvres à quelqu’un, lui faire endurer des choses dures et mortifiantes sans qu’il ose s’en plaindre.

4. – Dictionnaire de l’Académie, 1835

Prov. et fig., Avaler des couleuvres, recevoir des dégoûts, des chagrins, des mortifications qu’on est obligé de dissimuler, dont on n’ose se plaindre. Il a bien avalé des couleuvres. On lui a fait avaler bien des couleuvres.

N. B. Le sens de dégoût a, lui aussi, sensiblement changé au cours des ans. Il signifie ici « déplaisir, mortification, déception, déboires »... Voyez, par exemple, Littré.

5. – Littré, années 1860 et 1870

• s. v. couleuvre

Avaler des couleuvres, éprouver des mortifications, des dégoûts.

N. B. Le sens de dégoût a, lui aussi, sensiblement changé au cours des ans. Il signifie ici « déplaisir, mortification, déception, déboires »... Voyez, par exemple, Littré.

• s. v. avaler

Fig. et familièrement. Avaler des couleuvres, subir de dures mortifications.

6. – Nouveau Larousse illustré, de 1897 à 1903

Fig. Faire avaler des couleuvres à qqn, lui faire accroire des choses mensongères et désagréables. Lui faire supporter des affronts.

7. – Dictionnaire de l’Académie, 1935

Fig., Avaler des couleuvres, Subir des dégoûts, des chagrins, des mortifications qu’on est obligé de dissimuler, dont on n’ose se plaindre.

N. B. Le sens de dégoût a, lui aussi, sensiblement changé au cours des ans. Il signifie ici « déplaisir, mortification, déception, déboires »... Voyez, par exemple, Littré.

8. – Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse, 1985

Familier. Avaler des couleuvres, subir des affronts sans protester ; être crédule. 
Faire avaler des couleuvres à quelqu’un, lui faire croire à des histoires énormes, fausses, incroyables.

9. – Le Petit Robert, 1988

Fig. Avaler des couleuvres : subir des affronts sans protester (infl. de avaler, « croire »). Croire n’importe quoi.

10. – Petit Larousse, le 2004 et le 2011

Fam. Avaler des couleuvres, subir des affronts sans réagir ; être très crédule.

11. – Larousse en ligne

Familier. Avaler des couleuvres, subir des affronts sans protester ; être crédule.
Faire avaler des couleuvres à quelqu’un, lui faire croire à des histoires énormes, incroyables.

12. – Dictionnaire de l’Académie, en cours d’achèvement (la dernière entrée est sabéisme)

Avaler des couleuvres, supporter sans protester des affronts, ou feindre d’accepter des mensonges.

Nous nous sommes demandé quel sens nous donnons à avaler des couleuvres au figuré, mais nous ne sommes pas encore parvenu à trouver les mots exacts d’une formulation courte. Nous soulignons que l’acception « être (très) crédule », « croire n’importe quoi » nous semble minoritaire et populaire ; plus précisément elle ne nous semble pas être dans l’usage des gens lettrés*. Nous voulons souligner que le grave, le regrettable c’est que cette deuxième acception est une dérive, qu’elle pollue l’expression. Enrichissement de l’expression, non ; dégradation, oui ; elle perd de sa précision, donc de son efficacité — mais qu’y faire ?
Dans le Petit Robert, « croire n’importe quoi » est en seconde position, ce qui indique très probablement que cette deuxième acception est moins fréquente que la première ou qu’elle est plus récente, ou les deux.
Il faudra qu’un jour nous parlions ici de cet art très subtil de la lexicographie, de cette gageure. Sa principale difficulté réside dans la brièveté nécessaire des définitions. Le sens de certains mots — voire de tous — est comme une savonnette qu’on tente d’attraper avec des mains mouillées.
Nous reprocherions aux dictionnaires d’être trop peu normatifs (à part les mentions de niveau de langue, comme « familier », « populaire », « vulgaire », etc., qui sont — indirectement ou non, qu’on le veuille ou non, implicitement ou non — normatives).
Noter que normatif s’oppose à descriptif.

• Notre définition provisoire serait celle-ci : subir silencieusement des mortifications.

———
* Par gens lettrés, nous n’entendons pas des bacheliers (surtout pas) ni des journalistes ni des multi-diplômés (penser à l’usage que Juan Branco, multi-diplômé d’écoles de renom, fait de la langue — essentiellement l’écrite —, de son lexique et de sa syntaxe : voir la leçon 690 et les suivantes ainsi que les 720 et 727 ; quand il n’est pas négligent envers la langue, il la torture à plaisir, pensant lui donner un brillant, un lustre inédits ; un glossopathe ; dépravation du goût ; suivre de faux modèles — probablement l’horrible et prétentiard modèle universitaire, ici bien aggravé qui plus est).

A suivre. Conclusions à tirer.
Mise à jour. Merci au lecteur qui nous a signalé deux coquilles.

 

 

• 19 mars 2019
Leçon 786. – Comment conjuguer

je m’en balèque
tu t’en balèques
il s’en balèque
elle s’en balèque
nous nous en baléquons
vous vous en baléquez
ils s’en balèquent
elles s’en balèquent

s’en baléquer, v. pr., vulg., s’en ficher

 

 

• 19 mars 2019
Leçon 787. – A Saint-Denis comme à Paris, la Mairie aime l’écriture inclusive

Communiqué de la municipalité de Saint-Denis (93) sur son site :

La présence* de Monsieur [Tariq] Ramadan est [...] totalement inacceptable et indécente. L’élue en charge de l’animation du débat, tout comme de nombreus.e.s participant.e.s, ont ainsi demandé à de multiples reprises à monsieur Ramadan de partir de la salle. Son refus de quitter la salle est une insulte envers les personnes légitimement choquées par sa présence. Ni la municipalité ni les participant.e.s n’avaient invité monsieur Ramadan à venir ni même souhaité sa présence. 

———
* Présence de Tariq Ramadan dans une réunion publique à Saint-Denis ayant pour thème « lutter contre les violences envers les femmes au quotidien » le 18 mars 2019.

 

 

• 20 mars 2019
Leçon 788. – Les bons mots de Ségolène Royal

• Michel Onfray parle du « grand débat » d’Emmanuel Macron, que, sans surprise, il appelle le « grand enfumage » :

Ce grand enfumage procède de ce qu’en son temps Ségolène Royal avait appelé la démocratie participative sans s’apercevoir que la nécessité de recourir à ce pléonasme était bien la preuve qu’en démocratie le peuple avait cessé de participer... C’est la même personne, Ségolène Royal, qui avait recruté et appointé le scénariste des Guignols de l’info afin qu’il lui trouve des petites phrases assassines pour truffer ses discours et qui soient susceptibles d’être retenues et reprises par les journalistes*.

Nous rappellerons que Ségolène Royal est également l’inventrice du mot bravitude (janvier 2007) et plus précisément de l’expression obscure « conquérir la bravitude » :

Comme le disent les Chinois, qui n’est pas venu sur la Grande Muraille n’est pas un brave et qui va sur la Grande Muraille conquiert la bravitude.

Que pourrait bien signifier conquérir la bravoure ? Se focalisant sur le mot bravitude, les gens ne se le sont pas demandé.
Cependant, la signification du proverbe est probablement la suivante : selon les Chinois, celui qui allait sur la Grande Muraille pour se battre contre l’envahisseur acquérait la qualité de brave.

• A propos de démocratie participative et de mots galvaudés, de mots trompeurs, de mots pièges, nous écrivions dans la leçon 478 (mai 2018) :

Le mot démocratie était si usé et si galvaudé que quelqu’un a eu l’idée lumineuse d’inventer la locution pléonastique démocratie participative. Pour le mot diversité, les étourdisseurs professionnels ont été très forts (l’étourdissement avant l’abattage), ils ont choisi ce terme mélioratif et inadéquat plutôt que son pendant hétérogénéité, péjoratif et adéquat. Et que dire de modérateur, qui neuf fois et demie sur dix signifie « censeur délocalisé, petit chef ignare, aigri, brouillon et vindicatif » ?

———
* https://michelonfray.com/interventions-hebdomadaires/paris-brule-t-il-?

 

 

• 21 mars 2019
Leçon 789. – Cri du cœur d’Emmanuel Macron

Choquant de la part d’un président de la France.
Macron est en colère, et le mot qui lui vient spontanément à la bouche alors qu’il morigène ses ministres est un mot anglais, « break », comme si le vernis de la bienséance linguistique avait soudain craqué, révélant la personnalité de l’homme, l’homme sans racines, l’homme superficiel, l’éponge à anglicismes, l’ado de 41 ans.

Extrait d’un article du Canard enchaîné :

« Il suffit que je fasse un break de vingt-quatre heures pour que la maison ne soit pas tenue ! » Ce sont les premiers mots d’Emmanuel Macron de retour à Paris, après son week-end interrompu à la montagne.

https://planetes360.fr/macron-semporte-il-suffit-que-je-fasse-un-break-de-vingt-quatre-heures-pour-que-la-maison-ne-soit-pas-tenue/

La bienséance linguistique ? disons carrément la politesse linguistique, le savoir-vivre linguistique de la part d’un président de la France. Ce président, que nous avons qualifié ici plusieurs fois de grammaticalement désinhibé, a lâché un mot qui dans la bouche d’un autre Français passera pour branchouillard, bêtasse et moutonnier, mais qui, dans la bouche d’un président de la France, est un gros mot et une énorme faute de goût.

On remarquera que, de son côté, le Canard enchaîné n’est pas gêné d’utiliser le détestable mot de « week-end », mot le plus vulgaire et le plus laid de la langue française (voir notre leçon 753), l’inextirpable verrue des verrues.

Mise à jour de juillet 2019, à propos de certains anglicismes
— En deuxième position des mots anglais détestables, « sexy », qui est d’autant plus détestable et humiliant pour le francophone qu’il s’est confortablement installé dans le lexique de nombreuses personnes (beaucoup de journasots) et même d’écrivains exigeants (voir la leçon 537).
Ajoutons que nous trouvons un peu indécent qu’un homme ou une femme nous disent qui ils trouvent « sexy » (autrement dit très crûment, qui les fait bander ou mouiller), propos à réserver à la chambre, là où tout est permis.
En deuxième position des détestables, « week-end », le parfait colon, l’indéracinable intrus qui nous ricane sous le nez depuis de trop longues décennies. L’emploi fréquent de « sexy », lui, n’est qu’une mode et finira par régresser. (Voir la note 172.)
— « La maison [n'est plus] tenue » : Macron ici parle comme le maître de maison à ses domestiques.

 

 

• 22 mars 2019
Leçon 790. – La rhétorique est fatiguée

Nous mettons ici les propos de Mme Brigitte Macron pour mémoire ; nous aurons peut-être un jour prochain le temps pour les décortiquer comme nous le faisons souvent avec les mots de son mari ; on remarquera seulement le mot escapade, qui se veut attendrissant, romantique et qui fait jeune couple :

«Il n’y a pas de réconciliation possible avec cette violence», a-t-elle [Brigitte Macron] estimé, évoquant les débordements récurrents auxquels on assiste ces dernières semaines. Brigitte Macron a également évoqué le retour précipité du président à Paris, samedi. Parti en week-end au ski, dans les Pyrénées, Emmanuel Macron avait essuyé les railleries de ses opposants. «Dès qu’il a pris conscience de ce qui se passait il est parti. C’était évident», a expliqué Brigitte Macron. Et de préciser: «C’était moi qui lui avais préparé une escapade»*.

Pourquoi prendrions-nous la peine d’analyser ces mots alors que nous sentons que sommes entrés dans l’avant-dernière scène du dernier acte de la Macronie, que le rideau va tomber et que la pente est irremontable ? Nous nous contenterons de conclure ainsi : l’efficacité rhétorique n’aura été ni du côté du verbe modeste et rare de madame, ni du côté du verbe grandiloquent et surabondant de monsieur.

————
* http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2019/03/21/25001-20190321ARTFIG00134-gilets-jaunes-week-end-au-ski-brigitte-macron-prend-la-defense-du-president.php

 

 

• 24 mars 2019
Leçon 791. – Les dingues en politique

Macron, juin 2018 : « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux. »
Castaner, mars 2019 : « Le président [Macron] nous a mis une pression de dingue. »

https://www.nouvelobs.com/chroniques/20180626.OBS8771/un-pognon-de-dingue-macron-a-30-ans-de-retard.html
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/gilets-jaunes-macron-nous-a-mis-une-pression-de-dingue-castaner-20190324

 

 

• 24 mars 2019
Leçon 792. – « Tous les sots sont périlleux »*

Jean-Paul Brighelli écrit** :

Le plus beau de ces socialos d’opérette est Aurélien Taché.

Oh oui ! Aurélien Taché est un cas, un cas pathologique, une caricature, et socialo est un terme idoine pour qui veut exprimer son mépris envers ce personnage ; cependant socialeau (pl. : socialeaux) nous paraît lui convenir encore mieux.
Inconvénient, la différence entre socialo et socialeau n’est que visuelle, pas auditive.
Le mot socialeau est actuellement inconnu d’Internet.
Le mot socialaud, mot valise (socialiste + salaud), connu d’Internet, décrit une autre catégorie de socialistes ou de pseudo-socialistes, il est nettement plus offensant ; on peut cependant être à la fois un socialeau et un socialaud.

Selon nous, le suffixe eau suggère les notions suivantes : d’opérette, factice, en peau de lapin, à deux balles, en carton.
En tout cas, la graphie socialeau devrait suggérer au lecteur qu’il n’est pas en face d’une simple abréviation (le gain de frappe par rapport à socialiste n’est que d’une seule lettre, 9 lettres contre 10 lettres) et qu’il y a une pensée cachée derrière cette graphie, peut-être l’eau, incolore, inodore et insavore ou que mettre de l’eau dans son socialisme c’est le dénaturer, le falsifier, que c’est tricher et vendre l’apparence pour le vrai, le placebo pour le médicament.
Dans socialeau, on peut voir aussi la volonté de mettre une deuxième couche de mépris sur socialo ; socialeau, c’est socialo écrit en gras ou souligné ; socialeau, c’est enfoncer le clou.

———
* Succulent aphorisme de Jacques Deval (dans le Vieux Carnet rouge si notre mémoire est bonne).
** https://blog.causeur.fr/bonnetdane/aurelien-tache-vous-allez-laimer-002643

 

 

• 25 mars 2019
Leçon 793. – Concours de fautes entre Edouard Philippe et Pascal Riché

Le Premier ministre français Edouard Philippe twitte sur le français* :

Devenir Français, c’est exigeant et ça doit le rester : le ministre de l’Intérieur me proposera d’ici l’été, des mesures visant à renforcer l’exigence du niveau de Français des candidats.

Pascal Riché lui répond* :

Par exemple, pour renforcer cette exigence, on pourrait mettre dans une dictée l’expression « bon niveau de français ». Ceux qui mettront un F majuscule seront recalés.

Sur ce point, Pascal Riché a raison, il faut écrire « niveau de français », mais Edouard Philippe aurait pu répondre à Pascal Riché : « “Un F majuscule” ? pléonasme ! » (voir la fin de la leçon 747).
A remarquer, la virgule fautive après « été » dans le twitte d’Edouard Philippe (voir la leçon 548, où le complément d’objet ne doit pas être séparé de son verbe par une virgule).

N. B. 1. Difficulté. Contrairement à ce que suggérait le twitte d’un troisième twitteur, on écrit bien exigeant (adjectif ou participe présent) et exigence (nom) ; on n’écrit donc pas exigent, exigente (adjectifs). Comparer avec négligent, négligente (adjectifs) ; négligence (nom) ; négligeant (participe présent).
N. B. 2. Twitter (le nom déposé), twitter (le verbe), twitteur, twitteuse (les usagers) ; twitte (le message) ; twittage (l’action de twitter). Faisons simple, et oublions tweeter (le verbe), twitto (l’usager) et tweet (le message).

———
* https://twitter.com/EPhilippePM/status/1108694493958717440 (archive : http://archive.is/bYClo)
** https://twitter.com/pascalriche/status/1109777624417660928

 

 

• 26 mars 2019
Leçon 794. – Professionnalisme journalistique et « subordination de témoin »

Extrait d’un article de 20minutes.fr* :

Mathilde Frénois avec AFP
Publié le 25/03/19
[Titre] Nice: Attac et son avocat portent plainte après la blessure de Geneviève Legay samedi
[Chapô] Dans la charge des policiers, samedi dans une zone interdite de manifestation des « gilets jaunes », cette militante de 73 ans a chuté et s’est fracturé le crâne. Son conseil porte plainte pour « subordination de témoin » et « violence en réunion avec arme »

« Subordination » au lieu de « subornation », erreur fréquente chez les journasots.
En revanche, un témoin peut avoir avec un accusé un lien de subordination qui entacherait son témoignage.

———
* https://www.20minutes.fr/justice/2480819-20190325-nice-attac-porte-plainte-apres-blessure-genevieve-legay-samedi (archive : http://archive.is/YgRmS)

 

 

• 28 mars 2019
Leçon 795. – Tabou, malaise, contresens et charabia

Sophie Coignard, journaliste du Point, tente de parler des « ravages absolus du communautarisme » en France, sujet tabou entre cent, entre mille, et dit le contraire de ce qu’elle veut dire :

Effectivement on a là un exemple absolument atterrant de ce que donne un pays où on vit entre communautés ethniquement homogènes et où effectivement y a des rivalités, des haines absolument démentes qui surgissent*.

« Où on vit entre communautés » signifie « Où les communautés se fréquentent, s’entre-fréquentent », c’est donc le contraire de ce que Sophie Coignard veut dire, qui est ceci : « Un pays où on vit entre membres d’une même communauté ethniquement homogène » ou « Un pays où des communautés ethniquement homogènes vivent chacune de son côté et se haïssent ».

Elocution hésitante, traînante, mots inutiles et retardants (nombreuses répétitions [effectivement, absolument, etc.], nombreux « euh... »...), marche sur des œufs, crainte de choquer les ombrageux, les sensibilités exacerbées des penseurs-uniques : l’anxiété conduit la journaliste, qui semble perdre pied (avant d’éclater de rire, comme libérée, soulagée lorsqu’elle a terminé sa phrase), à commettre un contresens, que personne ne relève sur le plateau de télévision ni sur les commentaires de Twitter.

Le texte tel qu’il est effectivement prononcé (ce qu’on pourra appeler la transcription exacte) :

Effectivement euh... on a là un exemple absolument atterrant de ce que donne euh... un... un pays où euh... on... on vit entre communautés euh... ethniquement homogènes et où effectivement y a des euh... rivalités, des haines euh... absolument démentes qui surgissent.

Laborieux. Le bâillon psychique fait hoqueter, ânonner, bêtifier les gens. Le bâillon psychique fait bêtifier la France. Il fait même bêtifier l’Europe.

N. B. Les propos de Sophie Coignard sont un commentaire de l’actualité des rumeurs d’enlèvements d’enfants par des Roms en banlieue parisienne (Aulnay-sous-Bois, Bobigny, Clichy-sous-Bois, Villiers-le-Bel, Colombes...), voir ici par exemple. (Archive : http://archive.is/e04Lt.)

———
* Ce texte est une transcription de la vidéo de https://twitter.com/24hPujadas/status/1110972790482632705 (archive : http://archive.is/zitCC) : la transcription donnée par le twitte pujadassien est tronquée et orthographiquement fautive. Une habitude journalistique.
Autonote : Coignard-Roms.mp3
Mise à jour. A propos de communautarisme et d’autocensure journalistique : http://www.bvoltaire.fr/xavier-raufer-chasse-aux-roms-en-seine-saint-denis-on-ne-nous-informe-pas-sur-les-agresseurs/ (archive : http://archive.fo/LRAti).

 

 

• 28 mars 2019
Leçon 796. – autonote

Une autonote est une note de l’auteur uniquement destinée à l’auteur. Elle peut prendre la forme longue suivante : Le livre dont je parle ci-dessus est rangé à droite sur ma troisième étagère du mur nord.

 

 

• 28 mars 2019
Leçon 797. – « Le bâillon psychique fait bêtifier la France »

On remarquera que, originellement, le bâillon n’est pas ce qui ferme la bouche, mais au contraire ce qui l’ouvre, ce qui la fait bâiller et empêche la victime de remuer les mâchoires, et de parler — et aussi de mordre.

Littré :

• bâillon [...], s. m.
1. – Petite barre de bois ou de fer qu’on met entre les dents pour empêcher de parler ou d’appeler.
“Lorsqu’on mit un bâillon à Lalli et qu’on lui eut coupé la tête pour avoir été malheureux et brutal”, Voltaire, Lettr. d’Argental, 23 mai 1769.
Fig.“Qu’en dirent [de la campagne de Vendôme, en Italie] le prince Eugène et Staremberg ? Qu’en dirent les officiers principaux, quand, par son retour, leur bâillon leur tomba de la bouche ?” Saint-Simon, 204, 244.
[...]
3. – Terme de médecine. Instrument qui sert à tenir la bouche ouverte lorsqu’on veut l’explorer.

 

 

Mise à jour. Relecture en diagonale de l’ensemble du site. Nous avons remanié parfois le texte et ressuscité quand nous l’avons pu quelques-uns des innombrables liens morts, etc. Quelques archivages supplémentaires sur http://archive.is. Très léger toilettage du code source.
Comptage des signes du site : 1 324 000. (A propos de nombre de signes et de nombre de pages imprimées, voir la leçon 798.)

 

 

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LMMRM — Je dédie ce site à mes amis Mondo Huygelen, Jack Bonamy et Tadeusz Matynia